Trois voix, dont une lyrique, un hautbois, quelques touches tribales et celtiques et un Metal compact et racé, telle est la formule à l’œuvre sur ce nouvel album de PENUMBRA. Le combo français fait un retour costaud et fracassant avec « Eden », un cinquième opus savoureux et très créatif, et qui devrait prendre sa pleine mesure sur scène.
PENUMBRA
« Eden »
(M&O Music)
Après des débuts tonitruants avec quatre albums très remarqués jusqu’en 2009, PENUMBRA a fait un break de quatre ans pour revenir avec « Era 4.0 », où un virage avait été amorcé. Aujourd’hui, les Parisiens confortent une identité musicale très personnelle à travers laquelle le Metal Gothique et Symphonique se côtoient dans une belle symbiose. « Eden » déploie donc beaucoup de fraîcheur et de vélocité dans sa réalisation.
Depuis sa création, PENUMBRA a toujours suscité la curiosité, que ce soit en se présentant avec un trio de chanteurs ou en introduisant le hautbois dans sa musique. Le groupe n’a rien perdu de sa pertinence, présente toujours cette dualité entre la douceur du chant de Valérie Chantraine et une brutalité assumée entre growl et scream sur de lourdes rythmiques. Des coexistences qui sont sa marque de fabrique.
Toujours aussi éclectique dans son approche, PENUMBRA réussit donc à équilibrer un Metal solide, massif et moderne avec des sonorités ethniques et celtiques et porté par un chant lyrique qui dévoile beaucoup de profondeur. Très bien produit, « Eden » parviendra à séduire les adeptes de registres extrêmes, et mélodiques, comme les amateurs de voix envoûtantes (« Inferno », « Sorrow », « Boogeyman », « Eden », « Aïon »).
Si le travail de studio peut enjoliver beaucoup de choses, et c’est d’ailleurs l’objectif, il y a la vérité de la scène à laquelle on ne peut échapper. Et dans ce domaine, VISIONS OF ATLANTIS est aujourd’hui plus aguerri que jamais et notamment sa chanteuse, Clémentine Delaunay, qui mène sa troupe avec la force et la maîtrise des plus grandes. « Pirates Over Wacken » lève le voile sur la qualité des concerts de la formation devenue incontournable.
VISIONS OF ATLANTIS
« Pirates Over Wacken »
(Napalm Records)
Depuis la sortie de « Pirates » l’an dernier, son huitième album, VISIONS OF ATLANTIS est parti sur la route à travers toute l’Europe et aux Etats-Unis. Alors forcément, c’est en voisin qu’il a fait escale l’été dernier au ‘Wacken Open Air’ pour y livrer un set époustouflant. Fort d’un album qui lui a valu une reconnaissance méritée et une large exposition, le quintet a enflammé le public dès les premières notes de « Master The Hurricane » pour ensuite ne plus le lâcher.
En l’espace de onze morceaux, VISIONS OF ATLANTIS a brandi et hissé le drapeau noir à la tête de mort au-dessus d’une assistance conquise et réactive aux hymnes pirates des Autrichiens. Qu’on ne s’y trompe pas, on est ici aux antipodes du Metal Kermesse des Ecossais d’Alestorm. Le combo a musclé son Metal Symphonique et, s’il reste toujours aussi mélodique, celui-ci a pris une dimension et une épaisseur conséquentes et affiche une assurance décomplexée.
Dans les pas de Clémentine Delaunay, qui partage désormais le chant avec Michele Guaitoli, VISIONS OF ATLANTIS enchaine les morceaux puissants et fédérateurs repris par une foule attentive et sous le charme de la frontwoman, dont la performance est solide et irréprochable. Alors, que ce soit sur « A Life Of Our Own », « Clocks », « Pirates Will Return », « Melancholy Angel » ou « Legion of the Seas », le festival allemand a tremblé sous les assauts sauvages d’un groupe très généreux.
