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Death Metal Metal Progressif Technical Metal

Chaos Over Cosmos : à la vitesse de la lumière

Percutant, Progressif et Metal, le Technical Death de CHAOS OVER COSMOS traverse l’espace et les galaxies avec une dextérité et un sens des atmosphères toujours aussi pointu et travaillé. « The Silver Lining Between The Stars », troisième album du duo américano-polonais, joue sur une grande technicité au service d’un feeling porté sur la S-F et remarquablement produit et interprété.

CHAOS OVER COSMOS

« The Silver Lining Between the Stars »

(Independent)

Un an après le très bon « The Ultimate Multiverse », CHAOS OVER COSMOS est déjà de retour avec son digne successeur. Et cette fois-ci, il y a encore du changement au niveau de ce groupe au concept peu ordinaire. Après l’Espagnol Javier Calderón et l’Australien Joshua Ratcliff, c’est aujourd’hui l’Américain KC Lyon quoi œuvre au chant dans ce duo atypique dont le Polonais Rafal Bowman reste la pièce maîtresse.

Guitariste, programmateur et principal compositeur de CHAOS OVER COSMOS, le musicien parvient parfaitement à conserver l’identité musicale depuis le premier album. Il faut aussi rappeler qu’aucun musicien ne s’est jamais rencontré et que tous les morceaux ont été composés et réalisés à distance. Comme son nom l’indique, le duo navigue toujours dans univers spacial basé sur la Science-Fiction étonnant et saisissant.

Musicalement, le Metal Progressif de CHAOS OVER COSMOS est toujours très imprégné de Technical Death et de mélodies développées notamment à travers des solos très shred, qui apportent beaucoup de lumière aux compos (« Violent Equilibrium », « The Last Man in Orbit »). Très moderne dans sa conception, ce troisième album laisse un vaste espace de liberté aux deux protagonistes qui s’en donnent à cœur-joie (« Control ZED », « The Sins Between The Stars »). Une bonne claque !   

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Alternative Metal Metal Rock

Rocking Corpses : horror Metal show

Deuxième album pour le quintet finlandais dont le Horror Metal Rock fait des étincelles. « Death Blues » est un album complet et entraînant dans lequel ROCKING CORPSES oublie de se prendre au sérieux, tout en faisant très sérieusement les choses. Dans un univers très personnel, les Scandinaves sortent leur épingle du jeu en multipliant les ambiances et les changements de styles.  

ROCKING CORPSES

« Death Blues »

(Inverse Records)

Les Finlandais de ROCKING CORPSES ont une façon très Metal et Rock’n’Roll de manier l’humour noire. Malgré l’univers horrifique dans lequel nous plonge le combo, ce deuxième album est presque joyeux… en tout cas très entraînant. Sur un ton qui n’est pas sans rappeler un certain Alice Cooper, le quintet présente un « Death Blues » décapant et enjoué.

Avec une entrée en matière très musclée aux relents Death Metal dus à de puissants et profonds growls, ROCKING CORPSES sort tout de suite les crocs et donne le tempo (« Body »). Il n’en faut pas plus pour entrer dans le style des Scandinaves, qui réservent bien d’autres surprises, aussi variées qu’inattendues.

Tout en progression, « Death Blues » garde un côté très Heavy dans les solos et très Rock dans les riffs (« Buried », « As High As You Can Get »). Mais les Finlandais surprennent aussi sur des titres acoustiques plein de feeling (« Drinking With The Dead »). ROCKING CORPSES lâche même quelques sonorités bluesy toutes aussi perspicaces (« Necrophilove »).

Avec son intenable batteur, le combo s’ »engouffre même dans des titres aux refrains accrocheurs, tout en se fondant dans un Alternative metal consistant (« Derailed »). Au fil de l’album, le chant s’éclaircit aussi tout en gardant une énergie folle. ROCKING CORPSES maîtrise parfaitement ses compos, tout en sachant lâcher les chevaux quand il le faut. Rafraîchissant.  

