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Glam Metal Hard Rock Sleaze

Zan/Cody : reconnected

Il y a quelques décennies maintenant, ces deux-là ont fait entrer la Suède dans l’ère du Glam et du Sleaze, grâce à un Hard Rock pêchu et accrocheur. Aujourd’hui, le frontman et le six-cordiste remettent le couvert avec le premier opus de ZAN/CODY, « Beautiful’n Damned », et il se murmure même qu’un deuxième est en cours d’écriture. L’alchimie est palpable et le talent vivace. Explosif et très contemporain, le duo a retrouvé ses marques et ne manque pas de repères.

ZAN/CODY

« Beautiful’n Damned »

(Frontiers Music)

Malgré trois albums seulement entre 1988 et 1993, Shotgun Messiah a laissé une empreinte forte dans le Hard Rock européen et surtout il fut précurseur du Glam Metal scandinave en ouvrant la voie à toute une génération, et même à d’autres depuis. De son line-up, on se souvent bien sûr du guitariste Harry Cody et du chanteur Zinny Zan, qui n’était pourtant présent que sur le premier effort éponyme, mais qui fut aussi le plus marquant. Et c’est dans cette perspective qu’est né ZAN/CODY, à savoir retrouver cette atmosphère aussi emblématique que particulière.

Bien sûr, les années ont passé et l’intention des deux Suédois n’est pas de livrer une réplique de leur ancien groupe. Et si on retrouve en partie le son qui a fait son succès, celui-ci s’est considérablement modernisé avec même un aspect presque futuriste, et un peu dérangeant. Car sur le papier, ZAN/CODY n’est crédité que des deux hommes, au chant et à la guitare. C’est-à-dire que le reste consiste en de la programmation, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour qui aime le Hard Rock brut et sincère. La production y est donc essentielle.

En la confiant à Chris Laney (Pretty Maids, Crazy Lixx, Ronnie Atkins), le duo a tapé dans le mille et l’esprit d’un Hard Rock moderne et mélodique est parfaitement restitué. Les riffs de Harry Cody sont précis et incisifs et ses solos survolent les morceaux. Quant à Zinny Zan, sa puissance vocale est intacte et a même très bien mûri avec le temps. ZAN/CODY ne s’interdit pas quelques éclairs Sleaze et Glam et avance même sur un train d’enfer (« Sever », « I Am The Shit », « She Walks With Violence », « Damn » et le morceau-titre). On attend la suite !

Photo : Tallee Savage

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Hard Rock Sleaze

Too Hot For Leather : ready to rock

D’une vitalité franchement réjouissante, cela fait maintenant deux ans que TOO HOT FOR LEATHER a émergé de la cité de la Country Music à grand renfort de solides guitares et sur un rythme effréné. Massif et mélodique, « Superhero Wannabes! » nous emporte dans un tourbillon globalement Hard Rock, mais aux multiples variables. Guidé par son intenable chanteuse, le combo se présente avec un nouveau format court, auquel il est bien difficile de résister.

TOO HOT FOR LEATHER

« Superhero Wannabes! »

(Independant)

Enjouée et hyper-Rock’n’Roll, l’aventure du quatuor a réellement commencé en juillet 2024, date à laquelle il a présenté son tout premier single, « Show Me What You’ve Got », un titre entêtant et ravageur. Originaire de Nashville, TOO HOT FOR LEATHER fait partie de cette nouvelle génération qui distille sa musique au compte goutte sur les plateformes, et qui semble peu préoccupée par le fait de sortir un album. Avec « Superhero Wannabes! », c’est donc un EP qu’il propose, lequel inclut d’ailleurs « Beef Stew » et « Doubt », sortis précédemment.

Héritier direct de la scène Hard Rock et Sleaze américaine, et avec un soupçon Punk Rock californien dans l’énergie et l’attitude, le groupe laisse paraître une sensation de légèreté en contraste avec la puissance affichée. TOO HOT FOR LEATHER s’amuse et distille sa bonne humeur à travers des riffs musclés, une rythmique percutante et sa frontwoman porte le tout avec une certaine désinvolture, mais aussi beaucoup de sérieux. Car, les sept chansons de cet EP, le deuxième, sont très en place et l’excellente production ne doit rien au hasard, non plus.

