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Heart Attack : tsunami groove [Interview]

Avec leur troisième album, les Français de HEART ATTACK viennent jeter un énorme pavé dans le monde du Thrash Metal hexagonal. D’une part, parce que « Negative Sun » se démarque du registre tel qu’on peut le concevoir, et d’autre part parce qu’il apporte un nouvel élan créatif au genre. Grâce à une production irréprochable, un groove constant et des accroches percutantes, le quatuor se retrouve en fer de lance d’une nouvelle vague, qui ose intégrer de nombreux éléments dans un style souvent figé. Son lead guitariste, Kris, nous parle de ce nouvel opus et de l’approche musicale globale du groupe.

Photo : Manuel Acqualeni

– Pour commencer, rappelons que HEART ATTACK sort son troisième album en un peu plus de 15 ans d’existence. Et « Negative Sun » sort chez Atomic Fire Records, ce qui n’est pas rien lorsque l’on voit le catalogue du label. Quelle a été votre première réaction lorsqu’il vous a approché ?

Au départ, on n’y a pas cru ! (Rires) En fait, on avait démarché plusieurs labels, car le nôtre cessait ses activités. Et on cherchait aussi à grossir. Et nous avons reçu un mail nous disant que Markus Staiger, le patron d’Atomic Fire Records, adorait le groupe et il voulait à tout prix nous signer ! On a commencé à discuter avec eux et on est tombé sur une équipe très sympa, très pro et avec beaucoup d’expérience. C’est vraiment un plaisir de bosser avec eux. C’est une bonne expérience et qualitativement, c’est un bond énorme pour nous. 

– Alors qu’aujourd’hui, on va vers de plus en plus d’autoproductions et que même certains groupes bien installés vont dans ce sens, vous intégrez un label reconnu et établi. Qu’est-ce que vous attendez concrètement d’une telle signature ?

Qu’il nous aide à faire grandir le groupe en termes de renommée, ainsi qu’au niveau de la reconnaissance et du crédit sur la scène Metal. Que cette signature nous permette aussi de tourner beaucoup plus, car c’est l’objectif premier. On veut rester sur cette pente ascendante avec HEART ATTACK, sur le plan national depuis une dizaine d’années déjà, et évoluer encore d’avantage.

– Avant de parler du contenu de l’album, j’aimerais que vous me parliez de cette intro, « Rituals ». Tout d’abord, c’est vrai qu’on ne voit plus beaucoup d’intros sur les albums et la vôtre dure quand même près de 2’30 (2’22 pour être précis). Qu’est-ce qu’elle signifie pour vous, déjà par sa longueur et ensuite par le fait qu’elle soit peut-être un peu en décalage avec la suite ? Et ne me dites pas que c’est pour pouvoir vous installer tranquillement sur scène !

C’est clair que là, on a vraiment le temps ! (Rires) D’ailleurs, je ne sais même pas si on commencera avec cette intro sur scène, car on a d’autres idées qu’on va travailler en résidence. Pour revenir à ta question, c’est vrai qu’on en avait déjà fait une sur l’album précédent (« The Resilience » – 2017 – Apathia Records – NDR) et on y est assez attaché. Cela dit, ça ne veut pas dire que sur le prochain, il y en aura une. Pour celle-ci, c’est un sample qu’on a entendu. C’est un chant mongol mixé avec un bulgare. On a voulu travaillé dessus et ce court instrumental est né. Et on l’a trouvé parfait pour l’intro de l’album.

Kris

 – A la première écoute de « Negative Sun », ce qui saute aux oreilles, c’est cette variété et cette richesse qui se dégage de votre Thrash Metal. On peut à la fois y trouver des aspects liés à la Bay Area, mais aussi à la scène allemande notamment. HEART ATTACK a parfaitement assimilé toutes ces influences. C’est un processus nécessaire pour aller de l’avant et proposer un style plus personnel ?

Absolument, et ça me fait très plaisir que tu dises ça ! On a essayé de proposer un album qui soit le plus riche possible, parce qu’on ne voulait se poser aucune limite en tant que musiciens, mais aussi en tant que fans de musique. On ne voulait pas se limiter à une étiquette Thrash. On peut retrouver sur l’album des influences symphoniques, Death, Black, progressives voire presque Pop/Rock. En fait, tout ce que l’on écoute s’y retrouve un peu. On a vraiment fait ce qu’on a voulu, sans aucune contrainte. D’ailleurs sur « Negative Sun », on a vraiment trouvé l’identité d’HEART ATTACK avec ce mélange de riffs et de mélodies multiples. C’est ce qui nous représente le mieux.

