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Classic Rock Psychedelic Rock

Gin Lady : magic trip

Avec ce premier opus live, les Suédois établissent une belle et solide connexion entre leurs terres nordiques et la chaleur espagnole. Dans une ambiance vintage, solaire et un brin expérimentale, GIN LADY présente le premier volume de « Toads & Diamonds » en laissant d’ailleurs penser qu’il y en aura d’autres. Original et virtuose, le Classic Rock très Psych des cinq musiciens prend toute sa dimension en concert en se faisant aussi instinctif que mélodique, grâce à une setlist très soignée.

GIN LADY

« Toads And Diamonds Volume One : Live In Spain »

(Ripple Music)

Pour qui apprécie l’époque, les années 60 et 70 ont quelque chose de réconfortant et de fascinant, et on ne parle pas ici de nostalgie, mais plutôt d’un son organique et chaleureux qui a sérieusement tendance à disparaître. C’est justement le credo choisi par GIN LADY qui œuvre dans un Classic Rock aux couleurs psychédéliques littéralement envoûtant. Avec déjà sept réalisations au compteur, dont « Before The Dawn Of Time » sorti l’an dernier, le groupe originaire du nord de la Suède s’est déjà taillé une solide réputation scénique.

Et c’est justement l’aspect live de sa musique que le quintet a souhaité partager avec « Toads And Diamonds Volume One : Live In Spain », enregistré l’hiver dernier lors de sa tournée ibérique. Et l’offrande est belle. Parfaitement captée, GIN LADY nous transporte au cœur de sa musique grâce à une production remarquable et un goût du détail prononcé. Très immersif, l’album brille par les prestations des deux guitaristes et les harmonies vocales à trois offrent un incroyable relief à des morceaux vraiment accrocheurs. Un régal.

D’une incroyable fluidité, le Rock de GIN LADY emporte le public dès « Call The Nation », suivi de « Mighty River » qui confirme que le voyage ne fait que commencer. Il s’agit un peu de ça, car la formation se laisse aller à de délicieuses improvisations sans perdre pour autant l’auditeur. Les morceaux ne s’étalent pas en longueur et respirent autant qu’ils entraînent comme le bluesy « Tingens Sanna Natur », le sudiste « I’m Your Friend », « Flower People » ou le génial et aérien « Brothers Of Canyon » qui clot ce magnifique live. Le quintet s’affirme vraiment sur scène.

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Desert Rock post-Rock

Yawning Balch : natural feeling

Après trois volumes qui ont laissé une empreinte forte dans le paysage Desert, Psych et post-Rock, place au quatrième et il reste dans la même veine. Avec quatre musiciens de ce calibre, YAWNING BALCH n’en est même plus à expérimenter un style, mais préfère plutôt combiner les inspirations à travers des sessions où les musiciens se confrontent autant qu’ils se complètent. Si le registre a déjà proposer ce genre d’exercice, on touche ici l’excellence. Le ciel est bleu, la température monte d’un cran et les accords s’échappent de la manière la plus naturelle qui soit.

YAWNING BALCH

« Volume Four »

(Heavy Psych Sounds)

Quand il n’est pas avec son groupe Fu Manchu, qu’il ne s’autorise pas une escapade avec Slower, Axemaster ou Big Scene Nowhere, Bob Balch retrouve ses amis de Yawning Man pour des jams aussi hallucinantes qu’hallucinatoires. Démarré en 2023, cette collaboration avec Gary Arce (guitare) Mario Lalli (basse) et Bill Stinson (batterie), tous regroupés sous l’emblème YAWNING BALCH, lui offre aussi l’occasion de satisfaire sa curiosité musicale à travers un Desert Rock psychédélique instrumental, où seules l’imagination et la créativité les guident et ont leur mot à dire.

Réunis dans le désert de Mojave en Californie, le quatuor a désormais pris ses marques et ses habitudes au Gatos Trail Studio de Joshua Tree, et la jam peut donc reprendre son cours. Pour ce « Volume Four », YAWNING BALCH utilise les mêmes recettes. Et cela se traduit par une sorte de laisser-aller onirique, immersif à souhait et où chaque musicien semble a priori dans sa bulle. Sauf que nos quatre experts sont hyper-connectés les uns aux autres et font corps pour un seul et même voyage. Aérien et insaisissable, leur jeu est d’une fluidité incroyable et d’une grande variété.