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Death Metal International Progressif

Luna’s Call : d’une rive à l’autre sans complexe [Interview]

Après avoir sorti son deuxième album l’an dernier de son côté et entre deux déconfinements, le groupe a été approché par Listenable Records pour la distribution de « Void », petit bijou de Death Metal Progressif. LUNA’S CALL a dorénavant les coudées franches pour avancer plus librement et surtout s’adresser à un plus large public. Il faut dire que « Void » est étonnant et percutant, tout en étant très technique. L’occasion était donc trop belle pour en parler avec son chanteur et guitariste Neil Purdy.

– En dehors du fait que vous ayez sorti votre premier album « Divinity » en 2016 et que vous êtes anglais, on vous connait malheureusement assez peu en France. Pouvez-vous nous dire dans quelles conditions s’est créé LUNA’S CALL et ce qu’il représente musicalement pour vous ?

En effet, nous sommes un quatuor de Death Metal Progressif originaire du Lincolnshire, au Royaume-Uni. Tout a commencé en 2012, c’était mon projet solo alors que j’étudiais à l’université. J’ai écrit et enregistré une démo et j’ai demandé à mes colocataires de l’époque, Brad et James, s’ils aimeraient me rejoindre pour réenregistrer les parties de basse et de batterie. J’avais déjà fait partie de plusieurs groupes avec Brad (Laver – basse) et James (Batt – batterie), donc je savais que nous aurions une bonne base pour le groupe. Puis, nous avons rencontré Liam (Underdown – guitare), lors d’un concert, où il jouait avec un autre groupe. On a tout de suite su qu’il devait rejoindre LUNA’S CALL. Ironiquement, alors que nous avons tous des goûts musicaux différents, nous n’écoutons pas beaucoup de Death Metal Progressif. En fait, nous faisons la musique que nous aimerions écouter !

– Votre deuxième album, « Void », est sorti en août 2020 et la situation due à la pandémie a bouleversé beaucoup de choses. C’est pour cette raison que vous le ressortez actuellement chez Listenable Records ?

Listenable Records nous a contacté fin 2020 et nous a demandé si nous serions intéressés pour rééditer « Void ». La raison pour laquelle nous les avons rejoint est que nous voulions que notre musique atteigne un public beaucoup plus large. Le fait qu’ils prennent en charge nos ventes physiques me libère plus de temps pour travailler sur d’autres choses, comme l’écriture et l’enregistrement de nouveaux morceaux. La pandémie nous avait en fait aidé à prendre du recul par rapport à la pratique, et à nous concentrer davantage sur la promotion en ligne de « Void ».

– Par rapport au premier album, « Void » est nettement plus abouti et il semble aussi que vous soyez vraiment parvenu à définir votre style et votre son. C’est aussi votre sentiment ?

Écrire les chansons de « Void » nous a semblé beaucoup plus naturel. Après de nombreuses années à jouer ensemble, il est bon de connaître ses forces, mais aussi ses faiblesses, pour savoir comment avancer musicalement. « Divinity » était plus une expérience personnelle pour voir comment je pouvais me dépasser en tant que guitariste. « Void » a un son plus défini, mais cela changera, espérons-le, encore une fois sur le prochain album. Nous voulons continuer à être un groupe ‘Progressif’, de par la nature même de ce terme. On veut grandir, se développer et modifier notre son au fur et à mesure.

– Ce nouvel album est particulièrement bien réalisé et sa production est toute aussi massive. Dans quelles conditions l’avez-vous enregistré, avec qui et quelle a été votre degré d’implication dans les différentes étapes du processus ?

Nous avons réalisé la majorité de la production nous-mêmes. L’album a été écrit en l’espace d’un an et demi environ, puis on est entré en phase d’enregistrement en 2018. Nous voulions faire tout ça près de chez nous et enregistrer autant que nous le pouvions nous-mêmes. La batterie a été enregistrée dans notre studio de répétition. Nous l’avons réservé pendant cinq jours d’affilée et avons essayé d’enregistrer autant que possible. On n’avait pas de date limite pour l’album, et avec les concerts et le travail à temps plein, on a du espacer l’enregistrement de toutes les instruments. Il a parfois fallu plusieurs semaines entre les prises !

