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Southern Blues Rock

Texas Headhunters : southern legacy

Tendre et survolté, TEXAS HEADHUNTERS est tout ça à la fois et bien plus encore. Loin d’être prisonniers d’une tradition texane qui les étoufferait, Ian Moore, Johnny Moeller et Jesse Dayton l’embrasse pleinement et y apporte une contribution, qui va bien au-delà de l’hommage. Ces trois-là respirent le Sud à plein poumon et la palette musicale de l’État à l’étoile solitaire semble même parfois un peu étroite, tant leur jeu est rassembleur et fédérateur. « Rise And Rise » est une projection musicale de leur univers personnel et ils n’ont pas leur pareil pour la rendre collégiale.

TEXAS HEADHUNTERS

« Rise and Shine »

(Hardcharger/Blue Élan Records)

Auréolé du succès de son premier album éponyme sorti il y a tout juste un an, TEXAS HEADHUNTERS remet ça avec « Rise And Shine » et le plaisir de jouer ensemble paraît même décuplé. Ian Moore, Johnny Moeller et Jesse Dayton font de nouveau vibrer l’ADN de leur Texas et le mix est toujours aussi savoureux. Et au-delà de cette explosive réunion, l’atmosphère de ces nouveaux morceaux est assez unique, tant elle joue sur les variations. Audacieux et toujours aussi roots, ce deuxième opus bénéficie surtout d’un songwriting exceptionnel tellement instinctif.

Virtuoses et flamboyants, les trois six-cordistes et chanteurs font beaucoup mieux que de rivaliser de technique. C’est surtout l’alchimie de leur personnalité qui impressionne. TEXAS HEADHUNTERS ne pourrait pas tout simplement pas existé sans l’un d’entre-eux. Le Blues profond de Moore, la dynamique funky de Moeller et le Garage Rock de Dayton ne font qu’un et explorent aussi des registres Soul, Outlaw Country et Americana. Et la force de nos trois fines gâchettes réside dans la connaissance et la maîtrise d’un style texan aussi riche que divers, et terriblement authentique.

Il y a de la joie sur ce « Rise And Shine » et elle s’entend sur chaque titre. Bien sûr, les riffs et les solos, qui peuvent être aussi discrets qu’époustouflants, restent la marque de fabrique du groupe, mais l’attention porté aux refrains est phénoménale. TEXAS HEADHUNTERS s’adresse à tout le monde et à chacun. Les guitares sont rutilantes, chaque note est à sa place et aucune n’est inutile. Cet élan collectif apporte à « Shine And Rise » une lumière particulière et les trois musiciens ne se contentent pas de se passer le flambeau, ils le partagent avec une passion palpable.

Retrouvez la chronique du premier album :

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Southern Blues Rock

Warren Haynes : orchestral Blues

Le temps que l’orchestre s’accorde et c’est une salve d’applaudissements qui accueille le héro local et son groupe. Ils étaient plusieurs dizaines sur scène ces deux soirs-là, il y a sept ans, pour accompagner WARREN HAYNES dans l’une de ses plus aventureuses performances. Et comme par magie, le Blues et le Southern Rock de cette légende se sont parés de notes symphoniques pour prendre encore plus d’ampleur et de volume, tout en ne s’éloignant pas d’un accord de ses racines. Tout simplement exceptionnel !

WARREN HAYNES

« Dreams & Songs : A Symphonic Journey »

(Artone Label Group/Provogue)

WARREN HAYNES est aussi créatif qu’il aime les défis. Et c’est dans sa ville natale d’Asheville en Caroline du Nord, là où tout a commencé et où il est venu applaudir d’autres dans sa jeunesse, qu’il avait posé ses guitares le temps de deux soirées mémorables en 2019. Le Thomas Wolfe Auditorium avait vibré à l’unisson grâce à ce grand bluesman, bien sûr, mais aussi aux 64 musiciens composant l’incroyable Asheville Symphony Orchestra. Et ceux qui l’accompagnent étaient sur la même longueur d’onde pour parcourir trois décennies d’une carrière époustouflante.

En effet, l’objectif de WARREN HAYNES était plutôt ambitieux, mais très largement à sa portée, si l’on en juge par le résultat. Ainsi, de Grateful Dead au Allman Brothers Band, en passant par Gov’t Mule bien sûr, sa carrière solo et quelques reprises auxquelles ils avaient participé, c’est tout un pan du Southern Rock et du Blues qui rayonne sur les 16 morceaux de ce « Dreams & Songs : A Symphonic Journey ». Orchestral sans être pompeux, ce nouvel album live se distingue aussi par les prouesses du grand Bob Clearmountain, dont le mix est magistral.

Comme toujours avec WARREN HAYNES, l’ensemble donne l’impression d’une vaste improvisation, tant il est surprenant et fluide. Pourtant, derrière ce feeling de chaque instant, se cache une précision d’orfèvre rendue possible après des heures de répétitions et un travail minutieux sur les arrangements. Ovationné titre après titre dans une ambiance chaleureuse, le citoyen d’Asheville effectue un retour aux sources encore et toujours virtuose (« Banks Of The Deep End », « Spots Of Time », « Broken Promised Land », « Just Another Rider », « Whipping Post »). Magistral !

