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International Rock Progressif

Pure Reason Revolution : spiritual contradictions [Interview]

Loin de la douceur de « Coming Up To Consciousness », Les Britanniques empruntent cette fois des chemins plus ardus pour naviguer dans des paysages sonores assombris par des guitares tranchantes, des rythmiques à la fois lourdes et véloces et des harmonies vocales, qui s’entremêlent dans une harmonie aux reliefs saisissants. La remise en question est permanente chez PURE REASON REVOLUTION et c’est en cela que le trio parvient à surprendre sur chacun de ses albums à travers du Rock Progressif an perpétuel évolution. « Terrifying Angels » est le septième et son exploration de certains cieux nous fait traverser autant d’orages inquiétants que d’éclaircies presque éblouissantes. Un équilibre que les Anglais maîtrisent parfaitement et qui est même inscrit dans l’ADN du groupe depuis ses débuts. De l’obscurité à l’éblouissement, ce nouvel album révèle des trésors d’atmosphères au sein desquelles des arrangements d’une grande subtilité se dévoilent au fil des écoutes. Guitariste, bassiste, claviériste et producteur, Jon Courtney revient sur le processus de création et l’approche artistique qui l’ont guidé sur ce magnifique « Terrifying Angels ».

– On s’était quittés il y a deux ans avec «« Coming Up To Consciousness », qui était aussi positif que lumineux. Tout d’abord, en termes de line-up, on retrouve ici les mêmes musiciens au sein de PURE REASON REVOLUTION. Est-ce aussi un gage de constance que tu recherchais, afin de mener à bien ce nouvel album ?

Oui, absolument. Je pense que conserver la même formation était important, car il existe une réelle cohérence et une grande entente entre nous, en tant que musiciens. Au fil des années, nous avons développé une méthode de travail commune qui nous offre une base solide pour construire l’avenir. Parallèlement, je ne voulais pas que cette cohérence se résume à répéter ce que nous avions déjà fait. Je souhaitais que nous allions de l’avant avec cet album, que nous avancions et explorions de nouveaux horizons, plutôt que de stagner. Pour moi, il s’agissait donc de préserver l’alchimie et l’identité du groupe tout en nous surpassant sur le plan créatif et en voyant où cela pouvait nous mener.

–  A l’inverse du précédent album, «Terrifying Angels » est peut-être plus sombre, notamment au niveau des textes. Tout d’abord, il y a déjà cette notion d’ange à laquelle d’ailleurs il faut croire, même si elle peut être aussi bien sûr métaphorique. Cependant, ce nouvel album a-t-il, selon toi, une teneur plus spirituelle ?

Oui, je pense qu’il y a probablement une dimension spirituelle plus profonde à cet album, même si je ne le qualifierais pas forcément de religieux. L’idée des anges peut s’interpréter de bien des façons, et pour moi, ils sont davantage une métaphore de quelque chose qui nous dépasse, que ce soit l’espoir, la protection, le guide, ou simplement quelque chose d’inexplicable.

C’est aussi de là que vient l’idée des ‘Anges Terrifiants’. Il y a quelque chose de paradoxal chez un ange. Traditionnellement, on les perçoit comme bienveillants ou protecteurs, mais ils peuvent aussi représenter quelque chose d’immense et d’inconnaissable, quelque chose qui dépasse notre entendement et qui, de ce fait, peut être effrayant. J’aimais cette contradiction, à savoir l’idée que quelque chose puisse être à la fois beau et réconfortant, et troublant.

Je pense que cette part d’ombre transparaît dans certains textes de cet album. Mais même au sein de cette obscurité, on perçoit encore une quête de quelque chose de positif ou de significatif. La dimension spirituelle de l’album découle donc davantage de cette quête et de l’exploration de ces contradictions.

– On l’a dit, le line-up de PURE REASON REVOLUTION est le même avec Ravi Kesavaram à la batterie et Annicke Shireen aux claviers, ainsi qu’au chant. D’ailleurs, sa voix prend une place plus importante sur l’album. Sans parler de duo, est-ce aussi quelque chose que tu recherchais ? Une sorte d’accompagnement et de soutien de ce côté-là, capable aussi d’ouvrir d’autres chemins à votre musique ?