Comme précédemment, ce quatrième effort se déroule en deux actes de vingt minutes chacun. Ainsi, on se perd d’abord dans les méandres de la chaleur de « Pyramid Of Djoser » avant de plonger dans le très aride « Water Ritual ». Bien sûr, ce sont Gary Arce et Bob Balch qui donnent le ton et l’atmosphère de chaque titre, rivalisant chacun de prouesses pas forcément techniques, mais au service d’une ambiance générale, qui se veut au contraire une sorte de dialogue entre les deux guitaristes. YAWNING BALCH est une expérience musicale unique et presque nécessaire.

Retrouvez les chroniques des trois précédents volumes de l’odyssée YAWNING BALCH :

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Desert Rock post-Rock Space Rock

Yawning Balch : vertigineux

La connexion s’est établie il y a deux ans maintenant et depuis, YAWNING BALCH repousse encore et toujours ses propres limites. Tous très prolifiques et très occupés, les membres de cette formation hors-norme présentent le « Volume Three » de leur aventure désertique, où l’improvisation reste le guide, même si les détails et les arrangements pourraient laisser penser le contraire. Nous sommes ici dans une telle maîtrise qu’il est difficile de savoir si l’invitation lancée à Bob Balch par Yawning Man tient franchement du hasard…

YAWNING BALCH

« Volume Three »

(Heavy Psych Sounds)

Presque deux ans après deux premiers volumes envoûtants, YAWNING BALCH livre enfin son « Volume Three ». Enregistré au printemps dernier au Gatos Trail Studio à Joshua Tree, en Californie, il clot (sauf surprise !) une trilogie assez incroyable, aussi épique que spatiale. Car il faut reconnaître que la communion entre les membres de Yawning Man et le guitariste Bob Balch (Fu Manchu, Big Scenic Nowhere) ne manque pas d’audace et encore moins d’inspiration. Cette rencontre entre deux univers, finalement pas si différents, s’ouvre sur un incroyable champ des possibles que le quatuor s’empresse d’explorer. C’est là tout le charme et la force de ces rencontres hallucinatoires, vagabondes et si réjouissantes.

Entre post-Rock et Desert Rock avec des touches de Space Rock, YAWNING BALCH est un groupe de jam, certes, mais l’élégance avec laquelle il évolue d’un même élan est assez phénoménale et inédite. Si la rythmique composée de Mario Lalli à la basse, qui joue aussi avec Fatso Jetson, et Bill Stinson derrière les fûts se connait par chœur et montre une complicité assez rare à ce niveau, ce sont bel et bien Bob Balch et Gary Arce (également à l’œuvre chez SoftSun) qui font vibrer l’ensemble autour de leur guitare avec un naturel et une fluidité totale. Sans pour autant se montrer rival, chacun prend le lead, tour à tour, avec politesse et beaucoup de respect. Leur entente rayonne et nous emporte.   

Bardé d’effets dont ils sont probablement les seuls à détenir les secrets, nos deux six-cordistes jouent crescendo et les descentes dans des sonorités plus ‘reconnaissables’ se font discrètes. Une manière aussi peut-être de se passer le relais pour mieux repartir. Car Bob Balch et Gary Arce tiennent à la fois le lead et la rythmique sur les deux seuls morceaux tout en longueur de ce « Volume Three » (« The Taos Hum » et « Winter Widow »). YAWNING BALCH est de ces rencontres où les frontières sonores et musicales disparaissent au gré des accords et qui survolent un duo basse/batterie tout en rondeur et au feeling tellement évident. Une fois encore, le voyage est magnifique !

Retrouvez les chroniques des deux premiers volumes :

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Desert Rock post-Rock Psych

Yawning Balch : vers de nouveaux paysages

L’inspiration est hors-norme, la production ne souffre d’aucune lacune et l’ensemble est techniquement imparable. Avec ces deux volumes issus d’une journée unique, où les membres de Yawning Man et Bob Balch de Fu Manchu se sont rassemblés, non pour batailler mais pour communier, YAWNING BALCH révèle des aspects musicaux insoupçonnés de la part de ces quatre musiciens très expérimentés. Le voyage est total et les images défilent…   

YAWNING BALCH

« Volume Two »

(Heavy Psych Sounds Records)

Suite à un somptueux « Volume One » en juillet dernier, voici la suite et elle est aussi exceptionnelle que l’entame. Pour rappel, Gary Arce (guitare), Billy Cordell (basse) et Bill Stinson (batterie) de Yawning Man ont convié il y a un an presque jour pour jour le guitariste et claviériste de Fu Manchu, Bob Balch, à une belle et longue jam à Joshua Tree dans le désert californien. De ces cinq heures, YAWNING BALCH en a extrait deux albums vraiment incroyables, où il s’est livré à de multiples expérimentations.

