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Heavy metal Old School Thrash Metal

Mocs & Cucs : une frénésie contagieuse

Loin d’être parodique, MOCS & CUCS est au contraire farouchement frondeur. Avec une fantaisie mordante, il offre un point de vue libre et engagé sur une Chrétienté, dont il se moque ouvertement. Et quoi de mieux qu’un Heavy Thrash véloce et vivifiant pour lâcher quelques vérités sur fond de grosses guitares et avec un duo basse/batterie au groove épais et ravageur. Avec « Art Al Cristianisme », la formation de Catalogne déferle et appuie là où ça fait mal avec une fougue et une vigueur enthousiasmantes.

MOCS & CUCS

« Mort Al Cristianisme »

(Flegma Records)

Affirmer qu’il y a un petit côté hérétique chez MOCS & CUCS est un doux euphémisme. Cela dit, il faut plutôt voir chez eux une réponse ironique et satirique à la place de la religion chrétienne dans notre société. Volontairement provocateurs et acerbes, ils lâchent « Mort Al Cristianisme », dont la pochette à elle seule résume bien le propos. Le groupe a pour habitude de se faire critique et d’user d’humour noir en s’affirmant anti-religion et indépendantistes. Originaire de Lleida, il est catalan et donc, tout naturellement, c’est dans sa langue maternelle qu’il s’exprime.

A la base du combo fondé en 2011, on retrouve Jordi Castells (chant, guitare) et Guillem Tugues (basse, chant), alias Milford Mocs et Gunther Cucs, qui jouaient aussi au sein de Plowshare, qui a splitté en 2013 après trois albums. Et par coïncidence, « Mort Al Cristianisme » est également le troisième opus de MOCS & CUCS. Comme dans leur ancienne formation, c’est une sorte de crossover Heavy/Thrash qui est à l’œuvre ici. Sarcastiques, mais joués avec une grande précision, ces huit morceaux sont également très bien produits, loin de toute rigolade sonore.

Assez Old School dans l’esprit, on sent bien que le trio a grandi au son du Thrash Metal de la Bay Area et à celui du Heavy européen. Avec un très bon Joaquim Castañ, ami de longue date, derrière les fûts, MOCS & CUCS affiche une belle puissance de frappe. Preuve en est qu’avec beaucoup de légèreté, on peut faire les choses très sérieusement sans jamais tomber dans la caricature. Certains en France pourraient en prendre de la graine ! Les riffs sont tendus, les solos hargneux, la voix rageuse et « Mort Al Cristianisme » fait plus que tenir la route : il déblaye !

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Heavy metal

Unchosen Ones : une profonde introspection

C’est avec beaucoup de caractère que les Hispaniques réapparaissent avec un nouvel effort plein de promesses. « Divine Power Flowing » est complet et distille un Heavy Metal qui ne vient pas révolutionner le genre, mais qui lui apporte beaucoup de fraîcheur. Plein de feeling sans être démonstratifs, les solos ponctuent des morceaux bien structurés et emmenés par des riffs entraînants. UNCHOSEN ONES peut paraître assez timoré de prime abord, mais il dévoile des arrangements très soignés et une assurance que l’on retrouve dans des mélodies raffinées.

UNCHOSEN ONES

« Divine Power Flowing »

(Blood Fire Death)

La scène espagnole se porte bien et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Et si la plupart des groupes choisissent l’autoproduction, c’est une autre preuve de leur indépendance et c’est plutôt bon signe, compte tenu de l’état de l’industrie musicale actuelle. Originaire de Vigo, UNCHOSEN ONES avait fait irruption il y a trois ans avec « Sorrow Turns To Dust » et avait marqué les esprits grâce à une qualité indéniable, autant dans son contenu que dans sa production. Un son clair, un Heavy Metal classique, mais soutenu, la démarche est aussi simple qu’efficace.

Avec « Divine Power Flowing », le quintet confirme ses ambitions et il faut dire qu’avec de tels musiciens, UNCHOSEN ONES possède de solides atouts. Expérimentés, ils ont composé un deuxième album solide et massif, au point de flirter à l’occasion avec le Power Metal de manière très subtile. Le niveau technique est irréprochable, l’inspiration aussi et l’équilibre de cette nouvelle réalisation est inébranlable. Le duo guitare/claviers offre de belles combinaisons, tout en se répondant sans jamais empiéter sur le territoire de l’autre. Une belle complémentarité.

Au chant, Javier Calderón est à la fois fédérateur et musclé. Son approche personnelle guide UNCHOSEN ONES avec classe. Particulièrement véloce et précise, la rythmique est très en place et provoque des élans costauds, qui mettent parfaitement en relief des titres accrocheurs (« Idols & Kings », « The Void », « Cursed Without A Cause », « Wirlwind Saw », « Bloodborne », « Midnight Mass », « Death And Deliverance »). Ce deuxième opus des Galiciens montre une montée en puissance significative marquée par une profondeur éclatante.

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Hard'n Heavy

Saüc : en les profunditats

Globalement assez sombres, les Catalans n’usent pas pour autant d’une vélocité systématique pour afficher leur puissance. Dans un Hard’n Heavy solide et parfois même rugueux, leur explosivité se déploie essentiellement dans la force des riffs et une polyvalence du chant, qui se montre également plurielle avec quelques guests. « Catarsi », s’il reste contemporain dans le propos, se nourrit aussi de légendes pour intensifier certains titres à travers des atmosphères changeantes, sincères et parfois progressives.

SAÜC

« Catarsi »

(Independant)

Depuis sa création en 2017, SAÜC est devenu un fer de lance de la scène locale de Catalogne et même au-delà. Après un premier effort, « Eterna » en 2021, il vient concrétiser sa position avec « Catarsi » dans un style devenu plus personnel et plus élaboré également. Fort et fier de ses origines, c’est dans sa langue natale qu’il s’exprime et c’est aussi ce qui rend son mélange de Hard Rock et de Heavy Metal si particulier. Cela dit, cette spécificité convient parfaitement à une identité artistique inspirée d’un Metal traditionnelle en version actualisée.

Là où « Eterna » présentait quelques éléments Thrash qui lui confédéraient un côté Old School assez saillant, « Catarsi » prend tout le monde de revers à travers des passages très Alternative Metal, qui expliquent cette sensation plus moderne. SAÜC a aussi travaillé sur l’aspect mélodique de ses nouveaux morceaux, en étant par ailleurs plus progressif et émotionnel. Ces changements notables font apparaître une vision nette de l’évolution de la formation  ibérique. Et comme l’un ne va pas sans l’autre, la production est elle aussi très solide.

Enregistré, mixé et masterisé par Txosse Ruiz, « Catarsi » bénéficie de la présence de la chanteuse barcelonaise Kris Vega (Cobra Spell, Born In Exile) sur « Després Del Silenci » pour une belle dualité vocale, ainsi que Marc Storm, le frontman espagnol de Drakum et Icestorm, sur « Indibil I Mandori ». Outre ces deux très bons featurings qui viennent pimenter le disque, SAÜC livre des titres plus que convaincants (« Nèmesi », « Instinct », « Bestia », « Obstinació » et le plus délicat « Series Tu »). Le quintet prend du volume et s’affirme avec vigueur.