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Alt-Country American Roots Rock

American Aquarium : le déclin de l’empire américain

Plein d’autodérision et sans compromis, AMERICAN AQUARIUM poursuit sa route dans une Amérique qu’il peine de plus en plus à comprendre et surtout à reconnaître dans son âme première et profonde. Vous l’aurez compris, « New Ways To Lose » fait partie de ces disques politiques, au bon et véritable sens du terme, et pas seulement rempli de ‘protest songs’, plus ou moins insipides, très convenues et pleines de lieux communs. Et si cette indépendance chèrement acquise fait le bonheur d’un certain circuit underground, ce n’est pas pour déplaire à ses membres… et à nous aussi !

AMERICAN AQUARIUM

« New Ways To Lose »

(Losing Side Records/Thirty Tigers)

Si BJ Barham n’a pas choisi le chemin le plus facile pour mener son groupe, il le fait en revanche en toute liberté. Fondé à Rayleigh en Caroline du Nord, AMERICAN AQUARIUM est plutôt prolifique, puisqu’il en est à une vingtaine d’albums en deux décennies. Et si le rythme semble effréné, c’est que son leader a beaucoup de choses à dire. Ainsi, sur « No Ways To Lose », il dépeint la réalité, les épreuves et les combats que les gens affrontent quotidiennement au cœur-même de l’actuel déclin de l’empire américain. Un opus résolument engagé, donc.

Cultivant un art du songwriting doté d’un sens de la narration touchant et parfois cru, AMERICAN AQUARIUM ne donne pourtant pas dans le manifeste. C’est bien plus subtil, d’autant que les lueurs d’espoir en manquent pas. Attaché à un Roots Rock authentique et obstiné, il y a aussi un petit côté Springsteen, même si le combo possède une touche bien à lui. Intense et mélodique, « No Ways To Lose » traverse des émotions diverses, toujours autour de l’humain, de ses faiblesses, de ses forces aussi et d’un système qui cherche justement à le déshumaniser.

Enregistré en dix jours à Los Angeles et toujours produit par Shooter Jennings, ce nouvel opus tient son aspect instinctif au fait que l’essentiel ait été capté en conditions live. Le sextet se fait percutant (« Dollar General », « Can’t Into Could ») avec une savoureuse ambiance Country-Rock (« Just Like You », « Favorite Hello » et son étincelante slide). L’univers d’AMERICAN AQUARIUM est si vaste qu’il en est rafraîchissant, y compris quand la mélancolie pointe le bout de son nez (« Out There Is The Dark », « Bad Habits »). Touchant et complet, c’est une vraie réussite.

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Southern Rock

Brent Cobb & The Fixin’s : Southern forever

Décontractés et solaires, le songwriter et ses musiciens apportent du grain à un Rock Sudiste, qui peut étonner de prime abord tant il s’éloigne parfois des standards habituels. Direct et enveloppant, « Ain’t Rocked In A While » a un côté marécageux qui libère un volume incroyable dans des atmosphères très variées. C’est le style de BRENT COBB & THE FIXIN’S et il est aussi riche qu’attachant. Une pierre de plus à un édifice Southern Rock, qui se renouvelle encore et toujours.

BRENT COBB & THE FIXIN’S

« Ain’t Rocked in a While »

(Ol’ Buddy Records/Thirty Tigers)

Originaire d’Ellaville en Georgie, BRENT COBB est profondément ancré dans une culture sudiste, dont il maîtrise tous les contours. Auteur-compositeur, il a travaillé pour Luke Combs, Miranda Lambert, Whiskey Myers, Little Big Town, Kenny Chesney et bien d’autres. Cette fois avec son groupe THE FIXIN’S, il engage une parenthèse Rock, mettant entre parenthèse son bagage Country pour des sentiers plus bruts et rugueux. Et dans ce domaine aussi, il excelle en s’engouffrant dans des sonorités d’une réelle authenticité.

Et cette sincérité qui émane de « Ain’t Rocked In A While », on la doit tout d’abord à la production de ce septième album très roots. Réalisé en collaboration avec le très réputé Oran Thornton, BRENT COBB & THE FIXIN’S ont immortalisé ce nouvel opus lors d’un enregistrement en condition live au Black Palace de Springfield dans le Missouri. Fusionnel et incandescent, le quatuor développe une saveur très 70’s irrésistible. Sans complexe, il salue ses racines à sa façon et avec beaucoup de diversité.

En ouvrant avec une version lointaine et presque psychédélique au piano de « Beyond Measure » (qu’on retrouve électrifié en toute fin), BRENT COBB amorce un développement très chaleureux et une narration captivante. Le Sud reste présent tout au long de « Ain’t Rocked In A While » sur un groove très Soul et épais, qui va même flirter avec des ambiances Garage Fuzz. Honorant un héritage assumé, THE FIXIN’S surprend en restant assez classique (« Bad Feelin’ », « Do It All The Time », « Even It’s Broken », « Take Your Neds »).

Photo : Jace Kartye