Sur une petite demi-heure, la formation du Tennessee se fait vraiment plaisir et l’aspect très dansant et festif de son Rock est un véritable remède à la morosité. A la fois envoûtante, magnétique et fédératrice, Shannon Sperl se montre irrésistible et surprend même par sa large palette vocale, comme sur la ballade piano-voix, « Father’s Daughter », qui clot « Superhero Wannabes! ». Littéralement taillé pour la scène, le répertoire de TOO HOT FOR LEATHER devient vite addictif (« Super Hero », « Kid Again », « All Talk »). Le Rock est plus vivant que jamais !

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Heavy metal Proto-Metal Sleaze Speed Metal

Total Maniac : full sleaze

Fondé sur les cendres encore brûlantes de Nux Vomica, Deathammer et Raw Filth, les membres de TOTAL MANIAC connaissent bien les méandres de l’underground du Maryland. Quatre ans après un premier album éponyme, ils remettent ça et leur proto-Speed Metal est clairement bien aiguisé. Old School et percutant, le quintet avance sans trembler et avec le sourire sur ce « Love Overdrive » pêchu et puissant. Les clins d’œil sont multiples et assumés, et la surchauffe est délicieusement addictive.

TOTAL MANIAC

« Love Overdrive »

(Independant)

La formation de Baltimore qualifie elle-même son style de ‘Thrash And Roll’ et on y trouver son compte, c’est vrai. Cela dit, TOTAL MANIAC évolue plus précisément dans un Street Metal tranchant et racé directement inspiré des années 80 et avec un petit côté Sleaze que n’aurait pas renié Mötley Crüe à ses débuts. Le combo ne s’interdit donc pas grand-chose et l’on retrouve même l’aspect brut de Motörhead enrobé de la précision du Judas Priest de la grande époque. « Love Overdrive » concentre ainsi une sacrée dose d’énergie et d’explosivité prête à l’emploi.

Niveau efficacité, TOTAL MANIAC n’est pas en reste et expédie ses huit nouveaux morceaux en 27 petites minutes. Pour autant, « Love Overdrive » n’oublie pas d’être accrocheur et très fédérateur, grâce à des titres entêtants aux riffs acérés et à l’humour décapant. Car, dans toute cette agréable sauvagerie musicale, les Américains sont diablement irrévérencieux et costauds, un état d’esprit que l’on retrouvait sur la côte ouest au siècle passé. Et entre des références rappelant Riot et d’autres le Sunset Strip de jadis, le pont est solidement construit et même inébranlable.

Un bâton de dynamite à la main, TOTAL MANIAC se défend de faire dans la dentelle et c’est justement cette fraîcheur et cet élan très instinctif qui fait tout son charme. Il y a même un côté Punk dans la dynamique de ses brûlots hyper-Rock’n’Roll. Le frontman harangue, chante à tue-tête et entraîne ses camarades dans des chœurs rageux et même ironiques à l’occasion. Festif et Heavy Metal, ce deuxième effort ne se perdre pas en conventions et balance des claques à tout-va (« Just Another », « Devil In Plain Sight », « Drinkin’ Our Way To Hell », « Blooze » et le morceau-titre).

Photo : Marie Machin

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Glam Rock Rock Hard Sleaze

Michael Monroe : a shot of glitter

Difficile de ne pas se laisser embarquer par le Rock pétillant et costaud de ce rockeur venu du grand Nord. Depuis des décennies, MICHAEL MONROE perpétue une tradition née dans les années 80 à base de Sleaze Rock, de Hard Glam et d’un zeste Punk pour le décorum. Véritable légende en Finlande, il ne contente pas de faire durer le plaisir en quête du cacheton supplémentaire. Il fait le show, car c’est en lui et qu’il respire le Rock avec intensité et authenticité, elles-mêmes alimentées d’une spontanéité de chaque instant. « Outerstellar » résume assez bien une carrière certes chaotique, mais toujours honnête.

