Adeptes d’une mise en scène très Rock’n’Roll, les Anglais font déjà leur retour avec la fraîcheur qu’on leur connaît armés de ce « Dark Faerie Tales », une belle continuité et également le marqueur d’une nouvelle étape franchie. Audacieux et délicieusement libre dans ses compositions, GYPSY PISTOLEROS captive, car il surprend. C’est en mélangeant les ambiances et les styles qu’il a trouvé le sien et aujourd’hui, il le délivre avec tellement de naturel qu’il laisse une impression très familière. Et entre Glam et Punk, la fusion opère.
GYPSY PISTOLEROS
« Dark Faerie Tales »
(The New Church Records/Plastic Head Distribution)
Une touche de Glam Rock/Metal, un zeste de Punk dans l’attitude et une atmosphère à la fois pailletée et gothique, c’est la recette qu’appliquent les Anglais depuis cinq albums maintenant. Après avoir créé son propre label (on n’est jamais mieux servi que par soi-même), revoici les GYPSY PISTOLEROS en ordre de marche avec un nouvel opus, un an tout juste après le fougueux « Church Of The Pistoleros ». A croire que le groupe le préparait depuis un petit moment, car il est tout en maîtrise que ce soit au niveau des morceaux comme de la production. Et sans rien perdre de sa douce folie !
Toujours avec son complice de longue date aux manettes, Dave Draper (Michael Monroe, The Wildhearts, Therapy?) qui a également co-écrit « Dark Faerie Tales » avec le quatuor, celui-ci s’assure d’un son peaufiné qui conserve toute l’énergie de son style. Entre féerie champêtre et Rock costaud, GYPSY PISTOLEROS œuvre dans une sorte de registre hybride, qui lui va bien et fait aussi toute son originalité. Bien sûr, on pense à Mötley Crüe sur les parties vocales, à Zodiac Mindwarp également dans l’approche déjanté et sleazy, mais le combo y a insufflé une grandiloquence assez étonnante.
Entre de fulgurantes accélérations et des instants délicatement mélodiques aux faux airs de ballades, GYPSY PISTOLEROS brise les codes, trace son chemin et impose sa patte tout en déclarant son amour du Rock’n’Roll. Car, avec ce côté théâtral débridé, il s’agit bel et bien, encore et toujours, de Rock au large. Le combo y adsorbe toutes les composantes et surgit là où on ne l’attend pas. « Dark Faerie Tales » passe par toutes les émotions, se montre sombre, épique et poignant, tout en gardant un fil narratif prégnant (« My One Desire To Burn It Up », « She’s Getting Stranger », « Take My Hand To Nightmare Land », « Rattling » et le morceau-titre). Enthousiasmant !
Retrouvez la chronique de « Church Of The Pistoleros » :
Depuis bientôt 30 ans, THE LORDS OF ALTAMONT mène une carrière sans concession et le sentiment de liberté qui se dégage de sa musique oscille entre fureur et joie, le tout dans un esprit débridé et loin de toutes conventions. Pourtant, le gang de Los Angeles ne se présente pas avec un Garage Punk aussi basique que sauvage, loin de là. En témoigne ce huitième album, « Forever Loaded », qui déferle comme un cri, une tornade sonore sortie directement des amplis, qui vient bousculer les bonnes manières et un establishment étouffant. Entre riffs appuyés très Punk et Garage, des effluves d’orgue très psychédéliques et un duo basse/batterie qui joue avec le feu du Rock’n’Roll, le quatuor continue ardemment à faire ce qu’il sait de faire de mieux : saccager les codes et les conventions. Entretien avec Jake Cavaliere, chanteur passionné et claviériste de ce combo hors-norme.
– Avant de parler de « Forever Loaded », vous allez bientôt arriver en France pour une série de 15 dates, ce qui est assez exceptionnel de nos jours pour un groupe américain. Quelle relation entretenez-vous avec vos fans français au point de donner autant de concerts ?
La France a toujours été, plus ou moins, le marché et le public numéro un des LORDS, depuis l’époque où nous étions chez Fargo Records au début des années 2000. Michel, chez Fargo, a investi beaucoup d’énergie pour nous faire connaître là-bas. Je pense que les tournées régulières au fil des ans y ont aussi contribué. J’adore les gens et les fans en France. C’est comme une deuxième maison. Quand un Français me dit qu’il aime quelque chose, je le crois. Pareil quand il ne l’aime pas ! (Rires) J’adore cette conviction, elle est authentique. Pour conclure, la France n’est pas vraiment un pays où ce genre de musique bénéficie d’une grande visibilité, et pourtant, elle a beaucoup de fans.
– D’ailleurs, pour en finir sur le sujet, la France n’est pas vraiment un pays où ce genre de musique bénéficie d’une grande exposition et pourtant, les fans ne manquent pas. Comment l’expliques–tu ? C’est encore et toujours le charme de l’underground ?
