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France Sludge

Seum : une souriante fureur [Interview]

Abrasif et décomplexé, le Sludge de SEUM fait trembler les murs depuis quelques années et aujourd’hui, même le métro de Montréal ou les bretelles d’autoroutes perçoivent ses vibrations. Bien plus qu’une simple rythmique, la batterie et la basse du power trio mènent l’ensemble avec un radicalité musicale dans laquelle le frontman s’engouffre avec hargne et vigueur. Pour son troisième album, « Parking Life » vient bousculer les habitudes frontales du groupe pour une expérience musicale unique, qui fait fi des codes et poursuit une trajectoire sans compromis et dorénavant très expérimentée. Des certitudes sur lesquelles Piotr, bassiste du combo, revient à travers un entretien qui dresse aussi un rapide bilan de l’aventure québécoise de nos trois Français.

– Tout d’abord et comme je vous suis depuis six ans maintenant et la sortie de votre premier EP, « Summer OF Seum », il est temps de faire un petit bilan de votre aventure québécoise. Est-ce que ce que vous vivez aujourd’hui correspond aux attentes que vous aviez en allant créer SEUM à Montréal ?

C’est vrai que ça fait déjà six ans, et merci pour ton soutien durant tout ce temps. Tout ce que nous vivons avec SEUM dépasse de loin toutes nos attentes initiales, car nous n’en avions pas ! (Rires) Lorsque nous avons commencé à jouer ensemble en 2020, l’idée était simplement de refaire de la musique après s’être trop oubliés dans le travail pendant plusieurs années après notre immigration au Canada. Nous n’avions pas vraiment d’attentes, mais nous souhaitions faire les choses bien : prendre notre temps pour écrire de bonnes chansons, collaborer sur des visuels marquants et trouver des manières originales et fun de promouvoir notre musique. Nous voulions avoir du plaisir dans chaque domaine lié au groupe. Nous continuons avec cette approche et nous apprécions chaque moment, que ce soit une interview avec toi, ou une invitation au Hellfest. On a hâte de voir la suite.

– Vous sortez déjà votre troisième album, « Parking Life », après des EPs, des Live, des singles et des splits, et toujours avec le même line-up, bien sûr. Etre aussi soudés montre également votre détermination. Est-ce que c’est le fait d’être aussi prolifiques qui alimente votre créativité ?

Je t’avoue que nous n’y avons jamais vraiment réfléchi, on aime être dans l’action. On a aussi la chance de pouvoir enregistrer et mixer nous-mêmes ce qui nous permet sûrement de sortir des disques plus vites que d’autres groupes. Diffuser de la nouvelle musique relance la machine à chaque fois, car on peut reprendre la route, faire de nouveaux concerts et rencontrer de nouvelles personnes. C’est aussi l’occasion pour nous à chaque fois de nous remettre en cause et d’essayer de modifier un peu la formule pour que chaque sortie ait sa personnalité.

– Depuis vos débuts, vous prônez la culture DIY et vous vous y tenez. Pourtant, pour vos trois albums, vous avez fait appel à de grands noms pour les masteriser. Pour « Winterized », c’était Erwin Hermsen (Trouble, Pestilence, Dead) et pour « Double Double », ce fut John Golden (Melvins, Sleep, Weedeater). Et pour « Parking Life », c’est Chris Fielding (Conan, Electric Wizard), qui réalise le mastering. Es-ce une manière pour vous de valider votre travail en quelque sorte ?

C’est Fred, notre batteur, qui s’occupe presque à chaque fois d’enregistrer, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas pour « Parking Life », et de mixer nos projets, il en a aussi masteriser quelques-uns (le split avec Fatima, « Summer of Seum », « Live From The Seum-Cave »). On s’est rendu compte que c’était plus intéressant d’avoir quelqu’un de l’extérieur pour revenir sur notre travail, car écouter les morceaux en boucle impactait notre esprit critique. Faire appel à de grands noms nous permet aussi de réaliser un petit rêve de fan. On est à une poignée de main de groupes légendaires, car John Golden a travaillé avec Nirvana ! (Sourires) On est très contents de ces collaborations et pour « Parking Life », Chris Fielding a fait un travail remarquable. Il a réussi à donner de l’énergie aux morceaux, tout en conservant leur lisibilité.

– D’ailleurs, quel est l’apport principal de ces collaborations extérieures pour finaliser vos albums, selon vous ? Ça se joue sur la garantie d’un bon traitement sonore, car on retrouve toujours le son de SEUM ?

Collaborer avec des gens extérieurs lors du mastering nous permet d’entendre et de gommer certaines erreurs de mix que nous n’aurions pas entendu nous-mêmes. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le processus, c’est un peu comme poser une couche de vernis sur une peinture. Alors, ça nous permet de faire rentrer un peu d’air dans le processus créatif, ça fait du bien… (Sourires)

– Un petit rappel pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec SEUM, il n’y pas de guitare dans votre ‘Doom’n Bass’. En six ans, vous n’avez jamais été tenté ? Vous auriez pu croiser un six-cordiste québécois en phase avec votre Sludge, par exemple…

On a déjà rencontré des guitaristes qui se sont proposés, bien sûr ! Mais depuis son origine, le groupe s’est toujours voulu basse/batterie/chant. Ça peut apparaître comme une contrainte, mais c’est ce qui nous a permis de fabriquer notre formule avec le temps, c’est ce qui nous caractérise. Alors, pas de guitares à l’horizon, mais en revanche pourquoi pas un projet composé à deux basses distinctes ? (Sourires) Ça pourrait être une idée pour le prochain projet. A ce sujet, on a eu plaisir à jouer en tournée avec le groupe français Vantre, qui joue à deux basses et la manière de faire de la musique sans guitare est vraiment inspirante. Si vous ne connaissez pas, je vous invite à les écouter !