MICHAEL MONROE

« Outerstellar »

(Silver Lining Music)

Avec cette pochette, le frontman a-t-il voulu faire un clin d‘œil à celle de « Sensory Overdrive » sorti il y a 15 ans ? C’est fort possible si l’on prend en compte que son groupe a très peu bougé et que les fidèles Steve Combe (guitare) et Sami Yaffa (basse) sont toujours de la partie. Et puis, MICHAEL MONROE n’est pas homme à passer d’un registre à l’autre, d’autant qu’il confectionne son Sleazy Hard Glam depuis de longues années maintenant. Ainsi, pas de réelle surprise sur « Outerstellar », si ce n’est celle de retrouver cette voix unique et cette explosivité qui ne faiblit pas, bien au contraire.

Le finlandais ne triche pas et ce treizième album atteste de nouveau de son indéfectible sincérité. Entre Rock musclé et jet de paillettes, il n’a jamais choisi et ce savoureux mix, qu’il est à peu près le seul à offrir de si longtemps, fait toujours son petit effet. Son Hard Rock est toujours aussi Glam et son côté Punk finalement très apprêté. MICHAEL MONROE vit pour la scène et on retrouve cette même instantanéité sur ses disques, « Outerstellar » y compris bien sûr. Et l’atmosphère est encore une fois insouciante, colorée et délurée, comme figée dans le temps, un bon remède à une morosité ambiante bien sombre.

Très bien produit, le coup de poing arrive d’entrée de jeu avec le débridé « Rockin’ Horse », preuve que le chanteur conserve une énergie intacte. L’ensemble est concis, percutant, entraînant et d’une jeunesse éternelle (« Newtro Bombs », « Shinola »), MICHAEL MONROE se fiche du qu’en-dira-t-on, garde une attitude souvent irrévérencieuse, mais avec toujours une certaine classe (« Black Cadillac », « Paintless », « Disconnected », « Pushin’ Me Back » et le très surprenant « One More Sunrise » et ses sept minutes où il rayonne littéralement). « Outerstellar » s’inscrit parmi les meilleures réalisations de sa discographie.

Photo : Janson Bulpin

Retrouvez la chronique de son album précédent :

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Hard Rock Rock US

Buckcherry : l’effet tornade

Revigoré depuis le très bon « Vol. 10 » sorti il y a deux ans, le gang de Los Angeles continue sur sa lancée et les cinq rockeurs semblent même au sommet de leur art. Bâti sur un Rock US ravageur et débridé, le Hard Rock de BUCKCHERRY est d’une totale sincérité et d’un impact sans limite. Avec beaucoup de caractère, il fait le lien entre des mélodies accrocheuses et une puissance de feu rugissante. « Roar Like Thunder » est aussi redoutable qu’addictif. Une bonne beigne !

BUCKCHERRY

« Roar Like Thunder »

(Earache Records)

Onzième album en l’espace de 30 ans pour les Américains, qui confirment avec « Roar Like Thunder » que le virage vers un Hard Rock plus direct et est devenu leur véritable cheval de bataille. BUCKCHERRY est revenu aux fondamentaux, délaissant un Alternative Rock assez convenu et surtout ultra-formaté pour les radios US, afin de laisser place à une explosivité déjà sous-jacente depuis longtemps pour offrir enfin tout son potentiel. Et, rangé derrière le phénoménal Josh Todd, certains aspects plus costauds refont surface avec éclat.

Frais et spontané, BUCKCHERRY renoue donc avec une attitude plus Sleaze, presque Punk, sur des morceaux taillés pour la scène et nerveux à souhait (« Crazy Bitch »). Côté guitares, Stevie Dacanay et Billy Rowe s’en donnent à cœur-joie et affichent une belle complicité. Les titres composés par leur fondateur et frontman avec le producteur Marti Frederiksen sont probablement les meilleurs depuis un moment, et l’air de Nashville, où a eu lieu  l’enregistrement, semble avoir fait du bien au groupe, tant il bouillonne de plaisir.