La France soutient le Rock’n’Roll ! Les gens repèrent facilement les contrefaçons, alors quand c’est authentique, ils adhèrent. Les LORDS ont eu de la chance, les gens sont restés avec nous, c’est comme s’ils faisaient partie de notre bande. J’ai personnellement eu l’occasion d’en rencontrer tellement au fil des ans. J’ai l’impression qu’il manque quelque chose sans un bon voyage en France ! (Sourires) Je suis vraiment reconnaissant.
– Ce qu’il y a d’assez paradoxal chez THE LORDS OF ALTAMONT est que votre nom est synonyme pour beaucoup comme l’acte de décès du mouvement Hippie, suite aux douloureux incidents de ce festival en 1969. Or, l’un des instruments signature de votre style et de votre son est l’orgue qu’on pouvait retrouver dans beaucoup de formations psychédéliques de ces années-là. C’est un pied de nez de votre part, ou une sorte d’hommage déguisé ?
Ceci a été créé pour faire réfléchir. Ce jour mémorable, le festival d’Altamont, nous a changés à jamais : la musique, notre perspective, notre mode de vie. Il se passait tellement de choses, comme aujourd’hui d’ailleurs, les gens en avaient marre de cette ‘déroute’. Il fallait que ça change. Et la musique a évolué, c’est certain. Le message était clair : changez les choses, faites-vous entendre. Le mode de vie ‘standardisé’ des années 50 était mort. Trouver un boulot, acheter une maison, avoir des enfants, se reposer, mourir… Le modèle américain. Restez à votre place, sinon… Merde, on y est encore ! Et puis, je joue de l’orgue, parce que c’est l’instrument pour lequel j’ai été engagé dans mon premier groupe à 17 ans. Alors, ça m’est resté. Je suis un peu le ‘Sisyphe’ du Garage Punk ! (Rires) Je voulais lui redonner un peu de son intérêt. C’est marrant, l’orgue est probablement l’un des instruments les plus détestés du Rock’n’Roll, et pourtant j’en mets partout. Je pense qu’il peut avoir un impact considérable sur la musique s’il est utilisé avec goût. Ecoutez les albums des Sonics ! Aujourd’hui, Dani (Sindaco, guitare – NDR) est tellement bon guitariste qu’on n’a plus vraiment besoin de moi à l’orgue… Il me faut un point d’appui ! (Sourires)
– Décidément THE LORDS OF ALTAMONT n’est pas à un paradoxe près, puisque vous distillez un savoureux mélange de Punk, de Garage Rock et de Hard Rock. Ce sont des registres assez revendicatifs à leur façon, mais avec des origines très différentes. Est-ce que c’est finalement là que se situe l’essence-même du Rock’n’Roll, selon vous ?
Les LORDS font ce qu’ils font, et ça nous plaît. On espère que ça plaira à d’autres aussi ! (Sourires) Quand je regarde ma collection de disques, il n’y a pas qu’un seul style. Il y a tellement de créations à découvrir, tellement de façons différentes d’aborder la musique. Oui, THE LORDS est un groupe Garage, mais on est entourés d’une multitude d’influences. Je suis un passionné de musique, mon seul but est de créer et de recréer ce que j’aime tant. Au regard de notre huitième album, j’ai le sentiment qu’on a évolué tout en gardant nos racines classiques. Si on avait grandi dans les années 60, on aurait probablement été influencés par les Beatles et Chuck Berry. On a maintenant accès à toute la musique qui a été créée. On peut se replonger dans l’Histoire du Rock’n’Roll et choisir nos influences. On est en 2026, on a tout et ça continue de cartonner. De la super musique est créée en permanence. La musique n’est pas seulement contrôlée par les costards-cravates des grandes maisons de disques, c’est nous qui la contrôlons. C’est Punk à mort ! (Rires) On reprend les commandes et on mélange tout ! Jouez de tous les styles et donnez-vous à fond ! (Sourires)
– La pochette de « Forever Loaded » fait bien sûr directement référence au monde des motards, dont vous êtes et il y a aussi cette emblématique image qui rappelle l’As de pic, cher aussi à un certain Lemmy. Et c’est vrai qu’à l’évidence vos univers sont très proches. Est-ce un clin d’œil, ou y a-t-il autre chose derrière ce visuel ?
(Rires) La pochette de l’album a été un vrai défi pour Alex Hagen (leader du groupe Ravagers – NDR) et moi. Comme c’était notre huitième album, je voulais rendre hommage à l’un de mes albums préférés : « Let It Bleed » des Rolling Stones. Alex et moi avons longuement discuté des modifications sur le design jusqu’à ce qu’on y voie « LORDS ». Au début, j’hésitais à utiliser un casque sur la pochette, car pour moi, c’est un symbole de sécurité ! Or, on n’est pas en sécurité ! (Rires) J’ai peint un vieux casque de moto Bell et je me suis dit : « Merde, les pilotes de flat track portent des casques, et ils sont sacrément dangereux ! » Des motos sans freins, carrément ! (Sourires) L’As de pique (Lemmy RIP) est la carte de la mort et c’est aussi le logo au dos de nos vinyles. ‘DFFL’ (patch de biker signifiant « Dope pour toujours, toujours chargé » – NDR) me trottait dans la tête depuis toujours. C’était même inscrit sur la peau de notre batterie une époque. Parfois, les gens se demandent : « Mais qu’est-ce qu’ils racontent, ces gars-là ? » On parlait toujours en code, etc… Oui, tout cela remonte à la culture motarde des années 60 et 70.
