Héritiers directs d’un Blues classique gorgé de Soul et porté par la voix envoûtante et pleine d’émotion de Willy Jordan, les Américains livrent une fois encore une partition, qui va puiser dans une tradition qui semble éternelle. Subtiles et entraînantes, les nouvelles compositions de THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA nous transportent hors du temps dans un voyage, où les mélodies se succèdent dans un élan très inspiré. Un disque qui fait vraiment du bien !

THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA featuring WILLY JORDAN
« What Can We Do ? »
(Nola Blues Records)
C’est à San Francisco que le guitariste et compositeur Anthony Paule a fondé cet orchestre génial en 2007. 19 ans plus tard, THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA est devenu une véritable institution, ayant vu passer dans ses rangs les chanteurs Wee Willie Walker, Frank Bey et Terri Odabi, avant de laisser place à Willy Jordan. Une fois encore, il enveloppe de sa voix chaude et douce des morceaux directement inspirés du Blues et de la Soul des années 60 et 70, non sans une approche moderne. « What Can We Do ? » n’a rien de nostalgique, il serait plutôt intemporel.
En presque vingt ans, THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA a sorti sept albums et multiplié les nominations aux Blues Music Awards, tant en ayant participé à de nombreux festivals et concerts en Europe. Il faut avouer que la formation composée de douze musiciens a de quoi faire briller les yeux de plaisir. Soutenue par une section cuivre brûlante et dynamique, de chœurs féminins et masculins d’une incroyable beauté et d’une rythmique dont le groove est totalement addictif, la guitare de son leader fait des merveilles entre des accords délicats et des solos tout en finesse.
Produit par Larry Batiste, le successeur de « What Are You Waiting For ? » (2024) conserve une saveur délicieusement rétro, grâce à l’exactitude et la très grande justesse d’interprétation de ce combo aux allures de Big Band. Et chez THE ANTHONY PAULE SOUL ORCHESTRA, c’est surtout l’esprit de corps qui domine et surprend. Malgré la virtuosité de ses membres, personne ne tire la couverture à soi et « What Can We Do ? » se montre d’une formidable fluidité sur ses douze titres, dont la reprise du standard de Jazz de 1944, « You’re Nobody Till Somebody Loves You ». Classieux !

Photo : Matthew Niesen