Dès le morceau-titre qui ouvre les festivités, on sent la ferveur et l’enthousiasme qui envahissent ce « Roar Like Thunder » d’un claquement de doigt. Inspiré et déterminé, BUCKCHERRY livre un opus estampillé 100% californien, dont on avait presque oublié l’authenticité de la saveur (« Come On », « Talkin’ Bout Sex », « Blackout », « Machine Gun », « Let It Burn »). Vivant et dynamique, le quintet n’a rien perdu de son jeu et, au contraire, paraît plus tranchant et malicieux que jamais. Une tornade !

Photo : Tommy Sommers

Retrouvez les chroniques des albums précédents :

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Hard US Rock US Sleaze

Drew Cagle & The Reputation : rebel yell

Provocateur et explosif, DREW CAGLE & THE REPUTATION donne enfin une suite à un premier essai très concluant sorti il y a quelques années. Cette fois, le musicien de l’Illinois met les petits plats dans les grands avec beaucoup d’audace et surtout dénué de tout complexe. « Bad Attitude » montre une assurance folle et les riffs racés distillés sur des mélodies entêtantes viennent mettre en valeur une performance vocale éclatante. Original et moderne, ce deuxième opus a déjà tout d’un futur classique.

DREW CAGLE & THE REPUTATION

« Bad Attitude »

(Pavement Entertainment)

Cela fait déjà un moment que DREW CAGLE traîne sa réputation et ce serait plutôt une fierté qu’un boulet. Car, trois ans après « Haunted », il semble plus jamais déterminé à livrer au monde entier son savoureux mélange de Hard et de Rock US. Dans la lignée de la scène notamment californienne des années 80/90, le chanteur, guitariste et compositeur tire son épingle du jeu avec beaucoup d’habileté et une énergie débordante. Magistralement conçu, « Bad Attitude » ne souffre d’aucun temps mort, malgré quelques petites accalmies.

Il faut préciser que DREW CAGLE & THE REPUTATION affiche un line-up assez incroyable. Enregistré à Nashville, le frontman s’est entouré des guitaristes Sol Philcox-Littlefield (Luke Combs, Jelly Roll), Sam Hunter (Willie Nelson) et B. James Lowry (Kenny Chesney). Ajoutez-y Shannon Forrest (Toto, Taylor Swift) derrière les fûts et Craig Young (Elton John, Post Malone) à la basse et vous obtenez une véritable dream team. Et « Bad Attitude » transpire un Rock authentique, sleaze et généreux de bout en bout.

Et on prend en compte que Matt Coles (Eagles, Alice Cooper) est à l’enregistrement, au mix et à la production, on tient là un disque de haute volée. Sur huit titres (seulement !), DREW CAGLE & THE REPUTATION se montre très inspiré, que ce soit sur des chansons percutantes comme « All Figured Out », ou encore le morceau-titre où l’Américain accueille Tracii Guns dans une belle complicité. Pour le reste, on passe par toutes les émotions avec une passion sincère (« If It’s Not Love », « So Cold », « Live Right », « Wine Talkin’ »). Une bouffée d’oxygène !

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Hard'n Heavy Sleaze

JJ Pinestone : dynamite boulevard

Explosifs et survoltés, les Scandinaves font un bond dans le temps avec « Break The Chain », dont l’énergie se propage à vitesse grand V. Sans faire dans la redite, JJ PINESTONE vient prolonger la vague Sleaze Rock très Heavy de la scène américaine de la fin du siècle dernier.  L’efficacité des guitares et la dynamique de la paire basse/batterie servent très bien des parties vocales très accrocheuses, électrisantes et fortes en adrénaline. Et si l’on aurait aimé deux ou trois chansons de plus, on tombe déjà sous le charme de ces compositions pleines d’allant et déterminées.

