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Hard Rock

Scorpions : le venin comme antidote

Certains retours font craindre le pire, tandis que d’autres se révèlent être une belle surprise. On croyait SCORPIONS endormit à tout jamais et incapable de piquer à nouveau. Pourtant, « Rock Believer » vient démontrer le contraire avec une fougue, une envie et une dynamique que les Allemands n’avaient plus montré depuis des décennies… en studio en tout cas. Solide et inspiré, le quintet est toujours d’attaque.

SCORPIONS

« Rock Believer »

(Vertigo Berlin/Universal Music)

Qu’on se le dise, ça fait quelques décennies que SCORPIONS n’a pas sorti un tel album ! Oublié le triste et fade « Return To Forever » sorti en 2015 et place maintenant à « Rock Believer », à travers lequel les Allemands semblent renouer avec ce qu’ils font de mieux : un Hard Rock efficace aux refrains accrocheurs, aux guitares solides et mélodiques et avec un Klaus Meine au sommet de son art et un Mikkey Dee qui apporte beaucoup de fraîcheur.

Certes, « Rock Believer » fait véritablement penser à un retour aux sources pour le combo d’Hanovre. Quand on a sorti des albums comme « Lovedrive », « Blackout » ou « Love At First Sting », quoi de plus légitime finalement ? Ce 19ème album studio s’inscrit dans cette veine, tout en bénéficiant de la production très léchée de Hans-Martin Buff. Cela faisait des années que SCORPIONS n’avait pas affiché une telle unité et un plaisir de jouer si palpable.

Taillé pour la scène, « Rock Believer » multiplie aussi les clins d’œil à quelques morceaux emblématiques. Le morceau-titre et « No One Like You », « Seventh Sun » pour « The Zoo » et d’une certaine manière « Roots In My Boots » répond à « Blackout ». Mais SCORPIONS présente de belles compositions, aussi puissantes que fédératrices (« Gas In The Tank », « Shining Of Your Soul », « Call Of The Wind »). Le quintet s’inscrit dans une belle énergie.

Et le plaisir est total avec la version Deluxe qui contient cinq autres morceaux, dont l’acoustique « When You Know (Where You Come From) » à la mélodie imparable. Pour le reste, le ton est plus sombre et moins positif dans l’esprit. Klaus Meine est plus sérieux et les riffs et les solos de Rudolf Schenker et de Matthias Jabs sont plus lourds (« Shoot For Your Heart », « Unleash The Beast »). SCORPIONS est très franchement en grande forme. Rock on !   

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Metal Indus Progressif Technical Metal

Voivod : cosmic trip

Une rythmique phénoménale guidée par une basse massive, des riffs insaisissables et percutants et une voix inquiétante et envoûtante : VOIVOD n’a rien changé à ses bonnes habitudes. Les Québécois se présentent façon rouleur-compresseur avec ce « Synchro Anarchy » qui viendra, sans nul doute, se hisser au sommet d’une déjà très belle discographie.

VOIVOD

« Synchro Anarchy »

(Century Media Records)

Cela fait maintenant 30 ans que VOIVOD surprend, innove et garde un temps d’avance dans les méandres d’un registre qu’il a lui-même élaboré. Se promenant dans des sphères progressives, Indus et parfois même jazzy, le quatuor québécois sort son quinzième album studio qu’il co-produit avec Francis Perron. Une fois encore « Synchro Anarchy » sort des sentiers battus et présente des ambiances inédites.

Entrer dans l’univers tortueux et unique de VOIVOD est autant une aventure qu’un exercice ardu, car rien chez les Nord-Américains n’est lisse ou conforme, mais affiche plutôt un caractère bien trempé basé sur une technique imparable, des références pointues et surtout une identité très forte. Et quatre ans après « The Wake », le groupe est resté instinctif, inspiré et même aspiré par le cosmos.

En effet, « Synchro Anarchy » peut se concevoir comme un road-trip spacial, la découverte d’un monde intersidéral à la fois hostile, terrifiant, chaotique et souvent planant et trippant. VOIVOD se remet sans cesse en question à travers des titres peu conventionnels (« Planet Eaters », « Mind Clock »). Toute en relief, la production de ce nouvel opus est renversante et le combo bouscule tout sur son passage. Stupéfiant !

