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International Symphonic Metal

Kamelot : a cold madness [Interview]

C’est dans une ancienne cathédrale de l’époque victorienne, reconvertie en asile où la science côtoie la folie, que KAMELOT a planté le décor de son nouvel album, le quatorzième. Forcément ténébreux, « Dark Asylum » brille pourtant par des mélodies lumineuses posées sur des rythmes véloces et martelées par de puissants riffs. Entre arrangements toujours aussi soignés et un Heavy direct et tranchant, ce nouvel opus ne déroge pas au côté cinématographique et à la théâtralité auxquels nous ont habitués les Américains. D’ailleurs, pour conter cette nouvelle histoire, les guests se succèdent et trouvent leur place dans cet univers symphonique riche en rebondissements. Fondateur, guitariste et compositeur, Thomas Youngblood revient sur « Dark Asylum » et plus largement sur sa vision musicale et artistique au sein de son groupe depuis plus de trois décennies.

– En cette fin d’été, vos fans vont découvrir « Dark Asylum », sa ténébreuse histoire et vont franchir les portes de RavenHill. A quelles réactions vous attendez-vous de leur part, sachant que vous les envoyez directement à l’asile ?

(Rires) Je pense que les fans apprécieront l’album, car il parcourt les différentes périodes qui ont forgé KAMELOT et que l’on retrouve dans une sorte de grand package. Nous avons aussi des invités incroyables au casting de ce grand film. Oui, j’ai vraiment hâte d’y être et de jouer ces nouveaux morceaux sur la prochaine tournée (qui passera par la France en novembre – NDR).

– En plus de 30 ans de carrière, c’est déjà votre quatorzième album et pourtant, vous n’avez jamais cessé d’aller de l’avant que ce soit en studio comme sur scène. Est-ce que tu penses que l’univers de KAMELOT est si vaste, au point qu’il reste encore beaucoup à explorer ?

Oui, absolument ! C’est un peu fou de penser à ces trente ans et ces 14 albums, mais je pense qu’en grandissant et en évoluant dans nos vies respectives, nous avons encore beaucoup de choses à dire et à bâtir. C’est important pour moi en tant qu’artiste, musicien et performeur de composer de nouveaux albums et de les jouer sur scène. Beaucoup de groupes aujourd’hui ne jouent que des morceaux datant de 30 ans sans travailler sur de nouvelles choses. Et je pense que ce qui fait la force de KAMELOT, c’est que nous continuons d’aller de l’avant. Nous sommes concentrés sur la création, nous y croyons et nous ne vivons pas dans le passé. C’est un aspect très important dans le groupe. Et créer de nouvelles expériences reste vraiment ce qui nous rend heureux.

– « Dark Asylum » marque aussi le retour de votre producteur de longue date, Sacha Paeth, qui joue d’ailleurs quelques parties de guitares. Et c’est vrai que la dynamique est là avec ce côté théâtral qui vous caractérise. Quel rôle a-t-il joué exactement dans la réalisation de l’album ?

Techniquement, Sacha peut être considéré comme le sixième membre du groupe. Il est l’un des compositeurs et il joue aussi de la guitare de temps en temps. Il travaille avec nous depuis « The Fourth Legacy » (sorti en 2000 – NDR) et il s’assure que nous n’allions pas trop loin et que nous gardions vraiment l’ADN de KAMELOT. Il est devenu l’un de mes meilleurs amis dans l’industrie musicale et c’est toujours amusant de travailler avec lui. Il s’est d’ailleurs plus impliqué sur cet album. Nous avons écrit ensemble la chanson « One Last Masquerade », et c’est pourquoi nous avons souhaiter la présence de Tobias Sammet d’Avantasia. Nos univers se rejoignaient et même s’il ne fait pas beaucoup de featuring, il a accepté notre invitation et le résultat est incroyable.

– Justement, les featurings se sont considérablement multipliés ces dernières années, au point qu’il devient rare de voir un album où il n’y en a pas. Qu’est-ce que cela apporte concrètement à KAMELOT ? Et plus largement, quelle est le sens de votre démarche en invitant d’autres musiciens ?