Hors de notre monde, AVALAND s’est créé son propre univers et, à l’instar d’une grande saga, il nous invite à le suivre. Avec « The Legend Of The Storyteller », le groupe nous en dit un peu plus sur les protagonistes à l’œuvre. S’étalant sur une heure, les nouvelles compositions évoluent dans un Metal Symphonique parfois Progressif et Power. Un cap est franchi.
AVALAND
« The Legend Of The Storyteller »
(Rockshots Records)
Toujours aussi épique et symphonique, ce deuxième album des Grenoblois vient poursuivre l’aventure commencée il y a deux ans presque jour pour jour avec « Theater Of Sorcery ». Cependant, « The Legend Of The Storyteller » n’en est pas vraiment la suite, mais le préquel du premier album. AVALAND ne brouille pas pour autant les pistes, il offre d’avantage d’indices sur l’histoire en cours.
Plus sombre et plus Heavy, ce nouveau chapitre entamé par le quintet est aussi plus direct dans le jeu, même si les Français présentent toujours un style très étoffé et riche. Guidé par son créateur, Adrian G. Gzagg (compositeur, chanteur, claviériste et arrangeur), AVALAND a également stabilisé son line-up en intronisant Jeff Kanji comme deuxième frontman, s’offrant ainsi de nouvelles possibilités.
Et comme son prédécesseur, « The Legend Of The Storyteller » accueille plusieurs guests comme Zak Stevens (ex-Savatage, TSO) qui fait son retour, Madie (Faith In Agony, ex-Nightmare), Bruno Ramos (Sortilège), ainsi que des membres de Lionsoul, Eltharia et Edguy. AVALAND a encore vu les choses en grand en soignant les détails, tout en livrant des passages Power Metal musclés. Mélodique et volumineux !
Avec « Dark Waters », les Hollandais de DELAIN signent leur septième album et accueillent surtout en leur sein la chanteuse Diana Leah, en lieu et place de Charlotte Wessels. Si le challenge pouvait paraître énorme, le quintet le remporte haut la main, grâce aussi à des compositions plus frontales et moins Pop et Electro que sur « Apocalypse & Chill », sorti en 2019. Martijn Westerholt, fondateur, claviériste et principal compositeur du groupe, revient sur ce nouvel opus où il renoue avec le Metal Symphonique qui a forgé la réputation de DELAIN. Entretien.
Photo : Andreas Falaschi
– Il y a moins de deux ans, tout le monde pensait à la disparition de DELAIN après 15 ans d’une belle carrière. Finalement te revoici avec un nouveau line-up et surtout un nouvel album. Pour « Dark Waters », tu as rappelé batteur Sander Zoer ainsi que le guitariste Ronald Landa. C’était important pour toi de ressouder DELAIN en faisant appel à d’anciens membres pour créer une solide union autour de ce nouvel album ?
Oui, c’est exactement ça et j’en suis très heureux. La seule manière dont je voulais que DELAIN continue était que l’ADN du groupe soit toujours présent. Sinon, ça n’aurait eu aucun sens de poursuivre l’aventure sous le même nom. C’était pour moi la principale condition. Nous sommes restés en contact, on se connait très bien et pour nous tous, cela a été presqu’automatique, comme un réflexe. C’est pour cette raison que je leur ai demandé de me rejoindre.
– La grande nouveauté de l’album est bien sûr l’arrivée au chant de Diana Leah. Bien sûr, on ne lui demande pas de nous faire oublier Charlotte Wessels, mais elle doit avoir beaucoup de pression pour son arrivée chez DELAIN, non ?
Oui bien sûr, elle a eu beaucoup de pression. Elle a très bien compris que le costume qu’elle devait endosser était très grand. Je lui ai posé la question et, en fait, Diana a beaucoup de personnalité et elle est très forte. On en a parlé tous les deux évidemment et aujourd’hui, j’ai une très grande confiance en elle.