– L’une des nouveautés de « Parking Life » est l’apparition de voix claires et même de quelques mélodies. Vous avez déclaré avoir traité chaque morceau comme un titre Pop. Que vouliez-vous dire par là, car on en est tout de même très loin ?

La formule est volontairement provocante, car mélanger Sludge et Pop, a priori, n’a aucun sens ! Pour la promo de l’album, on comparait même le disque à la rencontre improbable et alcoolisée de Jimmy Bower d’Eyehategod et de Britney Spears ! (Rires) Ce qu’on a voulu par là, c’est créer des morceaux courts, catchy, ‘fredonnables’ et traitant de sujets que nous sommes nombreux à partager, un peu comme sur des titres de Pop. L’ajout de chant clair sur certains refrains nous permet aussi de jouer avec notre formule et d’ajouter, on espère, un petit côté entêtant aux chansons. On fait de la musique extrême, mais on est pas snobs par rapport à la musique mainstream. « Parking Life » est un album fun sur des sujets qui ne le sont pas comme la vieillesse, les ruptures, l’addiction, le travail abrutissant et ce qui nous attend tous, la mort.

– Derrière ce titre, « Parking Life », il y a aussi toute la philosophie et la démarche de SEUM, qui est résumé. Le voyez-vous comme un simple pied-de-nez à l’industrie musicale, ou est-ce que cela s’étend jusqu’à notre société actuellement en pleine dérive ?

C’est notre manière de nous exprimer sur le monde qui nous entoure. Nous avons commencé initialement comme un groupe de Sludge fumeurs de joints et buveurs de bières, mais nous nous sommes engagés de plus en plus au fur et à mesure du temps,. J’imagine que vivre à notre époque en Amérique du Nord et observer les dégâts du capitalisme de près laisse des traces. Nous essayons d’opérer des changements humblement à notre échelle. Nos disques sont maintenant à participation libre, les concerts que nous faisons aussi. Nous en organisons régulièrement qui sont ouverts aux mineurs, car d’habitude les concerts en Amérique du Nord sont réservés aux plus de 18 ans, voire plus de 21, ou dans des conditions uniques comme sous une bretelle d’autoroute ou dans le métro pour accueillir le plus de gens possible. Le monde actuel est en train de se fissurer, on peut rester dans son coin effrayé par le changement, ou en profiter pour s’insérer dans les brèches à coup de créativité. On a choisi la seconde option !

– Enfin, malgré le fait de donner l’impression d’avoir ‘popisé’ votre Doom’n’ Bass, il y a ce changement de logo qui vient apporter un sacré contraste avec son graphisme emprunté au Black Death. Le moment est bien choisi pour cette transition, alors que vous dites être en quête de plus d’accessibilité. Cela dit, SEUM n’est-il pas plus Sludge que jamais ?

Ce nouveau logo est un vrai coup de cœur! Notre graphiste Clément nous l’a proposé spontanément alors qu’il travaillait sur la mise en page de la pochette. Nous avons décidé de l’utiliser pour l’album d’autant plus qu’il se marie très bien à la photo de la pochette. Tu as raison, ce logo est en décalage avec le côté plus accessible de notre musique, mais le mariage des extrêmes est quand même une caractéristique du Sludge, non ? (Sourires) Melvins, qui ont inventé le genre, ont des albums extrêmement lourds avec des pochettes très douces… Disons que nous avons fait l’opposé ! (Sourires)

Le nouvel album de SEUM, « Parking Life », ainsi que toutes les sorties et le merchandising du groupe sont disponibles sur son Bandcamp : www.seumtheband.bandcamp.com

Retrouvez les différentes chroniques et la dernière interview de SEUM :

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Proto-Metal Psychedelic Rock Space Rock

Fangus : un brumeux rituel

Déjantée, débridée mais tout en contrôle, cette première réalisation des Québécois est d’une fraîcheur réjouissante. Evoluant dans un proto-Metal psychédélique sur lequel un léger voile Doom repose, FANGUS passe d’une dimension à l’autre sur des mélodies accrocheuses portées par des riffs massifs et une rythmique tourbillonnante. Omniprésents, les claviers donnent un relief hallucinatoire à « Emerald Dream », dont la proximité sonore et la performance de ses musiciens sont irréprochables.

FANGUS

« Emerald Dream »

(From The Urn Records)

Il y a de la magie et de la sauvagerie dans ce premier album de FANGUS. Fondé du côté de Montréal il y a quelques années seulement, on se doute pourtant que les musiciens à l’œuvre sur « Emerald Dream » sont plus que chevronnés et ce qu’ils nous proposent ici nous propulse plus de 50 ans en arrière avec quelque chose de surréaliste, au sens premier du terme. Faisant la jonction entre proto-Metal, Space Rock et Heavy Psych, il s’en dégage une sensation initiatique et presque mystique dans l’approche comme dans la production, par ailleurs très organique et brute.

L’un des aspects les plus marquants d’« Emerald Dream » sont les parties d’orgue et de synthés, qui alimentent le climat inquiétant de ce premier effort. FANGUS y développe un univers singulier, envoûtant et occulte, qui renvoie autant à Deep Purple, Coven, The Doors et aux plus sombres méfaits de Black Sabbath. Et par dessus tout, l’ensemble est très complet, délicieusement vintage et ce Rock psychédélique qui surfe sur des ambiances un brin rituelles, semble tout droit débarquer du début des années 70, avec tout ce que cela comporte de rageux comme de planant.

