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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Ecstatic Vision : vibrations sauvages

Façon bêtes de somme sous acid, les Américains d’ECSTATIC VISION déversent sans ménage leur Stoner Heavy Psych sur un quatrième album, où le quatuor de Philadelphie vient se placer au-dessus de la mêlée. « Elusive Mojo » associe une vitesse d’exécution et une imposante puissance pour tout écraser sur son passage.

ECSTATIC VISION

« Elusive Mojo »

(Heavy Psych Sounds Records)

S’ils n’étaient pas musiciens, ces quatre-là pourraient être bûcherons sans aucun problème. Plus musclé et féroce que jamais, le combo de Philadelphie élève d’un cran la folie qui l’habite avec ce « Elusive Mojo », où son Stoner très Heavy et Psych atteint une dimension quasi-cosmique. ECSTATIC VISION plane très haut, joue très fort et ne fait pas dans le détail.

Enregistré en condition live sur une bande 2 pouces probablement pour mieux saisir toute l’épaisseur de son jeu, ce quatrième album dégage une lourdeur et une saveur Rock’n’Roll authentique, brute et même brutale. Noyant même la wah-wah dans des distorsions inouïes, ECSTATIC VISION développe un groove sauvage et une débauche de décibels hors-norme.

Solidifié par le mastering de Tim green (Melvins), ce nouvel opus défie les lois du Stoner Rock grâce à des vibrations presque déstabilisantes, tant l’énergie déployée est d’une puissance phénoménale (« Times Up », « Venom », « The Countdown »). Les parties de saxophone et de basse font d’ECSTATIC VISION un combo à part dans le paysage Rock Heavy Psych.  

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Blues Doom Heavy Psych Rock Stoner Rock

Wo Fat : groovissime trip

Avec son septième album, le trio de Dallas traverse encore des dimensions avec son Stoner déjà si transcendantal. WO FAT fait la démonstration avec « The Singularity » que son Heavy Doom terriblement bluesy a encore bien des contrées à explorer et des dimensions musicales à traverser. Les Texans s’échappent avec une puissance immense dans un dédale de sonorités Psych parfois irréelles. Un must !

WO FAT

« The Singularity »

(Ripple Music)

Depuis deux décennies, WO FAT représente l’excellence, la constance et une créativité infaillible. Caractérisé par un Doom Blues psychédélique, le Stoner du trio est devenu la référence du Heavy Rock américain. Et avec ce septième album, auquel il faut ajouter un Live et deux splits, le groupe continue son aventure et sa quête sonore. « The Singularity » est plus qu’un disque, c’est un voyage.

Dans une brume de Fuzz, Kent Stump (guitare, chant), Michael Walter (batterie) et Zach Busky (basse) donnent l’impression de faire dans le pachydermique tant la lourdeur du jeu de WO FAT est monumentale. Pourtant, c’est bel et bien le groove qui guide les Texans. Les lignes de basse et la frappe de son batteur tiennent l’édifice pendant que les guitares s’envolent dans une incroyable atmosphère de liberté.

Le gigantisme de « The Singularity » se déploie sur sept morceaux et 1h15, bâtis sur des structures très précises et une impression de flou apparente. Les imposantes textures paraissent même issues du cosmos et deviennent vite obsédantes (« Orphans Of The Singe », « Overwolder », « The Witching Chamber »). Enfin, WO FAT clôt l’album par son morceau-titre, suivi des 16 minutes du monumental « The Oracle ». Essentiel !

Photo : Mario Montes
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Desert Rock Heavy Psych Rock Stoner Rock

Stöner : ascensionnel

Avec « Totally… », le power trio passe à la vitesse supérieure avec un deuxième album, qui reflète parfaitement les influences de ses fondateurs Brant Bjork et Nick Oliveri. Le côté épais et Punk de son bassiste entremêlé avec le jeu solaire et Desert de son guitariste font de STÖNER la quintessence-même d’un Stoner/Desert Rock incandescent, riche et ardent.

STÖNER

« Totally… »

(Heavy Psych Sounds Records)

La réunion entre Brant Bjork (Kyuss, Fu Manchu) et Nick Oliveri (Kyuss, QOTSA, Mondo Generator) bien accompagnés par Ryan Güt derrière les fûts s’était révélée plus qu’enthousiasmante sur l’excellent Volume 4 des « Live In The Mojave ». Quelques semaines plus tard, STÖNER confirmait cette belle créativité avec « Stoners Rule », un premier album en forme de gigantesque et addictive jam.

Le trio américain transpire le Rock’n’Roll et « Totally… » vient confirmer les espoirs placés dans ces monstres sacrés d’un style qu’ils ont eux-mêmes fortement contribué à créer. Se partageant le micro, le duo Bjork/Oliveri emporte STÖNER dans un tourbillon où le Hard Rock Old School, le Heavy Blues, le Desert et le Punk Rock font la fête sans relâche. Et cette solide communion emporte tout sur son passage.

Soufflant le chaud et le froid, le combo déploie un groove imparable où un chaos sourd côtoie des riffs solaires et où le jeu des Californiens se fait aussi galopant que lancinant. Très coloré, le style de STÖNER se précise et s’ouvre à d’autres dimensions dans une complicité à trois très décontractée (« A Millions Beers », « Space Dude & The Burn », « Turn It Around Now », « Great American Sage »). Brillant.

