Catégories
Bluesy Rock Roots Rock Soul

Grace Potter : une classe XXL

Magnétique et sensuelle, GRACE POTTER conduit sa carrière comme sa chaotique Volkswagen Atlas 2020, c’est-à-dire avec une folle énergie et une liberté totale. Après « Mother Road », elle offre une nouvelle vision, façon carte postale, de son Amérique à elle avec cet envoûtant « Trespasser ». Sans filtre, elle fait le lien entre une Cyndi Lauper survoltée et une Aretha Franklin version Rock’n’Roll et hors de contrôle. D’un naturel assez déconcertant et absolu, elle peint en musique les joies comme les déboires des protagonistes qui jalonnent ce sixième opus solo.

GRACE POTTER

« Trespasser »

(Mother Road Records/Thirty Tigers)

Toujours tellement radieuse, GRACE POTTER livre une très belle suite à « Mother Road » paru en 2023. Ce road-trip très personnel est aussi enivrant que le précédent et ce malgré la teneur de certains textes. D’ailleurs, plutôt que de road-trip, il conviendrait plutôt de parler d’allers-retours. En effet, pour ses deux dernières réalisations, c’est sur la route, la main sur le volant, séparant sa maison de Topanga Canyon en Californie et celle située dans son Vermont natal qu’elle a imaginé et commencé à tisser ce voyage kaléidoscopique et haut en couleur.

A nouveau produit par son mari Eric Valentine (QOTSA, Slash), on retrouve avec délectation le son et atmosphère de « Mother Road », qui illustrent à merveille des paroles qui nous plongent dans l’univers intime de la chanteuse, sous couvert de rencontres improbables dans des endroits qui le sont tout autant. GRACE POTTER joue avec les émotions. Tantôt exaltée, puis touchante l’instant suivant, elle se meut dans des ambiances traversant le Rock américain en titillant le Blues, la Soul et la Country avec beaucoup d’audace et une touche de psychédélisme.

Subtilement vintage, on a parfois l’impression de se promener dans un film de Tarantino avec tout ce que cela suppose d’insouciance et de chaleur humaine. Mais au-delà de ce périple où l’asphalte défile et monte en température au fil des morceaux, c’est la performance vocale de GRACE POTTER qui impressionne. Intense et sensible, rien ne lui résiste et elle électrise « Trespasser » sur chaque refrain et chaque couplet « Main St. USA », le génial « Ride Or Die », « Gazoline, « Love Me Not », «  Run Baby Run », « The Voice » et le morceau-titre). Epoustouflant de vérité !

Photo : James Mountford

Retrouvez la chronique de « Mother Road » :

Catégories
Rock US Roots Rock

Grace Potter : magical road-trip

Au volant d’un opus somptueux, GRACE POTTER passe en revue une multitude d’émotions, de rythmes et de couleurs musicales, ce qui atteste encore et toujours de sa débordante créativité. « Mother Road » est le témoignage direct d’un voyage introspectif entrepris par la songwriter sur l’une des plus célèbres routes des Etats-Unis. Limpides et chaleureuses, les chansons du disque célèbrent l’envie folle d’une connexion à la vie. Magistral !  

GRACE POTTER

« Mother Road »

(Fantasy)

Malheureusement presqu’inconnue en France (ce qui est entièrement de notre faute !), GRACE POTTER est pourtant une grande Dame du Rock américain, version roots et authentique. Originaire du Vermont, la chanteuse, guitariste et experte de l’orgue Hammond B-3 a entamé sa carrière en 2002, a multiplié les collaborations de haut vol et nous livre aujourd’hui son cinquième album, produit par Eric Valentine (QOTSA), qui est également son mari à la ville. Et leur complicité est évidente jusque dans le son.

La voix délicieusement éraillée, GRACE POTTER nous invite à un road-trip intimiste avec « Mother Road », un terme emprunté à l’écrivain John Steinbeck qui qualifiait ainsi la légendaire ‘Route 66’. L’Américaine avale le bitume en dévoilant et délivrant ses pensées, ses états d’âme et aussi ceux de personnages imaginaires, qui viennent se fondre dans un Rock mâtiné de Soul, de R&B, de Country avec un voile légèrement bluesy qui vient délicatement se poser sur ces nouveaux morceaux.

Si elle nous plonge dans une certaine ‘Amérique profonde’, GRACE POTTER ne tombe pas dans le larmoyant, bien au contraire, elle se montre lumineuse, attachante et déterminée à laisser entrer le soleil (« Ready Set Go », « Good Time », « Lady Vagabond », « Futureland », « Masterpiece » et le génial morceau-titre). Affichant une incroyable liberté et portée par un groupe d’exception, la musicienne est clairement dans le partage d’une nostalgie sous-jacente et surtout d’un optimisme sans faille.

Photo : Grace Potter