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Ghalia Volt : une force de caractère [Interview]

Alors que la Bruxelloise, désormais basée à la Nouvelle Orléans, sort son sixième album, c’est depuis le Montana, au cœur des montagnes, où elle allait se produire qu’elle a répondu à quelques questions. La chanteuse et guitariste est encore et toujours sur la route, bouge de concert en concert, avec une envie viscérale de jouer son Blues si varié et incandescent. Avec « Burn The House Down », elle a changé de producteur, histoire d’avoir un regard neuf et différent sur sa musique et ce nouvel opus offre une fois encore une vision nouvelle de son style si insaisissable. D’ailleurs, ce caractère bien trempé se reflète et se révèle dans un Blues Rock vaste, qui trouve son unité dans une multitude de sonorités guidée par une slide sauvage toujours très identifiable. GHALIA VOLT avance avec une rare authenticité et une spontanéité de chaque instant. Entretien avec une passionnée de musique, qui fait fi des barrières et des frontières pour jouer ‘son’ Blues le plus naturellement possible.

– Cela fait un peu plus d’une décennie que tu es aux Etats-Unis et tu es devenue l’une des figures incontournables de la musique roots contemporaine. Est-ce exactement ce vers quoi tu te projetais en arrivant ?

C’est vrai que ça fait plus d’une décennie que je suis ici et je ne suis pas quelqu’un qui planifie les choses, en fait. En arrivant aux Etats-Unis, je n’avais pas l’intention d’y habiter ou même de démarrer une carrière, non plus. Tout a été très spontané et c’est à travers la passion d’une jeune adulte que j’en suis arrivée là. Cela s’est fait au fur et à mesure en me rendant compte que tout pouvait finalement se faire. Au final, j’ai enregistré en Belgique, mais je me suis dit pourquoi ne pas le faire aux Etats-Unis, puisque j’avais les contacts, les connaissances qu’il fallait, ainsi que le groupe. Et ensuite, j’ai déménagé à la Nouvelle Orléans, car cela faisait déjà trois ans que j’y vivais.

– Notre dernière interview date de cinq ans. C’était à la sortie de « One Woman Band », où tu étais seule aux commandes. Que gardes-tu aujourd’hui de cette expérience ? J’imagine qu’elle a été riche en enseignements…

«One Woman Band » est effectivement une expérience qui a changé ma vie. Même si c’est énormément de travail, beaucoup plus que de faire partie d’un groupe car il faut s’occuper de tout, y compris de la logistique, cela a été une expérience enrichissante durant laquelle j’ai beaucoup appris. Ça donne aussi beaucoup de liberté et ça m’a permis de m’améliorer à de nombreux niveaux. Et une fois que j’ai commencé en ‘one woman band’, le Covid est arrivé et je n’ai plus rejoué dans les clubs locaux de la Nouvelle Orléans six fois par semaine comme avant. Ça n’a plus été que de la route et des voyages. Et je le dois à cet album et à cette aventure-là.

– D’ailleurs, depuis tu joues avec assez peu de musiciens dans ton groupe. Es-ce que c’est une façon de conserver cette sonorité brute et authentique que tu avais obtenu seule, ou plus simplement parce que tes compositions ne sont pas forcément destinées à des formations plus importantes ?

Il y a deux réponses à ta question. La première, c’est qu’aujourd’hui avec l’inflation et tout ce qui va avec, il il est très difficile d’avoir un groupe sur la route en raison du prix de l’essence, des hôtels, des voyages, des avions, etc… C’est vraiment très dur de tourner avec plus d’un trio. Après, effectivement, j’aime la musique originale, authentique, pure et pas forcément super-produite. Donc, je préfère quand elle a un côté plus roots et plus organique. Et le trio est parfait pour ça. Maintenant, comme on dit ici, c’est plus un ‘average trio’ qu’un power trio. Par exemple, il n’y a pas de basse dans le trio avec lequel je tourne. Pour l’album, c’est différent, mais sur la route je tourne avec un claviériste et un batteur. Et puis, tu sais, il y a tellement de groupes de nos jours et tout le monde fait à peu près la même chose. Donc, c’est plus facile de se démarquer et de s’amuser avec un projet différent. C’est l’idée du live avec le claviériste qui joue de la basse avec la main gauche, ce qui permet d’avoir deux solistes qui peuvent aussi assumer la partie rythmique. Personnellement, c’est ce qui m’attire le plus pour la guitare, car je peux me concentrer sur la slide, le groove et les licks (enchaînement d’accords – NDR). Et tout ça marche très bien ! En ce qui concerne l’enregistrement, j’ai laissé faire JD Simo (producteur et guitariste – NDR), qui a invité des musiciens hors-pair à jouer dans le groupe. Il y avait donc Chris Powell à la batterie et Brian Allen à la basse, qui sont vraiment incroyables. Ils sentent vraiment la musique et ils se laissent emporter de manière très naturelle et très spontanée pour créer quelque chose d’organique. C’est vraiment comme ça que je conçois la musique.

