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Blues Southern Blues

Hank Williams Jr : forever outlaw

Le septuagénaire aux frasques multiples, au verbe haut et au talent incontestable, HANK WILLIAMS JR, s’offre une parenthèse Blues à travers un album où se rencontrent Robert Johnson, Lightnin’ Hopkins, R.L. Burnside, Muddy Waters et Big Joe Turner notamment, et le tout dans une atmosphère très Southern. « Rich White Honky Blues » est un modèle du genre et s’écoule dans un souffle… brûlant.

HANK WILLIAMS JR

« Rich White Honky Blues »

(Easy Eye Sound)

En apprenant que le fils de la légende de la Country, et lui-même grand artiste et représentant du registre, s’apprêtait à sortir un album de Blues produit par Dan Auerbach des Black Keys, un grand sourire m’a envahi. HANK WILLIAMS JR fait donc une petite entaille à son style de prédilection avec des reprises triées sur le volet et quelques compos, et cela méritait bien que l’on s’y penche de plus près et que l’on s’y attarde un bon moment.

Parfaitement accompagné par les musiciens de l’album « Delta Kream » des Black Keys, le guitariste et chanteur semble vraiment s’éclater, malgré une mise en route un peu poussive. Il aura fallu qu’Auerbach demande au groupe de se lancer seul dans de poussiéreux et très roots morceaux de Blues pour que HANK WILLIAMS JR fasse parler la poudre à son tour. Et le hors-la-loi n’a pas perdu de sa légendaire gouaille.

En bon outlaw qui se respecte, le countryman est toujours aussi brut de décoffrage et semble même narguer tout son monde à chaque note et chaque parole. Irrévérencieux tout en restant très attaché aux traditions, HANK WILLIAMS JR régale sur ce très bon « Rich White Honky Blues », pourtant enregistré en trois jours seulement (« 44 Special Blues », « Georgia Women », « Short Haired Woman », « Rock Me Baby »). Mission accomplie avec classe !

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Blues Rock

The Black Keys : groovy fuzz

Plus que jamais, le duo Blues Rock américain transcende les styles et les générations grâce à un registre très personnel et un travail sur le son hors-norme. Depuis une dizaine d’années, THE BLACK KEYS construit un bel édifice sur lequel « Dropout » vient poser une nouvelle et belle pierre. Le duo américain régale… une habitude !

THE BLACK KEYS

« Dropout Boogie »

(Nonesuch records)

Depuis leurs deux derniers albums, « Let’s Rock » et « Delta Kream », THE BLACK KEYS est fortement remonté dans mon estime, grâce à une liberté artistique phénoménale. C’est donc un peu fébrile que je m’attends à une suite aussi relevée. Et « Dropout Boogie » répond parfaitement à mes attentes, tant le duo d’Akron dans l’Ohio fait parler la poudre sur un Blues Rock, dont il a le secret. Heureux je suis, donc.

Dan Auerbach et Patrick Carney restent sur des fondamentaux bien maîtrisés, et ont même invité Billy Gibbons, Angelo Petraglia de Kings Of Leon et Greg Cartwright de Reigning Sound à se joindre à leur petite fête. THE BLACK KEYS s’offre une balade entre fuzz et groove avec la fougue et le côté roots, qui forgent ce style si particulier. Autant dire que « Dropout » est aussi brillant que ses prédécesseurs.

Epais et assez Old School, ce nouvel album contient dix titres aussi inspirés les uns que les autres, et la chaleur et la puissance de la production doivent sûrement beaucoup au lieu de l’enregistrement : Nashville, Tennessee. Fun sur « Your Team Is Looking Good », sombre sur « Good Love », percutant sur « How Long » et plus doux sur « Didn’t I Love You », THE BLACK KEYS sait tout faire et on redemande.

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Blues

The Black Keys : back to the roots

THE BLACK KEYS fait partie de ces groupes qui se bonifient avec le temps, on en a maintenant la certitude. Le duo de l’Ohio est parti à Nashville enregistrer son dixième album… et il est très bon, d’autant que les musiciens présents sont parmi les meilleurs du genre. « Delta Kream » contient onze reprises de standards de Blues et c’est sur le Mississippi que les Américains ont jeté leur dévolu.

THE BLACK KEYS

« Delta Kream »

(Easy Eye Sound/Nonesuch Records)

Autant ne pas tourner autour du pot : THE BLACK KEYS vient de livrer son meilleur album en 20 ans de carrière. Et il se trouve qu’il est constitué de reprises… comme quoi ! Avec « Delta Kream », le duo américain rend hommage aux héros de sa jeunesse et plus précisément au Mississippi Hill Country Blues, un style caractéristique porté par de grands noms dont les morceaux sont aujourd’hui des classiques.

Ancêtre du Blues, le Hill Country vient du Mississippi et date du début du XXème siècle. Douze mesures et ça dure depuis plus de 100 ans ! Parmi les pionniers et illustres représentants, on retrouve bien sûr John Lee Hooker, R.L. Burnside, Jr Kimbrough et Fred McDowell que THE BLACK KEYS a décidé de tous honorer. Très bien produits, les onze morceaux de « Delta Kream » apportent un beau coup de frais à ce Blues originel, et sans le dénaturer.

Dan Auerbach (guitare, chant) et Patrick Carney (batterie) sont sublimement accompagnés par le bassiste Eric Deaton et Kenny Brown à la slide. Majoritairement enregistré en une prise, l’album est d’un groove incroyable et montre le plaisir évident qu’ils ont pris à jouer ensemble. Le seul bémol vient de la voix d’Auerbach car, même quand on aime ça, on ne s’improvise pas bluesman. Cependant, THE BLACK KEYS signe un très bel album.