Toujours entièrement instrumental, ce « Volume Two » tient bien sûr toutes ses promesses et il s’inscrit dans une continuité, dont la créativité reste le moteur principal. Balch et Arce s’étaient juste entendus sur le fait qu’ils souhaitaient tous les deux multiplier les effets de guitares en utilisant un maximum de pédales. Et le résultat est saisissant. Sur une base Desert Rock, YAWNING BALCH nous replonge dans un post-Rock psychédélique, dont l’élan semble si naturel qu’on peine toujours à croire à une simple jam.

Rien de calculé donc, le quatuor se laisse simplement aller à une improvisation que le talent des Américains rend incroyablement immersive et rapidement addictive. Avec seulement trois morceaux (« A Moment Expanded (A Form Constant) », « Flesh Of The Gods » et « Psychic Aloha »), qui s’étendent sur 40 magnifiques minutes, YAWNING BALCH envoûte comme personne et réalise la jonction parfaite entre Desert Rock, post-Rock et psychédélisme. Ces quatre-là savent y faire et le plaisir est tellement bien partagé.

Retrouvez la chronique du « Volume One » :

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Desert Rock post-Rock Psych

Yawning Balch : le son du désert

Joshua Tree a déjà été le théâtre de belles réalisations musicales et l’expérience menée par le groupe Yawning Man accompagné de Bob Balch, guitariste de Fu Manchu, vient contribuer au mythe existant. Le Desert Psych Rock du quatuor atteint des sommets et dépasse de loin le simple exercice de jam. YAWNING BALCH vise les étoiles !

YAWNING BALCH

« Volume One »

(Heavy Psych Sounds Records)

Convié en novembre dernier par les membres de Yawning Man à une jam d’une journée à Joshua Tree, Bob Balch ne s’attendait sans doute pas à ce qui allait suivre. Le musicien de Fu Manchu et de Big Scenic Nowhere s’est laissé embarquer par le trio pour une session de cinq heures ! Le choc des légendes a eu lieu et YAWNING BALCH a vu le jour. Et voici le « Volume One » de leur aventure aérienne et captivante.

C’est donc en plein désert de Californie que le quatuor s’est mis en ordre de marche pour un trip incroyable, où ces pionniers et vétérans de la scène Desert Rock ont laissé libre-court à leur vivace créativité. A la guitare et aux claviers, Bob Balch trouve les yeux fermés Gary Arce (guitare), Billy Cordell (basse) et Bill Stinson (batterie) et pourtant, au départ, aucun des musiciens ne s’étaient concertés sur le déroulé de YAWNING BALCH.

Rompu à l’exercice, Yawning Man s’est déjà joint aux Anglais de Sons Of Alpha Centauri avec qui ils ont sortis deux albums sous le nom de Yawning Sons. Les Américains sont même passés maîtres en matière d’improvisation. Autour d’un Desert Rock immersif, instrumental et psychédélique, YAWNING BALCH s’évade aussi dans des sphères post-Rock lumineuses. Avec ces trois premiers (très) longs morceaux, on salive déjà à l’idée d’écouter la suite.

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Power metal Symphonic Metal

Sonata Arctica : symphonie intimiste

Figure incontournable du Power Metal un brin symphonique, les Finlandais de SONATA ARCTICA ont décidé, du moins pendant un temps, de couper l’électricité pour présenter leurs morceaux sous une forme acoustique. Le premier volume de « Acoustic Adventures » présente le groupe sous un angle très différent, et loin d’être inintéressant.

SONATA ARCTICA

« Acoustic Adventures – Volume One »

(Atomic Fire Records/ADA)

Depuis son premier album « Ecliptica » en 1999, le Power Metal de SONATA ARCTICA en a fait des émules. Aujourd’hui reconnue comme l’une des formations incontournables du style, le quintet compte dix albums studio à son actif et par conséquent un répertoire qui commence à être bien fourni. Et c’est donc dans ce dernier que le groupe a puisé les compositions de ce nouvel opus.

Malgré la puissance de ses morceaux et leur petit côté symphonique, les Finlandais ont toujours misé sur les mélodies et les refrains afin de rendre leur musique la plus fédératrice et accessible possible. Dès 2016, SONATA ARCTICA a commencé à présenter des versions acoustiques de leurs titres, et c’est trois ans plus tard que l’idée de les immortaliser sur disque a fait son chemin.

Dans ces nouvelles versions, SONATA ARCTICA ne s’est pas contenté de troquer les guitares électriques contre des acoustiques. Les Scandinaves ont réarrangé certains morceaux de manière assez étonnante (« The Rest Of The Sun Belongs To Me », « Wolf & Raven », « A Little Less Understanding », « For The Sake Of Revenge »). Ce premier volume de « Acoustic Adventures » est très réussi et parfaitement produit.