Catégories
Blues Blues Rock Soul

Sari Schorr : en totale liberté

Dans un véritable élan de liberté, c’est avec un troisième effort d’une grande diversité que SARI SCHORR refait surface. Très attendue, même si son duo avec Robin Trower avait fait des étincelles, elle rayonne tellement plus lorsqu’elle évolue dans son univers personnel. Avec « Running Wild », elle offre une vision panoramique de son talent… et il est immense. Impertinente, souple, captivante ou totalement débridée, elle a fait du Blues son terrain de jeu et elle impose ses propres règles avec beaucoup de classe.

SARI SCHORR

« Running Wild »

(Provogue/Artone Label Group)

Il y a dix ans, la chanteuse et compositrice surgissait sur la scène Blues Rock avec le bien-nommé « A Force Of Nature », suivi de « Never Say Never » en 2018 et d’un album live. Et c’est ensuite sur l’excellent « Joyful Sky » du grand Robin Trower que SARI SCHORR avait livré une performance exceptionnelle en 2023. Perfectionniste, elle aura tenu ses fans en haleine huit longues années avant de livrer « Running Wild ». Un retour que l’on doit à son guitariste Jamie Walker, qui a étroitement collaboré à la conception de ce nouvel album.

Pour rappel, l’Américaine fut la choriste de Joe Louis Walker et Popa Chubby avant de faire un bout de chemin avec le guitariste de Robert Plant, Innes Sibun. Un parcours très riche et « Running Wild » vient confirmer qu’elle reste l’une des meilleures dans son domaine. Et pour son troisième opus en solo, SARI SCHORR a confié la production de son disque à son six-cordiste et bassiste Jamie Walker et à son batteur Luke Paget. Enfin, le groupe ne serait pas au complet sans les chaleureuses notes d’orgue Hammond et de piano de Bennett Holland.

Dès l’entame avec « Mr. In The Middle », puis sur le morceau-titre, la New-yorkaise place la barre très haut. L’irrésistible voile éraillé de sa voix permet à SARI SCHORR d’aborder une large palette d’ambiances, toujours entre puissance et délicatesse. Subtile, grave et sensuelle, elle est à l’aise dans tous les registres, passant du Southern Rock (« Monday Morning »), au Blues Rock groovy (« Cool Hand Riders ») ou à des tessitures plus Gospel (« Call It Freedom ») et Americana (« Finding My Way »). Somptueux et attachant !

Photo : Tom Row

Retrouvez la chronique de son album avec Robin Trower :

Catégories
Southern Blues Rock

Warren Haynes : orchestral Blues

Le temps que l’orchestre s’accorde et c’est une salve d’applaudissements qui accueille le héro local et son groupe. Ils étaient plusieurs dizaines sur scène ces deux soirs-là, il y a sept ans, pour accompagner WARREN HAYNES dans l’une de ses plus aventureuses performances. Et comme par magie, le Blues et le Southern Rock de cette légende se sont parés de notes symphoniques pour prendre encore plus d’ampleur et de volume, tout en ne s’éloignant pas d’un accord de ses racines. Tout simplement exceptionnel !

WARREN HAYNES

« Dreams & Songs : A Symphonic Journey »

(Artone Label Group/Provogue)

WARREN HAYNES est aussi créatif qu’il aime les défis. Et c’est dans sa ville natale d’Asheville en Caroline du Nord, là où tout a commencé et où il est venu applaudir d’autres dans sa jeunesse, qu’il avait posé ses guitares le temps de deux soirées mémorables en 2019. Le Thomas Wolfe Auditorium avait vibré à l’unisson grâce à ce grand bluesman, bien sûr, mais aussi aux 64 musiciens composant l’incroyable Asheville Symphony Orchestra. Et ceux qui l’accompagnent étaient sur la même longueur d’onde pour parcourir trois décennies d’une carrière époustouflante.

En effet, l’objectif de WARREN HAYNES était plutôt ambitieux, mais très largement à sa portée, si l’on en juge par le résultat. Ainsi, de Grateful Dead au Allman Brothers Band, en passant par Gov’t Mule bien sûr, sa carrière solo et quelques reprises auxquelles ils avaient participé, c’est tout un pan du Southern Rock et du Blues qui rayonne sur les 16 morceaux de ce « Dreams & Songs : A Symphonic Journey ». Orchestral sans être pompeux, ce nouvel album live se distingue aussi par les prouesses du grand Bob Clearmountain, dont le mix est magistral.

Comme toujours avec WARREN HAYNES, l’ensemble donne l’impression d’une vaste improvisation, tant il est surprenant et fluide. Pourtant, derrière ce feeling de chaque instant, se cache une précision d’orfèvre rendue possible après des heures de répétitions et un travail minutieux sur les arrangements. Ovationné titre après titre dans une ambiance chaleureuse, le citoyen d’Asheville effectue un retour aux sources encore et toujours virtuose (« Banks Of The Deep End », « Spots Of Time », « Broken Promised Land », « Just Another Rider », « Whipping Post »). Magistral !

Photo : David Simchock

Retrouvez l’interview de WARREN HAYNES à l’occasion de la sortie de « Million Voices Whisper » et la chronique de l’album…

… Et les chroniques des derniers albums de GOV’T MULE :