Incisif et mené par un frontman habité, le quintet se dévoile au fil des titres dans cet esprit rétro, dont émane une incroyable intensité. De la prise de son jusqu’aux intentions des Canadiens, ce bond dans le temps est fait avec une telle exactitude et tant de précision que l’on croirait « Emerald Dream » issu de cette époque si fertile musicalement (« Howling Hammer », « Pyre Of Love », « Quest Of Fire », « Shapeshifter », « Stardust Regulator » et le morceau-titre). FANGUS fait une entrée fracassante et son Heavy Rock labyrinthique a quelque chose de vraiment obsédant.

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Classic Rock Hard 70's

The Damn Truth : truth serum

Il y a des rencontres qui font des étincelles et, d’une côte à l’autre, le Canada a permis la connexion entre THE DAMN TRUTH et le producteur Bob Rock, qui s’est totalement reconnu dans la musique du combo. Grâce à de belles guitares, une rythmique groovy et une frontwoman qui a gagné en assurance, la formation de la Belle Province fait le pont entre un Hard Rock 70’s et des sensations très contemporaines avec beaucoup de saveurs et un plaisir palpable.

THE DAMN TRUTH

« The Damn Truth »

(Spectra Musique)

Il y a quatre ans, THE DAMN TRUTH faisait exploser son plafond de verre montréalais avec « Now Or Nowhere », un troisième album qui l’a révélé et l’a mené un très long moment sur les routes. Il faut reconnaître que les Québécois avait frappé fort avec une version très actuelle et pleine d’audace de Classic Rock, le tout produit par le grand Bob Rock qui n’avait pas hésité un instant à appliquer sa propre recette sur des morceaux entêtants et particulièrement enthousiastes. Et ils sont aujourd’hui tous de retour avec la même envie.

Enregistré à Vancouver dans les Warehouse Studios de Bryan Adams sur une période de deux mois, « The Damn Truth » se révèle comme la réalisation la plus aboutie du quatuor et si elle est éponyme, c’est aussi parce qu’elle le représente et le définit le mieux. Accrocheurs, mélodiques et hyper-Rock, les onze titres sont d’une énergie fulgurante. Même si la guitariste et chanteuse Lee-La Baum fait de plus en plus penser à Beth Hart dans sa façon de chanter haut, THE DAMN TRUTH impose une réelle identité.

Déjà convaincant sur les quatre singles sortis (« Love Outta Love », « I Just Gotta Let You Know », « The Willow » et « Better This Way »), le groupe dévoile de nouvelles facettes de son jeu et l’excellent travail effectué sur le son apporte puissance et relief à l’ensemble. Sensible sur la power-ballade « If I Don’t Make It Home » ou plus frontal sur « Addicted », THE DAMN TRUTH brille par la qualité du songwriting et des arrangements. Avec ses sonorités familières et fédératrices, « The Damn Truth » modernise le Hard Rock… vintage !

Photo : Natali Ortiz

Retrouvez l’interview du groupe en 2021 à la sortie de « Now Or Nowhere »…

… Et la chronique de l’album :

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Blues Rock Heavy Blues

Steve Hill : une leçon de vie

Sorte d’ode à la résilience et à la persévérance, « Hanging On A Still » montre toute la détermination d’un bluesman dans sa volonté d’artiste complet, mais aussi d’homme. Semés d’embûches, l’élaboration et l’aboutissement de cet album exceptionnel n’auront pas été une mince affaire pour STEVE HILL. Reconnu et récompensé pour ses talents de compositeur et d’homme-orchestre, cette nouvelle réalisation est probablement la plus belle de sa carrière, tant la force qui en émane est prodigieuse.

STEVE HILL

« Hanging On A String »

(No Label Records)

Le Canadien, originaire des Trois-Rivières au Québec, offre un retour réjouissant avec « Hanging On A String », un nouvel opus qui vient s’ajouter à la bonne douzaine qu’il a déjà sorti. Avec beaucoup d’authenticité, il revient en musique sur les mésaventures qui ont émaillé sa vie, y compris les plus récentes. Et en 30 ans de musique, STEVE HILL semble les collectionner. Si les ennuis se sont accumulés, il est parvenu à en faire un disque, qui n’est pas si sombre qu’il y paraît. Et cette belle émulation rejaillit dans les chansons, le son et la production.

Alors que le multi-instrumentiste se rendait au studio 606 à Los Angeles, c’est un accident de voiture quelques minutes après son arrivée à l’aéroport, qui l’a contraint à reporter l’enregistrement, la faute à quelques côtes cassées. Quelques mois plus tard, au début de cette année, c’est un STEVE HILL réoxygéné et déterminé qui a investit les mêmes studios avec un nouveau challenge : celui de mettre en boîte « Hanging On A Still » en six jours seulement… Il en mettra cinq ! Le résultat est époustouflant et scintillant de vérité. Une persévérance hors-norme.

Pour relever ce défi, ce sont Darrell Throp (Foo Fighters, Radiohead), lauréat de dix Grammy, derrière la console et au mix, et Michael Romanowski au mastering, qui en a emporté six de son côté, qui ont capté l’énergie et toute la substance du Blues Rock de STEVE HILL. Il en ressort des sonorités presque Garage, très roots et sans détour. Il a composé, chanté et joué tous les instruments et, au beau milieu de ces électrisantes chansons, on peut retenir cette dantesque reprise des Doors, « When The Music’s Over », longues de huit intenses minutes. Magique !