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Saturna / Electric Monolith : stoned in Barcelona

Ripple Music parcourt le monde en quête de ce qui se fait de mieux en termes de Stoner Rock et de ses dérivés et c’est dans la capitale catalane, Barcelone, que cette nouvelle escale se déroule. Entre ambiances Southern et 70’s, le groove et le feeling des deux formations s’enflamment dans un psychédélisme authentique, solide et planant.

SATURNA / ELECTRIC MONOLITH

« Turned To Stone Chapter 4 : Higher Selves »

(Ripple Music)

En plus de sortir très régulièrement les albums des meilleurs représentants de la scène Stoner, Doom et Psych de la planète, Ripple Music a lancé avec ingéniosité quelques séries de collaborations audacieuses à travers des splits, dont ceux intitulés « Turned To Stone », et voici le quatrième chapitre. C’est à Barcelone que ce nouveau volet nous invite avec les groupes SATURNA et ELECTRIC MONOLITH pour ce « Higher Selves » de haute volée et captivant d’un bout à l’autre.

Commençons donc avec SATURNA qui ouvre le bal avec talent et affiche d’entrée la luminosité si caractéristique et chère et à la capitale catalane. Stoner évidemment, le combo et sa décennie d’existence nous enveloppent dans un Rock d’où émanent des effluves Southern bienfaisantes et pleines de finesse. Avec une belle fraîcheur et après quatre albums, les Espagnols présentent des morceaux aux envolées classiques et efficaces (« Following The Sun », « Drowning », « Don’t Run »).

Place ensuite à leurs voisins d’ELECTRIC MONOLITH dans un registre pas si éloigné, qui se veut toutefois plus Heavy Rock et Psych dans l’approche. Du haut de ses sept années de Stoner, le trio barcelonais joue sur de belles nuances empruntées aux 70’s et aux maîtres du genre, Black Sabbath et Led Zeppelin en l’occurrence, en y apportant une touche originale et actuelle (« Hold Me Again », « By My Side »). Les Catalans sont à la fois cosmiques et perchés, alors pas question de leur en vouloir (« So Lonely Drying »).

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Heavy Psych Rock

Decasia : un féroce engagement

Sur des rythmiques décomplexées et des ambiances surprenantes, ce premier album des Français est original et très mature. Grâce à des morceaux très bien structurés qui sont restés sauvages et explosifs, DECASIA livre une réalisation aboutie et impressionnante de maîtrise. Avec « An Endless Feast For Hyenas », le trio sort définitivement de l’ombre sur un Heavy Psych Rock et Stoner bien bâti.

DECASIA

« An Endless Feast For Hyenas »

(Heavy Psych Sounds Records)

Il aura suffit de deux EP, un premier album éponyme en 2004 et « The Lord Is Gone » en 2017, à DECASIA pour taper dans l’œil du label italien Heavy Psych Sounds Records et signer son premier album. Le trio nantais, désormais exilé à Paris, n’en a pourtant pas perdu son esprit live et électrique et « An Endless Feast For Hyenas » apparaît comme une première étape franchie.

Toujours dans cette volonté d’indépendance qui l’anime, c’est dans une grange transformée en studio que DECASIA a enregistré son premier album et le son très organique et profond qui s’en dégage révèle d’une authenticité sans faille. Le Rock musclé et très Psych du combo emprunte au Stoner jusqu’au Space Rock dans une déferlante de décibels enveloppantes. « An Endless Feast For Hyenas » est tout ça à la fois.

Si DECISIA aime jouer sur les atmosphères, son jeu et ses nouveaux morceaux restent explosifs, grâce à des riffs épais et massifs (« Iliod », « Cloud Sultan », « Override »). Un brin épique dans son approche (« Sunrise », « Hyenas On The Gate »), le trio monte en régime au fil de l’album et se montre très solide en plus d’être particulièrement original et d’une belle fraîcheur.

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Heavy Psych Rock Stoner Rock

Jack And The Bearded Fishermen : contre vents et marées

Un vent de liberté souffle sur ce quatrième album de JACK AND THE BEARDED FISHERMEN, et l’univers dans lequel nous plonge « Playful Winds » regorge de nuances et d’inattendu. Le Heavy Rock teinté de Psych, de Stoner et d’un soupçon d’Indie du quintet français n’a aucune limite et il s’amuse habillement sur des contrastes saisissants.  

JACK & THE BEARDED FISHERMEN

«Playful Winds »

(Independant)

S’il s’est passé huit longues années entre « Minor Noise » et le tout nouveau « Playful Winds », c’est que les membres de JACK AND THE BEARDED FISHERMEN étaient bien occupés avec Horskh, Red Gloves et Go Spleen, groupes dans lesquels œuvrent certains d’entre-eux. Mais le quintet de Besançon est bel et bien de retour, et ce quatrième album vient confirmer un style toujours plus personnel.

Bruyant et épais de prime abord, « Playful Winds » se révèle être une réalisation très riche et organique où les détails se cachent souvent derrière des arrangements soignés et pertinents. Avec un line-up brut composé d’une rythmique basse/batterie, de trois guitares et de deux voix, JACK AND THE BEARDED FISHERMEN possède tous les arguments pour aborder les ambiances et les tessitures avec une grande liberté.

De profondeur et de relief, le groupe n’en manque pas. Mieux, il en joue au point de se faire hypnotique tout en restant tranchant et percutant (« Beware Of Birds », « From Above », « Lips As Martyr », « Silent Film »). Sur un Heavy Rock solide où s’invitent des sonorités Stoner et Noise, JACK AND THE BEARDED FISHERMEN libère une énergie, où le Psych des Français vient très souvent créer la surprise.