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Heavy metal International Old School

Wicked Leather : raw, dark & savage [Interview]

Allier puissance et énergie dans un Heavy Metal traditionnel, tout en conférant une approche actuelle, c’est l’objectif atteint par les Barcelonais de WICKED LEATHER. Mené par une frontwoman à la fois magnétique et déterminée, le quintet se présente avec un premier album très convaincant. Entre occultisme, mystère et charges décibéliques concentrées, le groupe a déjà trouvé sa place au sein de l’underground espagnole et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec une assurance et une volonté à toutes épreuves, les Catalans s’apprêtent à déferler au-delà de leurs frontières avec le sombre et véloce « Season Of The Witch », une production aboutie, organique et très efficace. Entretien avec Yami, fondatrice et chanteuse du combo qui, à l’image de sa musique, ne manque pas d’audace et ne mâche pas ses mots.

– « Season Of The Witch » est votre premier album et pourtant à vous écouter, vous êtes loin d’être des débutants. Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs et de la création de WICKED LEATHER ?

Tous les membres du groupe ont une expérience musicale antérieure. Personne n’est novice : on a survécu à des répétitions qui empestaient la sueur, le tabac et la pizza, à des camionnettes en panne au milieu de nulle part et à des idées ‘géniales’ à 3h du matin qui se sont avérées catastrophiques. C’est dans ces moments-là qu’on apprend ce qui fonctionne, ce qui marque et ce qui laisse des traces. Je suis pianiste de formation, j’ai chanté dans des chorales et j’ai joué dans des groupes. Cette expérience influence notre façon de jammer et notre son. WICKED LEATHER est né de notre désir commun : faire un Heavy Metal qui déchire, qui surprend et qui assume pleinement sa nature. Si ça ne fait pas hurler vos voisins, c’est que ça ne marche pas !

– Avant l’album, vous aviez sorti un premier double-single, « Echoes Of The Storm », il y a deux ans. A-t-il été pour vous le déclencheur de ce qui a suivi, dont la signature chez Lost Realm Records ? Et l’aviez-vous considéré comme une carte de visite à l’époque ?

Oui, c’était notre façon de dire ‘bonjour tout le monde, nous existons !’. Honnêtement, on ne s’attendait pas à grand-chose. Avec Lost Realm Records, c’était différent. Ils ont écouté l’album, l’ont aimé et on a commencé à discuter. Pas de magie, juste de la bonne musique qui fait son effet. Parfois, les opportunités se présentent et il faut savoir les saisir…

– D’ailleurs, malgré une bonne visibilité et de bons retours, vous avez quitté Jawbreaker Records, votre label à ce moment-là. Ça peut paraître étonnant, juste après ce bon départ. Que s’est-il passé ?

Nous n’avons abandonné personne. Nous sommes restés en contact et nous avons tout expliqué. Lost Realm Records nous offrait simplement une voie plus logique pour le groupe. Gustav de Jawbreaker Records est un type super. On continue à boire des bières et à rigoler ensemble. Pas de drame, juste des choix qui renforcent le groupe.

– Revenons à « Season Of The Witch », dont le contenu nous renvoie au Heavy Metal des 80’s. Malgré une production brute et sans fioriture, l’ensemble garde un son assez actuel. C’était important de ne pas sonner complètement vintage et conserver ainsi un pied dans notre époque ?

Beaucoup d’entre nous sont nés dans les années 80, c’est dans nos gènes. Cette décennie nous a façonnés et influence encore aujourd’hui notre rapport à la musique. Le Heavy Metal est une évidence. Si ça ne vous fait pas vibrer, c’est qu’on a raté notre mission !

– Là où beaucoup de groupes de Metal avec une frontwoman présentent souvent un chant plus sensuel et mélodique plutôt que puissant et solide comme vous, WICKED LEATHER ne fait aucune concession en affichant un style direct et incisif. Est-ce aussi une façon de vous démarquer et de sortir du rang ?