Ces courtes pauses m’ont permis de réfléchir à chaque morceau et de continuer à expérimenter d’autres idées, telles que les percussions ou les éléments orchestraux. Ce n’est que lorsque tout a été enregistré et terminé que nous avons demandé à Russ Russell de mixer et de masteriser l’album. Nous savions que Russ ferait un travail incroyable et que le disque était entre de bonnes mains. J’ai eu la chance de passer quelques jours avec lui à le regarder mixer les morceaux et dans l’ensemble, j’ai eu très peu de choses à lui demander. Dès le début, il était clair qu’il savait ce que nous essayions de réaliser avec cet album, et il est même allé au-delà.

– La musique de LUNA’S CALL est assez complexe notamment dans la structure des morceaux et à travers son aspect très technique. De quelle manière travaillez-vous et combien de temps vous a pris l’écriture de « Void » ?

Il y a une grande partie de moi qui souhaite pouvoir être un musicien capable de s’asseoir dans une pièce avec d’autres et jouer. Mais le compositeur solitaire que je suis préfère rester avec ses idées et les sculpter lentement. Habituellement, j’essaie d’intégrer dans les démos ce qui va ressembler à l’idée finale avant de les envoyer au reste du groupe. Puis, il y a encore beaucoup d’apports et de changements dans l’étape de pré-production et même pendant l’enregistrement. L’album n’ayant pas de date limite, nous avons pu expérimenter et essayer différentes approches des chansons et des arrangements.

– Votre Death Metal Progressif emprunte autant à un style très brutal qu’à des composantes de Rock Progressif plus classiques. On a souvent l’impression que contrairement à d’autres groupes, vous tenez presque à séparer et distinguer les deux registres. C’est quelque chose qui vous a paru important dans vos morceaux et sur l’ensemble de l’album ?

Il n’a jamais été dans mon intention de séparer les différents styles en deux registres. J’ai toujours essayé de me mettre au service de la chanson et cela a été un objectif majeur dans l’écriture de « Void ». Je voulais que les chansons possèdent une sensation et un flux naturels, plutôt que de se sentir forcés de passer d’une section Death Metal à du Rock Progressif. L’idée était qu’elles se fondent l’une dans l’autre. Être étiqueté comme groupe progressif me donne certainement la liberté artistique d’expérimenter et d’inclure toutes ces idées.

– LUNA’S CALL se distingue aussi à travers le chant qui est tantôt clair, tantôt growl. Est-ce parce que vous tenez à ce que certains textes soient plus compréhensibles afin de faire passer certains messages, par exemple ?

C’est un point de vue intéressant ! Je suppose que je fais ce qui sonne le mieux pour la chanson. J’essaie souvent différentes approches du chant (clean ou growls) dans certaines parties et je garde la version qui me convient le mieux au final.

– Techniquement, à travers «  Void », vous êtes assez étourdissants tout en maintenant une grande cohésion sur tout l’album. Vous n’avez jamais peur d’en faire trop ? Ou au contraire, est-ce que vous vous freinez même un peu ?

On a voulu que « Void » ait des moments très techniques et extrêmes propres au Metal. Cependant, l’équilibre est quelque chose que nous voulions maintenir tout au long de l’album. Nous aimons le Death Metal Technique et même les formes extrêmes de musique progressive, mais un album entier peut, selon moi, souvent paraître épuisant et un peu fatiguant pour l’auditeur. Nous voulions que « Void » l’emmène dans un voyage, un peu comme dans un film. Il y a des moments extrêmes et d’autres plus calmes tout au long de l’album. L’essentiel est que les choses soient fraîches et intéressantes.

– Enfin, j’ai lu beaucoup d’articles sur LUNA’S CALL et tous vous comparent sans cesse à Opeth. Si le lien existe, c’est indéniable, c’est assez hallucinant et très restrictif de s’en contenter. De votre côté, vous êtes amusés ou agacés par le manque d’imagination et finalement de culture musicale de certains médias Metal ?

Un peu des deux je suppose ? Nous sommes ravis de la comparaison avec Opeth, et il me semble que tous les groupes qui impliquent à la fois du clair et de l’extrême leur seront désormais comparés par défaut. Nous avons eu cette discussion d’innombrables fois, et nous ne voyons pas d’autres raisons que celle d’avoir une gamme vocale et un style similaires. Bien que nous ne puissions nier qu’Opeth nous ait influencé en tant que musiciens, ils ne représentent qu’une petite partie du nombre d’artistes que nous aimons et par lesquels nous sommes influencés.