(Photo : Jean-Sebastien Desilets)

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France Hard Rock

Last Temptation : un appétit pour le changement [Interview]

On en va pas se mentir, la France n’est pas vraiment le pays du Hard Rock, mais cela ne lui empêche pas de réserver quelques belles surprises, et LAST TEMPTATION en est une très belle. Le groupe de Peter Scheithauer, guitariste et compositeur, sort « Heart Starter », dans les jours qui viennent, après deux premières réalisations plutôt Hard’n Heavy. Une sorte de retour aux sources pour le fondateur du combo qui a fait ses premières armes à Los Angeles à une époque très créative. Sur ce troisième album, le groupe se présente également avec un nouveau frontman, le Québécois Loup Malevil, et Fabio Alessandrini à la batterie. De quoi rebattre les cartes et s’offrir un bel élan dans un style plus chaleureux, aéré et positif aussi. Entretien avec un musicien qui se fie à son instinct et ses envies avec un bon feeling…

– Votre troisième album, « Heart Starter », sort dans quelques jours. Deux ans se sont écoulés depuis « Fuel For My Soul » durant lesquels vous avez fait de prestigieuses premières parties et de beaux festivals. Est-ce que, dans ce cas-là, tu attends que tout ça retombe un peu ou la composition ne s’arrête jamais ?

Ca ne s’arrête jamais, en fait. Il y a quand même des moments off où pendant deux/trois semaines, je n’ai pas envie de bosser et je laisse venir. Mais en général, je n’arrête jamais, car il y a toujours des idées qui arrivent à droite, à gauche. Bien sûr, je ne finis pas le morceau d’un seul coup. Je garde beaucoup d’idées et ensuite il faut trouver vers quelle direction tu veux aller et trouver une cohésion dans tout ce que tu fais. Sur cet album, on a été assez éclectique et l’objectif était justement de combiner tout ça en un seul style. Que tout sonne LAST TEMPTATION finalement.

– Difficile de ne pas évoquer les changements de line-up assez fréquents chez LAST TEMPTATION. Si la rythmique bouge souvent beaucoup, changer de chanteur après deux albums est toujours assez délicat. Sans entrer dans les détails, est-ce que cela a remis en question certains morceaux déjà composés, par exemple ?

On a tout refait. Cela n’a rien à voir avec ce qui avait été réalisé au préalable. Cet album a  vraiment été composé pour nous. Je crois qu’il y avait un morceau qui était présent sur les démos avec l’ancien line-up. Mais tout le reste est complètement nouveau.

– C’est donc le chanteur Loup Malevil, plus habitué à la Country Music qu’au Hard Rock qui officie derrière le micro. Comment vous êtes-vous trouvé et de quelle manière son intégration s’est-elle déroulée ?

En fait, j’ai cherché un chanteur qui soit plus dans la lignée de ce que je voulais avec une direction un peu plus ‘joyeuse’, plus Hard Rock en tout cas. En cherchant, je suis tombé sur une vidéo de Loup et j’ai trouvé que ça sonnait bien. J’ai appris qu’il était québécois, qu’il habitait à Toulouse et je l’ai contacté. Je lui ai ensuite envoyé des démos et, finalement, il est vraiment à fond dans ce qu’on voulait faire.

– La rythmique est désormais composée de Franz OA Wise toujours à la basse et de Fabio Alessandrini derrière les fûts en remplacement de Farid Medjane. Est-ce que chacun participe à la composition, ne serait-ce qu’en apportant son feeling à travers son jeu personnel, ou y a-t-il une ligne directrice préétablie ?

Fabio aime vraiment ce style et il a vraiment une vision claire de sa façon de jouer. Il y a peut-être une ou deux fois où je lui ai dit que ça n’allait pas. Mais il a une telle finesse dans son jeu, une telle compréhension des morceaux que je le laisse faire. Il apporte tellement. D’ailleurs, souvent, je lui envoie les démos sans batterie pré-enregistrée avec juste la guitare et un clic, puis il fait ce qu’il veut. C’est la même chose avec Franz, qui a vraiment un jeu de basse très riche. Et avec Fabio, il peut vraiment mettre des lignes de basse plus fournies. Il y a une réelle symbiose entre eux deux et ils s’amusent… Et c’est le plus important ! Et puis, il y a beaucoup plus de vibes 70’s dans leur jeu, ce qui donne un groove très intéressant.

– Ce qui est aussi assez étonnant chez LAST TEMPTATION, c’est que vos trois albums ont des couleurs musicales différentes, tout en conservant une identité évidente. Est-ce que vous vous cherchez toujours en termes de son et de production, ou est-ce justement cette diversité qui fait votre force ?

Ah ! (Rires) Le fait que ce soit toujours la même personne qui compose les riffs donne une certaine continuité, même s’il y a toujours quelques différences. C’est vrai que j’aborde les choses de la même façon quand je joue, puisque c’est mon jeu. Cette fois, j’ai voulu donner un côté plus Hard Rock et moins Heavy. C’est aussi dans l’esprit des groupes avec lesquels grandi, c’est-à-dire Van Halen, Dokken, … Il y a toujours eu ce mélange. Ca reste des riffs LAST TEMPTATION et au niveau de la production, on est allé chercher un gros son, mais avec cette fois-ci, plus d’affinité dans le groupe et surtout plus de finesse basse/batterie.

– Revenons à « Heart Starter », dont le contenu est nettement plus varié, même si les fondations et les fondamentaux restent les mêmes. Est-ce que justement Loup vous permet d’explorer de nouveaux horizons ?