Photo : David Simchock

Retrouvez l’interview de WARREN HAYNES à l’occasion de la sortie de « Million Voices Whisper » et la chronique de l’album…

… Et les chroniques des derniers albums de GOV’T MULE :

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Blues Rock Southern Blues Rock

Jovin Webb : bayou’s calling

Songwriter affûté et frontman assuré, le musicien de Baton Rouge donne déjà une suite à « Drifter » et fait par la même occasion taire tous ceux qui pensaient qu’il ne s’agissait que d’un feu de paille. Avec un producteur d’exception à ses côtés, JOVIN WEBB libère ses propres sentiments sur un « Son Of A Sinner » qu’il vit sur chaque note. Tout en mouvement, il fait également résonner son harmonica avec justesse et pose ainsi un pied dans la cour des grands.

JOVIN WEBB

« Son Of A Sinner »

(Blind Pig Records)

Tout juste deux ans après être apparu avec « Drifter » où il s’est révélé être un véritable bluesman, JOVIN WEBB nous revient avec la même fraîcheur et la même sincérité. Il avait laissé une forte impression sur un premier album déjà très abouti. Et pour continuer sur sa belle lancée, c’est à nouveau Tom Hambridge qui est aux manettes et derrière les fûts. L’incontournable producteur, connu pour ses collaborations avec Buddy Guy, Joe Bonamassa, Susan Tedeschi, Kingfish, Ally Venable, Devon Allman et tant d’autres, y va même de ses propres compositions.

En effet, ce dernier cosigne avec Richard Fleming le très relevé morceau d’ouverture, « Gunlead & Lead », « Pull’Em In » et « These Boots » rejoint sur cette dernière par un JOVIN WEBB très convaincant. C’est d’ailleurs lui qui signe le reste de « Son Of A Sinner », avant de s’offrir une belle reprise de Gregg Allman pour clore ce deuxième chapitre (« Whipping Post »). Et l’ensemble est d’ailleurs d’une grande variété, car le natif de Louisiane a baigné dans le Blues bien sûr, le Rock, le Gospel, la Soul et le Southern Rock. Un savoureux et très complémentaire mélange.

Très bien entouré par Kenny Greenberg (guitare), Mike Rojas (claviers), Tommy MacDonald (basse) et donc Tom Hambridge (batterie), JOVIN WEBB livre une prestation vocale à la fois puissante et touchante. Porté par des textes sensibles et personnels, le chanteur semble littéralement habité par les chansons de « Son Of A Sinner » auxquelles il apporte beaucoup d’émotion (« Pray For Me », « Every Time I Roll A Dice » composée par Max Barnes et Troy Seals, « When I’m Gone », « It’s Alright »). Une performance de haut vol et la confirmation d’un grand talent.

Photo : J.B. Lawrence

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Americana Blues Soul Southern Blues Rock

Caitlin Krisko & The Broadcast : une énergie magnétique

Basé à Asheville en Caroline du Nord, décidément creuset de très nombreux talents, CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST livre ce très attendu nouvel album. Et « Heirloom » se montre très largement à la hauteur de ce qu’on pouvait légitimement espérer, tant le précédent EP était d’une incroyable luminosité. Certes, la chanteuse de la formation américaine est un atout majeur, mais la qualité d’écriture et de composition est d’un tel feeling et d’une telle précision, qu’il est difficile d’y résister. Le style s’affirme aussi pour être désormais immédiatement identifiable, et ce Blues teinté de Soul, de Rock et d’Americana est aussi entraînant qu’émouvant.

CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST

« Heirloom »

(Independant)

Malgré une quinzaine d’années d’existence, c’est avec l’EP « Blueprints », sorti il y a deux ans et qui a vu le nom de sa chanteuse accolé à celui du groupe, que les Américains ont renversé la communauté Blues, et cet engouement a été renforcé grâce à des tournées dont les prestations ont marqué les esprits jusqu’en Angleterre. CAITLIN KRISKO & THE BROADCAST revient avec un long format une fois encore exceptionnel. La tonalité globale est clairement plus sudiste que ce soit dans les envolées Soul, Rock et Blues. Un Roots Rock porté aussi par un son organique à la dynamique actuelle et à la saveur légèrement vintage et savamment dosée.

Dévoilé au fur et à mesure sur les plateformes, « Heirloom » a été enregistré aux studios Blackbird de Nashville et produit par Aaron Austin, guitariste du groupe. Ainsi, grâce à son musicien de mari, CAITLIN KRISKO se trouve portée par un environnement sonore à la hauteur de sa performance vocale. Car le six-cordiste donne une autre dimension à ces nouvelles chansons, grâce à des accords subtils, des riffs délicats et des solos magistraux. D’ailleurs, l’ensemble de THE BROADCAST est sur la même longueur d’onde, à savoir un jeu d’une grande finesse et d’une authenticité rayonnante. Il suffit aussi d’écouter l’orgue Hammond pour s’en convaincre.