– L’autre force de l’album réside dans la puissance des riffs et le côté très mélodique et groove des morceaux. Il y a un vrai liant au sein-même des titres, qui semblent presque être composés comme des chansons. C’est aussi comme ça que vous l’avez entrepris ?

Oui, parce qu’on n’écoute pas seulement du Metal. On est ouvert à beaucoup de choses et la qualité prime toujours sur le genre. On se nourrit de tout ça pour faire des chansons. Le label nous a dit qu’on était un peu imprévisible, et ça nous fait très plaisir, parce qu’on ne sait pas ce qu’il peut se passer dans une chanson. On essaie toujours de surprendre l’auditeur.

– Par ailleurs, ce qui m’a aussi surpris (et dans le bon sens !), c’est cette attaque très Heavy et même Rock’n’Roll sur les solos, avec un côté très fédérateur et presqu’épique. L’objectif était de transmettre cet esprit des pionniers du genre en y insufflant une touche et même une approche très moderne ?  

J’ai justement développé cette attaque sur les solos, parce que je n’écoute pas uniquement du Metal. Je suis d’ailleurs celui qui en écoute le moins dans le groupe. Donc, je n’ai pas forcément un touché Metal. Mes références sont plutôt Steve Lukather, Pete Townsend ou Jimmy Page. C’est vrai que c’est plutôt Rock. Je suis fan des guitaristes un peu architectes et arrangeurs. J’aime bien construire mes solos comme une pièce de la chanson, tout en la servant, et sans dérouler des plans juste parce qu’il faut un solo à ce moment-là. C’est vrai que c’est un peu bâti à l’ancienne.  

– Même si vous y allez souvent très frontalement, HEART ATTACK prend aussi le temps de poser des atmosphères plus aériennes (comme sur « Negative Sun », par exemple) pour imposer un certain volume aux morceaux. On a finalement l’impression que vous vous nourrissez de beaucoup de choses. Le registre Thrash à lui seul paraît presqu’étroit pour vous. C’est le cas, ou c’est simplement votre vision d’une évolution naturelle du style ?

Personnellement, si tu me poses la question, je ne nous considère pas comme un groupe de Thrash. Il y a des influences, c’est certain. Mais, on n’est pas un pur groupe de Thrash. En revanche, sur nos premiers albums, on était dans un registre très Thrash avec beaucoup de riffs et moins d’arrangements. C’est petit à petit que nous avons intégré d’autres influences et sur « Negative Sun », c’est vraiment ce que nous avons fait. On est un groupe de Metal, voilà ! (Sourires)

– HEART ATTACK a aussi la particularité d’intégrer quelques claviers assez discrets d’ailleurs sur l’album, ce qui est quelque chose de rarissime dans le Thrash. Même si l’avis des puristes importe toujours très peu, ce n’est pas une option banale, loin de là. Là encore, on revient au volume et au relief de vos morceaux. C’est une sorte de soutien à la puissance affichée ?

Oui, c’est ça. C’est aussi une manière de rendre plus épique et plus majestueux certains passages, ou carrément appuyer les harmonies. Parfois, la guitare n’est pas forcément suffisante. On l’avait fait un peu sur « The Resilience » et cette fois, on a surtout suivi nos envies. Et on s’est vraiment éclaté !

– A propos de puissance, j’aimerais qu’on dise un mot de la production. Comment cela s’est-il passé ? Avec qui avez-vous travaillé, car le résultat rivalise tranquillement avec n’importe quelle production internationale… 

Ca fait très plaisir à entendre, parce que ça veut dire qu’on a bien bossé. Pour le premier album, nous avions tout fait tous seuls et à la maison. Sur le deuxième, on a été plus exigeant, mais ce n’était pas encore parfait. Et là, on savait vraiment ce qu’on voulait. On voulait un album qui sonne agressif, qui soit massif et qui ait aussi de la personnalité. Aujourd’hui, c’est vrai que beaucoup de productions vont un peu toujours dans le même sens. On a voulu se démarquer. « Negative Sun » a été enregistré et mixé par Sebastien Camhi au Artmusic Studio, et ça a vraiment été un travail à cinq. On a testé beaucoup de choses au niveau des guitares notamment. On est entré en studio début juin (2021) et on a terminé le mixage début août. On a vraiment bossé pendant un bon moment dessus ! 