Ah complètement ! Il est capable de beaucoup de choses et il a une approche très fun des morceaux. Avec ses capacités vocales, y compris au niveau des chœurs, il apporte beaucoup et avec une grande liberté. Il est également très à l’écoute et il a une touche très personnelle, qui lui permet de vraiment bien sentir les chansons.

– L’approche est également plus Classic Rock dans l’ensemble et donc moins Heavy qu’auparavant. Est-ce qu’il y a une volonté de toucher un public plus large, ou ce sont plus simplement les références musicales de chacun qui ressortent plus facilement cette fois ?

C’est beaucoup plus au niveau des références, en effet. Ce sont vraiment les riffs qui me sont venus avec une couleur différente. Et puis, le chant de Loup ensuite a vraiment confirmé cette intuition. Il a un côté très fédérateur dans le chant et ça m’a rappelé beaucoup de choses. Donc, en plus des riffs plus Rock et une voix comme la sienne, tu donnes tout de suite une autre couleur à l’album. Il y a peut-être plus de chaleur et l’ensemble est aussi plus positif, notamment au niveau des paroles qui contiennent beaucoup plus d’humour et qui sont aussi plus pointues.

– « Heart Starter » a été enregistré dans trois studios différents et mixé pour l’essentiel par Jordan Westfall, qui a récemment travaillé avec Black Stone Cherry, et tu l’as accompagné pour le mastering. C’était important pour toi d’avoir le final-cut sur le son de ce nouvel album ?

Oui parce que, parfois, il manque deux/trois petites choses. Cela dit, je ne suis peut-être pas le meilleur pour le faire surtout avec mon petit problème d’oreille ! (Rires) Mais je détecte certains détails, comme une basse à ajouter, par exemple, et donc oui, c’est important pour moi.

– Un petit mot aussi au sujet du single « Get On Me », qui a été mixé par le grand Mike Fraser. J’imagine qu’une telle collaboration a un caractère assez unique. Qu’est-ce que tu en retiens, dans quelles circonstances cela a-t-il pu se faire et pourquoi n’a-t-il pas mixé tout l’album ?

En fait, cela a surtout été une question de timing pour le mix complet de l’album. A ce moment-là, tout n’était pas encore enregistré de notre côté, non plus. En fait, l’enregistrement ne s’est pas fait en une seule fois, en raison de morceaux qui sont arrivés en toute fin. Et puis, il était très occupé une semaine ici, une semaine là. En fait, on s’est souvent parlé et on voulait faire quelque chose ensemble depuis un moment. Et en dernière minute, il y a aussi eu une question de budget avec notamment un studio au Canada qui était plus cher que ce que l’on croyait. Puis, on a aussi écouté ce que Jordan a fait et j’adore. J’aime beaucoup sa façon de travailler et lorsque j’ai écouté ce qu’il avait réalisé pour Black Stone Cherry, j’ai trouvé ça parfait. Au final, c’était plus une question de timing qu’autre chose.

– Puisqu’on en est à évoquer les grands noms présents sur l’album, on y retrouve Billy Sheehan à la basse sur « I Won’t Love You », Vinny Appice à la batterie sur « All In All Out » et « Wildfire » et Don Airey de Deep Purple sur ces deux mêmes morceaux. Et il faut ajouter Kenny Aronoff (John Mellencamp, John Fogerty) à la batterie sur un titre, tout comme Rudy Sarzo (Dio, Ozzy, Quiet Riot) à la basse sur « Wild Fire ». C’est important aussi d’avoir des guests de ce calibre sur un album, ou il s’agit juste d’un petit plaisir personnel ?

En fait, c’est venu comme ça à travers diverses sessions. On voulait travailler ensemble et les mettre sur l’album. D’avoir Kenny et Billy sur un titre était aussi un peu mon petit Graal. Au niveau basse/batterie, ils sont incroyables. Je croisais très régulièrement Billy à Los Angeles à une certaine époque. Pour Kenny, qui ne veut pas faire un titre avec lui ? (Rires) C’est quelqu’un plein de force, de tellement joyeux et qui un personnage assez impressionnant aussi. Quant à Don, il est tout simplement monumental !

– Enfin, avec trois albums, vous avez de quoi constituer de jolies setlists. Allez-vous vous concentrer sur « Heart Starter », ou essayer de trouver un équilibre avec l’ensemble de votre répertoire ?

Non, on va axer nos concerts sur le nouvel album. Et puis, on ne va pas se le cacher, la direction musicale actuelle est différente. Lors d’un récent concert, on avait juste un ancien titre du deuxième disque. On va peut-être réadapter certains morceaux, qui colleront au set que l’on veut donner. La ligne artistique est plus claire aujourd’hui et j’ai d’ailleurs déjà en tête celle du prochain. Donc on va rester sur cette dynamique.

L’album de LAST TEMPTATION, « Heart Starter », sortira chez Metalville.

Photos : Benjamin Hincker (1, 2,5) et Greg H Photographer (3)

Retrouvez l’interview de Peter Scheithauer lors de la sortie de « Fuel For My Soul » :

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Hard 70's Occult Rock Proto-Metal Psych

Occult Witches : une fantasmagorie prégnante

On le croirait tout droit sortis des années 70, tant la maîtrise affichée par OCCULT WITCHES a quelque chose d’évident dans la démarche, comme dans l’écriture de ce Rock/Hard aux atmosphères parfois baroques, épiques et même légèrement Doom et Stoner. Les Canadiens proposent un univers Dark, qui tranche cependant avec la majorité des combos actuels du même mouvement. Par sa diversité et une prestation vocale en parfaite adéquation avec les parties instrumentales, « Sorrow’s Pyre » est aussi captivant que frénétique. Une prouesse !