Comme pour « Blueprints », il est bien difficile de mettre en avant certaines chansons plutôt que d’autres, tant elles nous racontent des histoires captivantes. Le récit est souvent profond, les refrains deviennent très vite entêtants et donnent la sensation d’une proximité, tout en se faisant très fédérateurs. Un tour de force réellement bluffant. Et si la puissance vocale de CAITLIN KRISKO emporte tout, on se raccroche volontiers à ces notes bleues distillées par THE BROADCAST avec fougue et émotion (« Keep On Trying », « Heart Of Gold », « Homeless », « Hole In My Heart », « Let It Ride », « Something Sweet », « Fuel My Fire »). Renversant !   

Retrouvez la chronique du précédent EP, « Blueprints » :

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Blues Soul Southern Blues Rock

Ruthie Foster : a spiritual joy

C’est une sorte de célébration de la joie et de la vie que présente la chanteuse et guitariste avec ce « Just Say Yes », qui met en avant sa puissance vocale et toute la délicatesse de son approche Soul et Gospel du Blues. Avec une touche Rock, un son organique et moderne, RUTHIE FOSTER réinvente une certaine tradition, bien aidée en cela par un jeune couple de musiciens confirmés, inspirés et ayant grandi avec une culture musicale également très sudiste. Et le résultat est flamboyant.

RUTHIE FOSTER

« Just Say Yes »

(Sun Records)

Récemment auréolée d’un Grammy Award pour son album « Mileage » (2024), RUTHIE FOSTER a renouvelé sa confiance à Tyler Bryant de The Shakedown pour la production et la composition de ce quatorzième opus, enregistré dans le propre studio du musicien à Nashville. D’ailleurs, cette fois encore, l’accent est mis sur les guitares, puisqu’on y retrouve Rebecca Lovell, sa femme également partie prenante à l’écriture, ainsi que sa sœur Megan seconde moitié de Larkin Poe, aussi présente sur le titre « Come On Up », qui rayonne de toutes parts.

Ecrit à trois, il faut reconnaître que les parties instrumentales sont incroyables. Porté par un groove enveloppant et chaleureux, par les notes de l’orgue Hammond de Michael Webb et par les harmonies des cordes et de la slide, « Just Say Yes » est d’une énergie positive à chaque instant. Mais c’est bel et bien la voix de RUTHIE FOSTER qui illumine l’ensemble. La Texane est tout simplement phénoménale et semble même, à 62 ans, au sommet de son art. Elle fait bien plus que d’interpréter ses chansons, elle les incarne littéralement.

Entre Southern Rock, Soul, Country et Blues plus classique, « Just Say Yes » est une balade apaisante dans le Sud américain et quand RUTHIE FOSTER laisse sa guitare pour le piano, l’instant devient magique (« Sitting Still »). Et là où l’artiste prend sa véritable dimension, c’est lorsqu’elle se fond dans ce Gospel Blues, où elle s’affiche en vraie patronne de ce genre typique de son Texas. Très variée et bien relevée, cette nouvelle réalisation est l’expression-même de la musique roots américaine contemporaine (« Thank You », « Hold On », « Tangled »). Incomparable !

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International Roots Rock Soul Southern Blues Rock

Bywater Call : la liberté dans l’émotion [Interview]

Plus que jamais, la Soul délicate, sensuelle et au fort caractère des Canadiens prend sa pleine dimension. Non pas que BYWATER CALL ait changé quoique ce soit dans sa manière de faire, mais l’expérience accrue de la scène et la liberté totale de création semble lui avoir, sinon donner des ailes, du moins offert une assurance et une exigence dans une écriture qui est aujourd’hui d’une incroyable fluidité. Si « Shepherd » avait consacré la formation de Toronto, ce quatrième album vient conforter un style unique, résolument Southern, mariant très naturellement Americana, Roots Rock et Blues. « Broken Souvenirs » a cette particularité assez rare de nous porter immédiatement vers des cimes et dans des sphères émotionnelles incroyables. Cette passion dans la voix de Meghan Parnell propulse ce nouvel opus dans une douceur doublée d’une intensité enveloppante, actant le franchissement d’un cap et l’arrivée aux côtés des plus grands de ce registre si profond. Une occasion parfaite pour revenir avec la frontwoman sur ces derniers mois, l’évolution du septet et la confection de « Broken Souvenirs ».

– Lors de notre dernière interview à l’occasion de la sortie de « Shepherd », vous veniez de quitter votre label pour vous autoproduire et, en l’espace de deux ans seulement, BYWATER CALL a pris un essor considérable. Aviez-vous besoin de vous libérer de toutes contraintes pour pouvoir vous exprimer pleinement ?

Je pense qu’il était important pour nous d’avoir une liberté créative, mais aussi une liberté quant au calendrier et au processus d’enregistrement de l’album. Pour « Broken Souvenirs », nous avons décidé d’enregistrer l’album au fur et à mesure que les morceaux étaient prêts, plutôt que de tout faire en une seule session, ce qui fait qu’inévitablement le temps finit par manquer. De cette façon, nous avons pu accorder à chaque chanson l’attention qu’elle méritait.

– Ces deux dernières années, vous avez également beaucoup tourné, notamment en Europe où vous étiez encore il y a peu. Se produire devant un public qui n’a pas forcément une culture musicale nord-américaine vous a-t-il ouvert d’autres voies pour la composition de ce nouvel album, ainsi que sur votre communication sur scène ?