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edito

Le Top 10 annuel, un marronnier qui va bien ! [Edito]

Depuis ces trois dernières semaines, tout le monde y va de son Top 10 des albums de l’année. Médias en tout genre, artistes ou fans, chacun livre sa petite liste, façon lettre au Père Noël. Mais même sous couvert d’une objectivité irréprochable, c’est très difficile d’être impartial car on ne peut, et c’est heureux, échapper à sa propre subjectivité. Et puis, on se base sur quels critères finalement ? Créativité ? Technique ? Emotion ? Nombre d’albums vendus ? Artistes sympathiques et amis ? Mérite ? La liste peut s’avérer très longue…

Comme vous le savez, la maxime, et même la devise, de Rock’n Force est inscrite en haut et à gauche du site : sans œillères, ni notes. Alors dresser un Top 10 de 2021 va un peu à l’encontre de la démarche que j’ai entreprise ici. Tout d’abord, pour avoir publié un peu plus de 500 chroniques d’albums durant cette première année d’existence, il va m’être très difficile d’en choisir une dizaine. C’est toujours possible dans la mesure où j’effectue déjà une sélection drastique, mais est-ce vraiment pertinent ?

Pour ceux qui reviennent de manière récurrente dans tous les classements que j’ai pu voir, il n’y a finalement que des artistes incontournables, des têtes d’affiche. On les retrouve donc, et non sans une certaine logique, car ces disques sont très attendus : Iron Maiden, Alice Cooper, Mastodon, Black Label Society, Exodus, Helloween, Gojira, Dream Theater (Oups !) et j’en passe… Finalement, des artistes reconnus qui sont tous dans le Top 10 des plus grosses ventes d’albums de l’année. Il faut aussi préciser que ce sont les groupes qui bénéficient de la meilleure exposition médiatique… et ça aide !  

Quid des autres ? Sur Rock’n Force, je traite de (presque !) tous les styles de musiques et leurs dérivés qu’ils soient Rock, Metal et Blues. Alors, il faudrait peut-être établir un Top 10 par style et aussi par sous-genres. Des nombreux registres extrêmes au Stoner et ses variants (c’est à la mode !), en passant par le Progressif au sens large et le Psych, ou encore les multiples nuances de Heavy Metal et de Hard Rock, ainsi que les innombrables styles de Blues, il faudrait en fait commencer par élaborer un Top 10 des Top 10. Ensuite, en parcourant les centaines (et même plus !) d’albums sortis, il faudra choisir.

Et si on va encore un peu plus loin, pourquoi ne pas établir un Top 10 des réalisations françaises ? Celui qui nous concerne directement. Sans faire preuve d’un chauvinisme exacerbé, les groupes hexagonaux ont encore livré une moisson éblouissante l’an passé ! Quant aux éternels oubliés, ceux qui s’autoproduisent, pas un mot nulle part, non plus. Pourtant si vous tapez ‘autoproduction’ dans le moteur de recherche de Rock’n Force, vous constaterez que la liste est longue, en plus d’être belle ! A croire que tous ces artistes non-signés ne valent pas la peine qu’on s’y attardent. En plus d’être navrant, c’est triste. Mais sauf contre-ordre, c’est marche à l’ombre !

Alors, plus que jamais, ce sera définitivement sans œillères, ni notes… et par conséquent sans Top 10. Ah si ! Il y en a un qui serait faisable sans trop de difficultés : celui des imposteurs maîtres d’un marketing institutionnel. Encore faut-il avoir du temps à perdre. La musique reste un domaine où la subjectivité est reine et seuls les goûts de chacun comptent au final. Et ici, on n’est pas à ‘L’Ecole des Fans’, mais chez Rock’n Force. Mon objectif reste de mettre en lumière autant que possible des artistes qui ne le sont pas souvent, qui proposent une musique de qualité, et il reste inchangé !

Pour conclure, et par curiosité, quel est votre Top 10 à vous ? Et si vous me le laissiez en commentaire en m’expliquant brièvement comment vous l’avez constitué ? Merci à vous, j’aimerais beaucoup ! Je vous adresse tous mes vœux pour cette nouvelle année, et restez curieuses et curieux… c’est le plus important !