L’album « Void » est disponible chez Listenable Records depuis le 30 avril.

Bandcamp : https://lunascall.bandcamp.com/

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Death Metal Doom Extrême

Hundred Headless Horsemen : immersion pathologique

Avec son Psychedelic Death Metal, HUNDRED HEADLESS HORSEMEN part explorer des contrées musicales aussi profondes que prenantes. A travers « Apokalepsia », le quatuor finlandais propose un concept-album étonnant et riche, qui nous pousse au bord de l’asphyxie, grâce à une interprétation irréprochable et captivante.

HUNDRED HEADLESS HORSEMEN

« Apokalepsia »

(Inverse records)

Préservant son anonymat, on sait seulement de HUNDRED HEADLESS HORSEMEN qu’il s’agit d’un quatuor originaire d’Helsinki en Finlande. Le combo sort son premier opus, un concept-album autour de l’apoplexie, une maladie regroupant de multiples symptômes caractérisés par de nombreuses crises. Au programme, arrêts des fonctions cérébrales, pertes de connaissance, paralysie, suspension de la circulation du sang et de la respiration… Ambiance !  

Et l’album des Scandinaves plonge dans les méandres et les ténèbres engendrés pour s’engouffrer dans un Death Metal Psychédélique, empruntant aussi des sonorités Doom et atmosphériques. Dire que la musique de HUNDRED HEADLESS HORSEMEN est très dark est doux euphémisme. Grâce à une production très soignée dont le mastering a été confié au grand Magnus Lindberg, « Apokalepsia » fait ressortir des ambiances étouffantes et oppressantes.

Dès les premières onze minutes de « The Road » qui ouvre l’album, les Finlandais font preuve de beaucoup de finesse. Les guitares pesantes et la lourde rythmique offrent un contraste assez saisissant avec le chant. Contrairement à la plupart des groupes du genre, celui de HUNDRED HEADLESS HORSEMEN est presque chuchoté et vient se fondre dans les morceaux avec un rare souci du détail (« Breath To Death », « Echoes », « Spleen »). Original et très bien ficelé, « Apokalepsia » ouvre de nouvelles voies.

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Extrême International

The Crown : le Metal comme carburant [Interview]

En 30 ans de carrière, THE CROWN est devenu une institution mondiale en termes de Death Metal. Jamais rassasiés, les Suédois sortent un « Royal Destroyer » brutal, plus intemporel que jamais et avec toujours ces touches Thrash et groovy qui font leur particularité. Robin Sörqvist, guitariste du combo, nous en dit un peu sur ce nouvel album et les intentions musicales du groupe.

Photo : Ida Kucera

– On vous savait agressifs et virulents mais là, ouvrir ce nouvel album avec le très explosif « Baptized In Violence », c’est très frontal ! Le but était de scotcher tout le monde d’entrée de jeu ?

L’idée initiale n’était pas d’ouvrir l’album avec cette chanson. Elle était censée devenir plutôt un morceau bonus, vraiment brutal. Mais pourquoi devrait-on toujours suivre ses propres plans ? (Rires) En fait, la chanson s’est avérée être géniale. La brutalité et l’énergie étaient trop bonnes pour n’être qu’un bonus, alors c’est devenu ce choc. On carbure au Metal !

– Le son Metal extrême suédois est souvent cité en référence car il demeure pionnier dans le style. En l’occurrence, « Royal Destroyer » correspond parfaitement à la définition qu’on en a. C’est quelque chose d’instinctif chez vous, ou vous sentez-vous dépositaire de cette identité sonore ?

C’est tout simplement notre identité sonore. Il n’y a pas de discussion pour savoir si une chanson devrait correspondre, ou pas. Nous faisons simplement ce que nous faisons et le résultat est direct. C’est un tout et c’est ce qu’il en ressort. Je pense d’ailleurs que notre son est assez unique. Il y a des choses personnelles en termes de mélodies et de progressions d’accords que l’on retrouve dans tout le répertoire de THE CROWN. Vous ajoutez à tout ça une attitude très punk assaisonnée de la voix de Johan, et vous obtenez notre son.

