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Blues Rock

Laura Chavez : un langage universel

Basée à San Diego, l’expérimentée californienne livre pour la première ses propres compositions, et quelques reprises particulièrement bien remaniées, sur « My Voice », une réalisation qu’elle a souhaité instrumentale et où sa guitare sert de guide. Imprégné de sonorités Southern et ne reniant pas une certaine filiation avec Chicago, le Blues de LAURA CHAVEZ est aussi Rock que délicat et flirte autant avec le R&B qu’avec ses origines mexicaines. Complet et inspiré, son univers est brut, coloré et entraînant. Une totale réussite et un dépaysement saisissant.

LAURA CHAVEZ

« My Voice »

(Ruf Records)

Après avoir accompagné des artistes comme Deborah Coleman, Dani Wilde, Monster Mike Welch ou Vanessa Collier, LAURA CHAVEZ se lance enfin en solo et ce premier opus sous son nom tombe à point nommé. Auréolée en 2023 du prix de la meilleure guitariste au Blues Music Awards, première et seule femme à l’être aujourd’hui, on la découvre ici sous un aspect plus personnel, dans un registre qui lui ressemble et à travers un jeu où le feeling prend le pas sur sa phénoménale technique. « My Voice » est un brassage de cultures et une ode à son instrument.

Et la première des surprises est que l’album est entièrement instrumental, une chose relativement rare dans le monde du Blues. Mais comme son titre l’indique sa guitare est sa voix et, au fil des titres, il faut reconnaître que toute note vocale serait presque superflue. LAURA CHAVEZ affiche une force narrative peu commune, qui ne se contente pas d’empiler les riffs et de multiplier les solos. Chaque morceau raconte une histoire et chaque ambiance nous transporte dans des émotions diverses traversant le Blues et le Rock avec une touche hispanique.

Co-produit avec le patron de son label, Thomas Ruf, « My Voice » a été enregistré en novembre dernier en Allemagne dans un esprit live. A ses côtés, on retrouve la Française Léa Worms (Gaëlle Buswel, Nina Attal) à l’orgue et au piano. L’excellent duo qu’elle forme avec LAURA CHAVEZ montre une réelle connexion entre les deux musiciennes, parfaitement soutenues par Tomex Germann (basse), Marty Dodson et Denis Palatin (batterie) et Antonio Econom aux percussions. Un disque haut en couleurs, riche en atmosphères, profond et porté par des virtuoses. Une pépite !

Photo : Tino Sieland

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Blues Rock

Albert Castiglia : noblesse d’âme

C’est avec beaucoup de générosité, tant dans l’intention que dans l’interprétation, qu’ALBERT CASTIGLIA s’offre un nouvel opus en solo. Conçu et réalisé assez rapidement, il officie en véritable patron aux côtés de grands noms du Blues Rock actuel venus lui prêter main forte. Et si le nombre de covers dépasse celui des originaux, on se régale de ses talents d’autant que les artistes qui le soutiennent dans cette aventure sont exceptionnels. « Righteous Souls » va compter parmi les meilleures réalisations de cette année.

ALBERT CASTIGLIA

« Righteous Souls »

(Gulf Coast Records)

Tout juste auréolé d’un Grammy Award du meilleur album de Blues Rock à Memphis pour son duo ‘Blood Brothers’ avec son ami Mike Zito, également patron de son label et producteur de ce nouvel album, ALBERT CASTIGLIA remet le couvert et nous offre même un menu cinq étoiles. Car si on a l’habitude des duos, regrouper autant d’invités si prestigieux sur un même disque est assez incroyable. Et l’Américain ne se contente pas d’empiler les morceaux, il les lie sur une thématique forte et très personnelle.

Deux ans après « I Got Love » et quelques mois seulement après le « Live In Canada » en duo, c’est une nouvelle inspiration qui guide cette fois le guitariste et chanteur. Malgré un laps de temps trop court pour livrer à lui seul tous les titres, « Righteous Souls » compte quatre chansons inédites (« Centerline », « Mama, I Love You », « Till They Take It Away » et « No Tears Left To Cry »). Et sur ces nouveautés, ALBERT CASTIGLIA est accompagné par Popa Chubby, Christone ‘Kingfish’ Ingram, Ally Venable, Gary Hoey et sa Fille Rayne.

Sur des reprises savamment choisies parmi lesquelles on retrouve Willie Dixon, Buddy Guy, Eric Clapton, Luther Johnson et son mentor Junior Wells sur deux pistes, le New-Yorkais se montre brillant et son jeu toujours aussi affûté. Avec une saveur vintage très relevée, ALBERT CASTIGLIA accueille Alabama Mike, Danielle Nicole, Joe Bonamassa, Jimmy Carpenter, Josh Smith ou encore Monster Mike Welch. Et, cerise sur le gâteau, « Righteous Souls » garde sa patte malgré cette péliade de guests. Un travail somptueux et virtuose.

Retrouvez la chronique de son dernier album et celle de BLOOD BROTHERS en duo avec Mike Zito :

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Contemporary Blues

Monster Mike Welch : in full light

Il est l’un des bluesmen les plus brillants de sa génération et malgré tout, il est aussi d’une discrétion presqu’indécente. MONSTER MIKE WELCH impressionne autant qu’il séduit le monde du Blues depuis presque trois décennies. Enregistré en Californie, « Nothing But Tim » est l’un des disques les plus personnels de l’artiste du Massachussetts et il éblouit par la classe qu’il diffuse.

MONSTER MIKE WELCH

« Nothing But Time »

(Gulf Coast Records)

Surnommé ‘Monster Mike’ à l’âge de 13 ans par Mr Dan Aykroyd des légendaires Blues Brothers, MIKE WELCH a depuis fait du chemin et mené une belle et grande carrière. Originaire de Boston, le guitariste, chanteur et songwriter marque de son empreinte le Blues contemporain qu’il parvient à rendre lumineux grâce à son inimitable signature électrique et un toucher unique, qui le rend si identifiable.

« Nothing But Time » est son huitième album sous son nom, mais MONSTER MIKE WELCH est un musicien plus que chevronné de la scène Blues américaine. Multi-nominé et récompensé à plusieurs reprises, il a œuvré entre autres plus de 15 ans au sein de Sugar Ray And The Bluetone et enregistré avec de nombreuses pointures du genre. Ayant combattu un Covid long pendant de très longs mois, il pensait son avenir incertain, et pourtant…

Présentant 14 morceaux, dont deux reprises de Robert Johnson, une de George Harrison et un autre de Buddy Guy, le virtuose brille surtout sur ses propres compositions, où sa dextérité et son feeling célèbrent la beauté du Blues (« Walking To You Baby », « I Ain’t Sayin’ », « Losing Every Battle », « Hard To Get Along With », « Jump For Joy »). MONSTER MIKE WELCH fait un retour rayonnant et son jeu est juste exceptionnel. Une merveille !

Photo : Jo Welch