– Enfin, vous n’y couperez pas : un petit mot sur la reprise de « Jesus He Knows Me » de Genesis en fin d’album. Sans aller jusqu’à dire que vous l’avez maltraitée, même si elle prend une bonne claque, vous en avez fait un morceau presque personnel, tout en gardant étonnamment la structure du morceau. C’est une sorte de récréation pour vous, une manière de vous rappeler quelques bons souvenirs, ou c’est le texte très cynique qui vous a inspiré ?  

Il y a un peu de tout ça. En fait, on sortait de l’enregistrement de l’album, qui est assez sombre, après une période difficile avec la pandémie. L’époque ne prêtait pas vraiment à rigoler et on a eu envie de faire un morceau plus léger et se faire plaisir. Et comme je suis fan de Genesis, j’ai proposé ce titre aux autres. On l’écoutait d’ailleurs déjà souvent en voiture et pour faire la fête. Tout le monde l’a validé et on a bossé dessus. On s’est vraiment éclaté, comme on peut le voir sur la vidéo, qui a été filmé au portable et qui accompagne le morceau. Ca a été une vraie respiration pendant l’enregistrement, même si nous l’avons vraiment fait sérieusement. On l’a fait sans prétention, ni calcul marketing. C’était vraiment pour rigoler ! On l’a recréé en faisant en sorte qu’il devienne le nôtre. Ca a beaucoup au plu au label, qui nous a proposé de le mettre en bonus sur l’album. On ne s’y attendait pas, car on l’avait fait au départ pour la déconne ! Et au final, ça fait plaisir à tout le monde !

L’album « Negative Sun » de HEART ATTACK est disponible depuis le 10 juin chez Atomic Fire Records, et on retrouvera le groupe sur la MainStage du Hellfest à Clisson le vendredi 17 juin en ouverture.

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France Hard US

Last Temptation : un puissant carburant [Interview]

Fort d’un deuxième album très réussi et rivalisant haut la main avec les meilleures productions de Hard US actuelles, LAST TEMPTATION livre un « Fuel For My Life » torride, musclé et accrocheur. Mené par son frontman Butcho Vukovic, une rythmique basse/batterie imparable et un Peter Scheithauer dont les riffs et les solos débordent d’une énergie brute, le quatuor possède tous les atouts pour s’imposer durablement. Puissant, créatif et mélodique, le groupe s’apprête maintenant à défendre ce bel opus. Son fondateur et guitariste nous en dit un peu plus…

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne sur ta déjà longue carrière. Tout d’abord, pourquoi es-tu revenu en France il y a un peu plus de dix ans, alors que tu étais reconnu et bien en place sur la scène américaine ?

Je vois que l’interview commence fort ! (Rires) En fait, je suis revenu faire des dates avec Killing Machine (AC/DC au stade de Nice et Stade de France), le Wacken Open Air, Graspop, Foire aux vins de Colmar, Bulldog Open Air, BloodStock, etc… Ma femme américaine est tombée amoureuse de l’Europe et voulait rester et avoir cette expérience, mais surtout avoir une vie plus sédentaire ! On est resté et trois ans après on a divorcé ! (Rires) Par la suite, j’ai séjourné entre la France et les Etats-Unis. C’est vrai qu’en ce moment, ça me manque.

– Tu as joué et enregistré avec le gratin mondial du Hard Rock et du Heavy Metal et partagé la scène avec des grands noms également. Est-ce que ce sont toutes ces rencontres et ces collaborations qui t’ont permis de trouver et d’affiner ton style, ton jeu et surtout ton son ?

Bien sûr, cela a joué un rôle dans ma façon d’approcher les solos, les grooves, les attaques médiator, etc… J’ai eu la chance de jouer avec Bob Daisley, et si au début on avait des prises de tête, il m’a beaucoup apporté. On en rigole maintenant. Puis, jouer avec des super batteurs tels que Eric Singer, Stet Howland ou encore Pat Torpey, tu n’as pas le choix que d’être en place. Mon oreille a changé au fil du temps. Vivre dans un pays qui baigne dans le Rock et Metal fait qu’elle s’habitue à certains sons et aussi certains grooves. Le meilleur exemple que je puisse donner, c’est le blues. Même s’il y a de bons bluesmen en Europe, on entend immédiatement la différence avec les Ricains. Bref, Robert Johnson ne vient pas d’Auvergne. Maintenant, le son de base vient de ton jeu, de ton attaque et de tes doigts. 

– Tu as traversé les années 90 avec Stream et Belladonna, les années 2000 avec Killing Machine et Temple Of Brutality et maintenant LAST TEMPTATION. Quel regard portes-tu sur ces différents groupes ? Tu vois ça comme des expériences à chaque fois différentes, ou plutôt comme une évolution naturelle de ta carrière ?

