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Heavy Psych Rock Sludge Stoner Blues

Lord Elephant : un colossal mastodonte

Bardé de Stoner, de Heavy Blues, de Sludge Metal et d’une pointe d’Acid Rock, c’est à un incroyable voyage dense et intense que nous convie le power trio italien avec « Cosmic Awakening ». Avec un tel premier album, le groupe risque de fortement marquer les esprits, tant le style instrumental de LORD ELEPHANT est franchement démentiel.

LORD ELEPHANT

« Cosmic Awakening »

(Heavy Psych Sounds)

Oser s’appeler LORD ELEPHANT et sortir un premier album de cette trempe fait plus que susciter la curiosité. Le trio italien, qui évolue dans un registre instrumental, n’y va pas par quatre chemins et affiche un Stoner Blues où une multitude d’éléments vient de greffer à la foudre du combo. Et l’incroyable fluidité avec laquelle se livrent les Transalpins est même surprenante.

Vu le style LORD ELEPHANT, on aurait pu s’attendre à des morceaux s’étendant sur la longueur, mais hormis le musclé « Hunters Of The Moon » et ses huit minutes trente, « Cosmic Awakening » se concentre sur des titres efficaces, solides et concis. Et avec des touches de Sludge, de Fuzz très Doom et d’un soupçon d’Acid Rock, le pari est remporté haut la main.

Malgré l’absence de chant, on est littéralement saisi par l’impact des compositions de « Cosmic Awakening ». Dès les deux parties qui ouvrent l’album (« Forsaken Slumber » et « First Radition »), LORD ELEPHANT va à l’essentiel et les riffs puissants, la monumentale basse et la fracassante batterie offrent une combinaison fulgurante (« Desert Collision », « Raktabija », « Stellar Cloud »). Massif et mélodique à la fois.

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Doom Sludge

SunStare : mythes et légendes

Troisième album en moins de dix ans pour le quatuor du Nord, qui se surpasse sur ce « Ziusudra » avec un style plus incisif et percutant que jamais. Avec un formidable aplomb et un contrôle total de son jeu, SUNSTARE pose un Doom massif et lourd au sein duquel des tranchantes et racées semonces Sludge frappent à tout rompre. Fulgurant.

SUNSTARE

« Ziusudra »

(Source Atone Records)

Les Lillois nous la font à l’envers. A l’envers de 4.800 ans pour être précis avec ce « Ziusudra » qui nous renvoie aux épopées des sumériens et de la légende de Gilgamesh, cruel, roi d’Uruk. SUNSTARE pose ainsi le décor de son troisième album, où le Sludge du quatuor vient frapper un Doom massif, déjà très appuyé et parfaitement mis en valeur par une production très soignée.

Granitique, ce nouvel opus a de quoi en laisser plus d’un sur le carreau. Mené par le chant féroce de son frontman Peb, les sept morceaux de « Ziusudra » s’inscrivent avec modernité dans une atmosphère ancestrale brute. Tout en contraste, SUNSTARE évolue sur une solide base Doom écrasante que des fulgurances Sludge viennent perturber habillement sur une cadence effréné.

D’entrée de jeu, le morceau-titre plante le décor sur une plage instrumentale assez progressive, juste avant un déferlement compact dans les règles (« Abgal/The Very Wise », « Uru/The Wrath, The Flood »). SUNSTARE déploie un véritable mur de guitare à travers lequel la rythmique implacable trouve son équilibre sur des déflagrations très maîtrisées (« Ganzer/The Abyss », « Awîlum/L’Homme Libre »). Pleine face.

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Doom Sludge

Crowbar : une puissance titanesque

Les maîtres du Sludge Metal sont enfin de retour avec un nouvel album, « Zero And Below », féroce et massif. Après une escapade en solo en 2020 (« Dream In Motion »), Kirk Windstein a rassemblé ses troupes pour une grand-messe imposante et fracassante. CROWBAR n’est pas prêt de lâcher le morceau… C’est même tout le contraire !   

CROWBAR

« Zero and Below »

(MNRK Heavy)

Prêt depuis presque deux ans, CROWBAR a rongé son frein et pris son mal en patience avant de livrer enfin « Zero And Below », son douzième album. Et il faut reconnaître qu’après plus de 30 ans de carrière, Kirk Windstein et ses hommes en ont encore sous le pied. Le Sludge du combo de la Nouvelle Orleans reste massif et rutilant. Les Américains n’ont pas leur pareil pour vous sauter à la gorge pour ne plus vous lâcher.    

