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Heavy metal Metal Progressif Old School

Crystal Throne : une épopée futuriste

Pour sa deuxième réalisation, la formation de l’Est de la France se projette dans un lointain futur pour une épopée assez sombre, qui atteste de sa vigueur et de sa détermination à installer son empreinte dans le paysage Metal hexagonal. Toujours autoproduit, CRYSTAL THRONE cerne parfaitement son univers entre un Heavy Metal délicatement Old School, des trajectoires progressives et des accélérations fritant avec le Power Metal. Les riffs tranchants et les solos épiques, la rythmique polymorphe et un frontman solide font de « Chantry Of Sacrifice » un opus très convaincant.

CRYSTAL THRONE

« Chantry Of Sacrifice »

(Independant)

Créé à l’aube des années 2020 par le guitariste et Youtuber Max Waynn et le chanteur Terry DeFire, CRYSTAL THRONE était apparu avec un premier album éponyme, où il avait posé les fondations de son style. Résolument Heavy Metal et ancré dans une veine très 80’s, le groupe n’a pas l’intention de venir grossir les rangs d’une scène dédiée à la NWOBHM, même si certains détails ne trompent pas. C’est, en effet, plutôt la fibre progressive et un élan proche du Power Metal qui sont les plus marquants chez les Français, qui misent d’abord sur l’originalité de leurs compositions.

Peu de temps après la sortie de « Crystal Throne », le batteur Will Ram et le guitariste John L. ont rejoint la formation messine et cela se ressent sur « Chantry Of Sacrifice ». Plus mature dans l’écriture, tout comme dans le jeu qui a gagné en efficacité, ce deuxième effort montre également plus de relief et de profondeur dans la production. CRYSTAL THRONE présente un nouveau visage et son identité musicale, elle aussi, s’affine franchement. L’évolution est manifeste et la longueur des titres n’y est pas étrangère, loin de là.

Le quintet ne manque pas non plus d’audace, puisque c’est avec un album-concept qu’il fait son retour. Et celui-ci est composé de neuf morceaux pour une heure d’un Heavy Prog soigné. Autant dire que le combo prend le temps de poser les ambiances et l’atmosphère générale. CRYSTAL THRONE nous propulse en l’an 5150 (un chiffre qui ne doit sûrement rien au hasard) pour suivre la destinée de Hyldr et sa quête de vérité. Dans un ensemble racé aux éclats aériens, on notera la dualité féminine et masculine du chant sur « Antagonist ». Une belle immersion.

Retrouvez la chronique du premier album :

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Heavy metal Power metal

Ibridoma : foudroyant

Il ne faut pas très longtemps pour succomber au charme très latin du Heavy Metal d’IBRIDOMA. Chevronnés et rompus à la scène, les Transalpins font bien plus que de laisser parler leur expérience sur « Sangue Innocente ». Très libres dans leur approche du Heavy Metal, ils présentent leur septième effort et celui-ci est massif et véloce. Alternant l’anglais et sa langue natale, le groupe se distingue de bien des manière, et accueille même deux invités de choix à se joindre à lui, histoire d’élargir encore un peu plus le champ des possibles.

IBRIDOMA

« Sangue Innocente »

(Punishment 18 Records)

Fondé il y a 25 ans déjà par le chanteur Christian Bartolacci et le batteur Alessandro Morroni, IBRIDOMA poursuit sa route et sort son septième album, qui s’épanouit dans un Heavy Metal mélodique aux fulgurances Power. Malgré quelques changements de guitaristes, le line-up est aujourd’hui stable et ce sont Marco Vitali et Lorenzo Castignani qui œuvrent de belle manière aux rythmiques et aux solos. Et de côté-là, « Sangue Innocente » est franchement bien pourvu et la dynamique de la production est à nouveau irréprochable et soignée.