OCCULT WITCHES

« Sorrow’s Pyre »

(Black Throne Productions)

Depuis « Morning Walk » sorti en 2021, OCCULT WITCHES avance sur une cadence effrénée à raison d’un album par an. Pourtant, cette fertile productivité, loin d’être surabondante, a la particularité de préciser et d’affiner le registre des Québécois. L’évolution est manifeste et même implacable, tant les réalisations qui se succèdent viennent peaufiner leur propos et leur style, qui se nourrit autant de Classic Rock, que d’un Blues musclé, de Stoner, de psychédélisme et d’un proto-Metal forcément vintage, mais si rafraîchissant.

Après un deuxième opus éponyme en 2022, puis « Mastermind » en 2023, le quatuor livre donc « Sorrow’s Pyre » et semble toujours aussi inspiré. Mieux, il atteint une sorte d’apogée qu’on sentait poindre depuis un petit moment déjà. L’identité musicale d’OCCULT WITCHES est éclatante et doit aussi sans doute beaucoup à sa chanteuse, Vanessa San Martin, littéralement habitée par des ambiances forcément sombres, tournées vers un occultisme, qu’elle fait vivre avec autant de puissance que de délicatesse. La maîtrise est totale.

Entourée par le flamboyant guitariste Alec Sundara Marceau, et soutenue par le duo basse/batterie composé de Danick Cournoyer et Eliot Sirois, la frontwoman est le point d’équilibre du groupe, dont chaque membre apporte sa touche dans un ensemble très organique, capable de se déployer dans des moments intenses et musclés comme à travers des passages plus légers. OCCULT WITCHES passe de l’ombre à la lumière avec un irrésistible côté hypnotique (« Malice », « Faustian Bargain », « Flesh And Bones », « The Fool »).   

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Stoner Rock

Sons Of Arrakis : flux et reflux

Le voyage proposé par SONS OF ARRAKIS sur son deuxième opus est captivant à bien des égards. Derrière l’épaisseur des guitares, une paire basse/batterie redoutable et un chant très aérien, les Canadiens parviennent à rendre leur Stoner Rock très accessible en nous plongeant subtilement dans l’aspect conceptuel de leur propos. Véloce et accrocheur, « Volume II » montre une étonnante diversité, très rassembleuse, tant elle parcourt des couleurs musicales très changeantes.

SONS OF ARRAKIS

« Volume II »

(Black Throne Productions)

Avec ce « Volume II », SONS OF ARRAKIS passe à la vitesse supérieure et laisse exploser tout le potentiel aperçu sur le premier volet. L’univers Sci-Fi du groupe s’inspire toujours de paysages musicaux variés, mais aussi de littératures diverses. Cette fois, c’est le livre ‘Dune’ de Frank Herbert qui sert de fil rouge et c’est vrai que vu les récentes sorties cinématographiques couronnées de succès, le choix est plutôt judicieux d’autant que l’œuvre en question est vaste et le champ d’investigation ouvre bien des portes.

Bien produit, ce deuxième album présente un Stoner Rock multi-facette et sur une même thématique, les Québécois se montrent autant à leur aise dans des sonorités Psych, Desert et Prog que Doom et carrément Classic Rock. SONS OF ARRAKIS ne s’interdit rien et des twin-guitares galopantes à des riffs plus lourds et des solos hyper-Heavy, le quatuor s’amuse le plus sérieusement du monde. La dynamique du jeu de faiblit pas un seul instant et on se laisse agréablement guider dans cette épopée ambitieuse.

Avec beaucoup d’efficacité dans l’écriture, le combo de Montréal ne néglige pas pour autant une certaine complexité dans la structure de ses morceaux, bâtis pourtant sur un modèle de chansons. Mélodique, le groove n’en est pas moins costaud et la puissance affichée par la rythmique notamment libère une sorte d’euphorie captivante. SONS OF ARRAKIS se montre original dans l’approche, mariant des effets très actuels avec des passages presque vintage soigneusement élaborés. Un bel album rétro-futuriste et une belle vision du Stoner.

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Desert Rock Heavy Psych Rock

Mooch : l’odyssée de l’âme

Entre Heavy Psych et Desert Rock, les Québécois de MOOCH semblent avoir cerné leur terrain de jeu, et les atmosphères présentes sur « Visions », viennent confirmer la belle créativité du combo. Avec un côté brut soigné, on se laisse porter par des morceaux aux climats à la fois apaisants et aussi propres à la réflexion. Costaud ou plus léger, le voyage proposé par la formation de Montréal combine des références évidentes avec une personnalité affirmée.

MOOCH

« Visions »

(Black Throne Productions)

Non seulement MOOCH possède une identité musicale singulière, mais en proposant un regard philosophique très pertinent à travers ses textes,  il parvient à se réinventer à chaque album. Avec « Visions », son troisième, il nous transporte dans un Heavy Psych Rock qui va puiser dans la scène de Seattle de la belle époque, tout comme dans l’univers psychédélique des 70’s. Mais s’il y a une agréable touche vintage dans le jeu des Canadiens, on la doit aussi à l’unité et la complémentarité qui règnent au sein du trio.

Car l’une des forces de MOOCH est d’être composé de trois chanteurs, tous multi-instrumentistes. Les configurations sont donc aussi nombreuses que les paysages sonores explorés. Et « Visions » donne cette fois encore une autre facette que celle perçue sur « Wherever It Goes ». Ben Cornel, Julien Lac et Alex Segreti jouent aussi sur les émotions à travers des plages instrumentales captivantes et si l’ombre des Doors plane sur ce nouvel opus, le groupe s’en détache habillement avec beaucoup d’originalité.