– Avant de parler de « Burn The House Down », j’aimerais que l’on revienne sur « Shout Sister Shout ! », sorti il y a trois ans, enregistré dans le désert de Mojave et qui était une sorte de manifeste féministe. Est-ce que tu dirais que c’était un album nécessaire au point de vue de son contenu, et est-ce que malgré une présence des femmes plus importante dans le Blues, les choses ont suffisamment évolué, selon toi ?

Non, pour moi, « Shout Sister Shout ! » n’était absolument pas un manifeste féministe, mais plutôt une façon de dire aux femmes de plus s’affirmer. Par exemple, si on me demande si je veux jouer dans un festival de Blues qui s’appelle le ‘Chicken Blues’, je dis non parce que le contraire n’existe pas. Je trouve que faire une différence et de nous mettre dans une catégorie n’est pas normal. Tu vois, quand on dit qu’il y a un style qui s’appelle le ‘Female Blues’, ça me révolte ! Il n’y a pas de ‘Male Blues’ ! Et puis, quand je vois les algorithmes sur Internet comment Spotify, qui agence les différents groupes où toutes les femmes se succèdent : ça me révolte ! Personnellement, je ne suis pas du tout féministe, mais j’ai suffisamment confiance en moi en tant que femme pour réclamer l’égalité des sexes. Je n’ai pas l’impression d’être moins capable ou d’être choisie pour certaines choses, car je n’aime pas ce traitement. Je vais de l’avant !

– Pour ce sixième album, tu es allée à Nashville et, après David Catching, c’est JD Simo qui reprend le rôle de producteur et guitariste. Cette double casquette est-elle importante pour toi ? Et est-ce que la connexion vers l’authenticité de ton Blues passe aussi par cette complicité artistique ?

Absolument, car on choisit un producteur pour sa vision. Il faut avoir confiance, apprécier et admirer la personne avec qui on travaille. Et cela a vraiment été le cas avec JD Simo. C’est assez dur finalement d’abandonner le contrôle de son art, de ses pensées et de son raisonnement pour les laisser à quelqu’un d’autre. Après, bien sûr que j’avais un avis sur tout, mais il faut savoir s’ouvrir à ceux des autres et à leurs recommandations. Mon intérêt ici était de revenir à un Blues plus roots et plus alternatif. Il a vraiment vu ça en moi et cela a été plus facile de le faire ressortir finalement. Il n’a pas cherché à faire quelque chose d’autre, mais plutôt de mettre en avant les qualités qu’il a vu en moi. Il m’a beaucoup soutenu en studio. Je voulais vraiment axer l’album sur la slide sur presque toutes les chansons. Il en joue d’ailleurs aussi sur deux titres : « Let Your Hair Down » et « Burn The House Down ». Là aussi, c’est important de rester en retrait, car on apprend beaucoup. Le but n’était pas qu’il me montre ce qu’il savait faire, car il n’a rien à prouver ! (Sourires) L’idée était juste de soutenir la rythmique, les mélodies des chansons et la création plus largement. Et c’était bien sûr différent sur chacune d’entre-elles.