Franchement ? Alors, je ne suis pas là pour séduire qui que ce soit. J’adore U.D.O., mais je ne me sens pas séduite par lui. Etre une femme, ce n’est pas adoucir sa voix, ni faire ce que les gens attendent de moi. Je chante du Heavy Metal. Si je voulais charmer, je ferais tout autre chose. Ici, il s’agit de force, d’honnêteté et de conviction. Du Metal qui vous prend aux tripes !

– Cela n’aura échappé à personne, WICKED LEATHER évolue entre l’occultisme et un univers horrifique. Est-ce que les textes viennent justement renforcer l’atmosphère musicale, ou au contraire, c’est elle qui influence la thématique ?

Les paroles naissent souvent d’images, de rêves, de cauchemars récurrents et de souvenirs sombres. Parfois, un riff donne vie à une parole, parfois, c’est l’inverse. C’est un dialogue qui s’écrit de lui-même en musique. L’atmosphère d’horreur et d’occultisme se développe naturellement à partir des histoires, sans être forcée. C’est juste une part d’ombre que chacun porte en soi, la part que nous avons acceptée, filtrée par notre imagination… et peut-être un cri au milieu de la nuit.

– Pour la jeune génération tournée vers un Metal moderne et très souvent aseptisé, cela peut paraître étonnant de poursuivre le bel héritage du Heavy Metal traditionnel. En formant WICKED LEATHER, quelles étaient vos intentions d’une part ? Et d’autre part, que cela représente-t-il aussi pour toi d’être une femme à la tête du groupe, ce qui commence à se démocratiser enfin ?

Que ça plaise ou non, WICKED LEATHER est un groupe fondé par une femme. Non seulement je chante, mais c’est mon groupe. Je ne suis pas là pour faire joli. Je participe activement à la composition. Les paroles sont de moi, elles font partie intégrante de la musique. Quand j’ai fondé WICKED LEATHER, je voulais un groupe qui envoie du lourd et qui décoiffe au passage. Du Heavy Metal traditionnel, mais avec une touche rebelle. De la personnalité, de la puissance, sans compromis. On remet tout en question et on recommence si besoin. Du vrai Heavy Metal, pas de la Pop déguisée en Metal. Le Heavy Metal, c’est de la force et du cran. Trop souvent, les groupes gomment leur identité pour suivre les tendances ou éviter de paraître ridicules. Nous, on préfère prendre des risques, faire des erreurs et garder notre personnalité intacte.

– Enfin, j’aimerais qu’on parle de la scène espagnole qui est plus vivante que jamais, et notamment en ce qui concerne le Heavy Metal Old School. Est-ce que vous sentez aussi un réel revival depuis ses dernières années, et comment l’expliquez-vous ?

Absolument. L’énergie est palpable. Les groupes jouent avec passion et le public est au rendez-vous par conviction. On la ressent partout : aux répétitions, sur scène, dans la salle. L’Espagne est une communauté soudée, passionnée et vouée à un véritable amour du Metal. C’est ce qui explique la force de ce renouveau.

L’album de WICKED LEATHER, « Season Of The Witch », est disponible chez Lost Realm Records.

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Heavy metal Old School

Wildhunt : une exploration profonde

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Autrichiens ont pris leur temps entre leurs deux longs formats. Depuis « Descending », sorti il y a une décennie maintenant, ils ont vécu quelques changements de line-up et ont surtout gagné en maturité et en sérénité dans leur jeu. Sur une base Heavy Metal un brin vintage, WILDHUNT ne mise pas systématiquement sur la vitesse malgré quelques éléments Thrash, en alternance avec d’autres plus progressifs, pour rendre ce « Aletheia » vraiment immersif et captivant. Original et inspiré.