Le public européen et britannique nous a réservé un accueil chaleureux et nous a soutenus tout au long de notre parcours. Je pense que ce soutien nous a permis d’oser explorer de nouvelles idées et de nouvelles approches musicales, ce que nous n’aurions peut-être pas fait autrement. Nous nous sommes également sentis suffisamment à l’aise avec ce public pour tester de nouveaux morceaux sur scène… ce qui est toujours un atout considérable pour décider si une chanson est prête pour l’enregistrement en studio. Ce même soutien me donne la confiance nécessaire pour être moi-même sur scène et interagir pleinement avec le public.

– D’ailleurs, pour rester sur les concerts, BYWATER CALL a la particularité d’être une formation de sept musiciens, en studio comme sur scène. Alors que beaucoup misent sur les enregistrements, votre dynamique est donc intacte en live. Est-ce une chose qui est aujourd’hui irréversible et indiscutable pour vous ?

Je pense que si nous avions dû réduire la formation du groupe en concert, nous l’aurions probablement fait dès nos premières tournées. Tourner à sept, c’est évidemment assez coûteux… et c’était particulièrement vrai pendant les deux premières années. Nous avons intégré la section de cuivres très tôt, sans jamais imaginer que nous parcourrions l’Europe et l’Amérique du Nord, mais une fois notre son live bien défini, nous n’avons plus voulu faire de compromis. D’ailleurs, nous aimerions beaucoup agrandir le groupe pour les tournées ! (Sourires)

– Votre quatrième album, « Broken Souvenirs », vient de sortir et vous aviez déjà présenter quatre singles auparavant, ce qui est presque devenu la norme aujourd’hui avec les plateformes. Est-ce aussi un moyen pour vous de rester connectés avec vos fans, même si vous tournez beaucoup ?

Oui, notre stratégie de sortie repose sur le maintien du contact avec notre public, la création d’un engouement avant les dates de tournée et la possibilité de partager un aperçu de nos projets. Vu la fugacité de l’attention de nos jours, et le nombre de morceaux dont nous sommes fiers sur cet album, il nous a semblé judicieux de mettre en avant plusieurs titres.

– Justement, « Broken Souvenirs » n’a donc pas été enregistré en une seule fois, mais en plusieurs sessions ponctuées par vos concerts. Comment est-ce que vous gérez les tournées, le studio et surtout la composition, d’autant que l’homogénéité sonore et musicale est exemplaire ? N’est-ce pas trop difficile de rester focus sur l’album dans son entier et dans le temps ?

C’’est un équilibre très difficile à trouver et nous cherchons encore à le perfectionner. Composer en tournée peut être compliqué. La fatigue mentale et physique ne laisse parfois que peu de temps et d’énergie créative pour composer. Quand on est bien lancés, on profite souvent des balances pour travailler nos morceaux et les mettre en musique avant la fin de la tournée. Avec « Broken Souvenirs », une fois qu’on avait quelques chansons dont on était satisfaits, on réservait quelques jours de studio pour les enregistrer avant que l’élan ne s’essouffle. Pour Dave (Barnes, guitariste – NDR) et moi, il est essentiel de profiter des temps morts pour peaufiner une ou deux idées pendant la tournée.

– Musicalement, le spectre musical de BYWATER CALL s’est encore élargi et pourtant « Broken Souvenirs » semble être votre album le plus personnel. Est-ce finalement cette multiplicité d’ambiances qui façonne votre identité artistique ?

Nous n’avons jamais vraiment voulu nous enfermer dans une case. Nous aimons intégrer à notre musique les sonorités et les styles qui nous influencent actuellement, comme une capsule temporelle. Nous avons toujours souhaité montrer notre évolution en tant qu’auteurs-compositeurs tout au long de ce parcours. Pour « Broken Souvenirs », un aspect essentiel a été de travailler notre narration… Nous avons toujours constaté que la musique qui nous attire le plus est moins liée à sa technique qu’à la façon dont les paroles et l’instrumentation nous parlent, nous font ressentir quelque chose, nous connectent à elle. Pour y parvenir, nous avons exploré plus profondément nos propres sentiments et nos expériences.

– Non pas que « Broken Souvenirs » soit un album particulièrement mélancolique, mais il est le plus Soul des quatre. Etait-ce le bon moment pour vous d’aller encore plus loin dans l’émotion et surtout dans l’intensité de votre musique ? Une sorte de maturité artistique acquise en quelque sorte avec des certitudes sur vos envies ?

