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Alternative Rock Hard Rock

Dead Soul Revival : briser les codes

C’est assez étonnant de voir un groupe livrer un premier album où il se livre pleinement et s’affirme avec autant de conviction. Globalement Hard Rock, les Californiens n’hésitent pourtant pas à flirter avec l’Alternative Rock, ce qui offre à « Ignite » une saveur toute particulière. Les trois musiciens n’en sont pas à leur coup d’essai et on s’en rend très vite compte. DEAD SOUL REVIVAL vit avec son temps et il en ressort un style addictif. 

DEAD SOUL REVIVAL

« Ignite »

(Sliptrick Records)

Se présenter sur un premier album avec une reprise est quelque chose de peu banal, et qui peut même s’avérer être à double-tranchant. Surtout que la cover est celle de « The Hand That Feed » de Nine Inch Nails, sortie en 2005. Il fallait donc oser et DEAD SOUL REVIVAL ne s’est pas démonté et affiche clairement qu’il n’a pas froid aux yeux ! Rien qu’avec sa téméraire entame, « Ignite » attise la curiosité d’autant que le résultat est à la hauteur.

Et pourtant, malgré cette étonnante entrée en matière, DEAD SOUL REVIVAL œuvre bel et bien dans un Hard Rock très moderne et actuel, mais assez loin des sonorités électroniques qu’il aurait pu laisser entendre. S’il y a bien quelques touches, le trio de Los Angeles évolue dans un registre pêchu et rentre-dedans avec quelques touches Alternative Rock ou post-Grunge, c’est au choix. Une chose est sûre : « Ignite » rivalise d’originalité.

Le chanteur et guitariste Matt Clark et le batteur Scott Freak, tous deux issus de Freakhouse, forment avec la bassiste Kendall Clark un combo singulier, très à l’image de ce que fut la Cité des Anges il y a quelques décennies (« Let It Ride », « Nothing Left », « Monsters In My Head », « In this Moment »). Sans limite, ni compromis, DEAD SOUL REVIVAL se montre d’une redoutable efficacité avec des refrains imparables et un ensemble très bien produit.

Photo taken downtown Los Angeles on 04/03/21.
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post-Rock Psych Stoner/Desert

Aktopasa : embarquement immédiat

C’est à un périple paisible et serein, mais non sans péripéties et soubresauts, que nous invitent les Italiens d’AKTOPASA avec leur deuxième album. En tout point réussi, il nous porte d’un Psych Rock planant à un Stoner/Desert relevé en passant par des ambiances post-Rock saisissantes. « Journey To The Pink Planet » propulse un souffle d’air frais réconfortant et salvateur….

AKTOPASA

« Journey to the Pink Planet »

(Argonauta Records)

Fondé en 2017 autour des canaux de Venise, AKTOPASA a le don de faire de son Psych Rock un beau voyage musical. Après un album en 2018 (« Mulachara »), puis un EP l’année suivante (« Sun »), le trio italien livre un deuxième opus tout en progression et mêlant plusieurs registres. Et sur « Journey To The Pink Planet », la montée en puissance est rondement menée et avec un incroyable feeling.

Très progressifs et éthérés, les trois premiers morceaux évoluent dans des sphères plutôt post-Rock et aériennes, comme si AKTOPASA préparait le terrain pour mieux élaborer une évasion sonore inéluctable. C’est sur « It’s Not The Reason » que les premières (et les seules) paroles se font entendre, le reste de l’album étant entièrement instrumental. Et c’est précisément à partir de ce titre que les Transalpins haussent le ton.

L’intensité monte et sans perdre de sa fluidité, AKTOPASA s’engouffre dans un Stoner/Desert Rock où les riffs se font plus lourds et le rythme plus soutenu (« Agarthi », « Sirdarja », « Foreign Lane »). Palpitant et sauvage, « Journey To The Pink Planet » regorge de surprises et d’arrangements subtils d’où s’échappent quelque touches orientales. Très bien produit, l’ensemble est addictif.