Diana Leah
– D’ailleurs, tu l’as découverte sur YouTube et tout est ensuite allé très vite. Ce réseau est-il devenu un nouveau lieu de casting ?
(Rires) Oui, c’est vrai ! En fait, tu peux voir beaucoup de choses au sujet des personnes. Tu peux observer des traits de leur comportement, comment elles s’expriment et aussi ce qu’elles pensent.
– L’autre façon d’ouvrir un nouveau chapitre pour le groupe aurait aussi été de prendre un chanteur, ce qui aurait aussi pu ouvrir d’autres voix musicales. Tu y as pensé ?
Très bonne question ! Oui, j’y ai pensé et je l’ai vraiment considéré comme une option sérieuse. La principale condition pour moi était que la nouvelle personne au chant, peu importe que ce soit une femme ou un homme, se fonde parfaitement dans la musique et se mette réellement à son service. Et finalement, le sexe n’avait pas vraiment d’importance. Mais en fin de compte, la voix de Diana m’a définitivement convaincu et j’en suis très heureux. Et puis, elle est capable de chanter l’ensemble du répertoire de DELAIN et d’assumer les tournées également. Avec un homme, cela aurait été très différent par rapport aux morceaux plus anciens notamment.
– Avec « Dark Waters » et malgré tous ces changements, on retrouve le son et la personnalité de DELAIN, ce qui a dû aussi rassurer les fans. On se dit que malgré tout et peu importe les musiciens, le groupe reste l’entité première avec un son qui fait son ADN. C’est aussi ton point de vue ?
Merci beaucoup pour ce beau compliment ! (et en français, svp ! – NDR) J’en suis vraiment content et je suis d’accord avec toi. C’est vrai que c’était très important. Dès le départ, on a décidé de conserver les bases du son de DELAIN et le style. Malgré le départ de Charlotte, je voulais que rien ne change à ce niveau-là et aussi que cela soit mis en avant. Nous sommes restés dans notre bulle en quelque sorte. Et c’est également très agréable que les gens me fassent la remarque.
Martijn Westerholt
– Alors qu’auparavant, c’était Charlotte qui écrivait les textes, c’est ta femme Robin, qui les signe cette fois et de très belle manière. Tu n’as pas eu envie de t’essayer toi-même à l’écriture ?
Non, pas pour les paroles, cela n’aurait sûrement pas ravi les gens ! (Rires) En fait, ça n’a jamais été une option, même auparavant. J’ai la chance d’avoir une femme dont l’anglais est la langue maternelle et qui, de plus, est poétesse. C’est vrai que cela a été très facile pour moi de lui demander.
– Une fois encore, « Dark Waters » fait la part belle aux arrangements, qui restent symphoniques et pourtant l’album demeure musclé et solide. On a le sentiment que tu es resté très focalisé sur le songwriting, comme si tu voulais mettre tous les problèmes rencontrés de côté. C’est le cas ?
En fait, mon objectif premier a été de composer des morceaux efficaces et peut-être aussi plus directs, c’est vrai. J’avais besoin de paix et de tranquillité pour le faire. Alors, je me suis simplement dit : « Continue à faire ce que tu sais faire et ce que tu fais de mieux ». Et finalement, tout s’est passé le plus simplement du monde.
Photo : Andrea Falaschi
– Il y a une question que je me pose, car c’est un phénomène que l’on rencontre beaucoup aujourd’hui dans les groupes qui ont une chanteuse. Justement, loin de remettre en question le talent de Diana qui est incontestable, pourquoi le bassiste Ludovico (Cioffi de The Modern Age Slavery – NDR) vient y poser du growl ? Est-ce vraiment nécessaire et utile lorsqu’on a une frontwoman de ce niveau ?
Rien n’est nécessaire, c’est vrai. C’est juste que j’adore son growl ! (Rires) Il est très brutal et j’avais dans l’idée de réaliser une sorte de comparaison entre ‘la belle et la bête’. Je l’adore vraiment et d’ailleurs, nous avions déjà tenté l’expérience auparavant. Et puis maintenant, nous avons aussi ce choix-là et c’est une très bonne chose.
