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Alternative Rock France Post-HardCore

Untitled With Drums : le relief des émotions [Interview]

Et si le sinueux parcours d’UNTITLED WITH DRUMS ne lui avait finalement pas permis d’atteindre la maturité attendue depuis la sortie de « Hollow », un premier album qui avait posé les bases d’un style, qui ne demandait qu’à éclore ? C’est en tout cas la question qu’on peut légitimement se poser. L’an dernier, l’EP « Symbols » avait déjà donné des éléments de réponse. Cela dit, c’est véritablement sur ce deuxième effort que le quatuor de Clermont-Ferrand s’affirme avec force et puissance. Dans un Alt Rock proche du post-HardCore et aux teintes de grungy, le groupe donne de l’élan et du relief à des morceaux, dont les textures sont, elles aussi, tout en contraste. « Made Flesh » manie le frontal et l’aérien avec beaucoup de finesse et d’assurance et pose le combo comme un acteur sur lequel il faudra désormais compter sur la scène française. C’est Martin Le Borgne, son chanteur et bassiste, qui revient en détail sur l’évolution et la démarche de cet OVNI du Rock hexagonal.

– Tout d’abord, un petit mot sur votre parcours qui a débuté avec la sortie de « Hollow » en 2020 dans une période compliquée. Malgré un bel accueil, il aura fallu attendre cinq ans pour découvrir votre EP « Symbols ». Que s’est-il passé durant ce long moment ?

La sortie de « Hollow » s’est faite de manière assez particulière à cause du Covid. On a pu défendre le disque en live plusieurs mois après la sortie du disque. Comme aucun de nous ne fait de la musique à titre professionnel, les délais sont malheureusement plus longs et la motivation est constamment mise à l’épreuve, même si cela occupe une place importante dans nos vies. Nous préférons ne pas nous imposer un rythme que nous serions incapables de tenir, alors je pense que ces délais, très longs dans le contexte actuels de course à la visibilité, sont naturellement le temps dont nous avons besoin pour rester créatifs.

– Il y a quelques mois, « Symbols » a surpris par sa maturité notamment et sa production également. Pourtant, il s’agissait d’anciens morceaux réarrangés et réinterprétés. Y avait-il un goût d’inachevé par rapport à ces titres, ou était-ce pour mieux rebondir ?

Oui, effectivement, « Symbols » jouait à la fois ce rôle de pouvoir enregistrer ces morceaux b-sides qu’on a du écarter lors de l’enregistrement faute de temps (« Power » et « Obsolete »), de ressusciter un autre morceau inédit de l’époque d’« Hollow » (« Far ») et de monter un morceau exclusivement pour l’EP (« Candle »), que l’on n’avait d’ailleurs jamais joué ensemble avant de le travailler en studio. « Symbols » était une façon pour nous de mettre en application certaines choses que nous avons apprises lors de l’enregistrement de notre second album, « Made Flesh ». En plus de tous ces aspects artistiques, « Symbols » était aussi et avant tout une façon de rester musicalement actif durant toute la période qui a suivi l’enregistrement de l’album, où l’on a fait beaucoup de démarchage, ce qui pouvait facilement nous éloigner de la création et du jeu en groupe.

– Aujourd’hui, vous sortez enfin ce deuxième album et « Made Flesh » est plein de surprises. La première vient de la production qui est franchement massive, tout en restant aérée. Qu’avez-vous changé dans votre approche et est-ce qu’il vous fallait ce temps aussi pour peaufiner votre son ?

Cyrille Gachet, à la production, a été pour beaucoup dans ce ‘step-up’. Même si « Hollow » nous avait fait prendre beaucoup d’expérience dans l’exécution en studio et en live, Cyrille nous a proposé un niveau d’exigence au-delà de ce que nous nous étions nous-mêmes fixés. Sa réflexion complétait la nôtre dans la mesure où il était capables d’apporter rapidement des solutions techniques à des envies artistiques et ainsi nous aider à les valider, ou à les écarter. Il nous a beaucoup apporté et ses méthodes ont impactées notre vision de la musique jusqu’à la façon dont nous composons aujourd’hui.

