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Power metal Symphonic Metal

Eternal Silence : le temps suspendu

Mixant habillement Symphonic et Power Metal, ETERNAL SILENCE sort un nouvel album dense et mélodique, six ans après son dernier effort. Le quintet italien, dont la chanteuse est un atout majeur, livre « Timegate Anathema », qui multiplie les atmosphères et avance tout en contraste. Une belle et solide réalisation.

ETERNAL SILENCE

« Timegate Anathema »

(Rockshots Records)

Si leur dernier album date de 2015 (« Chasing Chimera »), ETERNAL SILENCE a sorti pas moins de trois EP, dont « Renegades » l’an dernier. Le quintet italien peaufine depuis un petit moment ces nouveaux morceaux et, sans parler d’album-concept, « Timegate Anathema » s’articule autour du thème du temps et traverse plusieurs registres.

Soutenue au chant par son guitariste Alberto Cassina, la frontwoman Marika Vanni mène l’album grâce à une voix puissante et lipide. Mixé par Michele Guaitoli, ce troisième album tient toutes ses promesses et Alessio Sessa (basse), Andrea Zannin (batterie) et Enzo Criscuolo (guitare) sont pour beaucoup dans cet élan vigoureux qui anime ETERNAL SILENCE.

Les Transalpins ont misé sur une belle variété à travers dix titres très structurés, accrocheurs et véloces. Power Metal sur « The Way Of Time » et « My Soul Sad Until Death », plus dark et Heavy sur « Rain And Red Death Masquerade » et plus symphonique et mélodique sur « Glide In The Air », ETERNAL SILENCE montre une énergie constante très Metal (« Ancient Spirit »).

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Heavy metal Metal

Helloween : famille recomposée

Depuis 1984, HELLOWEEN a vécu pas mal de changements de line-up, mais le plus marquant fut le départ de Kaï Hansen et Michaël Kiske, qui a ouvert une seconde voie au groupe en 1996. Depuis quelques années, tout le monde est de retour au bercail et si les prestations scéniques n’ont pas manqué de piquant, on attendait surtout un album studio de la part du septet. C’est chose faite avec « Helloween », qui vient s’inscrire dans la lignée des meilleures productions des Allemands.

HELLOWEEN

« Helloween »

(Nuclear Blast)

Même si le groupe arpente les scènes du monde entier depuis quatre ans maintenant, HELLOWEEN livre enfin son premier album avec le line-up complet et presque transgénérationnel. Forcément, les retours de Kaï Hansen et Michaël Kiske, pierres angulaires du combo, sont la première attraction de cet opus de la nouvelle ère des Allemands. Et il faut bien reconnaître que ce disque éponyme est l’une de leurs meilleures réalisations depuis de très longues années.

Toujours produit par Charlie Bauerfeind, cette fois accompagné de Dennis Ward (Pink Cream 69, Unisonic, …), on retrouve donc le son inimitable du désormais septet et, loin de se marcher dessus, chaque musicien trouve sa place comme par magie. Vocalement, la cohabitation entre Andi Deris et Michaël Kiske est le point fort du groupe, qui retrouve un bel élan à travers ce duo très complémentaire. Même si on pouvait attendre beaucoup plus du trio de guitaristes, HELLOWEEN ne manque pas de puissance.

Au-delà des compositions qui restent fidèles au registre, et sont même un beau compromis entre les deux époques, c’est l’unité affichée par les Allemands qui fait plaisir à entendre (« Out for the Glory », « Mass Pollution », « Best Time » presqu’estampillé Billy Idol). Avec des chorus toujours aussi fédérateurs, des riffs costauds et une belle rythmique, HELLOWEEN continue d’honorer le Speed Metal dont il est maintenant l’un des derniers représentants (« Indestructible », « Orbit », « Skyfall »). Belle réunion de famille.

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Heavy metal

Frozen Crown : la froideur transalpine

Toujours aussi costaud et rapide, le quintet italien sort « Winterbane », troisième et glacial album du groupe. Dans un style Heavy Metal pur jus, le combo, qui a renouvelé plus de la moitié de son line-up, fait la part belle aux guitares et laisse sa chanteuse au centre du jeu. FROZEN CROWN reste dans un registre qu’il maîtrise bien, avec un petit côté Old School très agréable dans ses compos.

FROZEN CROWN

« Winterbane »

(Scarlet Records)

Formé il y a seulement quatre ans à Milan, FROZEN CROWN n’est pas du genre à perdre son temps et sort son troisième album après « The Fallen King » et « Crowned In Frost », qui ont forgé sa réputation. Jade Etro (chant) et Frederico Mondelli (guitare, claviers, chant) se retrouvent aussi les derniers membres originels après un sérieux changement de line-up, dont  « Winterbane » semble d’ailleurs avoir profité musicalement.

Sur des guitares toujours très présentes, le Heavy Metal des Italiens dégage beaucoup de puissance et d’énergie. Les riffs acérés et les solos millimétrés de Mondelli continuent porter FROZEN CROWN, dont l’intensité du jeu repose aussi sur le talent et la prestation de sa frontwoman qui s’impose un peu plus sur chaque titre de l’album. Et le reste du groupe veille à maintenir la vélocité de l’ensemble.