WILDHUNT

« Aletheia »

(Jawbreaker Records)

Si certains jouent avec plus ou moins de bonheur sur une certaine intemporalité du genre, c’est-à-dire en affichant des influences du siècle passé, d’autres parviennent avec talent à leur fin. C’est le cas de WILDHUNT qui ressurgit après dix ans d’absence avec un deuxième album très réussi. Cela dit, le quatuor avait brillamment entretenu le suspens avec le single « Made Man » (2017 et présent ici) et un titre, « Terror Right below » (2019) sur un split album aux côtés d’autres groupes. Mais la suite se faisait attendre depuis « Descending ».

Les références au Thrash et au Power Metal originels (pas la soupe actuelle) sont toujours présentes chez WILDHUNT, mais c’est un Heavy Metal plus classique aux contours épiques qui domine. On retrouve sur « Aletheia » des ambiances qui renvoient à Manilla Road, Mekong Delta ou King Diamond. Quant au chant, il est sobre et efficace à l’instar d’un  Rob Halford à ses débuts. Le combo coche donc toutes les cases, d’autant que sa technicité ne se noie pas dans une démonstration qui pourrait vite devenir ennuyeuse.

Caractérisée par un travail remarquable de ses deux guitaristes notamment, la formation basée à Vienne présente des morceaux aux structures complexes avec de longues plages instrumentales, comme sur « Touching The Ground » entièrement instrumental, qui ouvre ce nouvel opus. WILDHUNT entretient l’intensité tout au long d’« Aletheia » avec beaucoup de nuances et de puissance. Accrocheur et mélodique, ce deuxième effort combine finesse et force (« The Holy Pale », « Sole Voyage » et le morceau-titre). Un modèle du genre.

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Heavy metal Old School Speed Metal

StarForce : cosmic lightning

Une belle dynamique, des riffs tranchants et des refrains accrocheurs, STARFORCE se montre déjà plein de confiance sur ce premier long format. Faisant preuve de beaucoup de minutie en naviguant dans un Heavy vintage aux pulsations Speed, le combo fait éruption sur la scène du Mexique et devrait bientôt s’atteler à l’international. Rigoureux, solide et bien structuré, « Beyond The Eternal Night » est particulièrement intense et oscille entre fulgurances Metal et passages plus délicats.

STARFORCE

« Beyond The Eternal Night »

(Jawbreaker Records)

Après un EP, deux splits et une flopée de singles, STARFORCE sort son premier album quatre ans tout juste après sa formation et sa qualité impressionne déjà. En basant son univers sur des récits cosmiques, le quintet peut exploiter son Heavy Speed en se laissant aller dans des thématiques Sci-Fi, ce qui lui offre l’étendue d’une galaxie pour s’exprimer. S’ils ne sont pas les premiers à s’engouffrer dans la brèche, d’autant que leur registre est clairement axé 80’s, les Mexicains le font avec beaucoup de talent et de précision. Une entrée en matière saisissante de maîtrise.

Située quelque part entre Enforcer et Helloween à ses débuts, la formation de Mexico fait un peu cavalier seul dans ce registre chez elle et ce n’est pas plus mal. N’ayant rien à envier à d’autres dans la même catégorie, STARFORCE se montre original, percutant, mélodique et techniquement irréprochable. Guidé par Mely Solis, dont la voix ne manque ni de puissance, ni de polyvalence, « Beyond The Eternal Night » affiche également une bonne production, aussi claire que massive. L’équilibre est parfait et l’esprit Old School des morceaux y gagne vraiment en éclat.

Preuve que le quintet sait faire preuve d’audace, après l’intro, c’est avec un titre chanté en espagnol (« Andrómeda ») qu’il ouvre son premier opus. D’ailleurs, il récidive de belle manière avec « Piel Helada » et « Sonata En Bm ». STARFORCE est sûr de son fait et ses deux guitaristes se montrent redoutables (« Rock And Roll Slave », « Sign Of An Angel », « Space Warrior »). Et si la frontwoman impressionne par son assurance, l’autre coup de théâtre vient du batteur qui s’offre un petit solo, façon live, sur le très bon « Stay Heavy ». Plus que prometteur !