Oui, absolument. La voix d’Annicke s’est naturellement affirmée et elle enrichit la musique, à la fois en contrepoint à ma voix et comme un instrument à part entière dans les arrangements. Pour autant, je ne considère pas le groupe comme un duo. Ravi reste un élément essentiel de notre son, et Greg, notre guitariste d’origine (Jong, membre fondateur du groupe – NDR), participe également à l’écriture des morceaux avec moi. La diversité de ces voix et de ces perspectives nous offre davantage de possibilités d’expérimentation et nous permet de faire évoluer notre musique.

– On sait à quel point la minutie et la perfection ont toujours été des éléments très importants chez PURE REASON REVOLUTION. Or, tu as déclaré avoir été plutôt en quête de satisfaction et de plaisir. Est-ce que tu as trouvé cette fois plus d’inspiration dans une sorte de lâcher-prise ?

Oui, absolument. Avant, je travaillais comme un forcené, sept jours sur sept et jusque tard dans la nuit, en quête de perfection. Il m’arrive encore de me perdre dans mes pensées et de travailler tard, mais aujourd’hui, je prends beaucoup plus de plaisir à créer de la musique. La collaboration y contribue grandement. Franchement, je me lasse parfois de mes propres idées, alors je ne ressens plus le besoin de mener à bien ma vision initiale. Je suis beaucoup plus ouvert à ce que les autres apportent à la musique, et j’apprécie les idées auxquelles je n’aurais pas pensé. Cela donne à la musique une diversité bien plus grande que lorsque tout est filtré par moi. Les résultats sont-ils meilleurs ? Sont-ils les mêmes ? Peu m’importe. Mais ai-je davantage apprécié le processus ? Probablement, et c’est ce qui compte.

– Par ailleurs, là où « Coming To Consciousness » avait un côté presque apaisant, « Terrifying Angels » se veut plus puissant avec des élans parfois très Metal. Est-ce que ce changement d’ambiance et de ton a un lien direct avec notre société et ce monde devenu plus incertain que jamais. Ou alors, est-ce une démarche purement artistique et une volonté de surprendre peut-être ?

Je répondrais à cette question en reconnaissant l’atmosphère plus sombre sans pour autant en faire une prise de position politique ou sociale directe. Je pense que c’est un peu des deux. Je ne dirais pas que nous avons cherché à créer un album reflétant l’état du monde, mais il est impossible de rester insensible à ce qui se passe autour de nous. Il y a indéniablement une atmosphère plus inquiétante et imprévisible dans la musique, et cela tient peut-être en partie à l’époque que nous vivons. En même temps, c’est un instinct artistique. Je ne voulais pas simplement répéter ce que nous avions déjà fait, et les passages plus intenses m’ont semblé une manière naturelle de créer du contraste et de la surprise. Je pense que la musique doit pouvoir aller où elle veut, plutôt que d’être contrainte par les attentes du public envers PURE REASON REVOLUTION.

– Un nouvel album de PURE REASON REVOLUTION ne saurait être tout à fait ‘normal’, s’il n’y a avait pas la présence de guests. Et c’est bien sûr le cas avec les bassistes Mariusz Duda de Lunatic Soul et Krisfoffer Gildenlöw de Pain Of Salvation notamment. C’est important pour toi d’avoir l’apport de musiciens extérieurs ? Et en quoi apportent-ils leur touche, ou ouvrent-ils d’autres voies au groupe ?

Oui, j’apprécie beaucoup la collaboration, même si le rôle des deux bassistes a peut-être été légèrement surestimé. Mariusz Duda et Kristoffer Gildenlöw ont chacun joué sur une petite partie de l’album, mais j’ai assuré environ 90% des parties de basse moi-même. Je suis très content de leur contribution, mais ils n’étaient pas responsables de la basse sur l’ensemble de l’album. Plus généralement, j’apprécie la diversité des points de vue. D’autres musiciens peuvent apporter une ambiance ou une interprétation différente à une partie, et parfois emmener la musique dans des directions que je n’aurais pas explorées moi-même. Cette diversité est quelque chose que je valorise énormément. J’adorerais collaborer à nouveau avec Mariusz.

– Depuis ces deux derniers albums, vous faites aussi confiance à Bruce Soord de The Pineapple Thief pour le mix. Est-ce qu’à tes yeux, il a parfaitement su saisir l’identité et l’atmosphère de la musique de PURE REASON REVOLUTION ? Ou plus largement, est-il peut-être aussi le garant de cette touche si particulière et unique du Rock Progressif anglais ?

