Catégories
Metal Progressif Sludge

Mastodon : une bascule impériale

Sous couvert d’un sludge Progressif fulgurant et massif, MASTODON s’offre une introspection pour le moins explosive. Très technique, mais accrocheuse, la formation d’Atlanta est aussi Heavy que tortueuse et parvient avec classe à renverser un destin qui semble s’acharner sur elle depuis quelques année. Complexe et moderne, « Marrow Deep » fend l’armure et repasse à l’attaque en restant attaché au jeu et à la virtuosité, qui ont toujours fait la particularité du désormais quintet. En patron, il impose sa marque et se montre particulièrement inspiré.

MASTODON

« Marrow Deep »

(Loma Vista Recordings)

Depuis des années, MASTODON fait face aux tragédies avec abnégation, et là où certains auraient sans doute baissé les bras, il sait faire preuve d’une incroyable force mentale. Cinq ans après le double-album « Hushed And Grim » qui était marqué d’une certaine mélancolie après la perte de son ami et manager Nick John, le groupe a dû essuyer d’autres drames personnels, ce qui a finalement décuplé son envie de se remettre à l’ouvrage et de se surpasser. Et « Marrow Deep » se présente comme le coup de semonce attendu et la réponse à de nombreuses questions.

Autour de Brann Dailor (batterie, chant), Bill Kelliher (guitare) et Troy Sanders (basse, chant), MASTODON accueille João Nogueira (claviers) et Nick Johnston (guitare), qui apportent leur touche et leur fraîcheur. « Marrow Deep » laisse ainsi plus de place aux synthés, renforçant les mélodies et son côté Prog pour afficher sa pleine puissance. Intenable et costaud, le combo est plus vivant que jamais, se dévoile aussi beaucoup plus, comme pour mieux évacuer de vieux démons et conjurer le sort. Son identité est intacte et elle resplendit avec une énergie accrue.

Pour ce phénoménal retour, les Américains ont invité quelques amis, une habitude, mais qui prend ici tout son sens. Ainsi, Josh Homme (QOTSA) est de la partie (« Snakes For Dinner »), Randy Blythe de Lamb Of God (« A Vampire’s Demeanor »), Neil Fallon de Clutch (« The Three Fates »), ainsi que Geezer Butler et Joe Duplantier de Gojira sur « The Vanishing ». Nate Newton et Ben Koller, la section rythmique de Converge, enfoncent le clou, mais MASTODON reste seul maître à bord et garant de son œuvre (« Poisonous Weapons », « Out Like A Lamb », « Moth And Bone ») Magistral !

A noter qu’une longue interview de Brann Dailor sera très bientôt en ligne sur le site !

En attendant, retrouvez aussi la chronique de « Hushed And Grim » :

Catégories
Blues Metal Progressif Rock

United Guitars : les cordes sensibles

Mené de main de maître depuis quatre ans et autant d’albums, le vaisseau UNITED GUITARS vogue toujours au rythme des riffs, des solos et des chorus envoûtants de celles et ceux qui viennent se greffer à ce projet au départ un peu fou. Parfaitement produit, comme toujours, « #4 » nous fait parcourir l’univers de cette trentaine de guitaristes et le voyage est encore une fois enchanteur.

UNITED GUITARS

« #4 »

(Mistiroux Productions)

Chez UNITED GUITARS, on ne fait jamais les choses à moitié. Depuis le début de l’aventure en 2019, Ludovic Egraz et sa compagne et productrice Olivia Rivasseau ont livré quatre doubles-albums, dont voici le petit dernier. Et comme on ne change pas les bonnes habitudes, pas moins de 33 guitaristes se relaient sur deux bonnes heures de musique, où un grand nombre de styles sont abordés avec classe et une dextérité de chaque instant.

Chaque volume réservant son lot de surprises, « #4 » ne déroge pas à la règle. Et lorsque l’on connait le principe de base d’UNITED GUITARS, celle-ci est de taille. En effet, presqu’érigé en règle immuable, les précédentes réalisations étaient entièrement instrumentales, l’objectif étant de se mettre au service de la six-codes avant tout. Avec « Stay Real », Jessie Lee Houllier s’invite au chant pour un Blues Rock au groove imparable… et à trois guitares !

Tout en finesse et virtuosité, « #4 » nous invite notamment à faire connaissance avec le bluesman Robben Ford, le jeune prodige russe Max Ostro ou encore le Canadien Nick Johnston. Et UNITED GUITARS garde toujours une petite place pour ses habitués dont Yvan Guillevic (Heart Line), Saturax, NeoGeoFanatic ou Youri de Groote, toujours aussi créatifs. Soutenu par une rythmique royale, ces musiciens-là ne manquent vraiment pas de maestria.

Jessie Lee Houllier, LA chanteuse de l’album – Photo : La Chaîne Guitare