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Blues Blues Rock Rock 70's

The Trevor B. Power Band : la vérité d’une vie

Originaire du New Jersey, le bluesman en est déjà à son quatrième opus en seulement sept ans, c’est dire l’inspiration qui l’anime. Complice et virtuose, THE TREVOR B. POWER BAND livre une copie très enthousiasmante sur ce « Two Crows », qui multiplie les ambiances. Compositeur, chanteur et guitariste, ses chansons sont à la fois personnelles et universelles dans les thèmes abordés. Sobres et mélodiques, ces dix nouveaux titres sont parfaitement retranscrits dans une production soignée et délicate. Une intensité qui prend vie dans un réalisme saisissant.

THE TREVOR B. POWER BAND

« Two Crows »

(Farm 189 Records)

Certaines carrières se font sur le tard et TREVOR B. POWER fait peut-être partie de ceux qui ont eu besoin de l’expérience d’un pan de vie avant de s’exprimer en musique. En effet, c’est en 2019 qu’il a pris son envol avec « Everyday Angel », un premier effort produit tout de même par Anthony Krizan (Spin Doctors, Lenny Kravitz). Une ambition qui le guide donc depuis ses débuts. Aujourd’hui, il surgit avec « Two Crows », qui est déjà son quatrième album. Et c’est en collaboration avec le guitariste Dave Fields qu’il l’a passionnément élaboré.

A 63 ans, le chanteur pose ses accords avec une grande liberté et un sens du songwriting où la narration prend tout son sens. Sa voix éraillée et rocailleuse à l’occasion fait des merveilles, parfaitement accompagnée par un groupe de musiciens chevronnés. THE TREVOR B. POWER BAND captive et libère des atmosphères envoûtantes. Souvent très roots dans l’approche, « Two Crows » se montre au fil des morceaux d’une incroyable richesse. Passant d’un Blues épuré à des intentions plus Blues Rock, il traverse le style avec brio.

L’émotion transparaît dès les premières notes de « Bobby Lane » porté par un chant profond. Si la formation avance dans un Blues Rock convaincant sur les premiers titres de « Two Crows », le virage vers un Rock 70’s a lieu avec « Horizon », marqué par l’apparition de la flûte de Jasper Fields, qui l’ensoleille littéralement. THE TREVOR B. POWER BAND se distingue donc par son éclectisme, même si l’ensemble reste évidemment bluesy (« Ain’t Got No Bread », « The Message », « Puddles Of Blood », « The Fire Burns »). Une belle alchimie !

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Hard'n Heavy Sleaze

JJ Pinestone : dynamite boulevard

Explosifs et survoltés, les Scandinaves font un bond dans le temps avec « Break The Chain », dont l’énergie se propage à vitesse grand V. Sans faire dans la redite, JJ PINESTONE vient prolonger la vague Sleaze Rock très Heavy de la scène américaine de la fin du siècle dernier.  L’efficacité des guitares et la dynamique de la paire basse/batterie servent très bien des parties vocales très accrocheuses, électrisantes et fortes en adrénaline. Et si l’on aurait aimé deux ou trois chansons de plus, on tombe déjà sous le charme de ces compositions pleines d’allant et déterminées.

JJ PINESTONE

« Break The Chain »

(Pinestone Music Records)

Juho Mäntykivi est un musicien étonnant. Alors qu’il est aux commandes de TakaLaiton, un combo évoluant dans un registre Thrash/Crossover depuis 2016 et qui affiche au compteur un EP, quelques singles et deux albums, dont « Mindfection » sorti l’an dernier, il surgit aujourd’hui avec un tout nouveau projet, JJ PINESTONE, dont il est toujours le chanteur et guitariste. Sauf que cette fois, il n’est pas question de Metal plus ou moins violent, mais d’un Hard’n Heavy façon Sleaze Rock aux saveurs 80’s et surtout californiennes.

Pour autant, le frontman finlandais se montre très à son aise et redoutablement efficace au sein de son nouveau quatuor, où l’on retrouve d’ailleurs Joona Juntunen de TakaLaiton. Dans la veine des G N’R, Skid Row, Ratt ou Poison avec une précision technique très moderne, JJ PINESTONE livre un premier effort de sept titres, sorte de mini-album, qui présente les multiples facettes du groupe, mais qui paraît incomplet compte tenu de sa courte durée. Un format qui, malheureusement, ne lui rend pas service.

Cela dit, la maîtrise et la fougue à l’œuvre sur « Break The Chain » donnent plutôt envie d’y retourner et de se repasser ces morceaux entêtants et tellement rafraîchissants. A grand renfort de riffs tendus et racés et de solos millimétrés parfaitement exécutés, JJ PINESTONE se montre très percutant et accrocheur, et le chant ne met pas longtemps à installer un climat positif (« On My Own », « Killshot », « Fool’s Anthem » et son côté Rap/Fusion, « Scream For More » et le morceau-titre). Un premier essai qui appelle vite une suite.