Absolument. Sur cet album, nous avons vraiment mis l’accent sur la dimension Soul du groupe. Encore une fois, pour nous, l’essentiel est de créer un lien émotionnel avec notre public, qu’il s’agisse de joie, de peur, de tristesse, de chagrin, voire d’un peu de colère ou de frustration. Quand on a formé le groupe, Dave et moi étions novices en matière d’écriture de chansons. Alors je pense qu’il nous a fallu un peu de temps pour trouver notre propre approche musicale. On y arrive petit à petit… (Sourires)

– Enfin, on connaît l’attachement de BYWATER CALL pour la Nouvelle-Orléans, ne serait-ce que par votre nom. Est-ce que le fait d’avoir le mot français ‘souvenirs’ dans le titre de ce nouvel album vient encore le renforcer, comme un clin d’œil ? D’autant qu’il a des couleurs qui rappellent beaucoup la Louisiane…

C’est intéressant. J’aimerais pouvoir dire oui, on y avait pensé comme ça… mais non ! (Sourires) C’est un extrait d’une des premières chansons qu’on a écrite pour l’album, « Clutter », qui a vraiment touché le public. On adorait l’image que ce vers véhicule et la façon dont il représente la fragilité de la nature humaine et des relations.

Le nouvel album de BYWATER CALL, « Broken Souvenirs », est disponible sur le site du groupe : www.bywatercall.com

Photos : Ed Rode (1) et Denis Carpentier (2, 3, 4)

Retrouvez aussi l’interview de Meghan à l’occasion de la sortie de « Shepherd »…

… ainsi que la chronique de l’album live sorti l’an dernier :

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Soul Southern Blues Rock

Bywater Call : une âme rayonnante

Délicieusement cuivrées, les performances des Canadiens le sont tout autant en concert qu’en studio. Car avec « Sunshine – Live In 2024 », c’est l’ambiance électrique de ses concerts que présente BYWATER CALL. Et si la communion avec le public est manifeste, celle à l’œuvre sur scène montre un septet soudée qui se trouve les yeux fermés et pour qui l’art de l’improvisation est une seconde nature. Jouant de toutes les émotions, la chanteuse attire le feu des projecteurs, sans pour autant faire de l’ombre aux musiciens brillants qui l’accompagnent.

BYWATER CALL

« Sunshine – Live In 2024 »

(Independant)

Un an tout juste après l’excellent « Shepherd », c’est une version live de sa Southern Soul Blues que BYWATER CALL propose, histoire de saisir pleinement la dimension qu’il prend sur scène. Et la chaleur et l’énergie qu’il déploie sont juste phénoménales. Puissantes et dynamiques, ses prestations sont pour le moins enflammées et l’on comprend mieux l’engouement croissant autour de la formation guidée par la voix enveloppante de Meghan Parnell. « Sunshine – Live In 2024 » est un témoignage brut et direct, très vite addictif.

Ayant pris son indépendance et évoluant désormais sans label, BYWATER CALL s’est donc occupé de la captation des morceaux, interprétés ici à Newbury en Angleterre, à Woodstock aux Etats-Unis et dans leur Canada natal à Toronto. Comme sur leur précédente réalisation, c’est le batteur du groupe, Bruce McCarthy, qui s’est chargé de l’enregistrement et du mixage et le résultat est irréprochable. Quant au contenu, l’accueil du public est aussi dithyrambique des deux côtés de l’Atlantique. La proximité aidant, on est très vite conquis.

BYWATER CALL avait déjà lâché « Sunshine » en single en mai dernier et cinq autres titres viennent se greffer dans une belle osmose et une complémentarité passionnée. Parmi les nouveautés, cette reprise incroyable de Stephen Stills (« Love The One You’re With » ») qui se pare d’une seconde jeunesse, tout comme « Bring Me Down », extrait du premier album en mode survitaminé. « As If », « Sign Of Peace » et « Everybody Knows » sont issus de « Shepherd » et leur traitement très jam s’étale en longueur pour un plaisir intense et sincère.

Photo : Denis Carpentier

Retrouvez l’interview accordée par Meghan Parnell à la sortie de « Shepherd » :

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Classic Rock France Hard 70's Rock 70's Southern Blues Rock

Emerald Moon : céleste [Interview]

Arrivé il y a quelques jours dans les bacs, le premier album d’EMERALD MOON est LA sensation Classic Rock française de l’année. Il faut aussi avouer que le quintet compte dans ses rangs des musiciens chevronnés et bouillonnant d’idées. Guidés par leur chanteuse, les deux guitaristes multiplient les combinaisons sur une rythmique groovy à souhait et ce très bon « The Sky’s The Limit » vous renvoie avec bonheur dans les 70’s sur une production très actuelle et organique. Le fondateur et guitariste, Fabrice Dutour, revient sur la création du groupe, sa façon de travailler et surtout sur cette musique qui lui tient tellement à cœur.

– Au regard de vos parcours respectifs, j’imagine que vos chemins ont dû se croiser assez souvent au gré de vos projets. Quel a été le déclic pour monter EMERALD MOON et surtout pour en définir le style ?