– « Royal Destroyer » est toujours ce bel assemblage de Death, de Thrash et de groove avec un côté Old School intemporel. Justement, on a vraiment l’impression que vous êtes imperturbables face aux modes et aux nouveaux courants musicaux, c’est le cas ?

Nous ne suivons aucune tendance musicale. Nous écrivons avec le cœur, notre humeur et notre âme. Ce qui est à la mode à un moment donné n’a jamais été la préoccupation de THE CROWN. Si vous pouviez voir nos collections d’albums privés, les plus récents datent  probablement de 2000 ! (Rires) Blagues à part, il y a bien sûr des artistes intéressants et vraiment talentueux dans le monde entier. Mais il n’y a pas beaucoup de nouveaux groupes vraiment bons, qui vous scotchent dans votre fauteuil. Peut-être que la numérisation en a tué la beauté ? Ou alors, peut-être que nous sommes tous trop paresseux pour emprunter cette voie. 

Photo : Ida Kucera

– Ce qui surprend aussi sur ce nouvel album, ce sont les changements d’ambiances au fil des morceaux, et pourtant il y a une belle continuité musicale. Dans quel état d’esprit avez-vous composé « Royal destroyer » ?

Il n’y avait pas de critères spéciaux qui visaient à faire un album plus diversifié ou d’un niveau plus élevé que « Cobra Speed Venom ». Puisque nous étions vraiment fiers de tout le processus de sa création, nous avons discuté de la manière de surmonter cela. Nous voulions opter pour la diversité et je pense que c’était une sage décision. Une batterie rapide, des guitares qui déchirent, des growls puissants mélangés à une belle mélancolie acoustique. Sans oublier d’ajouter une cloche, des hennissements de chevaux, un peu de sons de guerre et de tonnerre… Et voilà ! (Rires)

– Vocalement aussi, il y a une belle évolution et surtout une impression de grande maîtrise. Tu mets ça sur le compte de l’expérience, ou est-ce que c’est une nouvelle approche ?

Il y a bien sûr l’expérience de 30 ans de Death Metal qui joue beaucoup. Johan (Lindstrand – NDR) maîtrise une technique qui le rend plus détendu lorsqu’il chante. Il peut se concentrer davantage sur le timing et la prononciation, qui font vraiment ressortir le chant. Il n’y a pas beaucoup de chanteurs de Death Metal qui rendent les paroles aussi faciles à comprendre que lui.

– Enfin, on a tous récemment appris la mort de Lars-Göran Petrov, chanteur d’Entombed et Entombed A.D. Comment as-tu ressenti cette grande perte pour le Metal suédois notamment et au-delà ?

Oui, c’était vraiment un triste jour. Je l’ai suivi sur les réseaux sociaux et j’ai pu voir qu’il a vraiment combattu durement sa maladie jusqu’à la fin, et toujours avec le sourire et une attitude positive. C’est une légende et il a livré de la très bonne musique, de l’inspiration avec beaucoup d’esprit tout au long de sa carrière. Je n’ai jamais entendu un seul mot de travers sur lui. La dernière fois que je l’ai vu, c’était le 11 mai 2019, nous avons joué au festival ‘Graveland’ en plein air à Hoogeveen (Pays-Bas), que de bons souvenirs.

– Enfin, tu n’y échapperas pas car la question me brûle les lèvres : as-tu regardé la série « The Crown » ?

(Rires) Bien joué ! Non, je n’ai pas regardé, mais je leur suggère fortement d’utiliser « Royal Destroyer » comme bande originale de la prochaine saison !

« Royal Destroyer » est disponible depuis le 12 mars chez Metal Blade Records

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Extrême

Xael : une violente odyssée symphonique

Brutal, subtil et très technique, ce deuxième album des Américains de XAEL ne se contente pas de fusionner des genres musicaux très différents. Il créé un monde où se rencontrent Fantasy, science-fiction, Technical Death, Metal Progressif et le Folk Pagan dans une unité futuriste et à la fois ancestrale. « Bloodtide Rising » est un album hors du commun.