C’est quelque chose que nous avons commencé avec « The Fourth Legacy », il y a 26 ans maintenant. On a commencé à le faire, car j’avais des visions précises pour chaque morceau, dans le sens où je voulais transmettre certaines sensations. C’est une façon d’accéder directement à la pensée d’un personnage. C’est comme dans un film. Nous avons toujours eu une approche très cinématographique de notre musique. Je ne pense pas qu’on en a vraiment besoin, mais nous sommes tellement heureux d’avoir tous ces grands artistes comme amis aussi. Chaque album est un voyage, un film, même si on se pose la question au sujet des invités à chaque fois. Mais je pense que ces collaborations sont parfaites et rendent l’album unique. Et je suis fier de le faire avec intégrité également. Chaque artiste avec qui nous avons travaillé est le meilleur dans son domaine, et c’est un honneur aussi pour nous.

– Une fois encore, ce nouvel album est très riche en arrangements. Quelle est la proportion du temps passé à les finaliser par rapport à l’écriture en elle-même d’un morceau ?

On y a travaillé pendant deux ans, car cela représente aussi beaucoup de musique ! (Rires) Au final, il y a 15 chanson sur l’album, mais il n’y en en avait que 12 vraiment complètes ! Alors, nous sommes allés chercher des morceaux que nous avions écartés au départ, afin qu’ils soient aussi sur l’album. C’est à la fois un bonheur et une contrainte d’avoir autant de musique, car on veut être certains que tout soit à la bonne place. C’est donc un processus qui a commencé il y a environ deux ans, mais le riff de « Dark Asylum », par exemple, date d’il y a trois/quatre ans. Je n’avais pas eu l’occasion de l’utiliser jusqu’à présent. Je suis heureux d’avoir pu le faire, car il a une signature unique et étrange, telle que l’aiment les fans de KAMELOT ! (Sourires)

– KAMELOT est un pionnier du Metal Symphonique et vous êtes américains. Or, ces dernières années, on a plus le sentiment que le style est dominé par les groupes européens. Comment l’expliques-tu, toi qui as fondé le groupe ?

Tu sais, mes premières influences lorsque j’étais adolescent étaient essentiellement européennes, que ce soit dans la musique classique ou à travers la NWOBHM. Alors, quand il a été temps pour moi de faire ma propre musique à la guitare, c’était important d’y inclure tous ces éléments que j’aime. Ensuite, j’ai rapidement eu l’envie du bandonéon argentin, par exemple, ou des parties de Folk islandaise. Sacha a d’ailleurs facilité beaucoup de connexions de ce côté-là. Et j’ai souhaité intégrer ces artistes à ma vision. Ensuite, cela a évolué au fil des années. Nous avons ajouté des éléments symphoniques, des chœurs… C’est un luxe de pourvoir réaliser tout ce que tu peux avoir en tête. C’est vraiment cool ! (Sourires)

– Vous sortez donc votre quatorzième album en plus de trente ans. Est-ce que tu penses que l’évolution de la technologie a aussi pu vous permettre de repenser votre musique, notamment au niveau des arrangements et de la production ? Quel a pu être son rôle, selon toi ?

C’est une bonne question car, honnêtement, je ne me souviens même plus de ces années où je travaillais sur un quatre pistes. J’ai oublié le temps où j’étais capable d’appuyer sur un bouton et d’enregistrer ! Je n’avais pas à me préoccuper si l’ordinateur buguait ou chargeait correctement le son ! (Sourires) J’ai vraiment l’impression que ces années-là étaient plus créatives. Pour « Dark Asylum », je me souviens avoir conçu des morceaux sur mon IPhone en enregistrant des parties de guitare. Mais j’ai toujours en tête la manière de faire sans toutes ces technologies ! (Sourires) Pour ceux qui aiment vraiment les ordinateurs et la technologie, c’est certainement très utile. Pour ma part, je pense que c’est un double-échec. Mais la bonne nouvelle est que l’on peut encore créer malgré cette approche nouvelle ! (Rires)

– Enfin, vous allez commencer une grande tournée d’abord aux Etats-Unis, puis en Europe cet automne. Aujourd’hui, beaucoup de groupes jouent leur dernier disque en entier, et comme « Dark Asylum » est un concept album, est-ce que vous avez prévu de le jouer en intégralité ?

Je pense que c’est quelque chose que nous ferons dans un second temps. Sur la tournée à venir, nous allons jouer quatre ou cinq chansons du nouvel album, bien sûr, ainsi que des morceaux que nous n’avons jamais joué sur scène auparavant. C’est une demande de nos fans. C’est toujours un peu compliqué, car nous devons enlever certains titres de la setlist. Mais je pense que nous devons restés concentrés sur ce nouvel album, et pas seulement sur d’anciens succès. C’est ce qu’il y a de plus intéressant pour moi en tant qu’artiste. Mais il faudrait y réfléchir. Il pourrait s’agir d’un DVD spécial tourné dans une église, puisque l’asile dans l’album est en fait une ancienne cathédrale reconvertie. Oui, ce serait cool de le faire avec tous les invités ! Il faut qu’on y pense… (Sourires)

Le nouvel album de KAMELOT, « Dark Asylum », est disponible chez Napalm Records.