JJ PINESTONE

« Break The Chain »

(Pinestone Music Records)

Juho Mäntykivi est un musicien étonnant. Alors qu’il est aux commandes de TakaLaiton, un combo évoluant dans un registre Thrash/Crossover depuis 2016 et qui affiche au compteur un EP, quelques singles et deux albums, dont « Mindfection » sorti l’an dernier, il surgit aujourd’hui avec un tout nouveau projet, JJ PINESTONE, dont il est toujours le chanteur et guitariste. Sauf que cette fois, il n’est pas question de Metal plus ou moins violent, mais d’un Hard’n Heavy façon Sleaze Rock aux saveurs 80’s et surtout californiennes.

Pour autant, le frontman finlandais se montre très à son aise et redoutablement efficace au sein de son nouveau quatuor, où l’on retrouve d’ailleurs Joona Juntunen de TakaLaiton. Dans la veine des G N’R, Skid Row, Ratt ou Poison avec une précision technique très moderne, JJ PINESTONE livre un premier effort de sept titres, sorte de mini-album, qui présente les multiples facettes du groupe, mais qui paraît incomplet compte tenu de sa courte durée. Un format qui, malheureusement, ne lui rend pas service.

Cela dit, la maîtrise et la fougue à l’œuvre sur « Break The Chain » donnent plutôt envie d’y retourner et de se repasser ces morceaux entêtants et tellement rafraîchissants. A grand renfort de riffs tendus et racés et de solos millimétrés parfaitement exécutés, JJ PINESTONE se montre très percutant et accrocheur, et le chant ne met pas longtemps à installer un climat positif (« On My Own », « Killshot », « Fool’s Anthem » et son côté Rap/Fusion, « Scream For More » et le morceau-titre). Un premier essai qui appelle vite une suite.

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International Power Pop Power Rock Rock/Hard

The Hot Damn! : living colors [Interview]

En quatre ans, le quatuor britannique a marqué les esprits lors de concerts endiablés à travers leur pays et fait en sorte que leur musique dépasse largement les frontières du Royaume-Uni. Après un premier EP, c’est avec un album hyper-punchy à l’énergie débordante et aux textes francs et directs, « Dancing On The Milky Way », qu’elles viennent épicer une scène Rock, qui se prend peut-être un peu trop au sérieux. Coloré et irrévérencieux, le style de THE HOT DAMN! passe de la Power/Pop au Metal/Punk sans transition, mais avec une étonnante fluidité et surtout une joie communicative, tout en dénonçant les travers de notre société. Lzi Hayes (basse, choeurs) et Gill Montgomery (chant, guitare) ont pris le temps de répondre à quelques questions pour expliquer la démarche de leur formation survitaminée.

– Vous avez toutes un passé musical au sein de The Amorettes, Tequila Mockinbyrd, New Device, Aaron Buchanan & The Cult Classics et Sophie Lloyd avec une certaine reconnaissance. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous retrouver et fonder THE HOT DAMN! ? Un manque de fun dans vos groupes respectifs ? 

Lzi : Nous nous sommes rencontrées par hasard, en fait. Nous étions toutes dans nos groupes respectifs et je pense que nous cherchions chacune de nous à clore un chapitre de nos vies musicales, afin d’en commencer un autre. Nos groupes étaient tous très sérieux, vêtus de noir avec des vibrations sombres et je suppose que nous voulions tous faire quelque chose d’un peu différent et d’un peu plus unique.

– Cela n’aura échappé à personne, THE HOT DAMN! est entièrement féminin. Ça aussi, c’était une condition pour fonder le groupe, et peut-être aussi perpétuer cette belle tradition des femmes dans le Rock ?

Nous avons des opinions bien arrêtées sur ce sujet. Bien sûr, ce n’était pas une condition pour fonder le groupe ! Être quatre femmes dans un groupe ne devrait pas être un sujet de discussion au 21ème siècle ! Toute notre vie, nous avons dû nous contenter de ‘elles sont bonnes… pour des filles’, ou de tout autre compliment indirect du même genre. Nous en avons marre. Nous sommes des femmes, oui. Nous jouons de la musique, oui. Quel est le problème ? Notre anatomie n’a rien à voir avec la musique que nous jouons, ou pourquoi nous la jouons. Nous sommes juste quatre amies qui rigolons ensemble !