– Ce nouvel album est aussi fiévreux qu’organique et son titre indique clairement que vous êtes perpétuellement au taquet. Contrairement à pas mal de groupes actuels, THE LORDS OF ALTAMONT ne risque donc pas de tomber en panne de batterie, comme l’indique le titre de l’album ?
(Rires) J’adore ta description. Depuis que l’album est sorti, on tourne comme des fous ! J’ai essayé de lever un peu le pied l’année dernière. Des hauts et des bas, avec quelques petits soucis de santé, m’ont fait croire que la meilleure chose à faire était d’arrêter. Je ne sais pas à quoi je pensais, ça n’aurait probablement fait qu’empirer les choses. Les problèmes de santé semblent être sous contrôle. Je me dis souvent que le Rock’n’Roll est un monde de jeunes, et que je devrais me retirer. Tant pis, il y a de la place pour tout le monde. Que le Rock continue ! (Sourires)
– Même si « Forever Loaded » a toujours une saveur assez 70’s, il est d’une énergie très contemporaine. Comment parvenez-vous à actualiser un style qui paraît dès le départ hors du temps ? Il demeure toujours cet aspect à la fois primitif et terriblement moderne…
Je n’y avais jamais vraiment pensé comme ça. Je crois que Dani et moi combinons nos idées, Barry (Van Esbroek, batterie – NDR) et Rob (Zimmermann, basse – NDR) contribuent par leur touche personnelle sur chaque morceau. Je dirais que je penche plutôt vers le Garage/Psychédélique, et Dani apporte des riffs plus Rock’n’Roll. Il y a un équilibre entre nous tous. Cela crée un Rock particulier, très influencé par le Garage Punk. J’adore le fait que chaque membre de ce groupe soit extrêmement unique, tant par son talent musical que par sa personnalité. Ils peuvent littéralement tout jouer, et le faire putain de bien ! (Sourires) En ce qui concerne l’enregistrement, nous essayons d’obtenir la meilleure qualité possible. Nous avons travaillé avec trois studios d’enregistrement différents. Paul Roessler (Ki En Robot, Los Angeles), Evan Foster (No Count Records/Studio Sea Le), et Sylvia (Studio Moskou, Utrecht). Et le mixage a finalement été réalisé chez Evan, où il garde tout en analogique vintage jusqu’au mix final.
– S’il y a toujours cette atmosphère très Garage, la production de l’album reste soignée et très équilibrée. Quant à l’instrumentation, elle est loin d’être aussi basique qu’elle n’en a l’air. Finalement, où se situe votre public, et parvenez-vous à fédérer la nouvelle génération, ce qui serait presque un acte de salubrité publique ?
(Rires) Nous sommes des serviteurs du Rock’n’Roll ! Nous faisons des albums parce que nous sommes des fans. Nous jouons en live parce que nous sommes des fans. C’est un immense honneur d’avoir l’opportunité de jouer et de rencontrer des gens qui partagent la même passion pour la musique que nous. Le Garage Rock/Punk a considérablement élargi son champ d’action au fil des ans. Quand j’étais gamin, si ça ne sonnait pas exactement comme en 1966, avec des guitares Vox saturées à bloc et un orgue Vox Connetal qui grésille… trois accords peut-être, tu étais un imposteur. La scène Glam Rock était tellement omniprésente à Los Angeles, c’en était presque agaçant… excessif. Les chemises à motifs cachemire et les guitares Vox avaient leur propre sous-culture. Mais maintenant, avec le streaming et l’’accès à absolument tout, le Garage s’est fondu dans tellement d’autres scènes. Un excellent exemple de crossover à l’époque, c’est Stiv Bators : du Punk Rock pur et dur, un peu Pop, un peu Goth et beaucoup Garage Punk. Les Cramps en sont un autre exemple. Aujourd’hui, Ty Seagull, The Killing Floors et The Mystery Lights mélangent les genres avec brio. J’ai le sentiment que les LORDS ont tracé la voie que nous suivons encore aujourd’hui. L’évolution s’est construite sur 27 ans de carrière avec plusieurs changements de formation, et nous a menés là où nous sommes maintenant. Un soupçon de Stiv et un zeste de 13th Floor Elevators, le tout baignant dans une cuve de LSD ! (Rires)
– Votre détermination et cette incroyable débauche d’énergie qui se diffusent sur tout l’album ne laissent aucun doute sur votre démarche, qui est toujours très liée aux bikers, bien sûr, et aussi à divers excès. Justement, où se trouve la place de THE LORDS OF ALTAMONT dans le monde actuel et dans une société qui manque plus que jamais de repères ? Vous êtes un phare dans la nuit ?