– Avec ces très belles parties de slide, « Burn The House Down » reste assez épuré et toujours très spontané. As-tu besoin de te mettre dans des conditions d’urgence pour obtenir le meilleur ? Rappelons que l’album a été enregistré en conditions live lors d’une session de deux jours…

Pour être précise, la session live a duré deux jours avec les quatre musiciens, tous ensemble en studio. Ensuite, il y a des overdubs sur les voix, car la prononciation est quelque chose de très important pour moi. J’ai envie que les gens comprennent bien les paroles et il y en a d’autres que j’ai aussi refaites. Donc, l’ensemble a duré quatre/cinq jours. Mais l’urgence n’était pas vraiment là, parce que j’avais vraiment travaillé ces chansons pendant des mois. On a apprécié la spontanéité et la création en studio, car il y a toujours des choses qui arrivent naturellement. Donc, il n’y avait pas vraiment d’urgence. Après, quand tu as quelqu’un comme JD Simo qui prône l’aspect réel de la musique, on a souvent utilisé la première ou la deuxième prise. Mais on aurait pu en faire plein d’autres. J’ai du lui faire confiance et cela a été un travail très dur à faire sur moi-même pour lui accorder ma confiance. Mais non, nous n’étions pas dans l’urgence.

– Comme toujours, il, y a un beau brassage de genres, qui définissent d’ailleurs ton style. On y retrouve du Shuffle, du Hill Country, des ambiances funky, flamenco et Southern et le tout avec un attitude très Garage. Et il y a « Let Yo Hair Down », où tu laisse s’échapper quelques phrases en français. Est-ce un simple clin d’oeil à ta Belgique natale, ou y a-t-il aussi un brin de nostalgie ?

Bien sûr et bien vu ! C’est vrai que dans « Let Your Hair Down », il y a un clin d’oeil à la Belgique, à la France et à l’Europe. Je ne l’avais jamais fait, ça m’a beaucoup plus et je m’y intéresse d’avantage. Pas dans l’optique d’en faire une chanson entière, mais plutôt un mélange. Je pensais aussi faire quelques paroles en espagnol mais finalement, ça ne s’est pas fait. Mais surtout, ce que j’aimerais dire c’est qu’il y a quelque chose qui m’horripile dans l’industrie musicale : ce sont les genres ! Cela pose des limites en essayant de faire partie d’un genre, car tu ne touches qu’un peu de ton public au final. Pour moi, le terme ‘style de musique’ ne devrait même pas exister. Tout ce que j’écoute, je le vois plutôt comme une boîte à outils où tu vas piocher naturellement. Donc, tous ces styles musique viennent simplement à moi sans mettre de nom dessus. Par exemple, les gammes flamenco, je les ai en tête, on fait du Blues et tout à coup, ça sonne Reggae. C’est très naturel. Que ce soit le côté funky, le Hill Country Blues, tout ça est en moi comme les Doors ou le Garage Punk avec les Cramps. Tout ça fait partie de mon bagage, ça ressort naturellement et j’adore ça ! Et c’est la même chose pour le côté vestimentaire sur scène avec le groupe, je n’ai pas nécessairement envie de ressembler à tel ou tel style. Tout ça reste très naturel pour moi.

– Enfin, au regard de ta discographie, ton Blues est aussi intemporel qu’universel. Est-ce quelque chose d’inconscient que de vouloir embrasser autant de courants, ou est-ce aussi une sorte de quête du Blues ultime ?

Pourquoi tu ne parles pas de style musical ? Moi, je n’ai jamais dit que je jouais du Blues ! (Rires) J’écoute beaucoup de Blues, mais qu’est-ce que c’est finalement ? Quand les gens disent qu’il n’aiment pas le Blues ou que c’est ennuyeux, je me dis de quel Blues parlent-ils ? Il y a le Delta, le Chicago, le Texas, le Hill Country, le Saint Louis, le Memphis et aussi la Soul. Tu vois, il y a tellement de courants dans un genre de musique. Et après, tout change en fonction des années, du son et des régions. Et les lieux ont aussi une influence sur les paroles, tout comme l’époque. Donc mettre une étiquette sur tout ça n’est pas mon truc. Il n’y a pas de quête de Blues ultime, mais plutôt une quête d’authenticité et de naturel. Je ne me force pas à faire quelque chose ou à être quelqu’un que je ne suis pas. Je ne fais pas ça non plus pour l’argent ou la gloire. Je veux faire quelque chose de vrai. Je suis moi-même, je partage des sentiments, des grooves, des émotions et des intentions. Et c’est tout ça qui ressort de ma musique. Et si elle plaît, tant mieux, car si je devais être quelqu’un d’autre sur scène, je pourrais alors aller travailler en cuisine ou ailleurs. Mais ce n’est pas le but. J’aime l’idée d’être intemporelle et universelle, je te remercie.

Le nouvel album de GHALIA VOLT, « Burn The House Down », est disponible chez Ruf Records.

