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Hard'n Heavy White Metal

Stryper : éternel combattant

Toujours debout malgré des aléas de la vie qui ne les ont pas épargnés, les Américains continuent d’aller de l’avant avec une volonté qui ne faiblit pas. Pour ce nouvel opus, leur leader, Michael Sweet, a carrément occupé un triple emploi, y allant de ses talents de guitariste tout en restant solide vocalement. Avec « Throne Of Thorns », STRYPER affiche une ardeur inamovible et si son Heavy Metal originel glisse aujourd’hui avec agilité vers un Hard Rock racé, toujours aussi fédérateur, il fait toujours de lui l’un des plus tenaces et inspirés de sa génération.

STRYPER

« Throne Of Thorns »

(Frontiers Music)

Depuis 1983, STRYPER est un modèle de fidélité à deux croyances qui ne l’ont jamais quittées : le Heavy Metal et la foi. Pour la première, les Californiens sont même, pour rappel, les pionniers du White Metal, c’est-à-dire le Metal Chrétien, un genre dont l’impact est assez minime, mais qui conservent pourtant sa place depuis des décennies. Les frères Sweet (Michael au chant et à la guitare et Robert à la batterie), Perry Richardson (basse) et Oz Fox (guitare) livrent ici leur 18ème album. Là où une certaine lassitude serait assez légitime, « Throne Of Thorns » atteste de la créativité du groupe et surtout de sa résilience face à des circonstances médicales difficiles.

En effet, pour la première fois de son histoire, Oz Fox n’a pas joué une seule note en raison d’importants problèmes de santé. Plusieurs fois opéré au cerveau et ne participant plus aux trop longues tournées du combo, des pics de tension sont apparues lors de l’enregistrement de « Throne Of Thorns » et elles ont altéré la justesse de son jeu et de son audition de manière générale. C’est donc Michael Sweet, devant lui même composé avec un cancer de la thyroïde diagnostiqué fin 2025, et avec des cordes vocales amoindries par l’âge, qui en a assuré toutes les parties. Alors que l’on pourrait imaginer STRYPER affaibli ou sur le déclin, c’est tout le contraire.

Ce qui est fascinant avec le quatuor, c’est qu’il fait preuve d’une force incroyable. Certes, le Heavy véloce de ses débuts a basculé vers un Hard Rock musclé, mais en gardant toujours chevillé au corps une identité musicale très identifiable. « Throne Of Thorns » multiplie les riffs tranchants et les solos restent toujours aussi virtuoses, tandis que les mélodies deviennent très vite familières. STRYPER maintient le cap avec beaucoup de classe, une envie et une fougue toujours très présente (« I’m Alright (I’m Okay) », « Alone Again », « Carry The Flame », « Here In Your Heart », « Shadowbreaker » et le morceau-titre en ouverture). Puissant et d’une grande justesse !

Photo : Manuel Moggio

Retrouvez la chronique de « The Final Battle » :

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Hard'n Heavy

Bonfire : incandescent

De l’autre côté du Rhin, BONFIRE retrouve sa vigueur et sa créativité d’antan. Après quelques problèmes de santé, son leader Hans Ziller renoue avec l’inspiration en arborant un ardent Hard Rock très Heavy. Hyper-affûtés, les cinq musiciens créent la sensation grâce à une intensité constante et s’autorisent même une bonne reprise du « Rock’n’Roll Survivors » de leur précédent disque avec panache et dans des circonstances appropriées. « High Ground » est solide, vif et massif.

BONFIRE

« Higher Ground »

(Frontiers Music)

Depuis plus de quatre décennies, BONFIRE est une institution du Hard Rock et du Heavy Metal allemand aux côtés de Scorpions ert Accept notamment. Même s’il n’a pas connu autant de succès et la même reconnaissance que ses compatriotes, il n’en demeure pas moins un groupe incontournable de la scène germanique et européenne. Pour son 18ème album studio, le quintet fait son arrivée chez Frontiers Music en livrant l’une de ses réalisations les plus enthousiasmantes avec ce virulent « Higher Ground ».

Toujours guidé par son guitariste et compositeur Hans Ziller, BONFIRE donne une suite musclée à « Fistful Of Fire », qui fut comme un nouveau départ il y a cinq ans. Aux côtés de Dyan Mair (chant), Frank Pané (guitare), Ronnie Parkes (basse) et Fabio Alessandrini (batterie), le six-cordiste ouvre la voie et avec un tel line-up, la machine est bien huilée. Dans un Hard’n Heavy qui tire même sur le Power Metal, le combo ose bouleverser ses vieilles habitudes et s’il se fait souvent sombre, il reste captivant.

