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Tedeschi Trucks Band : songe d’une épopée southern

Susan Tedeschi et son compagnon Derek Trucks continuent de nous dévoiler leur album-concept, « I Am The Moon », constitué de 24 morceaux sur quatre EP de trente minutes environ chacun. Et il faut reconnaître qu’avec « The Fall », on commence à avoir une belle vue d’ensemble. TEDESCHI TRUCKS BAND, fort de ses douze musiciens, dépasse les frontières d’un Southern Rock très Blues avec une inspiration et une fluidité rares.

TEDESCHI TRUCKS BAND

« I Am The Moon III : The Fall »

(Fantasy/Universal)

Troisième et avant-dernier volet de l’épopée musicale du collectif américain baptisée « I Am The Moon », dans laquelle il relate à sa façon un mythique conte persan qu’il a réactualisé en s’inspirant des sentiments d’isolation et déconnexion sociale subis durant la pandémie. Et le TEDESCHI TRUCKS BAND a laissé cette fois chacun de ses membres composer et laisser libre-court à ses émotions, dépassant ainsi son habituel champ d’investigation.

Pourtant, ce qu’il a de plus étonnant sur « The Fall » et ce malgré l’implication des douze membres de la formation, c’est que c’est probablement celui qui sonne le plus dans la veine de ce qu’ils ont l’habitude de nous livrer. Très roots dans les compositions, « The Fall » est un superbe panel de toutes les influences Southern du TEDESCHI TRUCKS BAND, passant du Blues à la Soul dans cet esprit Rock, qui a forgé son identité.

Et c’est Jacksonville, chez lui en Floride, que le groupe a enregistré ces quatre EP accompagnés de films retraçant des sessions studio, divers visuels et des prestations scéniques. D’ailleurs, les musiciens sont actuellement en tournée aux Etats-Unis où leur  public a la chance de découvrir en live « Somehow », « Yes We Will », « Gravity » ou « Take Me As I Am ». Et c’est en novembre prochain que les fans français du TEDESCHI TRUCKS BAND pourront à trois reprises se régaler avec ce « I Am The Moon » prodigieux.

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When Rivers Meet : communion scénique

Enregistré lors d’une tournée marathon en Angleterre au printemps dernier, « The Flying Free Tour Live » est le premier témoignage live de la pourtant courte carrière du groupe. En l’espace de quelques mois, WHEN RIVERS MEET a pris du volume et cela se sent autant dans cette éclatante performance scénique que dans leurs compositions Blues Rock aux ambiances multiples et à la fraîcheur constante. Les Britanniques sont devenus incontournables.

WHEN RIVERS MEET

« The Flying Free Tour Live »

(One Road Records)

En mars de l’année dernière, le duo anglais m’avait véritablement conquis avec un premier album, « We Fly Free », suivi quelques mois plus tard de « Saving Grace ». Surfant sur un succès amplement méritée et multi-awardisé dans la foulée, WHEN RIVERS MEET voit ses efforts et surtout son talent récompensé. Le Blues Rock du groupe va aussi puiser dans le Southern et le Classic Rock, et la voix de Grace Bond fait des merveilles en concert portée par une dynamique incroyable.

Preuve en est que les Britanniques ont su conquérir leur pays, le quatuor a effectué sa toute première tournée en tête d’affiche avec pas moins de 17 dates d’avril à mai dernier. Un rythme effréné qui semble justement avoir apporté encore plus de vivacité et de solidité à un répertoire maintenant fort de deux albums et deux EP. Et c’est donc assez naturellement que WHEN RIVERS MEET a tenu à immortalisé ces instants magiques et ce premier album live est assez époustouflant.

Débordant d’énergie, le couple Grace et Aaron Bond, parfaitement accompagné par Roger Innis (basse) et James Fox (batterie, claviers) parcourt sur 13 morceaux, pour près d’une heure de musique, ses quatre réalisations avec un enthousiasme palpable. Capté lors de trois concerts, « The Flying Free Tour Live » montre des performances tout en feeling et en puissance. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas et la communion comme l’interaction sont à la hauteur de la créativité de WHEN RIVERS MEET.

Photo : Manny Manson
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Hank Williams Jr : forever outlaw

Le septuagénaire aux frasques multiples, au verbe haut et au talent incontestable, HANK WILLIAMS JR, s’offre une parenthèse Blues à travers un album où se rencontrent Robert Johnson, Lightnin’ Hopkins, R.L. Burnside, Muddy Waters et Big Joe Turner notamment, et le tout dans une atmosphère très Southern. « Rich White Honky Blues » est un modèle du genre et s’écoule dans un souffle… brûlant.

HANK WILLIAMS JR

« Rich White Honky Blues »

(Easy Eye Sound)

En apprenant que le fils de la légende de la Country, et lui-même grand artiste et représentant du registre, s’apprêtait à sortir un album de Blues produit par Dan Auerbach des Black Keys, un grand sourire m’a envahi. HANK WILLIAMS JR fait donc une petite entaille à son style de prédilection avec des reprises triées sur le volet et quelques compos, et cela méritait bien que l’on s’y penche de plus près et que l’on s’y attarde un bon moment.

Parfaitement accompagné par les musiciens de l’album « Delta Kream » des Black Keys, le guitariste et chanteur semble vraiment s’éclater, malgré une mise en route un peu poussive. Il aura fallu qu’Auerbach demande au groupe de se lancer seul dans de poussiéreux et très roots morceaux de Blues pour que HANK WILLIAMS JR fasse parler la poudre à son tour. Et le hors-la-loi n’a pas perdu de sa légendaire gouaille.

En bon outlaw qui se respecte, le countryman est toujours aussi brut de décoffrage et semble même narguer tout son monde à chaque note et chaque parole. Irrévérencieux tout en restant très attaché aux traditions, HANK WILLIAMS JR régale sur ce très bon « Rich White Honky Blues », pourtant enregistré en trois jours seulement (« 44 Special Blues », « Georgia Women », « Short Haired Woman », « Rock Me Baby »). Mission accomplie avec classe !