– Enfin, lorsque l’on voit la très grande qualité, et même la prédominance des groupes hollandais sur la scène mondiale du Metal Symphonique avec Within Temptation, Epica, Delain, bien sûr, et quelques autres, et sans oublier Nightwish en Finlande, comment expliques-tu l’importance du style en Europe du Nord ? Parlerais-tu de ‘grande famille’ ?
Tu sais, c’est une question que je me pose depuis déjà une vingtaine d’années. Et cela reste une très bonne question ! Je n’ai jamais réussi à expliquer pourquoi il y avait autant de groupes de Metal Symphonique en Hollande. C’est une énigme et elle grossit de plus en plus chaque année. Et je considère les membres des autres groupes comme une famille, au même titre que Nightwish d’ailleurs. C’est vrai que c’est assez incroyable ! (Rires)
« Dark Waters » est disponible depuis le 10 février chez Napalm Records.
Et si ce récent changement de chanteuse allait enfin permettre à SLEEPING ROMANCE de prendre son envol et d’acquérir cette stature plus imposante qui lui tend les bras et qui serait amplement méritée ? C’est en tout cas la question que l’on peut se poser à l’écoute de ce très bon « We All Are Shadows », qui navigue entre Metal Progressif et Symphonique avec un côté dark et moderne plus prononcé qu’à ses débuts.
SLEEPING ROMANCE
« We All Are Shadows »
(NoCut Entertainment)
Depuis un peu plus de dix ans, les Italiens nous ont habitués à un Metal Symphonique dans la veine d’Evanescence et de leurs compatriotes de Lacuna Coil, mais pour « We All Are Shadows », SLEEPING ROMANCE a apporté quelques ajustements à son registre. Plus sombre et plus lourd, ce troisième album voit tout d’abord l’arrivée de Lina Victoria au chant dans un style très féminin et envoûtant, mais volontaire et solide.
Toujours mené de main de maître par Federico Truzzi (guitare, claviers, piano, production) qui a imposé une forte empreinte classique sur ces nouveaux titres, SLEEPING ROMANCE conserve son côté très mélodique, parfois parsemé de growls, où la douceur et la délicatesse de la nouvelle frontwoman font des merveilles. D’une grande fraîcheur et très coloré, les Transalpins se renouvellent avec brio.
Puissant et accrocheur, « We All Are Shadows » est probablement la réalisation la plus aboutie de SLEEPING ROMANCE. Un brin théâtral dans son approche, l’ensemble reste très groovy, Metal et entraînant. Les repères sont toujours présents et le quintet développe un jeu plus progressif, profond et peut-être aussi moins extravagant (« Smoke And Mirrors », « Stuck In Your Hand », « Ressemblance Of Light », « Haven »). Une parfaite transition.
En moins de dix ans d’existence et cinq albums à son actif, BEYOND THE BLACK a su parfaitement se hisser au rang des meilleures formations de Metal Symphonique, tout en se distinguant de ses confrères grâce à des claviers très discrets et une frontwoman capable de prestations exceptionnelles. Avec ce nouvel opus éponyme, l’avenir de ce courant du Metal s’éclaircit encore un peu plus.
BEYOND THE BLACK
« Beyond The Black »
(Nuclear Blast Records)
L’une des principales particularités de BEYOND THE BLACK est de savoir se distinguer des autres groupes du même style. Car même affilié au Metal Symphonique, le quatuor s’en démarque avec brio en prenant un grand soin de ne pas tomber dans un registre pompeux noyé dans des orchestrations surproduites et redondantes. Au contraire, les Allemands ont pour habitude d’aller à l’essentiel avec une touche Heavy Metal et Folk dominante.