On veut être libres ! On veut être libres de faire ce qu’on veut. On veut être libres de rouler ! On veut être libres de rouler sur nos machines sans se faire embêter par les autorités. Et on veut se défoncer. Bref, on veut passer un bon moment. DFFL ! (Rires)
– Enfin, on imagine évidemment qu’il y a pas une once de numérique sur ce nouvel album, ou alors c’est très bien caché. Comment et dans quelles conditions l’avez-vous enregistré ? Vous êtes restés sur un fonctionnement à l’ancienne ?
Nous devons vraiment le son de l’album aux ingénieurs du son. Le mixage final avec Evan a été une expérience formidable. Auparavant, il avait mixé un album des Bomboras, mon ancien groupe de surf, dont le son évoquait les studios Capitol Records de 1962. Cela dit, nous savions que nous étions entre de bonnes mains avec lui. Evan et Paul Roessler s’investissent dans les enregistrements comme s’ils étaient membres du groupe. Et j’apprécie vraiment leur attention et leur perspicacité. L’enregistrement est vraiment une épreuve pour moi. Alors quand un ingénieur du son/producteur parvient à me mettre à l’aise, je me sens vraiment capable de faire mon travail ! (Sourires)
Le nouvel album de LORDS OF ALTAMONT, « Forever Loaded », est disponible chez Heavy Psych Sounds.
Photo : Jessica Calvo (4)
Toutes les dates de la tournée française du groupe sont à retrouver sur son site : www.lordsofaltamont.com
Retrouvez aussi la chronique de « Tune In, Turn On, Electrify ! » :
Toujours très affûtés, les Scandinaves donnent enfin une suite à « Automatic Thrill », sorti en… 2004 ! S’ils ont repris les concerts depuis un petit moment, rien ne vaut un nouvel opus pour rassurer tout le monde et partir sur de nouvelles bases. Tendus et acérés, les riffs sont toujours un atout majeur, tout comme la voix de leur inamovible chanteur. GLUECIFER n’a pas changé de recette, mais y intègre des éléments actuels et font rugir son Hard Rock à l’humeur très Garage et direct.
GLUECIFER
« Same Drug New High »
(Steamhammer/SPV)
Après une grosse dizaine d’années d’activité, entre 1994 et 2004 précisément, le quintet a pourtant mis fin à une belle aventure. Une chose assez inattendue compte tenu de la notoriété enfin acquise par les Norvégiens à l’époque. Autour d’une fan-base solide, GLUECIFER retrouve ensuite la scène en 2018 et, forcément, l’idée d’enregistrer un huitième album n’a pas mis longtemps à germer. Loin d’être usés, les cinq rockeurs remettent le couvert avec l’explosivité de leurs débuts et une fièvre qui ne les a jamais quitté. Une belle continuité.
Souvent comparé à ses voisins suédois des Hellacopters avec un côté underground plus prononcé, la filiation avec Danko Jones semble pourtant plus évidente. Mais peu importe, car GLUECIFER possède une véritable identité et ce bel édifice est garanti par la solidité de son frontman Biff Malibu et de son guitariste Captain Poon, moteurs indéfectibles du combo. « Same Drug New High » vient donc sonner la fin d’une disette discographique interminable de 24 ans et son énergie phénoménale, un brin Punk, n’a pas pris la moindre ride.
Non que le groupe ait gagné en maturité, elle est acquise de longue date, mais on peut noter tout de même un élan aussi vif qu’assuré. GLUECIFER ne se cherche pas, il avance avec la force et la conviction de vieux baroudeurs célébrant avec le même appétit une envie irrésistible d’un Hard Rock brut et sans fioriture (« The Idiot », « Armadas », « The Score », « 1996 », « On The Wire » et le morceau-titre). Un retour carrément fracassant pour une formation, qui semble n’avoir jamais lâché les reines et qui transpire le Rock’n’Roll.
Conçu avec l’aide de son ingénieur du son, le quatuor a géré de bout en bout la conception de son premier album, et « Ex-Generation Superstars » vient mettre de jolis coups de pied dans la fourmilière du Rock’n’Roll. Très inter-générationnel, DHARMA GUNS remonte aux origines du style pour mieux le rendre actuel. Et si une teneur assez Punk revient régulièrement avec ce côté très direct, le quatuor se place bien au-dessus, grâce à une technique irréprochable et un sens de la mélodie qui reflète son expérience. Brut et très bien arrangé, ce premier opus est une véritable bouffée d’air frais.