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Hard 70's Hard Blues Stoner Rock

The Lunar Effect : full light

Avec son côté roots et vintage, THE LUNAR EFFECT traverse le temps et n’en oublie pas pour autant d’être finalement très contemporain. Energique et intense, le quintet multiple les embardées, se faisant bluesy ou très compact, avec autant de facilité que d’inspiration. Entre calme et tempête, « Fortune’s Always Hiding » navigue sur un groove dynamique, une voix puissante, des riffs tranchants et des claviers qui offrent des atmosphères intemporelles aux contrastes toujours bien sentis. Une nouvelle réalisation, qui ne manque pas de panache !

THE LUNAR EFFECT

« Fortune’s Always Hiding »

(Svart Records)

Après s’être aguerri dans l’underground londonien dès 2017, le groupe n’a pas tardé à faire parler de lui au-delà, notamment grâce à « Calm Before The Calm », un premier album sorti deux ans plus tard. Repéré par Svart Records, THE LUNAR EFFECT sort « Sounds Of Green & Blue » l’année suivante, qui a rencontré son public et fut salué par la critique. Après avoir tourné dans toute l’Europe, les Anglais sont de retour avec « Fortune’s Always Hiding », un disque accompli sur lequel le côté massif se fond dans une grande finesse.

Riche et chaleureux, le registre des Britanniques s’inspirent des années 70 en empruntant autant au Rock psychédélique qu’au Hard Rock ou au proto-Metal. Ajoutez-y une dose de Stoner et de Blues et vous obtenez le savoureux mix de ce troisième opus. La production est solide, organique et aérée, de quoi donner des ailes à THE LUNAR EFFECT au point d’offrir une sorte d’état des lieux des dernières décennies du Rock, avec même quelques élans qui ne sont pas sans rappeler des formations plus récentes comme Alice In Chains.

Ainsi, dans les entrailles d’un style rétro assumé, on retrouve des grosses guitares, des rythmiques relevées et un chant très maîtrisé avec des similitudes qu’on peut retrouver sur la scène actuelle chez Rival Sons, notamment, ou Greta Van Fleet. Mais THE LUNAR EFFECT se distingue par une touche très personnelle, qui fait de « Fortune’s Always Hiding » un disque varié et qui témoigne d’une évolution grandissante du genre (« Feel The Hand », « Watchful Eye », « Stay With Me », « Settle Down », « A New Moon Rising »). Flamboyant !

Photo : James Bennett

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Heavy metal Old School

Tower : dark clouds

Séduisants et implacables, les New-Yorkais présentent un double-visage au sein d’un même univers aux contours démoniaques, où cohabitent fées et sorcières, toutes incarnées par sa frontwoman. Enveloppé d’un voile Old School à la fois rassurant et obscur, « Let There Be Dark » fait un retour aux racines d’un Metal très Heavy et parfois même assez Rock. Une belle combinaison, qui promet des rebondissements surprenants et intenses. TOWER impose sa marque avec force et talent avec une troisième réalisation très Dark à la hauteur de ses ambitions.

TOWER

« Let There Be Dark »

(Cruz Del Sur Music)

Fondé il y a une dizaine d’années, TOWER signe avec « Let There Be Dark » son album le plus convaincant que ce soit au niveau de la composition que de la production. Cette dernière est d’ailleurs, tout comme l’enregistrement, l’œuvre d’Arthur Rizk qui a travaillé notamment avec Blood Incantation, Cavalera Conspiracy et King Diamond. Un gage de sérieux et d’expérience qui se ressent sur ce troisième opus distillé dans un Heavy Metal classique et traditionnel, mais non sans originalité et percussion.

Après un changement de batteur il y a trois ans, TOWER semble sur de solides rails et ses intentions sont claires : allier puissance et mélodie. Pari remporté avec « Let There Be Dark » qui affiche de belles capacités et surtout une prédisposition à se projeter avec détermination et beaucoup de finesse. Emmené par Sarabeth Linden qui fait presqu’office de prêtresse, le quintet est plein d’ambition, à commencer par celle de redynamiser et de réhabiliter un Heavy Metal originel un brin occulte et dans des sonorités vintage.