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Doom Occult Rock

Ciminero : tout en symbolique

Tirant son nom des mots italiens ‘cimitero’ (cimetière) et ‘nero’ (noir), le quatuor finlandais séduit autant par le mystère dont il s’entoure que par sa musique, qui est elle aussi envoûtante à plus d’un titre. CIMINERO peut compter sur la voix de sa chanteuse pour hypnotiser les amateurs de Doom Metal et d’Occult Rock avec ce très bon « Shadows Digging The Grave ».

CIMINERO

« Shadows Digging The Grave »

(Argonauta Records)

En 2019, il ne leur a fallu que cinq petits mois après leur rencontre pour composer et enregistrer leur premier album « Subterranean Awakening ». Cette fois, un changement de batteur et l’arrivée d’un bassiste a permis à CIMINERO de peaufiner ses nouveaux titres. Et le résultat est plus que convaincant, puisque les Finlandais parviennent sans mal à nous captiver d’un bout à l’autre.

Le groupe multiplie les savants mélanges à commencer par celui d’un Occult Rock raffiné et d’un Doom Metal écrasant. Basé sur les tarots, la sorcellerie et les royaumes astraux, CIMINERO est parvenu à créer un univers mystique et sensible, où l’aspect psychologique domine. Au chant, Valentina Vigato est ensorceleuse, tandis que Jukka Aravirta ajuste les ambiances sur des guitares tout en variation.

Bardé de références ésotériques et d’atmosphères saisissantes, les Scandinaves manient le chaud et le froid avec une grande habileté et une créativité très vive (« Invoke Me », « Ring Of Perpetual Insanity », « Inner Child », « Nettare d’Estasi »). Avec sa touche italienne, CIMINERO livre un deuxième opus original, inventif et plein de surprises. A découvrir d’urgence ! 

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Void Cruiser : transcender l’infini

Entraîné par des guitaristes rivalisant de fuzz, un chanteur pleinement libéré et ténébreux et une rythmique assommante, VOID CRUISER parvient à faire jaillir un groove surpuissant sur des mélodies ténébreuses, parfois lugubres, dans une quête effrénée d’espoir et d’une luminosité qui se fait pourtant rare dans ce Stoner Heavy Psych, où la mesure et la tempérance n’ont pas leur place. « Call Of The Void » appelle à un lâcher-prise sans retenue.

VOID CRUISER

« Call Of The Void »

(Argonauta Records)

Depuis un peu plus d’une décennie maintenant, les Finlandais de VOID CRUISER assènent leur Stoner Heavy Psych avec une progression qui se lit au fil des albums. S’il reste quelques réminiscences du Grunge très 90’s qui a été la base de son jeu sur « Overstaying My Welcome » sorti en 2015, le quintet lorgne aujourd’hui sur un style plus efficace, direct et massif qu’auparavant. Une manière d’affirmer une puissance qui déborde sans relâche sur ce nouvel opus à l’esthétique sonore très travaillée.

Car, ce qui impressionne dès les premières notes de « Dragon’s Tail » qui ouvre les hostilités, c’est cette incroyable férocité portée par un chant à la fois agressif et mélodique qui surprend. VOID CRUISER sait comment emporter l’auditeur dans un registre très maîtrisé. L’imposante rythmique basse/batterie donne le ton à des morceaux qui cognent en emportant tout sur leur passage. Pourtant le quintet joue avec les atmosphères, comme pour mieux nous guider dans son monde tortueux.

Les titres de « Call Of The Void » dépassent tous (ou presque) les six minutes et il est parfois même difficile de reprendre son souffle. Mais VOID CRUISER sait aussi imposer des ambiances plus mélancoliques et envoûtantes (« Wiser Man », « When Gravity Pulls »). L’autre marque de fabrique du groupe est ce mur de guitare implacable, épais et qui frôle parfois même la saturation (« Happiness », « Woe », « Pariah »). A noter aussi le groove massif de ce troisième album qui libère des compos souvent sombres, mais captivantes.