DHARMA GUNS
« Ex-Generation Superstars »
(Rockhopper Music)
Si vous connaissez l’œuvre de Jack Kerouac, peut-être avez-vous déjà entendu parler de « The Dharma Bums » (« Les Clochards Célestes ») ? C’est en tout cas ce qui semble avoir inspiré le chanteur Pete Leppänen pour le nom du groupe. Avec sûrement aussi Guns N’Roses, car on retrouve la fougue et le côté sleazy des débuts des Californiens. Deux belles références donc. Tous issus de la scène Rock d’Helsinki, les membres de DHARMA GUNS n’en sont pas à leur coup d’essai et il faut reconnaître qu’ils se sont bien trouvés.
Les Finlandais n’ont pas perdu de temps et, à l’image de leur musique, la dynamique s’est rapidement mise en route. Fin novembre 2023, ils commencent les répétitions avant d’entrer en studio en février quelques semaines plus tard. Et en seulement deux jours, DHARMA GUNS enregistre l’essentiel d’« Ex-Generation Superstars », qui sort la même année. On n’est pas là pour traîner ! Autoproclamé ‘Street Rock’ avec des touches de Glam et de Classic Rock mêlées à une énergie proto-Punk, l’ensemble a de belles saveurs live.
Derrière cette façade aux teintes Garage, on devine beaucoup d’ambition de la part des Scandinaves, qui ne se contentent pas des deux/trois accords habituellement utilisés dans le registre. Ici, ça joue et chante bien et les solos distillés viennent valider une maîtrise et une qualité de composition aussi pêchue que parfaitement ciselée. DHARMA GUNS avance sur un groove qui ne manque pas d’élégance et des refrains carrément entêtants (« Far Out », « The Vipers », « Love Bug », « Psychobabble », « Dharma Guns »). Une petite bombe !
Heavy Punk Metal ou Metal Fusion, je laisse à chacun la liberté de se faire son idée sur ce très bon deuxième album d’AMERICAN TERROR. Une chose est sûre, « Where We Are » ne manque ni de fraîcheur, ni d’aplomb. Corrosif et explosif, le gang de Georgie fait des étincelles dans un style bien à lui.
AMERICAN TERROR
« Where We Are »
(Independant)
Nouvel album pour le furieux combo d’Atlanta et avec « Where We Are », AMERICAN TERROR règle quelques comptes avec une mention spéciale pour la Cancel Culture. La critique est acerbe et le quatuor n’y va pas par quatre chemins. Brutal et mélodique à la fois, les Américains affichent une volonté musclée et traversent avec la même détermination plusieurs styles.
Se présentant sous une étiquette de groupe Heavy Punk Metal, l’écoute de « Where We Are » s’avère pourtant assez différente. Certes, le Punk américain n’a rien à voir avec l’européen musicalement, donc le parallèle est un peu hasardeux… sauf si l’on s’en tient aux textes, qui restent virulents et engagés. Pour ce qui est d’AMERICAN TERROR, on est plutôt face à un Metal Fusion dans la veine de RATM ou de Mordred.
Sur des rythmiques tonitruantes, des riffs massifs et piquants et un chant révolté, le quatuor flirte même avec le Nu Metal (« N.L.M. »), les 90’s (« The System »), le Funk (« Just A Victim ») et des titres carrément Indus (« Self Control », « Take Out A Bully »). AMERICAN TERROR fait une belle démonstration de force en alternant les atmosphères, tout en gardant une belle unité.
Il y a un peu plus de cinq ans, DARCY sortait « Tigre », sorte de plébiscite pour un esprit Punk Rock bien vivant. Quelques années ont passé et le son comme l’attitude ont aussi gagné en maturité. « Machine de Guerre », sous ses allures Metal et brutales, vient sonner la charge. Remontés comme jamais, les Rennais livrent un album solide, forcément politisé et surtout musicalement très abouti. Entretien avec Irvin, chanteur et guitariste, du furieux quatuor.
Photo : Laurent Franzi
– Tout d’abord, je vous ai senti presque métamorphosés sur ce nouvel album, très matures et musicalement beaucoup plus techniques et carrés. C’est cette très bonne prod’, qui vous donne ce volume conséquent ?
Merci, c’est gentil ! Non, ce n’est pas spécialement la prod’. On a vraiment évolué ! Premièrement, on a investi dans du matériel et ensuite, on a changé nos manières de travailler notamment sur les structures des morceaux et le son. On savait exactement où on voulait aller, alors que sur « Tigre », on avait plus tendance à se laisser porter, c’était un instinct presque animal. Là, nos choix étaient clairs dès le départ et on s’est donné les moyens de les réaliser.
– Musicalement toujours, on sent un virage, ou une évolution, beaucoup plus Metal qu’avant. Là encore, c’est pour le côté massif et impactant ?
Ce n’est plus le même duo qui a composé cet album. « Tigre » est une composition de Clément et moi. Pour « Machines de Guerre » c’est Vincent et moi qui nous y sommes collés. Vincent est un grand mélomane, qui écoute de tout. Alors tout naturellement, il a proposé des styles différents : du Metal, du Rock, du Punk, du Grunge… C’était un beau challenge parce que, de mon coté, ça m’a sorti de ma zone de confort au chant et j’ai dû donner le meilleur de moi-même pour être au niveau des riffs qu’il m’avait proposés.
