En un peu de plus de 15 ans, la formation d’Atlanta a imposé sa patte sur la scène Hard Rock internationale avec ce côté Sleaze, un brin Glam et sans compromis qu’elle affiche en étendard. Avec « Anthems From The Underground », KICKIN VALENTINA fait bien plus que de rendre hommage à ce milieu en marge des productions mainstream, il salue un public fidèle, sincère et amoureux d’un style que le quatuor porte haut et qu’il fait sonner avec une modernité qui ne néglige pas cet état d’esprit et cette attitude si Rock’n’Roll. Ce nouvel album est un hymne à la liberté, à un style de vie aussi et surtout à une obstination à ne pas se plier aux règles, ni aux dictâtes quels qu’ils soient. Et c’est encore le très direct frontman et parolier D.K. Revelle, qui s’exprime le mieux sur la démarche ‘underground’ et authentique, si chère au combo.

– Ce cinquième album, hors EPs bien sûr, est assez spécial puisque vous y clamez votre amour pour le Hard Rock underground, dont vous êtes issus. Pourtant, votre notoriété dépasse aujourd’hui largement le milieu. Est-ce à dire que vous ne vous sentez pas à votre place dans un cercle plus mainstream ?
Le terme ‘Underground’, tel que nous l’utilisons dans le titre du nouvel album, « Anthems From the Underground », signifie simplement que, puisque le ‘Rock’n’Roll’ n’est pas ‘grand public’ actuellement et ce depuis un certain temps, et que nous sommes un groupe de ‘Rock’n’Roll’, le style de musique que nous produisons est, selon nous, ‘Underground’ aujourd’hui. C’est ainsi qu’est né ce titre, finalement, c’est notre vision des choses.
– D’ailleurs, si l’underground est d’abord une question d’attitude et d’état d’esprit, tout se joue aussi dans le son et le contenu des morceaux et, en ce sens, KICKIN VALENTINA est sans concession. Est-ce ce qui vous rattache en premier lieu à cet univers ? Sa sonorité et son ambiance si particulières ?
Les quatre membres de ce groupe jouent et composent ce style de Rock depuis les années 80… On y était ! D’ailleurs, je me fais peut-être vieux ! (Rires) Mais honnêtement, c’est ce qu’on ressent individuellement et collectivement, et c’est ce qui fait la magie du groupe.

– « Anthems From The Underground » reste ancré dans ce que vous avez toujours joué. Cependant, je le trouve peut-être moins Sleaze et moins festif. Sans être sombre, il paraît moins léger et plus sérieux. Etait-ce votre intention de marquer une sorte de virage ? Et puis, cette fois, vous avez travaillé avec Pete Newdeck et c’est peut-être cela qui donne cette sonorité si particulière à « Anthems From The Underground ». Avez-vous senti qu’il fallait aborder un nouveau chapitre après « Star Spangled Fist Fight » ?
Non… Excellentes questions, mais non… (Sourires) L’ambiance et le son de ce nouvel album sont surtout dus à la présence de notre ami et frère Pete Newdeck à la production. Il nous a suggéré de nouvelles pistes que nous n’aurions peut-être pas explorées sur les précédents albums de KICKIN VALENTINA… De plus, l’écriture des chansons n’est pas préméditée. C’est simplement ce qui nous est venu naturellement cette fois-ci, et je trouve que c’est une évolution naturelle pour nous. Nous n’avons jamais de direction prédéfinie, ni ne suivons aucune tendance lorsque nous commençons à écrire un nouvel album. On ne se prend pas la tête, on fait juste ce qui nous vient instinctivement… (Sourires)

– Justement, est-ce également sur scène que de telles décisions se prennent avec l’envie de peut-être apporter de nouveau arrangements à d’anciens morceaux, tout en pensant aux prochains ?
Non… Les vieux morceaux sont à peu près les mêmes et nos concerts sont improvisés à 75 % et structurés à 25 %, en ce qui concerne la setlist… Et c’est le live et l’énergie du public, qui nous anime. Il n’y a pas de pistes préenregistrées, pas de métronome, etc… Et vous ne savez jamais à quoi vous attendre de nous, soir après soir ! (Sourires)
– Vous avez déclaré que vous vouliez rendre hommage à vos fans sur ce nouvel album. Est-ce que vous avez articulé l’ensemble du disque en ce sens ?
Non, encore une fois… J’aime à penser que tous nos albums rendent hommage non seulement à nos fans, la ‘Kickin Valentine Mob’, mais aussi à nos héros du Rock’n’Roll, d’hier comme d’aujourd’hui.

– D’ailleurs, il y a une chose qui peut également expliquer ce changement dans le son d’« Anthems From The Underground ». En effet, vous l’avez enregistré chez vous à Atlanta, puis il a été mixé en Angleterre avant d’être masterisé à Toronto au Canada par Harry Hess. Si la technologie permet beaucoup de choses, votre album a beaucoup voyagé. Etait-ce trop compliqué de tout faire en Georgie ?
Non… C’est juste le chemin qu’on a choisi cette fois-ci et on en est contents ! (Sourires) D’ailleurs, un grand merci à Pete Newdeck et Harry Hess !
– Enfin, il y a une question que j’aimerais te poser. Est-ce que tu connais des groupes issus de l’underground, qui sont aujourd’hui suivi par un très grand nombre de fans à travers la planète, et qui se déclarent toujours de ce milieu ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment possible de revendiquer ce statut à partir d’un certain moment quand le succès est au rendez-vous ?
Hmmmm… Je ne suis pas sûr de connaître beaucoup de nouveaux groupes underground qui jouissent d’une grande popularité, ou d’un succès retentissant… Aux Etats-Unis, on ne soutient pas les nouveaux groupes de Rock autant qu’on le faisait avec ceux des années 80… Et à mon humble avis, il est temps de passer le flambeau à des groupes comme le nôtre… (Sourires) On est toujours là, on y croit et on y croit encore. Et grâce à nos fans du monde entier, on progresse avec succès, album après album, concert après concert, année après année. Et on continuera à le faire à la manière de KICKIN VALENTINA : en live, brut, fort et sans complexe !
Le nouvel album de KICKIN VALENTINA, « Anthems For The Underground », est disponible chez Mighty Music.

Photos : John Mortensson (3, 4)
Retrouvez aussi la chronique du précédent album de KICKIN VALENTINA :