XAEL

« Bloodtide Rising »

(Pavement Entertainment)

C’est en 2017 que le batteur Joshua Ward (Rapheumets Well) pose les bases et les fondations de XAEL, dont le projet en lui-même est déjà un concept à lui tout seul. L’Américain fait des émules et est bientôt rejoint par le chanteur Joshua Niemeyer, le guitariste Daniel Presnell, le chanteur et six-cordiste Chris Hathcock (The Reticent) et le bassiste Brad Parris (Nile). Autant dire une belle bande de furieux !

Dans un univers original et personnel où le groupe est allé jusqu’à créer un monde entre Fantasy et science-fiction d’une complexité étonnante, on découvre également un registre musical assez singulier. Entre Technical Death, Folk, sonorités Folk et ancestrales, XAEL surprend et la grande technicité du quintet mise à disposition d’un tel concept est magistrale.

Très polymorphe, « Bloodtide Rising » renvoie autant à des groupes comme Cattle Decapitation que Wardruna, c’est dire le large spectre que proposent les Américains. Aussi à l’aise dans un registre Metal Progressif que Death et Pagan, l’odyssée proposée par XAEL est franchement inédite. Eclectique et novateur, le combo captive et ensorcelle (« Suun Rai Arn », « Srai-The Demon Of Erring », « Bloodtide Rising », …). Une envolée spectaculaire !

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The Generals : Death’n’Roll

Bienvenue dans l’enfer des GENERALS, combo atypique qui opère un savoureux mélange de Death Metal et de Rock’n’Roll, en version écrasante et épique. Les Suédois se sont accaparés l’héritage du son cher à Dismember pour le mêler à une inspiration très Rock totalement massive et débridée.

THE GENERALS

« To Hell »

(Black Zombie Records)

Passé au filtre Rock’n’Roll, le Death Metal de THE GENERALS a quelque chose de généreux dans son approche, et c’est ce qui fait toute l’originalité du quatuor : une sorte de mix entre Entombed et Motörhead. Pour leur troisième album, les Suédois présentent des titres aux riffs écrasants, aux refrains homériques et aux mélodies apocalyptiques… « In Hell » porte bien son nom.

La première chose notable sur ce nouvel album est la production qui éclaircit très nettement les compos du groupe, affichant du même coup une identité plus marquée. Et « To Hell » démarre sur les chapeaux de roue avec des titres massifs et bien huilés (« Faith In Fire », « Demonical Trait », « Deadlock »). THE GENERALS donne le ton en s’enfonçant dans un registre nettement plus Death Metal sur des structures très Rock.

Le Suédois se reposent sur les riffs épais et tranchants de Richard Fäldt et Marius Tömte, les sauvages rythmiques de Martin Svensson et surtout la basse et le chant assassin de Rickard Heduar. THE GENERALS n’est pas là pour rigoler, mais pour mettre des claques à chaque titre (« Thrill Kill », « Undying Death »). Grâce à son style original et une technique rompue à la baston, le quatuor est une machine brutale et assommante. 

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Baest : perpétuer et enrichir la tradition

Et si l’avenir du Death Metal venait du grand nord ? Du Danemark précisément ? C’est en tout cas ce que laisse penser ce troisième album, « Necro Sapiens », du jeune groupe BAEST. Faire évoluer la tradition tout en la respectant n’est jamais une tache aisée, et pourtant le quintet y parvient avec une maîtrise et une maturité de vieux briscards. Sûrs de leur coup !

BAEST

« Necro Sapiens »

(Century Media)

Avec un album par an depuis trois ans, BAEST semble avoir trouvé son rythme de croisière et il est plutôt élevé. Annoncé depuis ses débuts comme l’un des groupes extrêmes les plus attrayants du Danemark, le quintet tient toutes les promesses placées en lui. Le groupe livre avec « Necro Sapiens » un troisième album dense et riche où il affiche un style enfin plus personnel.

Dans les pas des légendes qui ont établi le genre comme Dismember, Entombed, Death ou Morbid Angel, BAEST ne renie pas ses influences, mais s’en détache de manière très significative. Intelligemment, les Scandinaves n’ont pas apporté plus de vitesse ou de technicité au registre, mais l’ont étoffé en jouant sur les ambiances avec une belle maturité.