Lorsque le cinquième album d’un combo est éponyme, c’est très souvent pour affirmer son identité et conforter sa démarche artistique. Et c’est très précisément le cas avec « Beyond The Black », qui est plus court que ses prédécesseurs, mais aussi plus compact même si les mélodies accrocheuses ne manquent pas. C’est d’ailleurs ce qui offre à BEYOND THE BLACK ce côté symphonique, qui vient trancher avec la lourdeur de certains titres.
La voix claire et puissante de Jennifer Haben, encore une fois impériale, porte l’ensemble avec une maîtrise complète qui lui permet d’enchaîner d’incroyables variations (« Is There Anybody Out There », « Into The Night »). L’omniprésence des guitares et l’indéfectible rythmique donnent également une grande force aux morceaux, dont émanent de nombreuses ambiances Folk (« Reincarnation », « Dancing In The Dark », « Not In Your Name »).
En alternant colère et douceur, les Grecs d’EUPHROSYNE ont trouvé un beau compromis et font avant tout parler leur créativité à travers un style où la technicité du quatuor est au service de compositions complexes parfois, mais très bien ciselées. « Keres » est un court voyage dans un post-Black Metal musclé avec des couleurs progressives et symphoniques, parfaitement mises en valeur par sa frontwoman à la palette vocale étonnante.
EUPHROSYNE
« Keres »
(Independant)
Après des débuts prometteurs avec deux singles très bien accueillis (« Thorns Above the Skies » et « Rattus »), Efi Eva (chant) et Alex Despotidis (guitare) se sont renforcés avec l’arrivée de George Gazis (basse) et de Kostas Mamalis (batterie) pour faire d’EUPHROSYNE une machine redoutable et très organique où s’entremêlent un post-Black rugueux et un Metal mélodique épuré plein de nuances et de clarté.
Très atmosphérique, « Keres » présente beaucoup d’originalité, grâce notamment à sa chanteuse, aussi à son aise dans un growl surpuissant que dans des parties chantées claires et limpides ou des chuchotements très pertinents. EUPHROSYNE ne se reste pas figer dans un registre, mais construit sa force sur un amalgame intelligent de sonorités mises en lumière sur des morceaux très bien structurés et accessibles.
Très captivants, les sept titres de « Keres » montrent une évolution progressive au fur et à mesure que l’on avance dans l’album. Les claviers jouent un rôle essentiel dans la mise en lumière des compositions avec même quelques incursions symphoniques (« Pale Days », « When My Fears Conquered All »). Entre violents coups de blast et envolées progressives, EUPHROSYNE livre une très belle partition (« Within The Age »).
Nouvel opus pour l’Australienne VICTORIA K, dont la voix et les qualités de composition viennent apporter un souffle rafraîchissant sur la scène Metal Symphonique actuelle. Avec « Kore » et ses atmosphères progressives, la chanteuse se lance dans un album-concept audacieux aux multiples rebondissements. Sans être pompeux, le style de la frontwoman est efficace, direct et délicat.
VICTORIA K
« Kore »
(Rockshots Records)
Très largement à même de rivaliser avec les meilleures chanteuses de Metal Symphonique du moment, VICTORY K, alias Victoria Knight, livre à nouveau une incroyable et explosive prestation sur son deuxième album. Faisant suite à « Essentia » (2020) qui a reçu de nombreux prix et récompenses, « Kore » va plus loin encore dans le contraste entre chant lyrique et Metal, et la frontwoman affiche aussi son talent de songwriter avec éclat.
Originaire de Melbourne en Australie, la musicienne s’attaque cette fois à l’histoire de Perséphone et a fait du conte un album-concept à la fois percutant, mélodique et envoûtant. Avec « Kore », VICTORIA K dévoile ses qualités de narratrice, de compositrice et libère beaucoup d’émotion au fil des morceaux. Le voyage musical proposé est aussi puissant qu’orchestral et convaincant à plus d’un titre.
