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Heavy metal Old School

Master Massive : Metal octopus

Très créatifs et percutants, les musiciens de MASTER MASSIVE mènent une espèce d’armada Heavy Metal, qui s’engouffre dans de très nombreux courants comme pour mieux établir une identité musicale plus forte. Avec « White Shadows », leur troisième album, les Scandinaves se montrent très techniques, mélodiques et véloces. Classique dans le fond, la forme quant à elle est pleine d’imprévus et prend bien soin d’éviter des clichés souvent incontournables. Inattendu et musclé, le jeu du combo sort des sentiers battus avec autant d’allant et de maîtrise que de finesse.

MASTER MASSIVE

« White Shadows »

(Fireflash Records)

Les Suédois ne donnent pas souvent de leurs nouvelles, alors si en plus elles sont bonnes, le plaisir n’en est que décuplé. Fondé en 1993 par le guitariste Janne Strandh, il aura pourtant fallu attendre 2015 pour que « The Pendulum » voit le jour, puis « Black Feathers On Their Graves », cinq ans plus tard. Autant dire que MASTER MASSIVE avance à un rythme de sénateur, mais avec la manière et la certitude de bien faire les choses et de délivrer de très belles surprises. Et sur « White Shadows », c’est notamment le line-up qui détonne.

Le groupe se présente avec trois chanteurs et affiche une phénoménale force de frappe, ainsi son Heavy Metal devient plus polymorphe encore. Tony Niva (ex-Lion’s Share, Zanity), Viktor Gustafsson (Lethal Steel) et Marcus Karlsson, qui faisait déjà partie de l’aventure, se complètent à merveille et ont surtout la particularité d’offrir un panel vocal plus que conséquent à MASTER MASSIVE. Aigus, massifs, agressifs ou rauques, les registres empruntés par le trio ne montrent pas la moindre faiblesse et l’ensemble est étincelant.

Si l’atmosphère est clairement Old School, le Heavy Metal du sextet est quant à lui beaucoup plus complexe. En ouvrant avec le morceau « Noah’s Cross » et ses onze minutes, le ton est donné et l’audace, dont fait preuve la formation, laisse supposer que la suite s’annonce étonnante… et elle l’est ! Entre Speed Metal, Power, Prog et Doom, MASTER MASSIVE ne s’interdit rien, fait une très belle synthèse et obtient un son et un style originaux (« Islands And Bells », « Blood On The Floor », « Silver Bullet » et le morceau-titre). Solide et virtuose !

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Metal Progressif

Virtual Symmetry : une précision d’orfèvre

De crescendos en accélérations haletantes, cette quatrième réalisation de VIRTUAL SYMMETRY atteint des sommets en termes de Metal Progressif. Grâce à un chanteur hors-norme et des partenaires qui avancent à l’unisson, on en oublierait presque la grande technicité à l’œuvre sur « Veils Of Illumination ». Les huit morceaux sont si fluides qu’il est impossible de s’y perdre, même s’ils affichent une bonne longueur. On reste plutôt captivé par tant d’émotion véhiculé de main de maître par une maîtrise de chaque instant. Une prouesse musicale qui célèbre un savoir-faire et un talent d’écriture rare.

VIRTUAL SYMMETRY

« Veils Of Illumination »

(Independant)

Fondé en 2009 par Valerio Æsir Villa, multi-instrumentiste qui tient ici la guitare, VIRTAL SYMMETRY a patienté jusqu’en 2016 et « Message From Eternity » pour faire son entrée sur la scène progressive européenne. Depuis ses débuts, le registre du combo italo-suisse ne cesse de repousser ses propres limites en termes de compositions. Il faut dire que son Metal se pare de très nombreuses influences, qui viennent autant du classique que du Heavy Metal, et avec une touche cinématographique très présente. Et c’est cela qui le rend inimitable dans les atmosphères déployées et la richesse des harmonies. Un véritable travail d’orfèvre.

Deux ans tout juste après son dernier album éponyme, le quintet présente « Veils Of Illumination », où il vient lever tous les doutes quant à une éventuelle panne d’inspiration. Bien au contraire, VIRTUAL SYMMETRY est au sommet de son art et s’il reste techniquement impressionnant, il n’a pas son pareil pour développer des mélodies accrocheuses. Accueillant Andrea Gianangeli à la batterie et Ruben Paganelli aux claviers, il semble plus affûté que jamais et l’entente entre les musiciens est, elle aussi, très palpable. Et mixé et masterisé par Simone Mularoni de DGM, la production est éclatante.

Malgré la complexité des morceaux et un travail sur les arrangements aussi conséquent que soigné, les nouveaux titres n’ont rien d’étouffants, là où tellement d’autres sont souvent pompeux. VIRTUAL SYMMETRY possède une vélocité et une dynamique, qui le propulsent dans un univers profond et lourd, mais aussi une énergie qui le rend vraiment imprévisible. Les riffs sont efficaces, la rythmique virevoltante, les claviers virtuoses et Marco Pastorino au chant passe d’une tonalité à l’autre presque naturellement. Imparable, on retiendra notamment « Eightfold Path » et ses enivrantes 20 minutes. Monumental !   

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Alternative Metal Metal Progressif Modern Metal

Black Note Graffiti : une intense sincérité

Grâce à un son très actuel et organique, BLACK NOTE GRAFFITI réussit le tour de force de concilier l’énergie des groupes Fusion des années 90 avec l’approche assez neuve de la scène Alternative Metal d’aujourd’hui. Pour leur quatrième album, les Américains livrent des titres bien rentre-dedans, tout en présentant des morceaux distinctifs entre rage et mélodies appuyées. « Resist The Divide » est un disque qui a beaucoup de sens et la technique à l’œuvre en fait une petite surprise… et une belle confirmation.

BLACK NOTE GRAFFITI

« Resist The Divide »

(Golden Robot Records)

Originaire du Michigan, BLACK NOTE GRAFFITI fait partie de ces groupes difficile à définir. Sur un fond progressif, le quintet développe des sonorités alternatives, très Rock aussi sur des mélodies accrocheuses, afin d’obtenir un style assez unique. Ce qui importe d’abord chez lui, c’est cet incroyable travail effectué, tant sur la musique que sur les émotions qu’elle diffuse à travers les textes. Depuis « Volume I » paru en 2013, son Metal est en pleine ébullition, devient aussi plus personnel et percute avec beaucoup d’ardeur et de conviction.

Déjà sur son « Volume III » décliné en deux parties, « Fall » et « Rise » en 2020, BLACK NOTE GRAFFITI avait sérieusement élevé son niveau et « Resist The Divide » vient confirmer ses intentions. Pour ce quatrième album, la production a été confiée à Josh Schroeder (Lorna Shore, Butcher Babies) et l’impact est manifeste. Sur de gros riffs et une solide rythmique, Gabrielle-Gloria se montre très en verve et la frontwoman déploie ici des facultés vocales explosives, polymorphes et une belle assurance.

Avec son petit côté RATM et Deftones dans l’accroche et sur la vivacité brute et directe des guitares, BLACK NOTE GRAFFITI possède un jeu moderne et percutant. « Resist The Divide » aborde des sujets traumatiques avec force et que la chanteuse semble littéralement vivre, tant elle apparaît habitée et offre beaucoup de sincérité et d’authenticité au propos (« Place You Lie », « The Source », « Drown », « Black Roses », « Paradox »). Accrocheur de bout en bout, le combo installe sa vision du Metal avec talent et puissance.