Musicalement, le quintet évolue dans une tradition bien établie et héritée des années 80 et 90. Cela dit, IBRIDOMA s’inscrit parfaitement dans son temps, loin de toutes ambiances vintage. Bien au contraire, les Italiens se montrent incisifs et percutants et, grâce à des refrains accrocheurs, ne tardent pas à vraiment captiver. Il faut aussi préciser que leur frontman chante également dans sa langue maternelle, ce qui donne une belle musicalité à l’ensemble. Comme quoi, l’anglais n’est pas forcément la règle, même si quelques titres sont interprétés dans la langue de Shakespeare.

Ecrites par le poète Walter Olivetti, les chansons « Sangue Innocente », « Solo Freddo », « Occhi Vuoti » et « A.I. » donnent une saveur particulière à ce nouvel opus et renforcent son originalité. Autre particularité, les présences de Giacomo Voli (Rhapsody Of Fire) sur le morceau-titre et celle de la chanteuse de Therion, Chiara Malvestiti, sur « The Other Side » dans un registre plus symphonique, montrant toute la maîtrise et l’éclectisme d’IBRIDOMA. Solide et inspiré, le combo livre sa réalisation la plus aboutie et rayonne littéralement.

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Heavy metal Power metal

Pyroclast : imposant

Du côté de Glasgow, on forge le Metal le plus pur dans la grande tradition. Le Heavy de PYROCLAST est de ceux-là et il combine la branche anglaise avec une autre plus germanique pour n’en faire qu’une. Et si l’on n’est pas réellement dans le True Metal, on en est pas bien loin, tant l’authenticité de « Fractured State » dégage une vérité absolue. Sinueuse et véloce, cette nouvelle réalisation a tout d’une résurrection musicale, aussi virtuose que déterminée.

PYROCLAST

« Fractured State »

(Furious Music)

PYROCLAST fait partie de ces groupes qui font franchement plaisir à écouter. Un pied dans l’héritage Old School du genre et l’autre dans un Heavy très contemporain tirant sur le Power Metal, le compromis est parfait et la transition, autant que la jonction, entre les styles et les époques, très bien négociées. Et il n’y a pas que ça qui a été bien négocié par les Ecossais . En effet, ils ont œuvré sous le nom de Tantrum de 2014 à 2025 et sortis trois albums, dont « No Place For The Damned », réédité l’an dernier sous l’actuel patronyme.

Après l’EP « 2112 Days Of Christmas » essentiellement constitué de reprises (Thin Lizzy, Deep Purple, Iron Maiden, Rush et un titre original) sorti en décembre dernier, PYROCLAST est plus que jamais d’attaque pour poursuivre l’aventure. Avec « Fractured State », ses intentions sont claires : allier puissance et mélodie dans un élan imperturbable. Très direct, le combo se montre massif, très technique et tout en maîtrise de bout en bout. Le concentré d’énergie est réel sur les huit titres, par ailleurs très bien produits, et la dynamique est électrisante.

Histoire de mettre les choses au clair, c’est la morceau « Pyroclast » qui ouvre les hostilités et livre sans équivoque l’objectif des Britanniques sous leur nouvelle bannière. Racé et incisif, ce nouvel opus semble fonctionner à l’instinct et pourtant la précision des riffs est chirurgicale, les twin-guitares renvoient à la NWOBHM, les solos sont perçants, la rythmique est galopante et le chant de Mark Reid ne tremble pas un instant. PYROCLAST montre une belle assurance, bien aidé par une solide expérience (« Break The Tide », « Ozymandias », « Erebus And Terror »). Costaud !

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Metal Progressif Power metal

Novareign : earthquake in progress

Moins démonstratif que beaucoup de représentants du Prog Metal et moins pompeux aussi que la majorité de ceux du Power Metal, NOVAREIGN semble avoir trouvé l’équilibre en seulement deux albums. Le combo de Los Angeles continue pourtant d’expérimenter et de surfer sur un belle dynamique sans perdre de vue le Heavy Metal, qui reste la source de son style. Avec « Shifting The Axis Of The World », c’est avec un état d’esprit conquérant et beaucoup de maîtrise qu’il nous embarque dans un univers à la fois complexe et limpide.