– Justement un petit mot sur cette très belle prod’ à la fois puissante et qui offre un bel équilibre entre l’instrumental et vos textes, qui sont toujours très clairs dans leur compréhension. Même si DARCY a bien sûr un message fort, c’est quelque chose à laquelle vous teniez et sur laquelle vous avez insisté à l’enregistrement ?
Oui, tout à fait ! C’est notre exigence première avec DARCY. Quand tu fais du Rock en français, tu as cette obligation de ne surtout pas mixer à l’anglaise, où la voix sera toujours un peu derrière dans le mix. Tandis que dans le Rock français, on a tendance à mettre la voix en avant pour pouvoir écouter les paroles, qu’elles soient le plus intelligible possible, malgré des guitares qui sonnent de partout. C’est sûrement dû à ce grand héritage que les producteurs aiment pousser les voix qui chantent en français. C’était notre envie et Maz (l’ingé son de l’album qui a également enregistré Tagada / No One / Lofo) et Bernard (qui a masterisé l’album) l’ont super bien réalisée !
– Le titre de l’album, « Machines de Guerre », est très fort. C’est plus le reflet de votre état d’esprit ou celui d’une attente dans cette société amorphe ?
C’est les deux. On a écrit cet album avec la rage et l’envie de tout casser sur notre passage, comme une machine de guerre. Mais c’est aussi une référence à l’état du monde dans lequel nous vivons, qui semble pris d’assaut par des guerres de plusieurs formes : économiques, écologiques, idéologiques, financières, climatiques, sanitaires, civiles, militaires… La guerre est partout aujourd’hui !
Photo : Laurent Franzi
– Bien sûr, DARCY se distingue par ses textes et leur message. Ce qui est remarquable sur « Machines de Guerre », c’est cette fluidité mêlée à des punchlines (mot que je déteste !) bien placées et surtout tellement évidentes dans leur sens. Comment procédez-vous ? Vous accumulez les carnets de notes au quotidien, ou pas du tout ?
C’est un peu comme ça que je procède désormais, oui. Sur « Tigre », j’avais tendance à me poser devant un fichier Word, après avoir lu un article ou regardé un reportage qui m’indignait. J’écrivais pendant 15/20 min et je sortais un texte entier. Maintenant, je fonctionne par punchlines, qui me tombent dessus sans prévenir, je les tape dans mon téléphone pour ne pas les perdre, et généralement un texte prend forme autour. C’est une manière très différente de travailler pour moi, qui est moins contraignante et stressante que la première qui m’obligeait à écrire très vite pour ne pas perdre l’émotion première.
– Evidemment, il y a toujours cette opposition frontale et légitime au FN. Seulement dans les faits, il y a maintenant Zemmour, Macron qui n’est pas très loin et Pécresse pour le côté 80’s rétrograde. DARCY est un groupe spontané, qui suit aussi l’actualité sociétale et politique. J’ai envie de vous demander si vous n’avez pas déjà un nouvel album en tête avec ce qu’il se passe ? A moins que vous ayez prévu d’actualiser vos morceaux sur scène ?
Pour être honnête, on est déjà sur l’écriture du troisième album, qui est même plutôt bien entamé ! On sait déjà la couleur qu’il va avoir et il risque d’être plus violent encore que « Machines de Guerre », plus brut, avec moins de concession, et effectivement, c’est le contexte qui veut ça ! La société est de plus en plus violente, alors nous aussi…
– Une petite question en interlude : la démarche de DARCY est-elle finalement plus politique que musicale ? Vous n’avez pas 4h… 😉
Toute démarche qu’on entreprend musicalement est politique. Et hop, une copie parfaite avec une seule punchline : 20/20 !
– On l’a dit, vos textes font très souvent allusion au FN et aux Le Pen, car ils représentent beaucoup de choses même si le danger n’est pas imminent et peu probable. Mais au-delà, il y a la dénonciation de tout un système et surtout un appel à l’éveil des consciences. J’y crois comme vous, mais n’est-ce finalement pas utopique ?
D’un point de vue personnel, j’ai toujours fonctionné comme un homme de mots. Durant toute ma vie quand j’ai eu des problèmes, il n’y a que les mots qui ont su me soigner. Et je fonctionne comme ça avec tout. Dès que quelqu’un arrive à trouver les mots justes sur quelque chose que je ne comprends pas, quelque chose qui m’indigne, qui me révolte ou même qui me fait du bien, ça me fait un déclic. Tout le monde n’est pas forcément comme ça, mais si jamais on arrive à toucher une seule personne, qui ne comprend pas le danger que représente le FN avec une punchline, je considère qu’on aura gagné et que cela n’aura pas été une utopie.