– D’ailleurs, j’ai aussi appris que les compositions de ce nouvel album dataient d’avant la sortie de « Symbols ». Cet EP a-t-il finalement été un galop d’essai avant de revenir quelques mois plus tard ? D’autant que vous avez aussi sorti trois singles extraits de « Made Flesh » dans ce laps de temps…

En fait, l’EP a été enregistré après l’album pour pouvoir garder un rythme de création. La décision de le sortir avant a été motivée par plusieurs choses : l’incertitude des conditions et de la date de sortie pour « Made Flesh », la volonté de se rassurer sur le fait de pouvoir assurer une sortie en terme de promotion et de communication et enfin, l’occasion de pouvoir collaborer avec des labels DIY avec qui on avait plaisir à faire des choses, comme MA Saret Records, Araki, Atypeek et Stellar Frequencies.

– Vous avez conçu« Made Flesh » pas très loin de vous en confiant l’enregistrement et le mix à Cyrille Gachet (Fange, the Great Old Ones) et le mastering à Alan Douches (Dillinger Escape Plan, Converge). Cherchiez-vous d’abord les personnes capables de restituer parfaitement votre univers et l’esprit de ce nouvel album ?

Après avoir pris contact avec plusieurs personnes, Cyrille nous est apparu comme le plus impliqué et le plus pertinent vis-à-vis de notre vision de l’album. Le fait de pouvoir échanger en amont sur la base des pré-prods nous a confortés dans cette décision. Il est capable, sans rien dénaturer des compositions, de leur conférer l’intensité et la sonorité qui conviennent le mieux. Nous étions preneurs de conseil et nous souhaitions travailler avec quelqu’un capable d’endosser un rôle de producteur. L’idée était de fournir une idée la plus précise possible, puis de laisser ces professionnels nous surprendre par ce qu’ils sont capables d’apporter. Alan Douches, pour sa part, nous a été conseillé par Cyrille par affinité et nous sommes fiers de pouvoir figurer dans un tel catalogue d’artistes.

– Un mot aussi sur votre signature chez Season Of Mist, qui semble vraiment le label adéquat pour UNTITLED WITH DRUMS. Votre style étant assez peu répandu dans l’hexagone, est-ce que cela a peser dans votre décision, compte tenu de sa position sur le marché ?

On a ressenti cette signature comme quelque chose de très réciproque, dans le sens où de notre côté, nous avions besoin de soutien pour franchir un cap en termes de portée, de communication et de crédibilité. Et de leur côté, je pense que nous appartenons à des esthétiques plus ‘alternatives’ que le label souhaitait développer. Pour nous, c’est plutôt une bonne chose de profiter des avantages d’une telle structure, tout en se démarquant naturellement de leur style général.

– J’aimerais qu’on parle aussi de cette belle complicité contre Lucas et Nicolas, qui offrent des combinaisons guitares/claviers sur lesquelles vous jouiez assez peu auparavant. Est-ce un aspect de votre jeu que vous avez tout particulièrement souhaiter peaufiner et explorer sur « Made Flesh » ?

La place du synthé et des samples dans UNTITLED WITH DRUMS est un sujet de réflexion constant. Pour moi, c’est précisément l’élément capable d’apporter la modernité et le twist sonique, dont des groupes comme nous, hérités des 90’s, ont besoin. Son rôle à la fois mélodique et texturiel le rend particulièrement polyvalent, c’est pourquoi j’ai souhaité les faire se rejoindre sur certaines lignes mélodiques. Cyrille Gachet nous a beaucoup encouragés en ce sens également, en nous invitant à moins faire de ‘nappes’ pour remplir, ce qu’on avait pu faire sur « Hollow », et plus de combinaisons mélodiques sur des passages clés.

– Enfin, il y a un côté très écorché sur ce nouvel album, tant dans les textes que dans les ambiances qui oscillent entre passages très tranchants et d’autres plus aériens et introspectifs. Placer l’être humain au cœur de « Made Flesh » devait inévitablement faire ressortir cette atmosphère, dans une époque actuelle très incertaine ?