NOVAREIGN

« Shifting The Axis Of The World »

(M-Theory Audio)

Huit ans après « Legends », un premier effort qui avait été salué par le public comme la critique, NOVAREIGN réapparaît enfin et avec plus d’ambition et d’audace encore. Plutôt axé sur un Prog Metal créatif que sur un Power Metal habituellement rébarbatif, le quatuor laisse libre court à son imagination… Et elle est débordante. Très technique et et véloce, « Shifting The Axis Of The World » est aussi le résultat d’années de travail, certes par intermittence, mais qui ont forgé de solides bases et permis au groupe de ne surtout pas freiner ses ardeurs.

Alors que la batteur Ulises Hernández œuvrait chez Judicator et Anubis, il a aussi intégré la formation. Un renfort de poids, d’autant qu’il connaît bien le guitariste Balmore Lemus, qui a joué ces dernières années avec Lunar, Dire Peril et… Judicator ! Et cette cohésion se ressent sur les nouveaux morceaux. NOVAREIGN est fortement armé pour se faire une place de choix sur la scène Metal. Au chant, David Marquez est imperturbable et puissant et Moises Galvez (basse) livre une véritable démonstration de force. L’art de percuter !

Sur des structures complexes et très changeantes, les Californiens ont opté pour des titres assez longs, ce qui leur laisse un bonne marge de manœuvre pour imposer des riffs acérés et des parties de guitare phénoménales sur des rythmiques aussi épiques que musclées. NOVAREIGN impose son jeu et sa patte et son Power Prog Metal prend une dimension que beaucoup vont lui envier. Les duels ne manquent pas, les envolées non plus et l’aspect atypique de l’approche instrumentale rend « Shifting The Axis Of The World » incontournable (« Ode To The Masses », « Sun &Moon », « Mors Indecepta », « Ironside »). Un bonne claque !

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Heavy metal Old School

Master Massive : Metal octopus

Très créatifs et percutants, les musiciens de MASTER MASSIVE mènent une espèce d’armada Heavy Metal, qui s’engouffre dans de très nombreux courants comme pour mieux établir une identité musicale plus forte. Avec « White Shadows », leur troisième album, les Scandinaves se montrent très techniques, mélodiques et véloces. Classique dans le fond, la forme quant à elle est pleine d’imprévus et prend bien soin d’éviter des clichés souvent incontournables. Inattendu et musclé, le jeu du combo sort des sentiers battus avec autant d’allant et de maîtrise que de finesse.

MASTER MASSIVE

« White Shadows »

(Fireflash Records)

Les Suédois ne donnent pas souvent de leurs nouvelles, alors si en plus elles sont bonnes, le plaisir n’en est que décuplé. Fondé en 1993 par le guitariste Janne Strandh, il aura pourtant fallu attendre 2015 pour que « The Pendulum » voit le jour, puis « Black Feathers On Their Graves », cinq ans plus tard. Autant dire que MASTER MASSIVE avance à un rythme de sénateur, mais avec la manière et la certitude de bien faire les choses et de délivrer de très belles surprises. Et sur « White Shadows », c’est notamment le line-up qui détonne.

Le groupe se présente avec trois chanteurs et affiche une phénoménale force de frappe, ainsi son Heavy Metal devient plus polymorphe encore. Tony Niva (ex-Lion’s Share, Zanity), Viktor Gustafsson (Lethal Steel) et Marcus Karlsson, qui faisait déjà partie de l’aventure, se complètent à merveille et ont surtout la particularité d’offrir un panel vocal plus que conséquent à MASTER MASSIVE. Aigus, massifs, agressifs ou rauques, les registres empruntés par le trio ne montrent pas la moindre faiblesse et l’ensemble est étincelant.

Si l’atmosphère est clairement Old School, le Heavy Metal du sextet est quant à lui beaucoup plus complexe. En ouvrant avec le morceau « Noah’s Cross » et ses onze minutes, le ton est donné et l’audace, dont fait preuve la formation, laisse supposer que la suite s’annonce étonnante… et elle l’est ! Entre Speed Metal, Power, Prog et Doom, MASTER MASSIVE ne s’interdit rien, fait une très belle synthèse et obtient un son et un style originaux (« Islands And Bells », « Blood On The Floor », « Silver Bullet » et le morceau-titre). Solide et virtuose !