Bon déjà, Stream, depuis le début, c’est mon bébé. Je l’ai créé quand j’avais 17 ans, tout d’abord en France, et ensuite j’ai continué aux US. Je peux même dire que LAST TEMPTATION est dans la continuité de Stream (surtout de l’album « Nothing Is Sacred »).

Quant à Belladonna, c’est une histoire en soi. J’avais des maquettes que j’avais enregistrées à Los Angeles et je cherchais un chanteur. Je suis allé au Foundation (un peu le MIDEM du Metal à l’époque) et j’ai vu Joey. J’ai commencé à lui envoyer des maquettes et il me les renvoyait avec son chant. À l’époque, Stream avait un deal avec USG/Warner Brother, je leur ai donc proposé ce projet. On avait même déménagé à Syracuse pendant quatre mois. 

De retour à Los Angeles, toujours avec Stet, on répétait et on faisait la fête jour et nuit. On jammait sur des riffs et après quelques semaines, je trouvais que j’avais des morceaux assez Old School Metal pour faire un album dans cette direction. Quand on répétait, Mike Duda venait tenir la basse. Mike Vescera étant un ami à Stet, on avait notre chanteur. Killing Machine était né. On a sorti le premier album avec de bons retours de la presse. Quelques temps après, Stet ‘s’échappe‘ en Floride. Au même moment, je travaillais sur un nouveau Killing Machine avec David Ellefson, Jimmy DeGrasso et James Rivera (ce qui donnera « Metalmorphosis ») et j’ai suivi Stet en Floride. Il me l’a vendu comme le nouveau Paradis ! (Rires)  Bon, c’était effectivement paradisiaque. J’ai fait écouter à Ellefson, deux jours après, on le cherchait à l’aéroport direction le studio. Quant à Todd Barnes, je l’avais vu dans un club à L.A. (le Coconut Teaser) et j’ai adoré sa prestance scénique et sa voix puissante. Ce look redneck : ‘je vais te tuer, si tu souris’ ! (Rires) Cet album m’est très cher. Ce fut la première d’un groupe qui savait ce qu’il voulait : pas d’ego, ni de problème relationnel. Sur scène, c’était très fort et les tournées, c’était des vacances… fatigantes, mais fun ! (Sourires)   

Je vois cela plutôt comme tous les styles de Metal que j’aime. Bien entendu, chaque album et chaque tournée t’amènent de nouvelles expériences et cela te forge tant au niveau musical qu’humain. Evidemment, cela m’a fait évoluer musicalement, car tu joues avec des gens très différents et tu as la chance de pouvoir comparer différentes approches de travail et de jeu.

Peter Scheithauer – Photo : Joël Ricard

– Depuis trois ans maintenant et un très bon premier album éponyme, LAST TEMPTATION suit son chemin. Tu as monté le groupe avec Butcho Vukovic (ex-Watcha) au chant. Sur le précédent opus, il y avait des invités prestigieux. Quelle était l’idée de départ avec tous ces guests ?

Avec Butcho, on avait commencé sur un groupe un peu différent. Plus 80’s avec Affuso (Skid Row) et Rod (WASP). Au fur à mesure que je faisais des démos, j’avais beaucoup d’autres riffs qui sonnaient plus à la Sabbath ou Ozzy. Cela m’a donné envie de les envoyer à Bob Daisley (avec qui on s’est toujours dit que l’on referait un album ensemble). Il était excité à l’idée de faire cet album et les titres que je lui envoyais lui plaisaient beaucoup. Vient l’heure fatidique du chanteur. J’ai envoyé des démos à Butcho en lui précisant que Bob était très, très, très difficile au niveau vocal et guitare, et Bob a adoré. Le premier album est parti sur l’idée de « Nothing Is Sacred », donc avoir des musiciens auprès de nous que l’on a toujours appréciés et nous on fait ce que l’on est. C’était aussi très voulu à ce moment par notre label.