La direction des lyrics et du chant est également en pleine évolution. Cet angle un peu cynique, écorché et provocateur représente pour moi à la fois un bon dosage de zone de confort et de challenge. Le mot d’ordre de cet album était le contraste. Je voulais assumer un côté plus frontal et plus catchy quitte à relayer certaines ambiances au second plan pour contrebalancer.

Le nouvel album d’UNTITLED WITH DRUMS, « Made Flesh », est disponible chez Season Of Mist.

Photos : Joan Sabatier (1), Angelique Delabre (2, 3) et Madelaine Ré (4).

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Heavy metal

Existance : un Heavy flamboyant

Dans un petit monde du Heavy Metal français un peu moribond, la formation de Clermont vient donner de quoi se réjouir en affichant beaucoup de conviction et de savoir-faire dans un bel élan. Et avec ce quatrième opus, EXISTANCE montre toute sa détermination, ainsi que sa qualité d’écriture. Bien ciselés, ces neuf nouveaux titres sonnent très actuels, sans occulter non plus des références évidentes, et apportent une fraîcheur et une vélocité plus que bienvenues. « Wildfire » est incandescent et promet des prestations enflammées, qui régaleront les fans.

EXISTANCE

«Wildfire »

(Verycords)

Petit à petit, et depuis 2008 déjà, EXISTANCE parvient à s’installer durablement sur le scène Heavy Metal hexagonale. Si le virage a été définitivement amorcé en 2021 avec « Wolf Attack », c’est aussi parce que le quatuor monte en puissance, avance sur un style plus personnel et surtout que la qualité d’interprétation se fait elle aussi plus précise et mieux calibrée. Julian Izard (chant, guitares), Antoine Poiret (guitares), Julien Robillard  (basse) et Gerry Carbonelle (batterie) ont mis cinq ans pour réapparaître avec « Wildfire », et celui-ci vient signifier un nouveau cap de franchi et une étiquette ‘underground’, qui se décolle également un peu avec le temps et l’expérience.

Ce quatrième album affiche donc puissance et mélodie avec un son qui s’est modernisé, même s’il rappelle toujours les glorieux fondateurs du genre, côté Angleterre surtout. Bien produit, « Wildfire » est tranchant et massif, preuve que les Français sont libérés de toute nostalgie. EXISTANCE joue toujours autant sur les twin-guitars (et on ne saurait lui en vouloir !), les riffs sont costauds et les solos jaillissent sans occulter les compositions elles-mêmes. Plus soudés que jamais, les quatre membres apportent leur contribution aux chœurs, et le volume gagné est également une belle marque d’unité.

L’expérience acquise au fil des années, que ce soit sur scène et en studio, se fait réellement sentir sur « Wildfire », tant la maîtrise est totale. EXISTANCE joue dorénavant dans la cour des grands et impose une identité bien à lui. Ce quatrième effort est vif et racé, le chant percutant et assuré, les guitares font corps, se complètent parfaitement et la paire basse/batterie a également pris du galon. Taillés pour la scène, les morceaux marquent une empreinte originale et très fédératrice (« Ocean’s Cry », « Eternal Trace », « See The Light », « Against The World », « Brighter Days » et le morceau-titre). Le combo s’affirme avec force et prouve qu’il faut désormais compter sur lui.

Photo : Michael Callewaert

Retrouvez la chronique de « Wolf Attack » :

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France Metal Rock

Qamelto : une fraîcheur débridée [Interview]

Tirant son nom de l’expression zulu, qui signifie ‘C’est cool’, QAMELTO nous arrive pourtant de Clermont-Ferrand et commence véritablement à faire résonner son Rock/Metal bien au-delà de ses montagnes. Avec son premier album, « Scotoma », le quatuor affirme son style costaud avec toujours cette touche de fun, histoire de faire les choses sérieusement, sans trop se prendre au sérieux. Et en apportant aussi beaucoup d’importance au design et au graphique qui accompagnent sa musique, le quatuor se montre original, très moderne dans l’approche et joue la carte du chant en français avec réussite. Entretien avec un combo bourré d’énergie.