Oui, absolument. Bruce comprend parfaitement l’ADN du groupe et il règne une réelle confiance entre nous. Il sait quand préserver l’essence de notre musique et quand explorer de nouvelles pistes. Je ne dirais pas qu’il est le garant du Rock Progressif anglais, mais il saisit parfaitement l’atmosphère et l’identité que nous recherchons. Travailler avec lui est devenu une évidence.

– Enfin, j’aimerais qu’on dise un mot du morceau-titre, qui est littéralement tentaculaire du haut de ses 12 minutes. Comment est-ce qu’un tel morceau, aux ambiances si variées, se construit-il ? Et surtout est-ce que faire ressurgir une atmosphère globale et un thème principal s’avèrent être le plus délicat, finalement ?

Le morceau-titre est né d’une jam session improvisée dans le sous-sol de Greg à Portland, avec deux autres musiciens. Cette première improvisation a donné naissance aux trois premières minutes, et à partir de là, les autres parties ont émergé. Nous avons progressivement façonné le tout en un seul morceau. Le défi consistait à créer une cohérence entre les différentes parties, plutôt que de donner l’impression d’un assemblage d’idées disparates. Greg et moi nous connaissons bien, donc nous arrivons assez vite à obtenir ce que nous voulons. Mais un morceau comme celui-ci implique aussi beaucoup d’essais et d’erreurs : on écrit des sections, on les teste et parfois, on les abandonne complètement. Pour moi, l’atmosphère générale est primordiale. Une fois qu’elle est là, le reste peut se construire autour.

Le nouvel album de PURE REASON REVOLUTION, « Terrifying Angels », est disponible chez InsideOut Music.

Photos : Valentin Ottone.

Retrouvez les chroniques des deux derniers albums…

… et l’interview du groupe à l’occasion de la sortie d’« Eupnea » :

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France Rock Progressif

Nine Skies : guidé par l’émotion [Interview]

A peine « The Lightmaker » sorti, NINE SKIES a pris enfin la route pour une première série de concerts dans le sud de la France, d’où est originaire la majorité de ses membres. Un retour devant le public qui s’est fait attendre et qui s’est soldé par une belle réussite. Pour sa quatrième réalisation, le groupe a vu les choses en grand et livré un album digne des meilleures productions actuelles. Autour d’un noyau dur inamovible, le septet (sur scène) présente un Rock Progressif varié, s’appuyant sur de solides fondations et avec un regard peut-être plus électrique qu’auparavant. Anne-Claire Rallo, claviériste et parolière, et Alexandre Lamia, guitariste, arrangeur et également claviériste reviennent sur ce nouvel opus et les premières dates.   

– Vous nous aviez laissé il y a deux ans avec « 5.20 », un album entièrement acoustique, pour revenir aujourd’hui avec « The Lightmaker » où vous renouez avec l’électrique. Sur le précédent, c’était surtout l’envie de tenter une expérience musicale différente et d’explorer d’autres sonorités qui vous avaient motivé ?

Alex : Oui, il y a un peu de ça, car nous aimons énormément explorer des nouvelles facettes musicales. « 5.20 » était en réalité censé être un album où l’on réarrangeait acoustiquement nos anciens morceaux, mais de fil en aiguille, nous en sommes arrivés à un album entièrement original.

– « The Lightmaker » est votre quatrième album et probablement aussi le plus abouti. Et au-delà de ça, c’est aussi le premier sans Eric (Bouillette). Il y a une profondeur évidente qui s’en dégage d’ailleurs. De quelle manière et dans quel état d’esprit l’avez-vous abordé, puis composé ?

Alex : Merci beaucoup. Ce fut une épreuve terriblement compliquée pour moi, mais en même temps libératrice. J’ai tendance à réfugier et libérer mes émotions par la sincérité de la musique. Elle ne trompe jamais, et j’ai voulu m’investir encore plus pour honorer Eric et tout ce qu’il a donné et m’a donné. J’ai longtemps critiqué le résultat final de « The Lightmaker », mais je suis content que le public reçoive l’album aussi bien.

Photo : Philippe Comodini

– Dorénavant, NINE SKIES repose sur un socle solide et également encore différent. Anne-Claire, tu t’es occupée de l’écriture des textes et du concept de l’album. Comment vous êtes-vous répartis la composition des morceaux de « The Lightmaker » ?

Anne-Claire : A vrai dire, nous n’avons pas eu besoin de nous répartir la composition, puisque nous avons, Alex et moi, travaillé tous les deux sur la base de chaque morceau avant de les envoyer aux musiciens. Alex sur l’instrumental et moi sur le concept et les paroles. Mais nous échangeons toujours nos idées et nos sentiments sur chaque titre : Alex au niveau thématique et moi pour l’aspect musical.

