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Blues Rock

Spencer Mackenzie : golden Blues

Explosif et d’une incroyable fraîcheur, « Empty Chairs » laisse éclater tout le talent de SPENCER MACKENZIE, dont l’approche est plus assurée que jamais. Audacieux, percutant et surfant sur un belle énergie, le bluesman est à mille lieux du débutant que l’on avait découvert en 2016. Soliste exceptionnel et distillant avec beaucoup de naturel des riffs accrocheurs, il rayonne littéralement dans une atmosphère emprunte de Soul et très personnelle. Il s’impose avec beaucoup de classe et compte parmi les meilleurs de sa génération.

SPENCER MACKENZIE

« Empty Chairs »

(Gypsy Soul Records)

Que l’époque où le chanteur-guitariste faisait son apparition avec « Infected With The Blues » paraît lointaine. C’était il y a dix ans et le jeune Canadien surgit aujourd’hui avec son quatrième album. Du haut de ses 25 ans, SPENCER MACKENZIE reste impressionnant et, loin de faire dans l’exhibition technique comme certains, il laisse surtout parler son feeling et sa créativité. Et avec « Empty Chairs », il touche déjà un sommet de sa courte carrière. Délicat et puissant, son Blues Rock est complet et il atteste de manière flamboyante qu’il a toujours été très prometteur.

Malgré son âge, il s’est déjà forgé un style très personnel, faisant la jonction entre le Blues traditionnel et l’aspect très moderne du genre. Et si ses références sont assez évidentes, SPENCER MACKENZIE s’en sert pour mettre en lumière son jeu et surtout une vision bien à lui. En témoigne d’ailleurs la reprise de « Don’t Know Where I’m Going » du grand Rory Gallagher. Acoustique et presque Folk dans sa version originale sortie du « Deuce » en 1971, elle se retrouve ici, sans harmonica, enveloppée d’une chaleur incroyable et d’arrangements très soignés.

Ce qui est également saisissant sur « Empty Chairs », outre la maturité du songwriting, c’est le contraste entre une musique enjouée et dynamique et des textes assez sérieux et souvent sombres (« Frozen Hearts », « Shoot Me Down », « Till I Get To You » et le morceau-titre). Très bien produit part le guitariste de The Commoners, Ross Hayes Citrullo, ce nouvel opus de SPENCER MACKENZIE nous en dit encore un peu plus sur le six-cordiste venu d’Ontario et il s’affiche comme une belle étape dans un parcours sans faute. Magistral et virtuose.

Photo : SG Wills Photography

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Americana Blues Soul

Marcus Trummer : la révélation

Entamer une carrière avec un tel album et surtout dans un style qui demande beaucoup d’expérience est une chose assez inhabituelle. Pourtant, MARCUS TRUMMER, la petite vingtaine, s’ouvre la voie de la plus belle manière. Grâce à une musicalité sans faille, un songwriting étincelant et des arrangements plus que soignés, « From The Start » possède tous les atouts pour faire de lui l’un des futurs grands de la scène Soul Blues. Il faudra désormais aussi compter sur TRUMMER dans la lignée des MARCUS !

MARCUS TRUMMER

« From The Start »

(Gypsy Soul Records)

C’est vrai que les artistes, dont la précocité a surpris, sont quelques uns dans le monde du Blues. Si certains sont techniquement imparables, il en va autrement du feeling et du propos d’un musicien, en deux mots : son âme. Celle de MARCUS TRUMMER semble avoir déjà plusieurs vies, tant il présente avec ce premier album, « From The Start », une grande maturité à laquelle il convient d’ajouter une classe incroyable. Se mouvoir avec autant d’aisance artistique entre le Blues, la Soul et y injecter une dose d’Americana aussi brillamment n’est pas donné à tout le monde. Et le jeune homme semble déjà tout avoir.   

Si les thèmes abordés par le Canadien sont universels et familiers du registre, la manière avec laquelle il s’y engouffre libère autant de douceur que de bien-être. Un véritable remède à la mélancolie ! Et du haut de ses 23 ans, le chanteur, guitariste et compositeur n’a pas attendu bien longtemps pour récolter ses premières récompenses, preuve s’il en est que son talent est indiscutable. Entouré de son frère Silus à la batterie et Stacy Shopsovitz à la basse, MARCUS TRUMMER a aussi pu compter sur Ross Hayes Citrullo de The Commoners et sur le patron de son label, Renan Yildizdogan, pour produire « From The Start ».

Egalement soutenu par des musiciens exceptionnels aux cuivres, tout comme par des chœurs fantastiques, on se laisse porter par la légèreté apparente de ces chansons. Vocalement, MARCUS TRUMMER est irréprochable et touchant, sans faire dans la démonstration. Une certaine sobriété que l’on retrouve dans son jeu de guitare d’une grande justesse. Cependant, il ne joue pas le pied sur le frein, bien au contraire et  sait se montrer flamboyant (« Holding Out Of You », « Hard Time », « The Only Thing », « Let The Devil Win »). Subjuguant et un avenir qui s’annonce déjà faste !

Photo : Heather Saitz

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Southern Rock

The commoners : well-rounded

Des guitares brillantes, des choeurs ensorceleurs, un groove costaud, un orgue magistral et un chant puissant et envoûtant, THE COMMONERS a vu les choses en grand pour ce troisième effort qui apparait comme son meilleur à ce jour. Avec « Restless », la formation  Southern de Toronto se montre techniquement imparable et ses nouvelles compositions sont plus créatives que jamais. La variété des tempos et la qualité des solos et de la slide confirment l’élan du combo depuis le précédent « Find A Better Way ». Rayonnant.

THE COMMONERS

« Restless »

(Gypsy Soul Records)

Doucement mais sûrement, THE COMMONERS œuvre au renouveau de la scène Southern nord-américaine et est en train de se faire une belle place. Faisant suite au très bon « Find A Better Way » sorti il y a deux ans, « Restless » reste dans la même veine et conforte les premières intentions. Les Canadiens ont gagné en assurance et les multiples concerts donnés ces derniers mois y sont certainement pour beaucoup. Si les références restent évidentes, ils ont renforcé leur identité artistique, tout comme élevé leur niveau de jeu.

Toujours aussi bien produit, chaleureux et organique, ce troisième album fait la part belle aux harmonies et aux refrains, ainsi qu’aux parties de guitares et d’orgue, qui enveloppent littéralement « Restless ». Evoluant désormais en quintet, THE COMMONERS semble avoir trouvé la formule idoine pour rendre son Southern Rock le plus percutant et surtout le plus complet possible. Soutenu par trois choristes, les morceaux prennent l’ampleur qui manquait peut-être sur « Find A Better Way » pour avancer.

Pour ce qui est du son, Ross Hayes Citrullo a encore fait des merveilles et sa complicité à la guitare avec Chris Medhurst apporte beaucoup de dynamisme à l’ensemble. D’ailleurs, ce dernier livre à nouveau une prestation vocale époustouflante. Moins Soul et légèrement plus acoustique, « Restless » combine un Rock très roots avec des saveurs sudistes du plus bel effet. THE COMMONERS passe au niveau supérieur en distillant quelques pépites (« Devil Teasin’ Me », « Shake You Off », « Body And Soul », « Restless », « Gone Without Warning »).

Photo : Paul Wright

Retrouvez la chronique de « Find A Better Way » :