Photo : Jessica Calvo

– En cinq ans d’existence, vous avez sorti un EP, enchaîné les concerts et vous voici avec « Scotoma », votre premier album. La belle aventure suit son cours. Alors, c’est cool ? (Oui, je sais…J)

(Rires) C’est très cool, oui ! On essaie de se donner les moyens et on cravache comme des malades pour obtenir des résultats. On est très content de notre parcours ces dernières années, mais ce n’est que le début… On a encore beaucoup de travail pour arriver à notre but.

– Alors que votre EP « Sors » était autoproduit, vous sortez « Scotoma » chez M&O Music. Signer sur un label était une étape nécessaire pour ce premier album ? Vous ne vous sentiez pas de rester indépendants ?

En fait, « Scotoma » est aussi autoproduit. On a signé avec M&O Music pour la distribution, car on avait besoin d’un partenaire solide pour distribuer notre album, tant physiquement que digitalement. Maintenant pour la production, c’est très difficile de trouver des labels qui prennent des risques financiers pour des groupes comme nous… Et ce n’est pas un problème pour l’instant. Ca nous permet aussi d’avoir un total contrôle sur notre musique.

Photo : Jessica Calvo

– Avant de parler du contenu de l’album, j’aimerais que vous nous parliez de son titre, « Scotoma », que l’on peut définir comme une tache aveugle dans notre champ visuel. Comment expliquez-vous sa représentation sur la pochette ? D’ailleurs, le visuel se rapproche beaucoup de l’univers progressif surtout, qui est assez éloigné du vôtre…

Oui, « Scotoma » est la racine de ‘scotome’, une tâche dans le champ visuel et de ‘scotomisation’, qui est le déni de réalité. Plusieurs chansons sont en rapport avec ce thème, c’est pourquoi on a décidé de l’appeler comme ça. Et surtout, on voulait que l’album physique soit original et inédit. Du coup, on a eu l’idée d’un tableau qui ferait office de pochette sur lequel on pourrait accrocher le CD pour compléter le visuel. On a dû donc réfléchir à un contenu qui soit réalisable en peinture, qu’on puisse accrocher dans son salon et qui ait aussi du sens avec le titre de l’album.

– Musicalement, vous présentez un style costaud et puissant, entre Rock et Metal. Vos textes sont en français, alors que votre son et vos références sont clairement anglo-saxons. QAMELTO donne le sentiment de cultiver les contrastes. C’est aussi une manière de tout englober, par rapport à vos influences et vos goûts personnels ?

Effectivement, nos références musicales sont américaines ou anglaises, mais on aime par-dessus tout notre langue et c’est avec elle qu’on exprime le mieux ce qu’il y a dans nos têtes. Et puis le contraste, ce serait surtout d’arriver en concert et parler au public en français entre les titres, puis de s’adresser à lui en anglais quand on les joue. Et il faut bien avouer qu’on a un choix de mots incroyable en français.

– Cela dit, au niveau des textes, vous vous inscrivez dans une certaine tradition du Rock français avec des paroles, sinon engagées, du moins assez revendicatives. C’est une sorte de nécessité, lorsqu’on évolue dans ce style, selon vous ?

Oui, on a quelques textes ‘engagés’, mais on n’a pas vraiment l’impression de faire de la politique, ou de défendre des idéaux, si ce n’est la liberté et l’union. Ce qu’on aime surtout c’est raconter des histoires, dépeindre des personnages et balancer quelques punchlines pour se marrer.

Photo : Jessica Calvo

– Il y a aussi beaucoup de légèreté et de fantaisie chez QAMELTO. Le parfait exemple est cette reprise de Bon Jovi, « Living On A Prayer » devenue « Vis Au Son Des Prières ». Il fallait oser ! D’où et comment vous est venue cette idée… étonnante ?

Oui, on n’aime pas se prendre trop au sérieux et on essaie au mieux de se démarquer. Raf, le chanteur, est un fan de Bon Jovi et on avait envie de faire des covers de temps en temps pour le fun. Mais on cherchait une manière originale de le faire, et puisqu’on avait fait le choix du français pour nos textes, on s’est dit pourquoi ne pas faire des versions françaises de gros standards américains ? On a aussi fait une version de « Rise » d’Extreme devenue « Vole », qui est dispo sur notre chaîne YouTube.