Photo : Laurent Franzi
– On a beaucoup parlé politique, parce que c’est tout de même l’objet principal de l’album, mais une dernière question s’impose : est-ce que ça vous arrive d’être inspirés par le programme d’un politique ou d’un parti à l’occasion ?
Je ne peux pas parler au nom du groupe, mais pour ma part, pas vraiment. Les discours ne sont même plus écrits par celles et ceux qui les scandent dans les médias ou dans les meetings. Plus rien n’est incarné, tout est pensé pour te toucher en fonction du dernier fait d’actualité. C’est devenu du marketing. Seuls des chroniqueurs ou des journalistes arrivent à me faire vriller la tête maintenant, et encore c’est assez rare.
– Il y a aussi chez DARCY ce côté très fraternel et de camaraderie au sens noble du terme, qui va clairement au-delà de l’esprit de clan. Finalement, vous êtes hyper-amicaux, tout en étant révoltés ?
C’est exactement ça. Quand je chante « Ensemble la lutte peut être une fête » dans « Solution », ça résume ce que tu décris. Chanter la colère, mais dans la bonhomie. Quand j’étais étudiant et que je bloquais ma Fac, ou quand ma mère m’emmenait en manif quand j’étais gamin, il y avait toujours ce bon esprit qui prouve qu’on peut lutter avec le sourire. Et DARCY, c’est ça. Déjà entre nous, il y a une très bonne entente, l’ambiance en répétition ou dans le camion est toujours un plaisir et une raison de se lever le matin. Aller à la rencontre du public, des bénévoles, des programmateurs, des journalistes, c’est aussi une des raisons qui nous poussent à continuer la musique et la jouer partout en France.
– D’ailleurs, vous parlez plutôt d’indignité que de révolte ou de révolution. Ce n’est pas un peu fataliste finalement ?
« Indignez-vous qu’il disait » que je scande dans « Police Partout ». L’indignité est le premier pas de la révolte et de la révolution.
– Pour revenir à l’album, vous accueillez Kemar de No One Is Innocent sur « Viens chercher pogo », Niko de Tagada Jones sur « L’Etincelle Au Brasier » et Pierre de Merzhin sur « Notre Hymne ». Il reste une belle unité au sein de cette scène française qui revendique et qui appelle au changement, non ?
Un très belle unité ! Quand il y a des dates en commun, ou des festivals sur lesquels on se retrouve, je propose toujours de partager un morceau sur scène ensemble et c’est toujours fait avec un grand plaisir. Ca a été pareil pour ces duos, ils ont accepté avant même d’entendre les titres, parce qu’ils savent qu’on partage les mêmes valeurs, qu’on a un message à chanter et que ce message est toujours plus fort quand il est gueulé à plusieurs voix !
– Une petite chose en passant, êtes-vous conscients que pour que votre voix porte, il faut nécessairement entrer et presqu’infiltrer le système ? Etes-vous armés et prêts pour ça, ou seule la musique vous importe ?
Tout nous importe, mais notre seul outil, en tant que groupe, ça reste la musique. Après forcément, ça dépasse un peu. On nous a envoyé plusieurs fois des photos de pancarte « Nique son père la Marine » dans des manifs, on a nous a invités à des concerts de soutien pour le MRAP, Utopia 56 ou des scènes Antifa. Tout ça fait sens.
– Pour conclure, j’aimerais que tu me dises un mot sur le dernier morceau de l’album, « Eva », entièrement acoustique et très touchant. C’est un titre très en contraste avec le reste de l’album. Quelle est l’intention de ces paroles émouvantes, qui présente une belle tranche de vie ?
L’intention première c’est de dire que même si DARCY est avant tout un groupe qui chante la colère, il ne faut jamais oublier le reste. C’est déjà un message qu’on avait voulu faire passer avec deux titres acoustiques, qui étaient cachés en bonus tracks sur « Tigre », et là on a voulu l’assumer un peu plus en l’intégrant à la tracklist de l’album. Et c’est dingue le nombre de retours que nous avons sur ce titre. Bizarrement, c’est même la frange la plus Punk de notre public, qu’on imaginait les plus durs, qui a le plus partagé ce titre pour le moment. Comme quoi, y’a des cœurs d’artichaut qui battent sous les perfectos et les tatouages de keupons !
« Machine de Guerre » de DARCY est disponible chez AT(h)OME depuis 11 février.
S’il n’est pas question d’amour vache sur ce nouvel album des Australiens de THE NEPTUNE POWER FOUNDATION, on en est pas très loin. En effet, « Les Démons de l’Amour » est une ode et une belle déclaration de la part du tonitruant quintet de Sydney à travers un Rock psychédélique, Metal et progressif réellement addictif et aux mélodies contagieuses, le tout dans une atmosphère 70’s sauvage et solaire.