– C’est une habitude chez vous maintenant, on retrouve de nombreux guests, dont certains sont même familiers aux auditeurs. Peux-tu nous faire les présentations et nous expliquer la répartition et le choix de chacun sur les nouveaux morceaux ?

Anne-Claire : Nous sommes très chanceux. D’abord, parce que tous ces musiciens sont des artistes bourrés de talent, mais aussi parce que chaque participation fait sens. Il ne s’agit pas d’une pyramide de lego. D’ailleurs beaucoup d’entre eux sont également des amis. 

Riccardo était une évidence. Il entretenait un rapport très fort avec Eric, et ils sont très proches tant au niveau artistique qu’émotionnel. Il s’est totalement approprié le poème que je lui ai envoyé pour « The Explorer » et a réussi à se l’approprier tout en faisant un superbe hommage à Eric. Arnaud et Laura ont parfaitement cerné l’esprit que nous voulions dégager de « The Chaotic », et Adam Holzman est juste, comme à son habitude, exceptionnel. L’ambiance de ses claviers tout au long de la chanson, et bien sûr avec ce solo dont lui seul a le secret, rendent le morceau magique.

Kristoffer (Gildenlöw) a également été une des plus belles surprises de cet album. Il est non seulement doué au-delà du commun, mais c’est quelqu’un d’exceptionnel humainement. Son travail vocal et de basse sur « The Lost » est exceptionnel et cela a été un réel plaisir de travailler à la création de ce morceau avec lui, étape par étape.

Charlie (Bramald) est également un ami proche. C’était, comme Riccardo, une évidence, pour l’album comme pour Eric. Et il a fait un travail extraordinaire. Je n’ai même pas besoin d’en parler, il vous suffit d’écouter !

Et « The Architect »… Ce morceau est très particulier pour moi, et cher à mon cœur, pour beaucoup de raisons. Je pense que c’est la conclusion parfaite pour l’album et je suis ravie de voir qu’il est très bien accueilli par les auditeurs. Le chant d’Achraf est splendide, Marco Minnemann est, comme à son habitude, royal et la guitare de John Mitchell vit d’elle-même, grâce à cette magie dont lui seul à le secret, et tout en donnant à la fois une seconde vie au morceau et même à l’album lui-même. J’aime vraiment que le disque se conclue ainsi. 

Anne-Claire Rallo – Photo : Philippe Comodini

– Je trouve les titres de ce nouvel album beaucoup plus incisifs que sur les autres. Cela s’explique par le concept, par les circonstances qui ont touché le groupe de très près ou, là encore, c’est un nouvel aspect de NINE SKIES que vous souhaitiez présenter et découvrir peut-être aussi vous-mêmes ?

Anne-Claire : il est certain que les expériences personnelles d’un artiste influencent, consciemment ou pas, ses créations, mais nous n’avons pas réfléchi à un aspect particulier que nous voulions atteindre. C’est juste réellement le résultat sincère des choses telles qu’elles avaient besoin de sortir.

Alex : Ce qui est bien avec NINE SKIES, c’est que nous faisons confiance à nos ressentis plus qu’à une direction déjà définie. Nous essayons de les transformer plutôt que de penser à un concept. Celui-ci vient après les émotions.

– Même si NINE SKIES évolue bien sûr autour d’un noyau dur de cinq musiciens, est-ce que vous ne seriez pas tenté à l’avenir par la réalisation d’un album juste entre vous ? Ou est-ce que ce partage et ces collaborations ne font-ils pas finalement partie intégrante de l’ADN du groupe ?

Anne-Claire : Comme je le disais, nous créons dans l’intensité du ressenti, rien n’est réfléchi. Cela ne signifie pas que nous faisons n’importe quoi non plus, bien sûr ! Le premier album était du 100% NINE SKIES, sans guests. Chaque participation a un sens profond et une réelle signification. Nous ne pensons pas encore au prochain album, nous verrons comment les choses se présentent le moment venu.

Alex : Qui sait ! Nous n’y pensons pas encore et nous voulons pour l’instant nous tourner vers le live, un maximum. Mais nous sommes complètement ouverts pour tester des choses différentes à l’avenir.

Alexandre Lamia – Photo : Philippe Comodini

– Depuis sa création, NINE SKIES s’est produit assez peu sur scène en raison des distances entre vous. Là, une série de concerts vient de s’achever. Comment l’avez-vous abordé étant donné le line-up très fluctuant du groupe ?