Photo : Timo Maczollek and Natalie Enemede (4)

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Modern Metal

Cyhra : hurricane

En s’éloignant de plus en plus du metal massif de ses débuts, CYHRA est plus que jamais dans l’air du temps avec des combinaisons Electro-Pop, qui ne manqueront pas de séduire le jeune public. Pour autant, « The Vertigo Trigger » n’est pas inintéressant même si les fans des groupes, dont sont issus ses membres, risquent d’être un peu perdus. A écouter sans œillères, donc…

CYHRA

« The Vertigo Trigger »

(Nuclear Blast Records)

Lorsque CYHRA est apparu en 2016 sur la scène Metal européenne, le line-up présenté laissait rêveur et beaucoup l’ont même qualifié de ‘super-groupe’. Avec d’anciens, ou toujours actifs, membres d’Amaranthe, The Halo Effect, Kamelot, In Flame, Mekong Delta, Annihilator et quelques autres, le quintet a d’abord convaincu avec « Letters To Myself » (2017), puis confirmé avec « No Halos In Hell » (2019). Alors, forcément, « The Vertigo Trigger » est très attendu.

Les Suédois concentrent de multiples courants mais, pour faire court, on va dire qu’il s’agit de Modern Metal, compte tenu de l’aspect mélodique qui prédomine sur tout l’album. Malgré tout, les riffs sont acérés et tranchants, la rythmique bastonne comme il faut et Jake E fait toujours des prouesses au chant. Une fois encore, « The Vertigo Trigger » dispose d’un songwriting direct et efficace et, sans prendre de risques, CYHRA se montre décidé et toujours très compact. 

Si le précédent opus proposait déjà quelques sonorités électroniques assez éparses, cette troisième réalisation fait la part belle aux claviers et aux samples. Rien ne gênant en soi, sauf qu’on n’est pas chez Derek Sheridan, mais plutôt au cœur d’une fête foraine qui bat son plein. Cela dit, CYHRA conserve toujours un côté Heavy explosif et évite la caricature de justesse (« Ready To Rumble », « 1.000.000 Fahrenheit », « Too Old For Fairy Takes »). Si « The Vertigo Trigger » est fédérateur, il laisse l’impression d’avoir été un peu bâclé. 

Photo : Linda Florin
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International Thrash Metal

Tonic Breed : sous contrôle [Interview]

En invitant Dirk Verbeuren (Megadeth), Bernt Jansen (Artch/Wig Wam), Björn Strid (Soilwork), Martin Skrivbakken (Endezzma) et Oliver Palotai (Kamelot) sur ce nouvel EP, TONIC BREED affiche une ambition et une forte volonté de revenir avec un projet solide et exigeant. Seul aux manettes, le Norvégien Patrik K. Svendsen évolue dorénavant sous une formule en one-man-band, qui lui réussit plutôt bien. Il nous en dit plus que la conception de « Fuel The Fire », sa façon de travailler, sa vision de ce projet atypique et son avenir.

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne un peu en arrière. TONIC BREED avait déjà sorti deux albums avant de se séparer en 2019. Tu as récemment décidé de reprendre le groupe, quels ont été tes motivations et le déclic pour redémarrer l’aventure ?

C’est exact et chaque album avait même un line-up différent. En raison d’intérêts et d’ambitions différents, TONIC BREED a subi beaucoup de changements. Un scénario que connaissent beaucoup de groupes. Concernant le mien, l’histoire semblait se répéter. TONIC BREED a dû passer du temps à chercher et à recruter de nouveaux membres pour remplacer ceux qui, pour différentes raisons, ont quitté le groupe alors que nous devions être en tournée et promouvoir nos dernières sorties.

Chaque époque du groupe a été une balade amusante, malgré des changements de line-up épuisants. Les raisons des séparations venaient du fait qu’on ne s’entendait pas sur la voie musicale, ou qu’on ne pouvait pas combiner la musique avec la vie de famille, ou simplement parce qu’on était loin les uns des autres en termes d’ambition. Et trois ruptures pèsent bien sûr sur la motivation. J’étais prêt à mettre fin à TONIC BREED de manière officielle, puis à passer à quelque chose d’entièrement nouveau. J’ai suivi cette idée pendant longtemps et j’ai composé beaucoup de musiques après notre séparation en 2019. Puis, quand les choses ont commencé à devenir concrètes, j’ai fait un revirement complet. Au lieu de créer un nouveau groupe, j’ai réactualisé TONIC BREED en un projet individuel. Ce fut une décision rapide et spontanée.