C’est vrai que le BONFIRE des années 80, sa période faste, est à mille lieux de ce que propose « Higher Ground ». Hans Ziller envoie des riffs racés et fracassants et son entente avec Frank Pané est étincelante, tout comme la rythmique très resserrée qui avance sur un groove impressionnant (« I Will Rise », « Lost All Control », « I Died Tonight », « Fallin’ » et le morceau-titre). Agressif et très Heavy, cette nouvelle réalisation fait plaisir à entendre et remet aussi la formation au centre de l’échiquier. Costaud et intense.

Photo : Frank Kollbi

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Hard Rock

Lordi : monsters awards

Délicieusement horrifique, tellement fun et terriblement Rock’n’Roll, LORDI reste fidèle à lui-même et son leader et maître à penser n’est toujours pas à court d’idées. Cette fois, c’est dans les pas d’une association de scénaristes hollywoodiens du début du siècle dernier que nous embarquent les monstres sur ce « Screems Writers Guild » accrocheur et toujours aussi bien produit.

LORDI

« Screem Writers Guild »

(Atomic Fire Records)

Après avoir sorti le monumental « Lordiversity », coffret de sept albums inédits, et enchainé les concerts, LORDI fait déjà son retour deux ans tout juste après ses dernières réalisations. Probablement saisi d’une frénétique créativité, le quintet finlandais signe avec « Screem Writers Guild » son 18ème album en trois décennies d’une belle carrière. Qu’il est loin le temps de l’Eurovision…!

Pour ce nouvel opus, le groupe présente son nouveau guitariste Kone venu remplacer Amen, parti pour incompatibilité après 25 ans de bons et loyaux services. Et il faut reconnaître que LORDI ne perd pas au change, puisque le nouveau six-cordiste, dont on ne connait pas non plus l’identité, se fond parfaitement dans l’univers monstrueux des Scandinaves et de ses nouvelles compos.

Après avoir parcouru et s’être immergé dans sept styles différents sur « Lordiversity », le combo renoue avec son registre de prédilection : un bon vieux Hard Rock aux saveurs 90’s mélodique, entraînant et fédérateur. Et dans le domaine, on peut dire sans se tromper que LORDI s’y connait et maîtrise son sujet. Ce nouvel effort est joyeux, vivifiant et blindé de titres entêtants.

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Heavy metal

Sinner : fraternité métallique

Figure incontournable de la scène Heavy Metal allemande, le chanteur et bassiste Mat Sinner continue de perpétuer une certaine tradition avec Primal Fear, mais aussi et surtout avec SINNER, qu’il mène de main de maître depuis quatre décennies. Authentique et racé, « Brotherhood » est un album plein de surprises, d’où émane une belle et puissante énergie.

SINNER

« Brotherhood »

(Atomic Fire Records)

« Brotherhood »… Un mot qui colle à la peau de SINNER depuis ses débuts en 1982 et qui vient encore parfaitement résumer ce 18ème album consacrant 40 ans de carrière. Avec un Mat Sinner (également bassiste de Primal Fear), qui tient le leadership comme jamais, le quatuor allemand excelle toujours dans ce Heavy Metal un brin underground, qui a fait sa réputation et qui n’est pas prêt de s’éteindre.

Toujours aussi massif et incisif, « Brotherhood » vient s’inscrire dans la longue lignée des albums intemporels et musclés de SINNER avec ses riffs implacables, ses rythmiques et ses breaks sauvages, cette voix irremplaçable et ses solos aussi relevés que mélodiques (« Bulletproof », « We Came Rock », « Refuse To Surrender »). Et l’ensemble combiné à la très bonne production de Jacob Hansen affiche une redoutable efficacité.

Impressionnant de vitalité et affichant une assurance indéfectible, SINNER a également convié quelques amis comme Oliver Palotai de Kamelot, Ralf Scheepers de Primal Fear, Ronnie Romero de Rainbow (entre autres) ou encore Tom Englund d’Evergrey pour ne citer qu’eux. Véloce et fédérateur, « Brotherhood » ne manquera pas de convaincre les fans du groupe, et bien au-delà (« Reach Out », « Gravity », « My Scars »). Du Heavy Metal pur jus !