Pour ma part, je joue déjà avec Laurent (Falso, batterie – NDR) et Vanessa (Di Mauro, chant – NDR) dans deux projets différents. J’ai eu le bonheur de partager l’aventure ‘United Guitars’ avec François (C. Delacoudre, basse – NDR), dans laquelle figurait également Michaal (Benjelloun, guitare – NDR). Tous les deux ont d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de partager la scène, lorsque les chemins de Gaëlle Buswel, avec qui joue Michaal et de Laura Cox, avec qui jouait François, étaient amenés à se croiser. Vanessa et Laurent ne connaissaient donc pas Michaal et François. J’ai été l’entremetteur… Pour revenir à la genèse du projet EMERALD MOON, cela s’est passé en 2021, après l’enregistrement du « Volume 2 » d’’United Guitars’. Nous venions d’enregistrer un titre avec Fred Chapellier, le courant est vite passé et l’envie était commune. C’était aussi une évidence pour nous que François était le bassiste idéal. Yann Coste serait donc le batteur. Chacun de notre côté, Fred et moi avons composé plusieurs titres pour ce nouveau groupe, qui s’appellait alors Silverheads et que nous envisagions, logiquement au vu de nos influences, de faire sonner dans un style Classic Rock. Après plusieurs mois à la recherche d’un chanteur, j’ai proposé Vanessa, qui a fait l’unanimité. Nous devions enregistrer en mai 2022. Mais à quelques semaines du début des sessions, l’emploi du temps de Fred est bousculé en raison de sa collaboration à la tournée des Dutronc. L’album ne se s’est donc jamais ensemble. Mais début 2024, Vanessa, François et moi avons eu envie de faire aboutir ces titres que j’avais composés et sur lesquels Vanessa avait écrit des textes. J’avais quelques idées en tête pour cette place de guitariste et Michaal était mon choix numéro un, il a tout de suite accepté de rejoindre l’aventure. Et Laurent s’est imposé à moi comme une évidence également et il s’est joint à nous.

– Vous avez tous un CV conséquent et une connaissance affûtée du métier. Comment est-ce que cela s’organise pour la composition des morceaux et l’écriture des textes ? Chacun apporte-t-il ses propres idées, ou faites-vous confiance à certains d’entre-vous en particulier ? Je pense au noyau dur ayant évolué ensemble sur ‘United Guitars’ notamment…  

L’organisation, pour cet album, a été en partie dictée par nos emplois du temps respectifs et la distance qui nous sépare. Je dis en partie, car j’ai depuis longtemps l’habitude de composer ainsi, c’est-à-dire que je maquette l’ensemble du titre avec la batterie, la basse et les deux guitares. Les structures sont figées, les parties de  guitares harmonisées également mais, évidemment, la réinterprétation des lignes de chaque instrument est libre pour chacun. J’avais déjà six titres pour le projet initial, j’en ai composé cinq autres avant l’enregistrement de l’album et Michaal a également amené une composition. Après, toutes les idées et les contributions ont été les bienvenues.

– On vous avait découvert en octobre dernier avec « Phase One », un premier EP, presque de présentation finalement. Pourquoi le choix du format court ? C’était faute de temps en raison d’emplois du temps chargés, ou plutôt une manière de prendre la température et de voir quel en serait l’accueil, d’autant que l’on retrouve les quatre morceaux sur l’album ? 

Question très intéressante. Pour tout te dire, cet EP est la restitution de notre première session de répétition. Il n’y avait pas, initialement, l’idée de sortir quelque chose, nous enregistrions juste pour pouvoir prendre du recul. Il faut dire aussi que nous répétions chez Laurent qui, en plus d’être batteur, est plutôt très bon dans le domaine du son. Son local est équipé et il a coutume d’enregistrer toutes les répétions qui se font chez lui. Nous nous étions donc fixés quatre titres, trois compos et une reprise, « Ramble On » de Led Zeppelin, et nous nous sommes retrouvés pendant deux jours. L’objectif était juste d’aboutir un titre, « What You’re Told » et de le clipper, histoire d’avoir la possibilité de démarrer l’aventure. A ce moment-là, le groupe n’avait même pas de nom. Et puis, à la réécoute de cette session, on se dit que ça sonnait plutôt bien et cela confirmait la sensation de cohésion que nous avons tous ressentie dès les premières notes. Et de là a germé l’idée de sortir ces quatre titres. Vu l’esthétique, le format vinyle s’imposait aussi. Et tout cela a permis, effectivement, d’accélérer la naissance d’EMERALD MOON. 

– D’ailleurs, avez-vous apporté des modifications sur ces morceaux entre l’EP et l’album ?

Déjà, il était évident pour moi que ces trois titres faisaient partie d’un tout. Ils devaient figurer sur l’album. Sur la version EP, ils sont joués live, les amplis sont dans la même pièce que la batterie, il n’y a pas d’overdub ou de guitares additionnelles. Pour l’album, ils ont été totalement réenregistrés, au propre, avec plus d’arrangements, notamment sur les parties de guitares. Le fait de garder ces trois titres a également eu une incidence sur l’écriture. Il fallait que les personnes qui avaient déjà découvert ces trois premières compositions aient de la matière avec la sortie de l’album. Avant l’EP, l’idée était plutôt un album de neuf ou dix morceaux, « Phase One » a changé la donne et nous voilà avec 12 titres.

– Lorsque l’on voit par où vous êtes tous passés, le côté Rock et bluesy semble une évidence. EMERALD MOON présente donc un Classic Rock très 70’s dans l’esprit, mais pas forcément dans le son. On sent aussi beaucoup de plaisir entre vous en vous écoutant. C’est ce qui vous guide depuis le départ ?

