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Blues Rock

LittleBig6ster : l’esprit libre

Entre instants très roots et d’autres plus suaves, le Blues Rock de LITTLEBIG6STER sait aussi se mouvoir sur des rythmes chaloupés, guidés par de chaudes percussions et surtout par une chanteuse aussi explosive que délicate. Une voix terriblement Soul et si vivante qui n’hésite pas à s’embraser sur des ambiances plus funky, Boogie, Southern et même légèrement Hip-Hop, donnant ce ton si particulier et sans retenue à « Mue », un troisième effort enthousiaste où les chœurs s’imposent comme le sixième membre du combo. Spontané, incisif et authentique !

LITTLEBIG6STER

« Mue »

(Independant)

Aujourd’hui, lorsqu’on pense ‘tribal’, cela évoque surtout la vague néo-Folk très ancestrale déferlant de Scandinavie. Et pourtant, c’est plutôt du côté amérindien notamment qu’il faut se pencher pour entrer dans l’univers de LITTLEBIG6STER. Depuis près de dix ans, la formation angevine distille son Blues Rock loin des conventions et hors des sentiers battus. Ici, la cigar-box et l’harmonica côtoient le didgeridoo en toute liberté dans des perspectives musicales réjouissantes et originales. Après « Cobra » (2017) et « LB6 » (2021), les Français opèrent déjà leur « Mue » sur un troisième album d’une grande richesse.

Très organiques et directes, ces nouvelles compostions peuvent au départ paraître un peu intrigantes compte tenu des multiples instruments à l’œuvre. Pourtant, l’ensemble est d’une fluidité absolue et évolue sur un groove très naturel. Capable de se montrer entraînant et rugueux, puis d’une grande douceur l’instant d’après, le groupe semble guidé par un souffle harmonieux, qui le rend imprévisible. Cela dit, LITTLEBIG6STER avance tout en maîtrise dans un style où il ne fait qu’effleurer quelques références familières comme autant de clins d’œil. Car, ne vous y trompez pas, ici, la découverte est totale.

C’est cette finesse que l’on retrouve tout au long de « Mue », dont la production est elle aussi très soignée. Vocalement, Virginie Pinon livre une prestation incroyable et rien ne lui résiste. Mais c’est l’homogénéité du quintet et sa complicité qui rendent ce nouvel opus si attractif et débridé. Les guitares et la slide sont affûtées et en imposent, les tempos libèrent des variations étonnantes et solides et la magie opère dans un même élan (« Running Wild », « Modern Tribe », « Fight 2 B », « Soul’s Sacrifice », « Step Aside », « Toy » et aussi la reprise de « Heavy Soul » des Black Keys). LITTLEBIG6STER captive avec brio.

Photo : Sarah Cross

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Hard Rock Heavy Rock

Gotus : farouchement délicieux

Classique et classieux à la fois, GOTUS se présente avec une première réalisation, d’où le plaisir transpire à très grosses gouttes. Ces cinq-là s’éclatent et cela s’entend tout au long du disque. Suffisamment rare pour être souligné, la formation suisse, pour l’essentiel, est le fruit d’une émanation d’artistes qui se connaissent très bien et qui donnent surtout le sentiment de faire enfin ce qu’ils ont toujours voulu faire avec Krokus ou Gotthard, notamment. Ce premier opus a quelque chose de flamboyant, tant il dégage une impression de liberté ultime et de joie de faire un Hard Rock fédérateur et tellement feel-good.

GOTUS

« Gotus »

(Frontiers Music)

Parmi les très nombreux projets du chanteur Ronnie Romero, tous ne sont pas forcément heureux, c’est vrai. Bâtir un groupe autour d’un seul homme, certes irréprochable et talentueux, ne suffit pas toujours. Avec GOTUS, le Chilien apparaît plutôt, non comme une pièce rapportée, mais un membre dont l’unique présence ne suffit pas à guider l’ensemble. Car on parle ici surtout d’un groupe pensé et imaginé par Mandy Meyer, éminent guitariste passé chez Gotthard, Krokus, Asia et Cobra notamment et de son ami et batteur Pat Aeby, lui aussi membre de Krokus, Storace et de Sideburn. La donne est donc différente et la suite aussi comme le démontre ce très bon « Gotus ».

L’idée de départ était juste le live, mais l’idée du studio s’est rapidement concrétisée pour devenir un groupe à part entière. Se sont joints à la petite fête le bassiste Tony Castell (Krokus, Crystal Ball) et l’expérimenté claviériste helvète Alain Guy. Et avec Romero derrière le micro, les ex ou toujours membres de Gotthard et Krokus ont légitimement imaginé GOTUS, un quintet tournée vers un Hard Rock estampillé 80’s/90’s, c’est-à-dire dans la lignée de ce qu’ils ont toujours fait, et très bien fait. Respectueux du style et actuel dans la production, ce premier album des Suisses est une très belle surprise pour peu qu’on aime la bande à Coverdale… car son ombre plane.  

En effet, sans manquer de respect aux musiciens très expérimentés de GOTUS, on se prend parfois à imaginer un album fantôme de Whitesnake. Ronnie Romero ne pourrait renier la filiation et on lui pardonne aisément et avec plaisir, tant les chansons sont magnifiquement composées et interprétées. Le quintet dépoussière littéralement le registre et y apporte une touche très rafraîchissante (« Beware Of The Fire », « Take Me To The Mountain », « When The Rain Comes », « The Dawn Of Tomorow »). Les riffs et les solos rayonnent de toutes parts, notre Chilien est au top et la rythmique tellement complice. Espérons que ce premier opus ne soit pas un one-shot, car le plaisir est au rendez-vous.   

Photo : Laurianne Aeby