Anne-Claire : En effet, les évènements divers et le Covid nous ont forcé à annuler les dates et les tournées prévues après le ’Prog en Beauce’. Nous sommes très impatients de pouvoir enfin leur donner vie. Nous avons enfin le line-up parfait et cela est plus rassurant qu’une source de stress. Tous les musiciens apportent énormément avec leur touche personnelle et nous pouvons facilement adapter en live les morceaux sans les guests présents en studio, surtout dans le sens où nous ne sommes pas un groupe qui joue sur du backing ou qui reproduit une copie parfaite du CD sur scène.

Alex : Je peux, du coup, te répondre après cette première tournée, car elle fut une expérience absolument inoubliable. Les musiciens sont tous des monstres dans leur domaine et nous avons une telle énergie, une communication et une connexion que je peux juste dire que nous attendons vivement la suite, c’est-à-dire la tournée anglaise en mars 2024 !

– Un peu de légèreté pour conclure, et même si j’ai évidemment ma petite idée sur le sujet : que cache cette appellation de ‘Rock Frogressif’, dont vous vous affublez depuis peu ?

Anne-Claire : A vrai dire, c’est un de nos auditeurs qui nous a un jour attribué ce titre. Nous l’utilisons évidemment de manière ironique, notamment en réponse (taquinerie, mais jamais méchante) à certaines classifications, dont nous sommes régulièrement le sujet : néo-prog, prog de chambre, etc… La chose est restée depuis !

« The Lightmaker », le nouvel et quatrième album de NINE SKIES, est disponible sur le Bandcamp du groupe :

https://nineskies.bandcamp.com/album/the-lightmaker

Et chez FTF Music :

https://www.ftf-music.com/shop/nineskies/nineskies.htm

Et une simple recherche sur le site (en haut à droite) vous permettra de retrouver toutes les interviews du groupe et les chroniques d’albums.

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Nine Skies : frogressive land

Après la tragique disparition d’Eric Bouillette, l’un des principaux maîtres d’œuvre de la formation, on aurait pu s’interroger sur la suite qu’auraient donné les membres de NINE SKIES, et à juste titre d’ailleurs. En lui dédiant « The Lightmaker », le groupe de Rock Progressif opte donc pour la poursuite de leur si belle entreprise et on ne saurait que les en remercier. Très varié, aérien et parfois même aux frontières du Metal, les Français montrent une créativité toujours aussi féconde et basée sur une histoire saisissante.

NINE SKIES

« The Lightmaker »

(Independant/FTF Music)

Depuis ses débuts en 2017, NINE SKIES ne cesse de surprendre en se réinventant au fil des albums. « The Lightmaker » est le quatrième des Français en studio, auquel il faut ajouter « Live @ Prog En Beauce », sorti en 2021. Suite à la disparition de son multi-instrumentiste et compositeur Eric Bouillette, le groupe évolue aujourd’hui autour d’un cercle de six musiciens chevronnés, dont notamment la parolière, musicienne et créatrice du concept de l’album, Anne-Claire Rallo, et Alexandre Lamia (guitares, claviers), qui s’est aussi chargé de l’ensemble de la production dans ses moindres détails.

Suite à « 5.20 », entièrement acoustique, NINE SKIES revient avec un album-concept électrique de haute volée, qui voit se côtoyer de nombreux courants du Rock Progressif. Et si l’éventail musical est large, la liste des invités conviés sur « The Lightmaker » est également impressionnante et d’une qualité toujours aussi éclatante. On y retrouve Marco Minnemann, Adam Holzman, Kristoffer Gildenlöw, John Mitchell, Riccardo Romano, Martin Wilson, Charlie Bramald, Arnaud Quevedo et Laura Piazzai. Autant de talents qui font rayonner cette nouvelle réalisation.

C’est même devenu une marque de fabrique et une habitude qui offrent une belle diversité cette fois encore à des morceaux d’une rare élégance, où l’on retrouve d’ailleurs des aspects très percutants sur des morceaux relativement longs (« The Explorer », « The Dreamer », « The Chaotic », « The Lost », « The Architect »). Désormais incontournable sur la scène progressive hexagonale, le sextet livre un brillant opus, et c’est donc assez naturellement qu’ils s’exprimeront très prochainement ici même pour une explication plus en détail de la conception et de l’enregistrement de « The Lightmaker ». A suivre…

Retrouvez les précédentes interviews :