THE NEPTUNE POWER FEDERATION
« Le Demon De L’Amour »
(Cruz Del Sur Music)
A l’aube de ses 10 ans d’existence, le quintet australien surgit avec un cinquième album constitué de chansons d’amour et très justement intitulé « Les Démons de l’Amour » (en français dans le texte). Jugeant le style un peu désuet, THE NEPTUNE POWER FOUNDATION a composé de huit morceaux d’amour, certes, mais d’un point de vue féminin, sans doute celui de sa prêtresse de chanteuse Screamin’ Loz Sutch, et il est pour le moins débridé.
Sur ce nouvel opus, les cultes obscurs, les meurtres et des histoires d’hypnotisme sont au menu de la vision très Rock et Metal qu’ont les Australiens. A grand renfort de riffs musclés, de lourdes rythmiques et d’une indomptable frontwoman, THE NEPTUNE POWER FOUNDATION offre un album à la fois démoniaque et ensorceleur dans un univers musical très 70’s, proche d’un proto-Metal façon Led Zep et Black Sabbath.
L’aspect Psych, Prog et vintage rend ces nouvelles compos entêtantes, bourrées de tension et dégageant une énergie folle. Il faut dire que les deux guitaristes rayonnent tout autant que leur diablesse de chanteuse, qui livre une prestation exceptionnelle en illuminant littéralement « Les Démons de l’Amour » (« My Precious One », « Loving You Is Killing Me », « Stay With Three »). THE NEPTUNE POWER FOUNDATION donne des preuves d’amour exaltées.
Âmes sensibles, prenez un peu de recul et éloignez les enfants. THE VILLAINZ ne fait pas dans la dentelle et s’en moque. Diabolique ? Provocateur ? Déluré ? Le quatuor phocéen est tout cela à la fois, et même plus encore. Entre Power Rock et Stoner Punk, le combo livre un premier album mature et sans concession, avec un titre qui parle de lui-même. Du plaisir en somme…
THE VILLAINZ
« Sexy & Arrogant »
(Wormholedeath Records)
Avec THE VILLAINZ, ça ne rigole pas. Ou plutôt si, mais dans un univers assez subversif et souvent hors-cadre. Mené par le sulfureux duo composé de Jess (chant) et Nic K. (guitare, chant), les Marseillais expriment en musique leur passion, et sans doute aussi une certaine addiction, pour le sexe, l’alcool et l’horreur. Accompagnés par les turbulents Tom C. (basse) et Kris C. (batterie), la machine est déjà bien huilée et rugit de plaisir.
Depuis sa création en 2016 et un premier EP éponyme l’année suivante, THE VILLAINZ n’a pas dévié d’un iota de son identité première à la fois énigmatique et exubérante. Leurs prestations scéniques sont chaudes comme la braise, grâce aussi à la présence incendiaire d’une frontwoman qui n’a pas froid aux yeux et qui ensorcèle pour mieux séduire. Et sur « Sexy & Arrogant », un sommet est atteint par le groupe.
Si certains y verront une sorte de foutoir punkisé, mais les nouvelles compos et surtout la production de ce premier album confirment plutôt la qualité instrumentale, dotée de paroles un peu limites dans un ensemble qui est un coup de fouet percutant et procure bien des récréations (« Bloody Milk », « No Apologies », « You make Me Hot », « I’m Such A Bitch »). THE VILLAINZ exulte et exalte avec fougue et sensualité dans un Stoner Punk décapant.
OPERATION BLOCKHEAD a fait du chemin depuis ses débuts en 2005. Depuis son premier album en 2010, le groupe n’a eu de cesse de peaufiner son Punk Rock teinté de Hard Rock avec une énergie et un dynamisme à toutes épreuves. « The Desolation Flag », quatrième effort du groupe, trouve son équilibre dans une formule power trio hyper-efficace.
OPERATION BLOCKHEAD
« The Desolation Flag »
(Independant)
Sur leur quatrième album, les Suisses d’OPERATION BLOCKHEAD n’ont toujours pas choisi entre le Metal et le Punk Rock, même si ce dernier registre domine tout de même les nouvelles compos du désormais trio. Car le combo évolue en comité restreint sur « Desolation Flag ». Sur de grosses guitares, une rythmique survoltée et un chant assuré, le trio nous emporte dans un univers à la fois déjanté et plein d’humour.
Ainsi, Gregory Eisenring (guitare, chant), Jonathan Stark (basse) et Andy Furter (batterie) montrent toute l’efficacité de la formule en power trio. L’explosivité et une énergie communicative guident « The Desolation Flag » du début à la fin. OPERATION BLOCKHEAD joue sur la positivité de son côté Punk… version américaine, il va sans dire, et plutôt côte ouest d’ailleurs.
Musicalement, l’aspect Hard Rock des Helvètes se révèle surtout dans la puissance des morceaux qu’à travers leur composition. Les racines du combo se situent entre Offspring et la Bay Area dans l’intention, et OPERATION BLOCKHEAD tire remarquablement son épingle du jeu, grâce à une dynamique de chaque instant. Sûr de son jeu, le combo s’affirme avec une touche bien à lui et nul doute que ses concerts seront enflammés.