Photos : Alexis Interiano (1, 2), Gilles Gauthier (3) et Doug Hardesty (4).

Retrouvez aussi la chroniques de son album précédent et l’interview accordée à l’occasion de la sortie de « One Woman Band » :

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Blues Blues Rock Shuffle Blues Southern Blues

Ghalia Volt : aux portes du désert

Dans une atmosphère très vintage, mêlant sonorités Country, Boogie, Rockabilly et Shuffle, le Blues GHALIA VOLT revêt une parure bien différente de ce à quoi elle nous a habitué. Toujours incisive et aussi un peu plus légère, elle livre un manifeste féministe d’une grande finesse d’écriture et d’une musicalité très colorée. Avec « Shout Sister Shout ! », la musicienne ouvre un nouveau chapitre de sa belle carrière sur de nouveaux horizons.

GHALIA VOLT

« Shout Sister Shout! »

(Ruf Records)

Une fois franchi l’océan qui sépare la capital belge de la Nouvelle-Orléans, GHALIA VOLT n’a pas perdu de temps et a rapidement pris les choses en main. Dès son premier album autoproduit en 2016, « Have You Seen My Woman », jusqu’à « One Woman Band » qu’elle a enregistré seule en live au mythique Royal Sound Studio de Memphis, la blueswoman est dorénavant une artiste reconnue sur la scène internationale et avec « Shout Sister Shout ! », c’est une nouvelle facette de sa personnalité qu’elle dévoile.

Après s’être exprimée dans un registre assez traditionnel et un Blues Rock électrisant, GHALIA VOLT s’essaie à autre chose en passant de la chaleur Southern de la Louisiane et du Tennessee à celle, nettement plus aride, de Joshua Tree dans le désert californien de Mojave. Et si les célèbres studios Rancho De La Luna sont surtout réputés pour leurs joutes Desert Rock, Stoner et Psych, c’est dans un style très marqué Hill Country Blues que la Bruxelloise présente ses nouveaux morceaux.

Sur ce cinquième opus, la songwriter n’est plus seule et est même particulièrement bien entourée. Sous la houlette de David Catching à la production et à la guitare, on retrouve le batteur Danny Frankel et le claviériste Ben Alleman. Avec Eddie 9V qui co-signe « Hope On A Rides », GHALIA VOLT forme aussi un duo complice. Jouant sur la diversité, la chanteuse montre une incroyable polyvalence et beaucoup de facilité (« Every Cloud », « No Happy Home », « Shout Sister Shout ! », « Can’t Have It All », « Po’ Boy John »). Très rafraîchissant !

Retrouvez l’artiste en interview…

… Et la chronique de l’album « One Woman Band »

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Blues Soul / Funk Southern Blues

Dr Sugar : saupoudré de feeling

Bluesman (très) averti et baroudeur de longue date sur la scène hexagonale notamment, c’est sous le pseudonyme de DR SUGAR que le songwriter français se présente en solo. Les dix titres de « These Words » semblent avoir été composés en Louisiane, sur les rives du Mississippi, tant l’atmosphère contient des effluves en provenance directe de la Nouvelle-Orléans. Irrésistible.

DR SUGAR

« These Words »

(Rock & Hall)

Depuis de longues années maintenant, Pierre Citerne, alias DR SUGAR, fait partie de ces artisans incontournables de la scène Blues française. Ancien leader des Marvellous Pig Noise, il se livre cette fois seul, mais toujours très bien accompagné, sur ce « These Words » qui nous transporte du côté du delta du Mississippi, non loin de la Nouvelle-Orleans avec un Blues chaleureux et personnel. Ici, les couleurs et les sons s’entremêlent dans une douceur bienveillante.

C’est à Montpellier et sous la houlette de Niko Sarran des Red Beans & Pepper Sauce, qui tient ici aussi les baguettes en plus de signer la production, que DR SUGAR a mis en boîte ses nouveaux morceaux et « These Words » a vraiment quelque chose de réjouissant. Un pied dans le bayou et l’autre dans les quartiers animés et festifs de ‘Big Easy’, le Blues du Français a des saveurs Soul, Gospel, R&B et Funky, qui sont autant de gourmandises saupoudrées d’un groove exceptionnel.