– D’ailleurs, un groupe entièrement composé de femmes doit-il forcément être aussi féministe dans ses textes et son attitude ?

Les chansons parlent d’elles-mêmes, non ? Nous ne voulons pas représenter un seul sexe. Nous voulons représenter les gens de tous les genres qui se sentent battus et maltraités. La chanson « I Didn’t Like You Anyway » est un grand ‘Fuck You’ à tous les connards ! C’est quelque chose auquel tout le monde peut s’identifier en adoptant une position de force et de pouvoir en se disant ‘tu ne me peux pas me battre !’. Alors oui, nous sommes des femmes, mais nous chantons sur des sujets universels. Nous pensons que ça craint vraiment pour les femmes, les LGBTQ+, les POC (personnes de couleurs – NDR), … Bref, tout le monde, en fait, est traité comme de la merde et nous nous donnons pour mission de le dénoncer dans chacune de nos chansons.

– Vous avez créé et officialisé le groupe il y a quatre ans en pleine pandémie, et vous en avez d’ailleurs beaucoup joué à l’époque sur les réseaux sociaux. Il fallait tout de même avoir la foi ! Vous avez cru dès le début au potentiel de THE HOT DAMN! ?

Il fallait avoir foi en quelque chose… C’était une période si sombre pour tout le monde, nous voulions simplement nous donner pour mission de remonter le moral des gens et de mettre un peu de couleur dans leur vie. Notre premier objectif a été de commencer par être une entité et donc un groupe, qui nous faisait rire et qui nous apportait de la joie. Nous avons pensé que si cela nous amusait, cela ferait aussi sourire les autres pendant cette période très difficile de notre vie.

– Et vous voici aujourd’hui avec votre premier album, « Dancing On The Milky Way », qui ne manque pas de piquant. Vous l’avez enregistré à Melbourne en Australie et en Angleterre à Doncaster. Pourquoi autant de distance entre les studios ? Il vous fallait des changements d’ambiances ?

Josie (O’Toole, batterie – NDR) avait juste envie de vacances et ne voulait pas que nous venions la déranger ! (Rires) Non, elle voulait juste enregistrer la batterie avec une très bonne amie, pendant qu’elle allait rendre visite à d’autres en Australie, car elle a vécu à Melbourne pendant dix ans. Sur place, elle a rencontré Ricki Rae, avec qui elle avait travaillé sur quelques projets musicaux et elle a pensé que ce serait donc le meilleur endroit pour enregistrer la batterie avec lui. Nous autres avons enregistré nos parties à Doncaster, car il était logique de tirer le meilleur parti de nos congés annuels pour nous permettre de faire ensuite quelques grandes tournées la même année. Et nous adorons le résultat ! (Sourires)

– L’album présente également une grosse production que l’on doit à Ricki Rae et Matt Elliss. Malgré les deux producteurs, « Dancing On The Milky Way » est très homogène dans le son. Vous aviez besoin d’autant d’émulation pour obtenir ce que vous recherchiez ?

Ricki a produit et mixé tout ce que nous avons fait jusqu’à présent. Il fallait évidemment que nous ayons une certaine continuité dans le son et nous adorons aussi son travail. Il nous fait sonner comme les dures à cuire que nous sommes.

– Vous évoluez d’ailleurs dans un Power Pop/Rock parfois Metal très coloré, et aussi explosif que festif. La scène Rock actuelle vous parait-elle à ce point terne qu’il vous faillait l’aciduler un peu ?

Nous ne disons pas que la scène Rock actuelle est ennuyeuse… Mais nous pensons que le modèle est le même depuis très longtemps. Tout ce que nous essayons de faire, c’est de briser un peu le moule et injecter un peu de fun et de couleur dans une scène musicale par ailleurs sombre et sérieuse. Nous prenons cette direction Pop-Punk et l’injectons dans une musique Rock moderne.