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Heavy metal

Unchosen Ones : une profonde introspection

C’est avec beaucoup de caractère que les Hispaniques réapparaissent avec un nouvel effort plein de promesses. « Divine Power Flowing » est complet et distille un Heavy Metal qui ne vient pas révolutionner le genre, mais qui lui apporte beaucoup de fraîcheur. Plein de feeling sans être démonstratifs, les solos ponctuent des morceaux bien structurés et emmenés par des riffs entraînants. UNCHOSEN ONES peut paraître assez timoré de prime abord, mais il dévoile des arrangements très soignés et une assurance que l’on retrouve dans des mélodies raffinées.

UNCHOSEN ONES

« Divine Power Flowing »

(Blood Fire Death)

La scène espagnole se porte bien et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Et si la plupart des groupes choisissent l’autoproduction, c’est une autre preuve de leur indépendance et c’est plutôt bon signe, compte tenu de l’état de l’industrie musicale actuelle. Originaire de Vigo, UNCHOSEN ONES avait fait irruption il y a trois ans avec « Sorrow Turns To Dust » et avait marqué les esprits grâce à une qualité indéniable, autant dans son contenu que dans sa production. Un son clair, un Heavy Metal classique, mais soutenu, la démarche est aussi simple qu’efficace.

Avec « Divine Power Flowing », le quintet confirme ses ambitions et il faut dire qu’avec de tels musiciens, UNCHOSEN ONES possède de solides atouts. Expérimentés, ils ont composé un deuxième album solide et massif, au point de flirter à l’occasion avec le Power Metal de manière très subtile. Le niveau technique est irréprochable, l’inspiration aussi et l’équilibre de cette nouvelle réalisation est inébranlable. Le duo guitare/claviers offre de belles combinaisons, tout en se répondant sans jamais empiéter sur le territoire de l’autre. Une belle complémentarité.

Au chant, Javier Calderón est à la fois fédérateur et musclé. Son approche personnelle guide UNCHOSEN ONES avec classe. Particulièrement véloce et précise, la rythmique est très en place et provoque des élans costauds, qui mettent parfaitement en relief des titres accrocheurs (« Idols & Kings », « The Void », « Cursed Without A Cause », « Wirlwind Saw », « Bloodborne », « Midnight Mass », « Death And Deliverance »). Ce deuxième opus des Galiciens montre une montée en puissance significative marquée par une profondeur éclatante.

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Heavy metal Old School Power metal

Greyhawk : guerriers du Metal

Les Etats-Unis continuent leur renouveau au sein de la scène Heavy Metal et GREYHAWK commence à s’y faire une place de choix. Si le line-up a connu un changement majeur avec l’arrivée d’une nouvelle voix, la ligne directrice du combo n’a pas bougé. Elle s’est même affinée et cette nouvelle réalisation, si elle aborde les mêmes thématiques, reste vivifiante et solide. « Warriors Of Greyhawk » est accrocheur, élancé et techniquement irréprochable. Sans parler de mise à jour, les ambitions actuelles sont très claires.

GREYHAWK

« Warriors Of Greyhawk »

(Cruz Del Sur Records)

Seattle n’est pas vraiment réputée comme étant un bastion du Heavy Metal traditionnel, et pourtant GREYHAWK trace son chemin depuis dix ans maintenant. Pour son troisième album, auquel il faut ajouter deux EPs, le quintet monte au front et livre ses nouvelles batailles avec un nouveau chanteur. En lieu et place de Rev Taylor parti voguer vers d’autres cieux, c’est Anthony Corso qui prend les commandes et sa performances sur « Warriors Of Greyhawk » est plus que convaincante. Il n’a vraiment pas mis longtemps à s’adapter au registre de ses partenaires.