Toujours aux frontières du Power Metal, le Heavy des Transalpins demeure toujours aussi glaçant et glacial : la marque de fabrique du quintet (« Far Beyond », « The Long Stranger » et le très bon « Blood On The Snow »). Cependant, FROZEN CROWN s’oublie complètement sur « The Water Dance » et « Angels In Disguise », loin du niveau global de « Winterbane ». Petite mention pour « Night Crawler » de Judas Priest, qui vient remettre les choses en place.   

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Heavy metal

Velvet Viper : piqûre de Metal

Toujours aussi puissant et musclé, le jeu de VELVET VIPER n’a rien perdu de sa fougue qu’il doit en partie à sa guerrière de chanteuse, Jutta Weinhold, toujours aussi incisive et dont le chant vient rivaliser avec les grosses guitares très Heavy du quintet. « Cosmic Healer » est une petite bombe d’un Heavy Metal Speed et presque Power.

VELVET VIPER

« Cosmic Healer »

(Massacre Records)

Toujours mené par sa frontwoman Jutta Weinhold, VELVET VIPER n’a rien perdu de son mordant et « Cosmic Healer » reste dans la lignée de la discographie du groupe allemand. Le Heavy Metal du combo est toujours aussi racé, très mélodique et avec des refrains à scander à tue-tête. Assez underground depuis ses débuts, ce septième album oscille toujours entre passages épiques, très Heavy et presque Speed Metal.

Présent sur le front de la scène germanique depuis trois décennies, VELVET VIPER peut toujours compter sur son énergique et tonitruante chanteuse, qui a repris le quintet en main en 2017 avec de nouveaux musiciens. Les deux guitaristes distillent des riffs acérés et tranchants sur une rythmique très soutenue et massive souvent proche du Power et du Speed Metal. Ça envoie du bois !

Toujours aussi haut perché, le chant de Jutta Weinhold reste la marque de fabrique du combo comme sur le morceau-titre, « Osiris », « On The Prowl » ou le très nerveux « Sword Sister ». Et VELVET VIPER continue de bastonner sur « Let Metal Be Your Master », « Holy Snake Mother », « Sassenath » ou « Voice Of An Anarchist » avec des riffs lourds et des solos efficaces. Les Allemands ont toujours l’envie d’en découdre !  

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Heavy metal

Marble : les sept péchés capitaux

Après des années de silence, MARBLE présente sa nouvelle mouture avec un solide album de Metal racé. Bien aidés par leur frontwoman, les Italiens ont axé « S.A.V.E » sur une thématique autour des sept péchés capitaux. Agressif et mélodique, le sextet transalpin s’en sort plutôt bien. Malgré une production peu concluante, l’exercice est assez réussi.

MARBLE

« S.A.V.E »

(Sliptrick Records)

Après quelques remaniements, MARBLE repasse à l’attaque avec un nouvel album et un Metal mélodique qui, lui aussi, s’est étoffé. Cependant, les Italiens peuvent nourrir quelques regrets quant à la production de « S.A.V.E », qui n’est franchement pas à la hauteur. Le mastering opaque vient occulter la qualité des compositions et c’est vraiment dommage.

Question nouveauté, MARBLE accueille un nouveau batteur aussi véloce que musclé, tandis qu’Eleonora Travaglino est la nouvelle frontwoman du sextet. Puissante et présentant une belle palette vocale, la chanteuse offre un beau contraste avec des guitares tranchantes et une rythmique soutenue. Musicalement, « S.A.V.E » est bien équilibré et les mélodies soignées.

Le registre très Heavy metal à tendance Power et très légèrement symphonique s’inscrit dans la lignée des formations qui mettent en avant leur chanteuse. Pourtant, MARBLE est plus percutant que beaucoup de groupes et les riffs acérés et les growls apportent un relief très dynamique à l’ensemble. Sans signer l’album de l’année, MARBLE montre un fort potentiel qu’une meilleure production aurait bien aidé.

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Heavy metal

Véloce et explosif

Avec six albums en 12 ans de carrière, AMARANTHE est d’une régularité implacable. Le Metal mélodique des Suédois, aux contours Heavy, Power et même Pop, place le groupe dans un registre musical assez particulier et souvent insupportable pour beaucoup. Mais « Manifest » tient plutôt bien la route.

AMARANTHE

« Manifest »

(Nuclear Blast)

Avec AMARANTHE, c’est tout ou rien. On peut aimer le côté puissant et massif du style des Suédois et détester carrément son côté Pop accentué par des nappes de synthés omniprésentes. Pourtant, toujours aussi véloce et pêchu, le groupe fait le job et fait preuve d’une explosivité conséquente. Et grâce à une production plus sombre et plus brute, « Manifest » n’est pas dépourvu d’intérêt.

L’une des particularités et l’un de ses points forts viennent aussi et surtout du fait que les Scandinaves avancent avec trois chanteurs principaux aux timbres de voix bien différenciés et très complémentaires. On retrouve ainsi la chanteuse Elize Ryd et sa puissance vocale claire et mélodique, Henrik Englund et son registre growl/scream et Nils Molin dans un style Heavy plus traditionnel.  

Et avec eux trois, AMARANTHE est bien armé et les possibilités harmoniques sont multiples. Musclé sur « Do Or Die », « Viral » ou « Scream My Name », le sextet peut aussi compter sur la technique de son guitariste et de la session rythmique. Très équilibré, « Manifest » est très Heavy et costaud comme en témoignent des morceaux très calibrés autour de quatre minutes. Efficace et percutant.