Grâce à une production très organique, probablement analogique, il émane énormément de chaleur de ces nouvelles compositions, où les ambiances acoustiques rayonnent au côté d’autres plus Rock, Desert et Stoner. Vocalement, l’empreinte du grand Jim Morrison habite littéralement « Visions », ce qui le rend très attachant. Non sans d’émotion, MOOCH étend son univers unique avec une profondeur pleine d’optimisme (« Hangtime », « Vision », « Together », « Intention, « Morning Prayer »). L’odyssée est belle et envoûtante.  

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Stoner Rock Army : passionnément stoned ! [Interview]

Avec près de 10K (comme on dit aujourd’hui) de followers sur Facebook, la STONER ROCK ARMY, créée et emmenée par le Québécois Eric Varasifsky, alias The General, est devenue incontournable pour tous les amateurs de Stoner Rock, bien sûr, mais aussi de tous ses dérivés qu’ils soient Heavy, Doom, Psych, Occult, Metal, Space, etc… Conscient de l’impact des réseaux, il est aussi présent sur Bandcamp, la plateforme la plus intelligente et de très loin, où l’on peut découvrir plus de 1.500 albums en ligne. Ayant attisé ma curiosité, j’ai voulu en savoir un peu plus sur l’homme au chapeau venu de la Belle Province. Entretien.

– Tout d’abord, comment es-tu venu au Stoner et quels sont les groupes qui ont fait la bascule et qui t’ont fait franchir le pas ?

Je suis de la vieille génération de groupes Rock et Hard Rock cultes des années 70 et j’ai toujours aimé les sonorités rétro, donc pour moi la musique Stoner s’en approche de beaucoup au niveau du son. Disons que la  transition a été pratiquement automatique. En ce qui concerne les groupes, c’est difficile à dire car c’est un peu loin dans ma mémoire mais, bien sûr, Black Sabbath, qui est pour moi le premier vrai groupe Stoner, puis Kyuss, Fu Manchu, Orange Goblin, Sleep, Truckfighters et la liste continue…

– Cela fait maintenant quelques années que la STONER ROCK ARMY existe. Comment est née l’idée et surtout dans quel but ?

Il est important de savoir que la STONER ROCK ARMY existe depuis 15 ans et même un peu plus, car auparavant le groupe avait d’autres noms comme ‘Stoner Montréal’, ‘Stoner Rock Montréal’ et ‘Montréal Rock’, mais ces groupes Facebook que je tentais de créer ne fonctionnaient pas. Après un certain temps, j’ai décidé de tenter le coup une dernière fois, alors j’ai soudainement pensé à la ‘Kiss Army’. Eh oui ! Et je me suis dit pourquoi pas STONER ROCK ARMY ? Du coup, cela a fonctionné et les gens on commencé à participer de plus en plus et, à ma grande surprise, même les membres de groupes, ainsi que les labels s’y sont joints. Imagine mon excitation quand les héros que tu vénères te rejoignent. La STONER ROCK ARMY est simplement une page Facebook, qui nous permet de nous retrouver, de partager notre passion pour la musique, de permettre aux groupes de promouvoir leurs productions, ainsi que les labels. Et la maxime de la STONER ROCK ARMY est ‘We Are Family, In Music We Unite’ !

– Tu es très actif sur les réseaux sociaux où tu animes donc un groupe dédié, ainsi que sur Bandcamp. Quelle est la différence entre les deux ? Bandcamp fait presque penser à une collection, une sorte de discothèque virtuelle. C’est le cas ?

Bandcamp est effectivement une grande discothèque virtuelle. Pour les groupes, c’est la plateforme par excellence pour se faire connaître, selon moi, et elle est facile d’accès. Depuis longtemps, je clame haut et fort que Bandcamp est la place pour les groupes, car elle rapporte pour eux un peu d’argent pour leur permettre de nous livrer d’autres albums grâce à un effet pyramidal. L’un est donc un réseau social, tandis que l’autre fait office de discothèque.

– Tu es basé à Montréal au Québec, comment se porte la scène Stoner de ce côté du Canada ?

Oui, le quartier général de la STONER ROCK ARMY est effectivement à Montréal au Québec. La scène Stoner ici est de plus en plus forte, et j’en suis vraiment fier. Il y a beaucoup de bons groupes qui se forment et plusieurs sont même à mon avis du calibre des grands noms. Le talent est vraiment là et la passion aussi. Nous avons également de bons endroits où nous retrouver, mais j’aimerais y voir plus de groupes de l’extérieur. Parfois, et en de rares occasions, ils passent sans s’arrêter ici et c’est vraiment dommage, car ils seraient reçu en héro. 

The General lors de la deuxième ‘Stoner Rock Army Night

– En plus de ta forte présence sur le Net, tu organises aussi les ‘Stoner Rock Army Night’, c’est-à-dire des concerts. L’idée est de promouvoir les groupes locaux, ou est-ce que tu fais aussi venir des groupes étrangers, américains, par exemple ?

