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Blues Blues Rock

Todd Sharpville : le Blues comme remède

Sur une thématique pas forcément réjouissante, « Medication Time » se pose comme un exutoire à des passages compliqués et douloureux traversés par TODD SHARPVILLE il y a des années. Pourtant, le musicien anglais offre un album lumineux et positif, et musicalement étincelant et virtuose.

TODD SHARPVILLE

« Medication Time »

(Dixiefrog/ Pias)

En l’espace de trois décennies, le guitariste, chanteur et songwriter britannique TODD SHARPVILLE s’est taillé une solide réputation dans son pays, mais aussi à l’international en partageant la scène avec les plus grands et surtout en sortant des albums de plus en plus convaincants et brillants depuis son tout premier, « Touch Of Your Love », en 1992.

Cette fois pour ce nouvel opus, le musicien effectue une sorte d’introspection avec un retour sur les années les plus difficiles de sa vie jusqu’à sa guérison. Etonnamment, TODD SHARPVILLE ouvre cet opus thématique avec une reprise très personnelle de « Walk Out In The Rain » de Bob Dylan, revisitée à travers un Blues Rock très british et attachant.

Accompagné d’une exceptionnelle section cuivre sur la base d’un quatuor classique, l’Anglais livre des morceaux optimistes avec une saveur très enveloppante (« Get Outta My Way », « House Rules », « God Loves A Loser »). TODD SHARPVILLE accueille également le guitariste Larry McCray et l’harmoniciste Sugar Ray Norcia sur l’étonnant « Money For Nothing » de Dire Straits. « Medication Time » surprend et épate.

Photo : Al Stuart Scaled
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Blues Soul / Funk

Steve Cropper : maître à jouer

STEVE CROPPER est un musicien de l’ombre, et pourtant tout le monde a entendu au moins une fois l’un des méga-hits auxquels il a activement participé pour Stax Records dans les années 60. Vénéré par Brian May, Jeff Beck ou Eric Clapton, le  guitariste et compositeur se fait cette fois un petit plaisir personnel, dont on est plus que ravi, avec son premier album solo depuis de longues années.

STEVE CROPPER

« Fire It Up »

(Provogue/Mascot Label)

Si vous l’ignorez, cet homme est une légende et probablement le ‘guitar-hero’ le plus discret de la planète Blues/Soul et pourtant les plus grands lui doivent énormément. Guitariste et compositeur, il est de tous les classiques d’Otis Redding, Wilson Pickett, Johnny Taylor, Albert King et plus tard, il fut aussi le sideman de John Lennon, Bob Dylan ou encore Eric Clapton. Ça situe STEVE CROPPER et relative aussi la mise en lumière d’autres…

Selon ses dires, l’Américain n’avait pas sorti d’album solo depuis 1969 ! On peut ainsi voir « Fire It Up » comme une petite respiration personnelle que s’offre ce grand soulman. Sur une production brillante, cela va sans dire, le guitariste s’engouffre dans des registres qu’il maîtrise à la perfection et dont il a laissé le chant au génial Roger C. Reale, dont la voix chaude et roque embellit encore plus le jeu de STEVE CROPPER.

Assez peu démonstratif, il se concentre plus sur l’ensemble des morceaux que sur ses propres parties de guitares, qui sont toujours d’une justesse irréprochable. Enveloppé dʼune séduisante section de cuivres, « Fire It Up » regorge de pépites Blues, Soul, Funky et Rock dont on retiendra notamment « Fire It Up », « One Good Turn », « Out Of Love », « She’s Fine », ou encore le phénoménal « Heartbreak Street ». STEVE CROPPER reste inégalable et envoûtant.