Brutalement emmené par les riffs épais de Matthew Brunson et de Windstein, dont la voix est plus rocailleuse que jamais, la lourdeur de la basse du nouvel arrivé, Shane Wesky, et la férocité des coups portés sur ses fûts par Tommy Buckley, CROWBAR en appelle aux profondeurs abyssales d’un registre qu’il a tant contribué à forger et le porte aux nues. Cela ne fait aucun doute, le combo a mûrement pensé ce nouvel effort.

Entre un Doom menaçant et des fulgurances HardCore frénétiques (« Bleeding From Every Hole », « Reanimating A lie »), le quatuor fait parler la poudre sans pour autant être plombant. Grâce à la très organique production signée Duane Simoneaux, CROWBAR prend du volume tout en usant d’une finesse chirurgicale (« Chemical Godz », « Zero And Below », « Crush Negativity »). Ebouriffant et déjà classique !   

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Post-Metal Sludge

Rongeur : bestial !

Sombre et rugueux, le deuxième album des Scandinaves vous saute à la gorge pour ne plus vous lâcher. « Glacier Tongue » ne passe pas par quatre chemins pour déverser un Sludge Metal aux accents post-Metal ravageur et sauvage. Très technique et surpuissant, le trio norvégien propose un style qui vient bousculer la quiétude des ténèbres avec détermination. Corrosif, RONGEUR ne grignote pas : il dévore !

RONGEUR

« Glacier Tongue »

(Fysisk Format)

Ecrasant tout sur son passage, le trio norvégien RONGEUR débarque pleine balle avec un deuxième album aussi robuste qu’inspiré et affichant une variété musicale étonnante. Originaire d’Oslo, le groupe est composé de Dag Ole H. Huseby (guitare, basse, chant), Jon Dahl Tveter (batterie, chant) et d’Audun G. Jakobsen (guitare, chant), tous trois aguerris à la scène locale pour avoir œuvré dans de multiples formations.

C’est fin 2012 que le trio se réunit pour la première fois avec pour objectif de livrer une musique brute, lourde et honnête. Pari réussi haut la main ! Après plusieurs démos et quelques splits, leur premier album, « An Asphyxiating Embrace », voit le jour et annonce déjà un style décapant. A travers son Sludge Metal qui vire même au post-Metal par moment, RONGEUR s’inspire autant de groupes extrêmes que de Schopenhauer.

Enregistré dans trois studios différents, « Glacier Tongue » se déploie sur des riffs précis et épais, une rythmique ferme et un chant aussi ténébreux que sauvage. Décrivant son époque avec un regard acide, RONGEUR appelle à la révolte et à la prise de conscience avec des textes scandés et avec une férocité permanente. Très bien produit, ce deuxième album met en lumière la technicité et la puissance de frappe d’un trio dont on va entendre parler ! 

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Doom Metal Sludge

Seum : une marée de basse

Le Doom’n Bass de SEUM s’inscrit dans un Sludge Metal acéré et ravageur. Le trio français exilé au Québec sort enfin « Winterized », son premier album, après un EP et un split très convaincants. Ici, pas de guitare, mais une basse protéiforme qui guide une batterie infaillible et massive sur un chant rageur et incisif. Pleine face !

SEUM

« Winterized »

(Independant)

Si vous suiviez Rock’n Force sur Facebook avant la création du site, vous n’aurez aucun mal à retrouver l’interview et la chronique du premier très bon EP de SEUM. Expatrié au Québec, le trio français évolue dans une fulgurante formule basse/batterie/chant et a imaginé un Doom’n Bass décapant, qui vient donner un bon coup de frais au Sludge Metal. Le Canada semble leur avoir offert une nouvelle inspiration.

Après le très bon « Summer Of Seum », l’étonnante reprise de Prince et le split avec leurs amis parisiens de Fatima, SEUM livre enfin son premier album, très abouti et tout en puissance. Le trio a effectué un gros travail sur la production en apportant autant de corps que de finesse dans les ambiances. Toujours sans guitare, la basse se fait lourde, épaisse et le groove vrombissant fait le reste.

Gaspard (chant), Piotr (basse) et Fred (batterie) sont plus inventifs et inspirés que jamais comme en témoignent les sept plages de « Winterized ». A travers cinq nouveaux titres percutants, SEUM peaufine et affirme son style, tout en faisant un clin d’œil aux Ramones avec la reprise de « Pet Semetery », rebaptisée « Red Semetery ». Le trio va vous sauter à la gorge et vous allez en redemander !