Le dobro en bandoulière et l’harmonica jamais bien loin, DR SUGAR nous embarque dans une balade Deep South très roots. Entraînant et gorgé de soleil, le musicien enchaîne les titres avec un groupe où rayonnent l’orgue Hammond et les chœurs. La touche très ‘Churchy’ de son registre flirte habillement avec une nostalgie joyeuse et dans une belle fluidité (« Ready To Give Love Again », « I Want To Go To New-Orleans », « Drinking Muddy Water », « The Little Church » et le morceau-titre). Vivifiant et tonique !

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Blues Blues Rock Contemporary Blues

Micke Bjorklof & Blue Strip : colors of soul

Faisant partie des plus grandes formations Blues d’Europe du Nord aux côtés de Bjørn Berge et de la reine de la slide Erja Lyytinen avec qui il a d’ailleurs travaillé, MICKE BJORKLOF & BLUE STRIP joue du Blues en ne se contentant pas de quelques chapelles, il englobe l’ensemble du style avec un feeling et une dextérité sans faille. Avec « Colours Of Jealousy », le chanteur, guitariste et songwriter éblouit encore une fois de sa classe et de celle de ses partenaires.

MICKE BJORKLOF & BLUE STRIP

« Colors Of Jealousy »

(Hokahey Music Productions)

Depuis plus de 30 ans, le multi-instrumentiste alterne avec ses formations, MICKE BJORKLOF & BLUE STRIP en électrique et Micke & Lefty feat. Chef dans un registre acoustique et en trio. Dix albums sont déjà sortis et c’est avec son quintet qu’il se présente cette fois avec ce « Colors Of Jealousy » de toute beauté. Le bluesman finlandais se montre toujours très inspiré et la qualité d’interprétation est encore irréprochable.

Primé à de nombreuses reprises, le Scandinave affiche une grande créativité, bien aidé dans son effort par un groupe exceptionnel. MICKE BJORKLOF & BLUE STRIP parvient avec une facilité déconcertante à faire le pont entre un Blues contemporain, un Blues Rock enflammé avec quelques touches bien senties d’influences du Delta et un soupçon de Nouvelle-Orléans et de Country. Un rayonnement incroyable.

Si « Colors Of Jealousy » arrive huit ans après « Ain’t Bad Yet », c’est que le groupe a beaucoup tourné, mais notre patience est magnifiquement récompensée. Enveloppé par les chœurs de Lena Lindroos et la slide de Lefty Leppänen, MICKE BJORKLOF & BLUE STRIP joue sur la corde sensible, tout en parvenant à garder un rythme d’enfer (« Highway Highway », « Missing My Woman », « Are You Real », « Through You Were Mine », « Into The Fire », « It Takes Two »). Eblouissant !

Photo : Mikko Parkkonen
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Soul / Funk

Dumpstaphunk : groove machine

Après le très bon dernier album de Maceo Parker (sur ce même nouveau label de Mascot), c’est au tour de DUMPSTAPHUNK de rendre à la Nouvelle-Orléans son audace musicale et toute sa splendeur issue de la Funk et du Rythm’n Blues avec un côté Rock dynamitant. Le combo des Neville et Meters n’a rien perdu de son panache.

DUMPSTAPHUNK

« Where Do We Go From Here »

(The Funk Garage/Mascot Label)

Alors qu’on s’attendait à un double-album après la sortie en single du morceau-titre en août dernier, c’est finalement un album dense et conséquent que présente DUMPSTAPHUNK, énorme machine à Groove de la Nouvelle-Orléans. Sept longues années s’éparent « Where Do We Go From Here » de son prédécesseur et Ivan Neville et sa bande sont plus enthousiastes que jamais.

Politiquement engagés, les Américains mettent leur Funky-Beat très Rock au service de revendications fortes (« Justice 2020 »). Entre modernité et héritage Soul et Rythm’n Blues de la Nouvelle-Orléans, DUMPSTAPHUNK fait la jonction et rend ces morceaux, parfois des reprises, d’une étonnante intemporalité (« Let’s Get At It », « United Nation Stomp », « Make It After All »).

Si les guitares sont très présentes (à noter la présence de Marcus King), les cuivres ne sont pas en reste et offrent une couleur resplendissante à ce « Where Do We Go From Here », plein de groove et très enjoué. Puissant et créatif, DUMPSTAPHUNK avance avec un énorme respect pour la Funk de sa ville, tout en se réinventant avec pertinence (« Itchy Boo », « Dumpstamental », « Sons »). Un vrai rayon de soleil !