Profond, puissant et massif, BAEST prouve avec force que le Death Metal peut et doit se renouveler (« Genesis », « Abattoir », « Meathook Massacre »). Les Danois offrent un vrai lifting au Death Metal old school en y insufflant un nouvel élan dans la forme tout en respectant le fond. « Necro Sapiens » vient remettre bien des choses en place. Une prouesse !

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Ephemerald : symphonie funèbre

Depuis sa Finlande natale, le quintet EPHEMERALD a entrepris de combiner un Death Metal assez classique avec le Metal Symphonique qui sévit dans ses contrées. Et il faut reconnaître que ce premier album, « Between The Glimpses Of Hope » est très réussi et, sans assommer, parvient à fédérer grâce à de bonnes mélodies et une technique irréprochable.

EPHEMERALD

« Between The Glimpses Of Hope »

(Inverse Records)

Pour leur premier album, les Finlandais frappent fort avec un Death Metal symphonique de haute volée. Tous issus de formations extrêmes, les membres d’EPHEMERALD affichent une belle force de frappe, bien aidé par une production aux petits oignons. Autant dire que ça envoie du bois, et par palettes entières. « Between The Glimpses Of Hope » fait preuve d’une belle originalité en sortant des sentiers battus. 

Réussissant une parfait équilibre entre un Death Metal tranchant et un Metal Symphonique cher aux pays scandinaves, le quintet balancent de gros riffs ravageurs, bien soutenus par des claviers qui apportent une atmosphère plus lumineuse à l’ensemble. Le batteur/cogneur n’est pas en reste et guide EPHEMERALD sur des titres massifs (« Grand Creation », « Reborn », « Into The Endless »).

Avec un growl assez en retrait sur les couplets, on retiendra surtout les refrains chantés en clair dans un registre presqu’incantatoires et très fédérateurs. Le petit côté viking ressort bien sûr sur l’album avec « I Bear Fire » notamment. Et on n’échappe pas non plus à la ballade un peu médiévale qui va bien (et qui est plutôt bien réalisée) : « All There Is ». EPHEMERALD développe un style progressif et épique bien exécuté (« Servant », « Lost »).

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Extrême

Scarred : une ouverture musicale très pertinente

Ces trois ans d’absence semblent avoir été plus que bénéfiques à SCARRED qui revient avec un album éponyme brillant. Reflétant sa nouvelle identité musicale, on observe avec joie la métamorphose du quintet luxembourgeois qui élargit son champ d’action passant du Death Metal à des atmosphères très post-Metal et techniques.

SCARRED

« Scarred »

(Klonosphere/Season Of Mist)

SCARRED fait trembler le Grand-duché du Luxembourg depuis 2003 maintenant, et ce n’est pas ce très bon troisième album éponyme qui va rétablir le calme dans le pays. Toujours rattaché au Death Metal de ses débuts, le quintet semble prendre un virage nettement plus mélodique et atmosphérique, tout en restant très technique. « Scarred » penche très franchement vers un post-Metal qui ne dit pas son nom, et un chant qui présente aussi des surprises, tout en conservant une énergie et une force très présentes.  

La première vue d’ensemble montre un album très structuré avec un intro, une outro et deux interludes, qui posent une ambiance particulière, presque psychédélique et moins brutale qu’un simple album de Death Metal. Artistiquement, SCARRED semble avoir mûri. Les mélodies, tant vocales que dans les guitares et le samples, ont pris le dessus sur l’ensemble des 13 plages de l’album. Naviguant entre growl et scream, le chant a lui aussi évolué pour se faire même carrément clair sur « Petrichor ».

Dès « Mirage », les Luxembourgeois affichent une belle puissance, qui ne faiblit pas par la suite (« Chupacabra »). SCARRED créé la surprise sur le très accessible et mélodique « Merry-Go-Round », où le quintet s’exprime sur un refrain entêtant et des riffs très accrocheurs. Tout en maîtrise, « In Silent Darkness » confirme l’aspect post-Metal et chamanique sur « A.H.A.I.A. », tandis que « Dance Of The Giants » évolue dans un registre proche du Technical Thrash. La belle variété de « Scarred » le rend déjà indispensable.