– Tu reprends donc TONIC BREED seul aux commandes et un premier EP, « Fuel The fire », vient de sortir. Quel est le noyau dur du groupe, je pense aussi à la scène, et de qui es-tu ou vas-tu t’entourer ?

À ce stade, je n’ai pas l’intention d’impliquer quelqu’un d’autre dans TONIC BREED, sauf en invitant des artistes à participer aux chansons. J’aime travailler seul comme actuellement et ça marche plutôt bien. En ce qui concerne les concerts, il n’est pas prévu d’en faire avec ce projet. Je remonterais volontiers sur scène, mais ce sera pour autre chose dans le futur.

Bjorn Strid (Soilwork) & Oliver Palotai (Kamelot)

– J’aimerais aussi savoir pourquoi TONIC BREED revient avec un EP de quatre titres. C’est assez court pour se faire une idée globale. C’était compliqué de revenir avec un album complet au niveau des compositions et peut-être aussi du budget ?

L’album est toujours mon objectif principal. Mais tel que je le vois, cela fonctionne principalement pour ceux qui sont soutenus par de grandes maisons de disques, ou si les groupes ont eux-mêmes des budgets énormes. Il faut une énorme machine de promotion pour que les ventes d’albums se fassent. La réalité, même si elle peut faire mal, c’est que les gens écoutent à peine un CD. Et les disques vinyles sont plus un objet de collection qu’un support que les gens utilisent pour écouter de la musique au quotidien. Par conséquent, je ne vois aucune raison de faire exploser un budget pour l’impression d’albums en tant qu’artiste indépendant. Les auditeurs trouvent de toute façon leurs chansons préférées sur les services de streaming ou en créant leurs playlists de lecture, et un album est rarement écouté dans son ensemble finalement. Je ne vois aucune raison d’opter pour l’ancienne stratégie promotionnelle, qui est devenue obsolète. Ce serait formidable pour nous, les musiciens, d’un point de vue financier, si les CD étaient toujours d’actualité. Mais ce n’est pas le cas. Vous pouvez être têtus et détester le changement ou vous adapter à la façon dont le monde qui vous entoure change. J’ai choisi de m’adapter. Cet EP est plus une collection de quatre chansons sorties sur une période de 18 mois.

– Musicalement, TONIC BREED propose un Thrash racé, super efficace où l’esprit Old School côtoie une grande modernité. Ton objectif était de faire le lien entre un esprit originel et un style qui a aussi beaucoup évolué ?

Absolument ! Tu as mis le doigt sur ma propre intention avec TONIC BREED. J’ai le Metal classique qui me tient aux tripes. Ce sera toujours en moi. On peut établir des parallèles avec les années 70, 80 et 90 sur le dernier single, « Fuel the Fire », par exemple. En même temps, j’essaie toujours d’ajouter une touche d’originalité à mes chansons. Cette stratégie peut cependant aller dans les deux sens. Cet EP contient quatre chansons très différentes. J’imagine qu’on ne s’attend pas à l’ambiance sur le morceau final après avoir écouté les deux premiers.

Dirk Verbeuren (Megadeth)

– Pour ce retour, « Fuel The Fire » est vraiment très réussi avec des morceaux très bruts et radicaux. Avant de parler des guests présents, j’aimerais que tu nous parles de l’enregistrement et du travail de production…

Toutes les chansons sont enregistrées dans plusieurs studios différents. Je fais aussi beaucoup d’enregistrements dans le mien. Beaucoup de choses y sont faites avant d’être transmises aux ingénieurs du son. Toutes les voix ont été faites aux Stable Studios à Oslo. J’ai essayé différents ingénieurs du son pour m’amuser un peu plus. Par exemple, Oliver Palotai a fait le mixage principal et le son sur « H.E. Antagoniste ». En d’autres termes, il a choisi le son du solo de guitare. J’ai travaillé avec Juhis Kauppinen sur « Blood Moon », une chanson qui a en fait été terminée en 2020 ! En parlant d’ingénieurs du son, je suis obligé de mentionner Viktor Gullichsen, qui a fait tout le travail sur « Fuel the Fire » et « No Rocks On The Scotch ». Donc, cette version est vraiment un mélange international qui, pour une raison inconnue, a très bien fonctionné.