En étroite collaboration avec le producteur Lee Bradshaw qui a finalisé les arrangements symphoniques de l’album, l’Australienne pose très habillement sa voix sur des riffs massifs, une solide rythmique et quelques ambiances orientales. Et entre le prologue et l’épilogue, « Kore » regorge de chansons pertinentes et bien senties (« Mother’s Garden », « Persephone », « A Divine Revelation », « Tower »). Enchanteur !
Le triumvirat métallique composé de Magnus Karlsson, Anette Olzon et Russell Allen récidive avec « Army Of Dreamers », qui succède au pourtant peu convaincant « Worlds Apart ». Avec ce deuxième album, le Melodic Metal aux saveurs symphoniques du duo formé par la frontwoman suédoise et le chanteur américain prend enfin sens à travers une complicité plus évidente.
ALLEN/OLZON
« Army Of Dreamers »
(Frontiers Music)
Un peu plus de deux ans après « Worlds Apart », le multi-instrumentiste et producteur Magnus Karlsson (Primal Fear, Free Fall) s’est à nouveau mis à la tâche pour composer et même enregistrer un deuxième album à la doublette ALLEN/OLZON. La chanteuse de The Dark Element et ex-Nightwish s’associe au frontman de Symphony X et d’Adrenaline Mob pour un « Army Of Dreamers » d’un tout autre niveau.
Si le premier opus du binôme était assez conventionnel et convenu, celui-ci montre un autre visage avec, surtout, une plus grande place laissée à Anette OLZON que l’on entend enfin à son vrai niveau. Russell ALLEN, quant à lui, reste le grand chanteur que l’on connait et sa complémentarité avec la frontwoman scandinave est enfin perceptible et donne corps à ces nouveaux titres.
Toujours irréprochable derrière les fûts, Anders Köllerfors offre une lourdeur bienvenue à « Army Of Dreamers », dont le Melodic Metal bénéficie d’une belle qualité d’écriture. Cependant, et même si le contraste vocal entre la puissance de l’Américain et la finesse de la suédoise fait les étincelles, on doit surtout au mix de Jacob Hansen d’apport de beaucoup de relief à ce nouvel opus d’ALLEN/OLZON.
Après deux décennies passées avec d’autres à donner ses lettres de noblesse au Metal Symphonique, EPICA s’est imposé avec la manière sur une scène dont il est aujourd’hui l’un des fers de lance. En rééditant ses trois premiers albums et des enregistrements devenus rares, la formation de Simone Simons et de Mark Jansen dévoile avec « We Still Take You With Us – The Early Years » ses premiers pas avant le succès qu’on leur connait aujourd’hui.
EPICA
« We Still Take You With Us – The Early Years »
(Nuclear Blast Records)
Cette année marque les 20 ans d’existence d’EPICA et les Hollandais ont décidé de marquer le coup. Toujours très proche de ses fans, le groupe a donné un concert spécial à Tilburg il y a quelques jours, mais sort surtout un coffret de quatre CD. Et celui-ci-est accompagné du très bon concert « Live At Paradiso », enregistré à Amsterdam en 2006 et qui est aussi édité pour la première fois en DVD.
Devenu en deux décennies une référence du Metal Symphonique, on mesure mieux à travers « The Phantom Agony », « Consign To Oblivion » et « The Score » toute l’évolution, tant technique qu’au niveau des mélodies et de l’architecture des morceaux, d’EPICA depuis sa création. Devenus presqu’introuvables aujourd’hui, ces trois premiers albums laissaient déjà présager du futur de la formation.
Le sextet de Mark Jansen, porté par la voix devenue un véritable repère de Simone Simons, montrait déjà les prédispositions et le talent certain du combo que l’on a d’ailleurs pu apprécier récemment sur « Omega ». Et avec l’album « We Will Take You With Us », on redécouvre des enregistrements rares de l’émission « Twe Meter Sessies », ainsi que deux titres de Sahara Dust, qui allait plus tard devenir EPICA. Un must pour les fans !