– Vos chansons renvoient à des époques différentes et aussi à des artistes très variés, qui rappellent autant le courant Punk que Pop et même Hard Rock avec un côté Glam Sleaze. C’est une sorte de nostalgie, ou plutôt l’idée de reprendre les choses là où elles en étaient avec un spectre moderne et très actuel ?

Je pense que nous essayons simplement de saluer tous les groupes avec lesquels nous avons grandi et que nous admirons. Nous avons toutes des goûts tellement variés que je pense que tout se combine d’une manière nouvelle, étrange et merveilleuse ! Nous n’avons pas la prétention de faire quelque chose qui n’ait jamais été faite auparavant, mais nous le faisons d’une manière qui, nous l’espérons, fait entrer le tout dans le 21ème siècle.

– Il y a aussi un gros travail sur les guitares notamment. Est-ce un aspect sur lequel vous vouliez vraiment vous éclater et quels sont vos références dans le domaine ?

Gill adore l’époque Glam et Punk des années 70 ! Elle adore Bowie, Kiss, The Sweet et tous ces groupes incroyables. Je pense qu’avec ses influences, elle apporte un côté théâtral et un son moderne, mais rétro, à son jeu. Laurie (Buchanan, guitare et chœurs – NDR) est beaucoup plus influencée par les groupes modernes comme Coheed et Cambria. Nous voulions vraiment créer des paysages sonores avec beaucoup de couches de guitares massives pour qu’à chaque écoute, on entende quelque chose de nouveau.

Gill Montgomery

– Gill, tu apparais également sur le nouvel album de The New Roses, « Attracted To Danger », sur la power-ballad « Hold Me Up » en duo avec Timmy Rough. Comment une chanteuse écossaise se retrouve-t-elle sur l’album d’un groupe de Hard Rock allemand ? Vous vous connaissez depuis longtemps, car vous ne partagez pas non plus le même label ?

Gill : Nos managers se connaissent et nous ont présentés. Je crois qu’ils me connaissaient dans mon précédent groupe, The Amorettes. Nous étions sur le label de Heavy Metal allemand Steamhammer, une société sœur d’UDR. Ils avaient au moins entendu parler de nous quand nous leur avons volé la tournée en soutien des Dead Daisies ! Oups ! (Rires) J’avais entendu leur nom sur le circuit depuis quelques années et finalement, nos chemins se sont croisés.

– Enfin, THE HOT DAMN! étant déjà réputé pour ses prestations scénique enflammées, j’imagine qu’une tournée est prévue pour défendre « Dancing On The Milky Way » ? Peut-être avec The New Roses d’ailleurs… ?

Nous partons en tournée au Royaume-Uni dès le 1er novembre, en passant par Cardiff, Nottingham, Londres, Newcastle, Whitby, Glasgow et nous terminerons à Manchester ! Nous retournerons ensuite en Allemagne pour assurer la première partie de D-A-D, et terminerons par un concert spécial avec nos amis de The New Roses le 14 décembre à Wiesbaden ! Nous avons hâte !

Le premier album de THE HOT DAMN!, « Dancing On The Milky Way », est disponible chez Fat Earth Records et sur le site du groupe : www.thehotdamn.com

Photos : Blackham Images et Robert Sutton (5)

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Hard'n Heavy

The Mercury Riots : so boldly

Avec « In Solstice », c’est un souffle nouveau que vient porter THE MERCURY RIOTS sur le Hard’n Heavy américain incarné à leur belle époque par des formations comme Extreme, Skid Row, voire Dokken et White Lion. A la différence près qu’ici l’ensemble paraît presque revitalisé, réoxygéné, mais sans être forcément réinventé, non plus. Audacieuse et vigoureuse, cette réalisation originelle toute en puissance et accrocheuse va en surprendre plus d’un.