– Rentrons dans le vif du sujet avec les présences de Dirk Verbeuren de Megadeth, Bjorn Strid de Soilwork, Oliver Palotai de Kamelot, Martin Skrivbakken d’Endezzma et Bernt Jansen d’Artch/Wig Wam. Comment as-tu mis en place toutes ces collaborations ? Ce sont des musiciens avec qui tu avais déjà travaillé ?

J’en connais certains depuis longtemps. D’autres m’ont été recommandés par des personnes que je connais ou par ceux qui sont sur le disque. Des gens fantastiques, tous. Ils ont été exceptionnellement impliqués et faciles à vivre dès le premier e-mail ou le premier coup de fil. Ils n’ont pas non plus été choisis au hasard. Je crée une chanson avec quelques noms en tête et j’espère juste les faire participer ensuite quand c’est possible. Et je suis ravi que tous ces artistes aient dit oui au projet.

Patrik K. Svendsen & Bernt Jansen (Artch/Wig Wam)

– Est-ce que tu avais prévu et écrit les parties de chacun, ou leur as-tu laissé carte blanche sur leurs prestations et leur implication sur les morceaux ?

En ce qui concerne la composition et les paroles, je fais tout. J’ai beaucoup de chance d’avoir des artistes aussi talentueux qui m’ont aidé sur les chansons. Ils y ont tous mis leur touche personnelle. J’enregistre généralement une version démo de ce que j’ai en tête et je les laisse travailler à partir de là. J’ai fait des petites demandes et des commentaires, et tout le monde les a très bien acceptés en faisant les changements nécessaires pour obtenir le meilleur résultat possible. Dans le cas de Dirk Verbeuren, il m’a montré tout son savoir-faire. Nous avions réservé une heure et une date pour la séance en studio. Il était à L.A. en train d’enregistrer la batterie pour la chanson « Fuel the Fire » pendant que j’étais dans mon home-studio, communiquant avec lui au téléphone. Nous avions prévu la majeure partie avant l’enregistrement, mais certains détails subsistaient. Il a livré ce que nous avions convenu au préalable, et j’ai été ravi du résultat qu’il m’a été envoyé du studio d’Adair Daufembach. Il n’y avait qu’un tout petit détail que je voulais qu’il refasse. Sa seule réponse a été : « N’en dis pas plus ! ». Non seulement, il avait enregistré ce que je voulais, mais il avait également enregistré la chanson entièrement, et en une seule prise.

« Fuel The fire » de TONIC BREED est disponible chez M&O

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Heavy metal

Sinner : fraternité métallique

Figure incontournable de la scène Heavy Metal allemande, le chanteur et bassiste Mat Sinner continue de perpétuer une certaine tradition avec Primal Fear, mais aussi et surtout avec SINNER, qu’il mène de main de maître depuis quatre décennies. Authentique et racé, « Brotherhood » est un album plein de surprises, d’où émane une belle et puissante énergie.

SINNER

« Brotherhood »

(Atomic Fire Records)

« Brotherhood »… Un mot qui colle à la peau de SINNER depuis ses débuts en 1982 et qui vient encore parfaitement résumer ce 18ème album consacrant 40 ans de carrière. Avec un Mat Sinner (également bassiste de Primal Fear), qui tient le leadership comme jamais, le quatuor allemand excelle toujours dans ce Heavy Metal un brin underground, qui a fait sa réputation et qui n’est pas prêt de s’éteindre.

Toujours aussi massif et incisif, « Brotherhood » vient s’inscrire dans la longue lignée des albums intemporels et musclés de SINNER avec ses riffs implacables, ses rythmiques et ses breaks sauvages, cette voix irremplaçable et ses solos aussi relevés que mélodiques (« Bulletproof », « We Came Rock », « Refuse To Surrender »). Et l’ensemble combiné à la très bonne production de Jacob Hansen affiche une redoutable efficacité.

Impressionnant de vitalité et affichant une assurance indéfectible, SINNER a également convié quelques amis comme Oliver Palotai de Kamelot, Ralf Scheepers de Primal Fear, Ronnie Romero de Rainbow (entre autres) ou encore Tom Englund d’Evergrey pour ne citer qu’eux. Véloce et fédérateur, « Brotherhood » ne manquera pas de convaincre les fans du groupe, et bien au-delà (« Reach Out », « Gravity », « My Scars »). Du Heavy Metal pur jus !