Il y a eu trois concerts de la ‘Stoner Rock Army Night’ qui ont été de vrais succès. A chaque fois, l’endroit était plein à craquer. Mais pour être honnête, j’étais un bleu en ce qui concerne la promotion et l’organisation de concert, et c’est Fred, le chanteur du groupe Sons Of Arrakis de Montréal, qui m’a donné ma chance et  m’a servi  de professeur. Il s’est occupé de tous les aspects pour les deux premiers concerts. J’ai beaucoup appris et ensuite pour le troisième, c’est mon pote Frank du groupe Paradise (Montréal), qui a finalisé mon apprentissage. Le problème reste toujours l’aspect financier. J’aimerais de plus en plus être en mesure de pouvoir faire venir les groupes d’ailleurs, qui sont aussi très intéressés pour venir jouer, mais je dois procéder étape par étape. Mon rêve ultime serait un véritable ‘Stoner Rock Army Festival’ de deux à trois jours en extérieur et que des gens de tous les coins du globe y participent.

– Le Stoner en général a beaucoup évolué en assez peu de temps finalement. Quels sont les courants qui ont ta préférence, et comment juges-tu l’évolution du genre ?

Je crois fermement que le Stoner Rock est le nouveau Rock et la tendance est de plus en plus à la hausse. Pour ma part, j’adore le Space Stoner et l’Occult, si on peut les classer ainsi. Je me fais vieux, donc je suis de plus en plus calme dans mes choix musicaux. (Rires) Je crois encore une fois que le vent tourne au niveau Rock, et c’est peut-être dû au fait que le genre est plus facile à produire. En seulement une année, il est clair qu’il y a eu beaucoup plus d’albums de Stoner, toutes catégories confondues, qui on vu le jour comparativement au Rock, disons plus commercial.

The General avec le groupe américain Ruby The Hatchet

– Parmi les groupes émergents, quelles sont tes plus belles découvertes de cette année qui vient de s’achever ? Et à l’heure où tout le monde y va de son Top 10 notamment, quel est le tien ?

2023 a été une année complètement folle avec de très bon albums. A vrai dire, j’ai eu beaucoup de mal pour choisir mes albums préféré, ainsi que dans mes votes pour le ‘Doom Charts’, ce qui est rare. En général, je me décide assez rapidement. Je vois cela comme un bon signe, car plus la tache est ardue, plus la qualité des groupes et leur travail sont bons. C’est juste génial, non ? Mais certains albums se sont démarqués plus que d’autres. Le groupe Black Glow du Mexique notamment a gagné mon vote cette année, suivi de Nepaal, Child, The Spacelords, Tidal Wave, Westing, Occult Witches, Burn Ritual, Moon Coven, Acid King et j’en passe…

– Un dernier mot sur les labels, car il y a quelque chose de surprenant. De nombreux groupes Stoner, même établis, ne sont pas signés sur les grosses maisons de disques. Ça reste une musique de niche, selon toi ? Et, finalement, est-ce qu’un changement de ‘statut’ serait souhaitable pour le style en général ?

Bonne question. En fait, beaucoup de groupes se financent et font leur promotion eux-mêmes. Je sais que certains gros labels reçoivent beaucoup de demande dans l’année et ils doivent faire des choix et laisser parfois passer de bons albums. A ma grande surprise, certains groupes ne connaissent même pas les labels. J’en ai d’ailleurs dirigé quelques uns vers des maisons de disques. Alors, changer ? Pourquoi changer une formule gagnante ? 

Retrouvez la STONER ROCK ARMY sur les réseaux :

www.facebook.com/groups/stonerrockarmy

https://bandcamp.com/stonerman69

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Voivod : l’avant-garde du Metal

Afin de célébrer de la plus belle des manières ses quatre décennies d’existence, VOIVOD a parcouru sa discographie et a choisi neuf morceaux qu’il s’est fait un plaisir de ré-enregistrer avec un son et une production actuelle, tout se réservant le plaisir d’offrir un titre inédit. Pour autant, l’esprit reste intact et les Canadiens ont même convié leurs anciens bassistes, E-Force et Jason ‘Jasonic‘ Newsted, sur quelques plages pour un revival absolument démoniaque.  

VOIVOD

« Morgöth Tales »

(Century Media Records)

Pour fêter en beauté ses 40 ans de carrière, VOIVOD a eu la riche idée de se plonger dans son back-catalogue et de revisiter avec son line-up actuel neuf titres figurant sur ses albums les plus emblématiques. Retour donc sur une période s’étalant de 1986 à 2003 et durant laquelle il est assez incroyable et spectaculaire de constater l’évolution du groupe, bien sûr, mais aussi la façon dont il a su préserver un style unique et en constante mutation. Il a ouvert la voie tout en se renouvellement perpétuellement… Une chose inimaginable aujourd’hui !

Ce quinzième album montre tout le talent, le savoir-faire, la créativité et surtout l’aspect très novateur de ce ‘Chevalier-vampire-androïd de l’ère post-nucléaire’ avant-gardiste, qui a influencé plusieurs générations de musiciens. On passe ainsi en revue la période Technical Thrash, Thrash Punk, Progressive Metal et Sci-Fi des Québécois qui n’ont eu de cesse de se réinventer. VOIVOD a retourné le monde du Metal avec tellement d’application que beaucoup ne l’ont même pas encore saisi.

On démarre avec « Condemned To The Gallows », morceau méconnu apparu sur la compilation « Metal Massacre V » en 1986 et ça défouraille ! S’en suivent avec des titres piochés sur les albums « Rrröööaaarrr », « Killing Technology », « Dimension Hatröss » (un chef-d’œuvre), « Nothingface », « Angel Rat », « The Outer Limits », « Phobos » et « Voivod ». Le festin est total jusqu’à « Morgöth Tales », l’inédit qui donne son titre à l’album. Les membres de VOIVOD se sont éclatés et cela s’entend ! En un mot : merci !