– En tant que Breton, j’avoue avoir été surpris par le morceau « Légion », sur lequel on retrouve de la cornemuse. On est assez loin du Puy-de-Dôme ! Il y a une connexion celto-zulu chez QAMELTO ?

Pour le côté celtique, c’est Tom, le guitariste, qui a pas mal joué dans ce milieu et qui maîtrise le sujet. Pour le côté zoulou, c’est Raf qui est prof de capoeira et qui a de grosses connexions avec la culture afro-brésilienne. Le Puy-de-Dôme est riche en métissage ! (Sourires)

Photo : Jessica Calvo

– Un petit mot aussi des guest, notamment le guitariste NeoGeoFanatic sur « Le M.A.L.E. » et Superflame sur « La Plus Grosse ». Ce sont des morceaux que vous avez écrits ensemble ? Et quelle est la part d’investissement de chacun d’eux dans l’écriture ?

En effet, on a voulu s’entourer d’artistes de talent et ce fut le cas ! Pour Superflame, nous avions déjà tout écrit et il s’est occupé de la voix avec le talent qu’on lui connait. Pour NeoGeoFanatic, on lui a envoyé le titre en lui disant : « on ne se connait pas, mais on aimerait bien que tu poses un solo ici, stp » et le lendemain il nous l’a envoyé. C’était évidemment propre, carré et stylé : merci Nono.

– Enfin, il y a une belle évolution sonore et musicale entre « Sors » et « Scotoma », ce qui est normal et attendu aussi, et l’esprit live est toujours très présent. Dans quelles conditions avez-vous enregistré l’album, car il en émane beaucoup d’énergie ?  

On est entré en studio en se disant qu’on avait deux semaines pour tout défoncer et donner tout ce qu’on avait ! On voulait mettre sur l’album la même énergie qu’en live. On se mettait en condition physique tous les matins avant d’enregistrer, comme si on partait au combat. On a transpiré, on s’est bien marré et on est très content du résultat.

L’album de QAMELTO, « Scotoma », est disponible chez M&O Music.

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Occult Rock Psych Sludge Stoner Doom

Witchfinder : dark fuzz

Très instrumental et développant des atmosphères quasi-séismiques, « Forgotten Mansion » a des allures d’ogre mastodonte. Si elle se pare aussi de mélodies captivantes et psychédéliques, celle nouvelle production de WITCHFINDER vient surtout confirmer la puissance du Stoner Doom du quatuor français avec une force tellurique.

WITCHFINDER

« Forgotten Mansion »

(Mrs Red Sound)

Long EP ou mini-album, c’est selon, « Forgotten Mansion » vient donner suite à « Endless Garden », un EP de deux titres fracassant sorti en juin dernier, et qui marquait un léger tournant avec l’arrivée aux claviers de Kevyn Raecke. Il n’en fallait pas davantage pour que le côté fantasmagorique du quatuor surgisse encore un peu plus. WITCHFINDER s’apprête à réveiller les volcans de son Auvergne natale.

Doté d’une production massive et écrasante, ce nouvel effort vient définitivement poser le statut de groupe incontournable d’une scène Stoner Doom française, qui devrait vite devenir trop petite. La trajectoire de WITCHFINDER est assez claire : conjuguer le Fuzz, le Metal et le Sludge avec un Psych Rock occulte et ténébreux. La rythmique est lourde, les riffs épais et le chant se devine au lointain.

Si l’ambiance est posée dès le pachydermique « Approaching » suivi de près par « Marijuana », les surprises sont nombreuses au sein-même de ces morceaux, qui s’étendent en longueur. Très groove, la variété des mid-tempos ensorcelle en communion avec des synthés psychédéliques aussi fins que les guitares sont sourdes et menaçantes (« Lucid Forest », « The Old Days »). WITCHFINDER en impose grâce à une créativité débordante.

Photo : Aurore Staiger