Très bien produit par Henrik Udd qui a su apporter de l’impact et de la vélocité aux morceaux du groupe, ce nouvel effort dénote un peu de l’esprit Old School initial, mais il a su conserver l’ADN du genre. L’univers de GREYHAWK est toujours basé sur celui de la Fantasy et l’atmosphère épique de « Warriors Of Greyhawk » a des saveurs héroïques. Bardé de riffs racés et de solos flirtant parfois avec le Neo-Classic, il déborde d’énergie et la fougueuse rythmique apporte le relief nécessaire à l’élaboration de ce bon Heavy Metal un brin Power.

Puissant et mélodique, ce nouvel opus ouvre de nouveaux horizons à un style estampillé vintage en lui offrant une continuité dans son approche moderne. Bien sûr, les influences de Dio, Chastain et même George Lynch, époque Dokken pour les guitares, sont présentes, mais GREYHAWK tire son épingle du jeu grâce, notamment, à son duo de six-cordistes, un frontman explosif et un songwriting efficace (« Endless Race », « Hyperspace », « Land Of Ashes », « Eternal Quest »). « Warriors Of Greyhawk » affiche beaucoup de force, tout en restant accessible.

Retrouvez la chronique de leur album précédent, « Thunderheart » :

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Heavy metal Old School

Wildhunt : une exploration profonde

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Autrichiens ont pris leur temps entre leurs deux longs formats. Depuis « Descending », sorti il y a une décennie maintenant, ils ont vécu quelques changements de line-up et ont surtout gagné en maturité et en sérénité dans leur jeu. Sur une base Heavy Metal un brin vintage, WILDHUNT ne mise pas systématiquement sur la vitesse malgré quelques éléments Thrash, en alternance avec d’autres plus progressifs, pour rendre ce « Aletheia » vraiment immersif et captivant. Original et inspiré.

WILDHUNT

« Aletheia »

(Jawbreaker Records)

Si certains jouent avec plus ou moins de bonheur sur une certaine intemporalité du genre, c’est-à-dire en affichant des influences du siècle passé, d’autres parviennent avec talent à leur fin. C’est le cas de WILDHUNT qui ressurgit après dix ans d’absence avec un deuxième album très réussi. Cela dit, le quatuor avait brillamment entretenu le suspens avec le single « Made Man » (2017 et présent ici) et un titre, « Terror Right below » (2019) sur un split album aux côtés d’autres groupes. Mais la suite se faisait attendre depuis « Descending ».

Les références au Thrash et au Power Metal originels (pas la soupe actuelle) sont toujours présentes chez WILDHUNT, mais c’est un Heavy Metal plus classique aux contours épiques qui domine. On retrouve sur « Aletheia » des ambiances qui renvoient à Manilla Road, Mekong Delta ou King Diamond. Quant au chant, il est sobre et efficace à l’instar d’un  Rob Halford à ses débuts. Le combo coche donc toutes les cases, d’autant que sa technicité ne se noie pas dans une démonstration qui pourrait vite devenir ennuyeuse.

Caractérisée par un travail remarquable de ses deux guitaristes notamment, la formation basée à Vienne présente des morceaux aux structures complexes avec de longues plages instrumentales, comme sur « Touching The Ground » entièrement instrumental, qui ouvre ce nouvel opus. WILDHUNT entretient l’intensité tout au long d’« Aletheia » avec beaucoup de nuances et de puissance. Accrocheur et mélodique, ce deuxième effort combine finesse et force (« The Holy Pale », « Sole Voyage » et le morceau-titre). Un modèle du genre.

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Heavy metal Speed Metal

Temtris : australian hurricane

C’est vrai qu’il est assez rare de voir des combos de pur Heavy Metal émerger d’Australie, plus adepte de Hard Rock et de Pub Rock. Pourtant, TEMTRIS s’est fait une place au fil du temps pour atteindre une incontestable maturité artistique. Porté par la voix puissante de sa fondatrice, le groupe affiche beaucoup d’audace, de fermeté et d’allant. Souvent brutal, mais toujours précis, « Queen Of Crows » le montre en pleine maîtrise et prouve que son niveau de jeu vaut très largement celui de nombreuses formations du vieux continent. 