Le plaisir est ce qui nous guide dans notre métier de musicien. C’est une chance infinie de vivre de notre passion. C’est déjà vrai lorsque l’on joue la musique des autres, c’est encore plus intense lorsque l’on défend ses propres chansons. Pour ce qui est de nos influences et nos parcours, nous avons beaucoup de choses en commun comme des racines Blues et le Rock/Hard Rock Seventies. On a voulu restituer ça avec un son plus contemporain, sans aller trop loin, de sorte à garder la dynamique, le grain et les nuances propres à ce style. 

– D’ailleurs, même si votre registre retrouve des couleurs depuis quelques temps maintenant, est-ce qu’EMERALD MOON est là aussi pour palier un certain manque, car il y a vraiment un public en demande concernant le Classic Rock notamment ?

Il n’y a pas de calcul sur le bon endroit ou le bon moment. Il y a juste l’envie de faire ce que l’on aime faire et que l’on fait chacun depuis longtemps : Michaal avec Gaëlle Buswel, François avec Laura Cox, Laurent avec Jack Bon et moi avec Back Roads. Et surtout, de le faire ensemble. C’est une magnifique équipe et il nous tarde d’être sur scène tous les cinq.

– Vous êtes en autoproduction, ce qui n’est pas franchement une surprise étant donné que vous êtes tous rompus à l’exercice du studio et que trouver votre son n’a dû pas être très compliqué. Est-ce un avantage aussi de pouvoir mener votre projet vous-mêmes, et avez-vous tout de même fait appel à des personnes extérieures pour l’enregistrement, le mix ou le mastering ?

Il est certain, comme je te le disais tout à l’heure, que le fait que Laurent ait les compétences et le matériel pour enregistrer et mixer un album est un atout essentiel. On a pu avancer à notre rythme. De la même manière, Michaal et François peuvent gérer leurs prises chez eux. On peut travailler ensemble ou à distance, c’est très confortable. Et pour ce qui est de la production et des choix artistiques, on avait déjà des idées, puis le temps et les propositions ont affiné tout cela. On a passé, Laurent et moi, le temps nécessaire pour aboutir les titres comme nous le souhaitions. 

– Avec Michaal Benjelloun, vous formez un beau duo de guitaristes. L’esprit est très zeppelinien avec des teintes Blues et Southern. Comment est-ce que deux musiciens aussi aguerris se partagent-ils les rôles, même s’il y a aussi de beaux passages de twin-guitares ?

De manière très naturelle. Déjà, dans l’écriture, il y avait beaucoup de place laissée aux guitares. Et c’est logique, puisqu’initialement, c’est un projet de guitaristes… On aborde un titre avec comme question : ‘tu préfères faire le premier ou le deuxième solo ?’. Après, tout est libre, les idées d’arrangements sur les parties rythmiques, le choix des guitares et des sons. On s’écoute, l’idée de l’un fait rebondir l’autre, on cherche toujours à se compléter et à mettre en valeur nos qualités respectives.

– Est-ce que, lorsque l’on joue et compose du Classic Rock comme EMERALD MOON, l’idée est de toujours faire évoluer le style en y apportant quelques touches modernes, ou plus simplement juste de se faire plaisir ? Car cela impliquerait de fait une certaine finitude du registre… 

Je me souviens d’une chronique d’album qui se concluait par cette phrase : « Ils n’ont pas inventé la poudre, mais ils savent la faire parler ». C’est une très belle formule. Quand je compose, il m’arrive de faire des citations volontairement appuyées comme pour « What You’re Told », qui sonne très Thin Lizzy. Il arrive également que l’on me dise que telle composition est inspirée de tel titre, alors que ce n’était pas une piste de départ consciente… Il est évident que nous sommes imbibés de toutes nos écoutes et que ces influences transpirent fatalement dans notre écriture. Je n’ai absolument pas l’idée de révolutionner le style, mais j’essaie de m’appliquer, lorsque je compose un titre à lui donner une première lecture fluide. J’essaie également de le remplir de petites surprises à travers les arrangements, la réexposition des thèmes, la structure et un ensemble de choses qui fait que la première impression d’évidence évolue au fur à mesure des écoutes. Parce que l’idée est là : façonner et penser notre musique dans l’esprit de celle que nous écoutions il y a trente ans, lorsque les moyens technologiques ne nous permettaient pas d’accéder à tous les albums de tous les groupes en un clic. On avait, en gros, un album par mois, on prenait le temps de l’écouter et d’en extraire la totalité des subtilités. Si les gens qui s’intéressent à notre album nous font l’honneur de prendre le temps de se l’approprier, je veux qu’ils puissent découvrir des choses au fil des écoutes. 

– Enfin, avec un tel premier album, on attend forcément une suite à cette belle aventure. Est-ce que vous vous projetez déjà dans l’avenir avec des concerts à venir, par exemple, et/ou déjà le projet d’un deuxième album en tête ? Comme vous êtes tous les cinq engagés avec dans d’autres formations, j’espère qu’EMERALD MOON n’est pas un one-shot…  

L’album est sorti le 13 juin, via Inouïe Distribution, et nous étions sur scène ce jour-là, ainsi que les trois jours qui ont suivi. Mais nos emplois du temps respectifs ont effectivement limité les possibilités de concerts pour 2025. On travaille sur 2026 pour pouvoir mieux s’organiser et avoir plus de visibilité. Et effectivement, l’idée du deuxième album est déjà là.