– De qui est aujourd’hui constitué LAST TEMPTATION ? Un certain Farid Medjane (ex-Trust, Face To Face) vient de vous rejoindre. Comment cela s’est-il passé ? C’est une recrue de choix…

Aujourd’hui, LAST TEMPTATION est une forte formation avec Butcho au chant, Julien ‘Baloo’ Rimaire à la basse, moi aux guitares et, maintenant, Farid a la batterie. J’avais vu des vidéos de Farid avant de faire le deuxième album et c’était mon premier choix. Mais j’étais persuadé qu’il vivait dans le Sud et je voulais une formation rythmique autour de Strasbourg, afin de pouvoir répéter assez souvent. On enregistre donc l’album avec Vincent Brisach à la batterie. Le Covid étant constamment présent, on n’a pas pu vraiment jouer live. En parlant avec Christian de l’agence No Name (avec qui l’on collabore en plus de Gérard Drout Productions), j’ai appris que Farid n’habitait pas loin de chez moi ! Le reste a coulé de source et est allé très vite. 

– « Fuel For My Soul » vient tout juste de sortir et c’est une belle et grosse claque ! Comment s’est passé l’enregistrement et avec qui avez-vous travaillé ? Il présente aussi un son très américain…

Merci beaucoup. On a beaucoup répété les titres que l’on avait sélectionnés sur toutes les démos que l’on avait. Puis, on est rentré en studio et on a enregistré l’album en une semaine, tous ensembles pour garder ce feeling live et groovy. Puis, overdubs chant et guitares. On a ensuite envoyé les prises à un mixeur. Le son nous définit vraiment bien. On savait comment on voulait faire sonner l’album et j’ai assez l’habitude de produire des guitares en studio. On voulait garder l’esprit live, mais avoir un son plus précis. Le fait que l’on donne le mix à une personne qui n’avait pas travaillé sur les enregistrements a donné une autre dimension. On lui donnait la direction globale du son, mais en plus il avait une écoute plus fraîche que nous.

– J’ai lu que vous aviez composé 40 morceaux avec Butcho pour ce nouvel album. Vous en avez finalement gardé 11 et ils sont tous aussi solides que percutants. A l’heure où fleurissent les EP, c’est énorme d’écrire autant de titres ! Vous en avez gardé quelques uns pour la scène, le prochain album, ou alors c’est la crème de la crème et le reste va disparaître ?

Encore une fois merci. Il y a de très bons titres dans le lot que l’on a mis de côté, car on voulait aussi avoir un certain flow. Mais pour répondre à ta question, on ne garde rien. On part du principe qu’à cette période, on avait une certaine vibe et donc un certain feeling au niveau de l’écriture. Nous sommes déjà sur le prochain et on remarque que c’est un autre album. Certes, c’est du LAST TEMPTATION, mais un autre album.

– Musicalement aussi, on sent que vous avez nettement pris une nouvelle dimension au niveau de l’écriture. C’est enfin le LAST TEMPTATION que vous vouliez afficher avec Butcho dès le départ ?

Comme dit le premier album, c’est un peu comme les premiers pas. On sait où on veut aller, mais ce n’est pas encore bien défini. Là, on a une vraie formation musicale, on est ensemble et on a pu répéter les morceaux avant de les enregistrer. Nous voulions un relief différent sur cet album. Tout comme nous aimerions avoir un autre relief sur le prochain. On arrive à cette homogénéité et avec l’arrivée de Farid, cela se confirme.

– Si les ombres de Zakk Wylde et de George Lynch, époque Dokken, se font sentir dans ton jeu, LAST TEMPTATION possède désormais un style très identifiable et un jeu explosif. Même s’il sonne très moderne, il y a un agréable parfum 90’s. Ce sont finalement les années que tu trouves les plus créatives et celles qui t’inspirent encore le plus ?

Décidément je n’arrête pas de te remercier ! (Rires) En fait, j’aime vraiment toutes les périodes des 70’s à maintenant. Si je devais définir les décennies pour moi, ce serait 70’s avec Iommi et Van Halen, 80’s : Lynch et 90’s : Dimebag et Cantrell. Ce mix fait surement partie intégrante de mon jeu et de mon écriture. En termes de groupes, cela va de Kiss à Pantera.

– Enfin avec un album aussi costaud et si bien réalisé que « Fuel For My Soul » sous le bras, j’imagine que la scène doit plus que vous titiller. Qui a-t-il de prévu de côté-là ?

Nous sommes comme des lions en cage ! (Rires) Tout d’abord, le Hellfest le 18 juin à 14:20 MainStage 2 (Et on y sera – NDR). On est super excités. Nous avons des choses de prévues, mais on ne peut pas encore les annoncer. Mais on a hâte de rencontrer tout le monde. Ça va faire du bien de pouvoir s’éclater à nouveau et reprendre là où on s’est arrêté en 2020 !

L’album de LAST TEMPTATION, « Fuel For My Soul », est disponible depuis le 20 mai Crusaders Records