TEMTRIS

« Queen of Crows »

(Wormholedeath Records)

Fondé il y a un peu plus de 20 ans à Sydney par la chanteuse Genevieve Rodda et le guitariste Anthony Fox, TEMTRIS s’est taillé une solide réputation dans sa lointaine Australie et cette récente signature avec le label italien Wormholedeath devrait lui ouvrir les portes de la scène européenne. Avec ce huitième album, le quintet assoit une déjà belle et identifiable personnalité musicale. Basée sur un Heavy Metal traditionnel, on y trouve aussi des touches de Speed, de Thrash et de Power Metal. Un mix explosif.

Avec une frontwoman qui s’affirme avec beaucoup de force, TEMTRIS possède de solides arguments. S’il y a sans surprises quelques références à Doro et surtout à Crystal Viper, elle œuvre dans un registre bien à elle, très imposant tout en s’engouffrant dans des mélodies accrocheuses. Car, si « Queen Of Crows » est une réalisation racée et percutante, les variations et la finesse d’interprétation ne manquent pas. La rythmique est elle aussi appuyée et les deux six-cordistes donnent parfaitement le change.

Moderne et massive, la production  de « Queen Of Crows » montre un impact ferme et les Australiens mélangent avec beaucoup d’habileté l’aspect classique du genre avec une approche actuelle et un son étonnamment européen. L’énergie déployée pose les morceaux de TEMTRIS dans une configuration qui les met parfaitement en valeur, sans négliger aucun aspect de son Heavy Metal (« Evil Lies », « The Risk », « Murder Of Crows », « Dying To Believe », « The World Is Bleeding Out »). Une performance organique et sincère.

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Heavy metal Old School Speed Metal

Iron Spell : devil inside

Originaire de Santiago au Chili, IRON SPELL cultive son amour pour le Heavy originel avec une minutie et une créativité que l’on ne voit d’ailleurs plus beaucoup chez les derniers représentants du genre. Avec un esprit très cinématographique, « From The Grave » possède ce côté épique propre au Metal du siècle dernier avec une bonne dose de Speed et de Power Metal de la première heure (le vrai !). Authentique et puissant, ce nouvel opus est l’un des meilleurs de l’année dans sa catégorie.

IRON SPELL

« From The Grave »

(Dying Victims Productions)

Chez IRON SPELL, on est tenace et combatif. Formé en 2013, le groupe a essuyé plusieurs changements de line-up, a sorti un premier album, « Electric Conjuring », trois ans plus tard et l’EP « Live Magic After Midnight » en 2021. Cela fait donc neuf ans que l’on attend ce deuxième effort et avec « From The Grave », le quintet frappe fort. Les bases sont forgées dans un Heavy Metal traditionnel et sur une thématique axée sur l’horreur dans ce qu’elle a de plus classique. Et s’il n’y a pas de révolution, il y a beaucoup de conviction.

Imperméables aux modes, les Chiliens arborent un registre Old School directement hérité de King Diamond, Iron Maiden, Black Sabbath, W.A.S.P. et Rainbow. Mystique et obscur, IRON SPELL emprunte autant au Speed Metal qu’au Hard Rock avec un penchant pour les grosses guitares. Et le duo à l’œuvre sur « From The Grave » a de la suite dans les idées. Riffs acérés, twin-guitares enflammées et solos tourbillonnants, la NWOBHM a aussi inspiré la formation sud-américaine et elle a su en garder le meilleur.

L’explosivité de cette nouvelle production doit aussi beaucoup à son frontman, dont l’amplitude vocale fait des merveilles. Diablement accrocheur, il guide IRON SPELL dans un univers horrifique bien à lui. Rapides et racés, les morceaux s’enchaînent affichant une belle polyvalence, des mélodies entêtantes et une personnalité artistique  où le côté Rock a aussi sa place (« Curse Of The Ushers », « Devil King », « Deep In The Night », « Black, Hot & Heavy », ainsi que l’interlude instrumentale menant au final « Children Of the Night »). Foudroyant !