Le premier album d’EMERALD MOON, « The Sky’s The Limit », est disponible chez Inouïe Distribution.

Photos : Christian Viala (3) et Richard Guilhermet (4).

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The Commoners : southern kingdom

Le live est souvent l’épreuve de vérité et un passage obligatoire pour tous les musiciens, au-delà d’un plaisir total et d’un certain aboutissement. L’échange avec son public, une fois gravé, peut être à double-tranchant. Cependant, THE COMMONERS a réalisé de belles captations qui mettent en valeur, en relief et en perspective ce dont il est capable sur scène. L’énergie déployée sur ce « Live In The UK » gomme à elle seule quelques imperfections tout à fait acceptables et carrément pardonnables.

THE COMMONERS

« Live in the UK »

(Gypsy Soul Records)

Même si leurs débuts datent de 2016 avec « No Stranger », les Canadiens ont réellement pris leur envol avec « Find A Better Way », six ans plus tard. Depuis, ils ne cessent de tourner et ont sorti le très bon « Restless » l’année dernière. C’est justement lors de cette venue en Europe, en notamment en Angleterre, qu’ils ont enregistré ce « Live In The UK », fruit de plusieurs concerts. Et c’est vrai que les prestations de THE COMMONERS sont franchement explosives. On y retrouve toute l’énergie et l’enthousiasme de ses disques, le tout en symbiose avec son public.

Alors que le groupe s’apprête justement à fouler à nouveau les planches des salles du Royaume-Uni en élargissant cette fois sa venue en Europe à d’autres pays, ce « Live In The UK » tombe à pic, même s’il ne doit évidement rien au hasard. Passé ces considérations marketing, THE COMMONERS propose neuf morceaux issus de ses deux derniers témoignages et l’on découvre un quintet qui prend toute sa dimension sur scène. Et si l’on connait la précision et le soin apporté en studio, la fougue et l’aspect brut de ses titres sont tout aussi réjouissants.

Sans rien enlever à l’émotion qui transparait du répertoire de la formation de Toronto, son approche scénique est tout autre, et demeure très intéressante. Loin du confort du studio, c’est l’instantanéité de son jeu qui prend ici le dessus avec une sincérité et un côté très instinctif, qui nous ramènent aux fondamentaux de ce Southern Rock très roots. Finalement, c’est la communion avec ses fans qui prend tout son sens, peu importe le style, et de ce côté-là, les Nord-Américains montrent une authenticité qui nous transporte au cœur de la fosse avec un état d’esprit et une attitude hyper-Rock’n’Roll.

Photo : Halukgurer

Retrouvez justement les chroniques des deux derniers albums studio :

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Pino Scotto : bluesy clash

Loin du Heavy Metal de ses débuts, PINO SCOTTO a embrassé la cause du Blues et le fait avec beaucoup de talent et un aplomb réjouissant. Car si les décibels ont baissé d’un cran, le propos reste d’une franche virulence. Toujours alerte sur le monde qui l’entoure, il livre son ressenti sur des chansons au souffle alerte et sans tabou. « The Devil’s Call » plaque au sol les attitudes fantomatiques, démonte une époque en pleine déliquescence avec une belle vigueur et dans le style le plus authentique qui soit.   

PINO SCOTTO

« The Devil’s Call »

(Wanikiya Record)

Guiseppe Scotto di Carlo, alias PINO SCOTTO, a toujours eu le verbe haut et ce nouvel album vient confirmer qu’il n’a pas changé ses habitudes. Connu, en marge de son parcours musical, dans son pays pour ses diatribes envers la société et à travers elle la politique, mais aussi l’industrie artistique plus largement, il n’en demeure pas moins un homme de cœur, un musicien aguerri et d’une grande sincérité. Avec « The Devil’s Call », il vient pousser onze nouveaux coups de gueule sur ce monde qu’il juge brisé, et avec beaucoup de force.

Ancien leader de Vanadium dans les années 80, PINO SCOTTO mène depuis trois décennies environ une carrière solo et avec ce nouvel opus, il offre une belle suite à « Eye For A Eye » (2018) et « Dog Eat Dog » (2020). Sorte d’électrochoc bluesy,  ce nouvel effort traverse sans filtre des registres aux sonorités très américaines, entre Hard Rock et Southern Rock, pour se fondre dans des Boogie fiévreux et un Blues Rock ravageur. Les riffs sont appuyés et tranchants, les solos claquent et le chant de l’Italien fait mouche sur des textes brûlants.

PINO SCOTTO démarre sur les chapeaux de roue avec un « No Fear No Shame » hyper-Rock’n’Roll, aux faux airs de Lemmy dans l’intonation. Si le frontman n’a pas son pareil pour transmettre une énergie intense, il sait aussi dévoiler sans far une facette plus sensible (« A Dozen Souls », « True Friends »). La voix rauque et éraillée et la guitare affûtée, on se laisse porter par des morceaux très directs, efficaces et dont les refrains laissent des traces (« Full Circle », « Afraid Of Living », « Big Mama »). Brut et audacieux !