THE MERCURY RIOTS

« In Solstice »

(SAOL)

Enchantés par une prestation enflammée en septembre dernier dans une obscure petite salle du Finistère-Sud, en première partie de vétérans australiens totalement à bout de souffle, les connaisseurs avaient pleinement pu apprécier la fougue et le talent du combo de Los Angeles. Avec un seul single en 2021 (« Save Me A Drink », présent ici) et surtout beaucoup de concerts, THE MERCURY RIOTS présente enfin son premier album et « In Solstice » est une époustouflante réponse aux attentes légitimement placées en lui.

Aguerri par la scène, le quatuor fait des étincelles et a mis toutes les chances de son côté pour réaliser de manière éclatante son premier effort. Pour l’enregistrement, c’est dans les légendaires Armoury Studios de Bruce Fairbairn et chez Bryan Adams au Warehouse que la magie a opéré, et sous la houlette du non moins légendaire Mike Fraser (Ac/Dc, Aerosmith, Metallica) derrière la console. THE MERCURY RIOTS s’est donc donné les moyens avec en prime un mastering signé Ryan Smith (The Black Keys, Greta Van Fleet).

Frais et musclé, le style du groupe doit beaucoup au Heavy californien des 90’s, lequel aurait reçu un furieux coup de boost. Sauvages et virtuoses, Sleaze et mélodiques, les quatre rockeurs font trembler les murs à grands renforts de riffs tranchants et survitaminés. THE MERCURY RIOTS connait la recette, maîtrise tous les rouages et se montre affûté (« Make It », « L.A. Girls »,  « Light It Up », « Scream It Out », « 99 Degrees »). L’entrée en matière est somptueuse et la spontanéité affichée fait vraiment plaisir à entendre.

Photo : Elizabeth Bacher
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Hard US Hard'n Heavy Sleaze

Kickin Valentina : a shot of nitro

Mené par un D.K. Revelle impérial au chant, KICKIN VALENTINA remet le Hard US version déjanté et aguicheuse au firmament, où il siégeait il y a encore quelques décennies. Les bases sont épaisses, le sens de l’audace nourrit les chansons avec appétit et les refrains pénètrent le cerveau pour ne plus en sortir. Avec « Star Spangled Fist First », l’exaltation se fond dans une fièvre très Rock, comme on en n’avait plus entendu depuis de longues années. Le quatuor est aussi ravageur qu’accrocheur : une belle prouesse !

KICKIN VALENTINA

« Star Spangled Fist Fight »

(Mighty Music)

Le bouillonnant combo d’Atlanta est de retour, et quel retour ! Depuis ses débuts en 2013 avec un EP éponyme qui avait fait beaucoup de bruit, il poursuit son ascension en étoffant régulièrement son répertoire. Dorénavant, aux côtés de trois formats courts, il faut ajouter un quatrième album, qui ferait presque passer le brûlant « The Revenge Of Rock » (2021) pour une simple mise en jambe. KICKIN VALENTINA a sorti la sulfateuse et ce « Star Spangled Fist Fight » démonte tout sur son passage… et dans les règles.

Et les Américains se sont aussi très bien entourés, puisqu’ils ont confié la production du disque à Andy Reilly (UFO, Bruce Dickinson, Cradle Of Filth) et le résultat est massif, moderne et véloce. Du Hard Rock très Sleaze version 2024 ! Certes, les références à la scène du Los Angeles de la grande époque, les 90’s, sont évidentes, mais KICKIN VALENTINA y a injecté le souffle vivifiant de sa Georgie natale. Mélodiques et musclés, les morceaux de « Star Spangled Fist Fight » transpirent le Rock’n’Roll par tous leurs pores.

Avec irrévérence, le groupe affiche un Hard Rock direct, où se mêlent avec parcimonie des effluves de Glam, de Sleaze et de Hard US dans un élan dénoué de toute fioriture. « Star Spangled Fist First » avance avec un enthousiasme palpable sur un groove irrésistible, bardé de gros riffs, de solos hyper-Heavy et avec un duo basse/batterie plus que complice. KICKIN VALENTINA est précis et joue brillamment avec les clichés sexy du genre (« Gettin Off », « Dirty Rythm », « Died Laughing », « Takin A Ride » et le morceau-titre). Hell Yeah !

Photo : Joe Schaeffer