Jouant sur son côté ténébreux et envoûtant, la chanteuse du groupe se meut entre les avalanches de riffs, les solos survoltés et le galopant duo basse/batterie. Et c’est précisément ce qui fait la force des Américains, ainsi que leur identité. TOWER se montre fluide, mystique même et enchaîne les morceaux avec beaucoup de confiance (« Under the Chapel », « Book Of The Hidden », « Iron Clad », « The Hammer »). Epique et accrocheur, « Let The Be Dark » marque le franchissement d’un cap dans le parcours du combo.

Photo : Eva Tusquets

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Heavy metal Old School Progressive Heavy Metal

Diamonds Hadder : mystic Metal

Jouant sur une personnalité assez énigmatique, puisqu’il est question de l’ici de l’histoire de son protagoniste ‘Johnathan Hadder’, John Evermore entend bien perpétuer la tradition d’un Heavy Metal tranchant, épique et légèrement cinématographique. Sur des mélodies accrocheuses, des parties de guitares dynamiques et brûlantes et des changements de tempos aussi surprenants que véloces, DIAMONDS HADDER se livre à un voyage musical introspectif entre classicisme à la Dio pour la voix et une profondeur progressive héritée notamment de Fates Warning.

DIAMONDS HADDER

« Beyond The Breakers »

(No Remorse Records)

Je ne suis habituellement pas très adepte des one-man-bands, surtout de nos jours où l’informatique fait déjà la loi et où l’IA commence aussi à augmenter les dégâts. Le progrès à la place de la créativité, c’est ce que subit la musique au quotidien. Mais il reste encore quelques artistes étonnants qui osent d’aventurer sur des sentiers déjà bien balisés pour y apporter un petit quelque chose d’autre, un petit grain de folie. Et c’est exactement ce que propose John Evermore, alias DIAMONDS HADDER, avec « Beyond The Breakers ».

Loin justement de remplir l’espace sonore en empilant les pistes instrumentales pour un résultat d’une exemplaire platitude, comme c’est la norme, ce premier album est au contraire très organique, un brin vintage et interprété de main de maître. Le musicien y joue tous les instruments, et même très bien, s’est aussi occupé de l’enregistrement, du mix et de la production, sans oublier bien sûr l’écriture et la composition. Et surtout, DIAMONDS HADDER nous ramène à des sonorités familières entre Heavy Metal et Hard Rock.

Egalement au chant, l’Américain, basé à Los Angeles, a imaginé et réalisé un opus en forme de conte et doté d’une narration riche et dynamique. Et l’on doit ce son si authentique sans doute au fait que « Beyond The Breakers » ait été enregistré dans une usine abandonnée, ce qui lui confère cette atmosphère si particulière. DIAMONDS HADDER ne manque pas non plus de (bonnes) références et nous fait naviguer du côté de chez Rainbow, Savatage, Queensrÿche, voire Iron Maiden. Une belle odyssée classique et progressive.

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Heavy metal Old School Proto-Metal

The Watcher : l’œil dans le rétro

Porté par des effluves proto-Doom et des fulgurances bien Heavy, le combo de Boston présente beaucoup de détermination sur son premier opus complet. Vif et intense, « Out Of The Dark » libère une puissance brute, un son organique et devrait ravir les amateurs du Metal de la grande époque. Assez sombre et très groovy, l’atmosphère se fait enveloppante et THE WATCHER parvient à faire la jonction entre un registre aux couleurs rétro et une belle fraîcheur. Une réussite.

THE WATCHER

« Out Of The Dark »

(Cruz Del Sur Music)

Après des débuts tonitruants il y a trois ans avec un EP, « You Turn To Die » qui leur a valu d’élogieuses critiques et permis de faire une arrivée marquante sur la scène Metal, les Américains sortent enfin leur premier album. Depuis 2016, THE WATCHER bâtit patiemment un répertoire solidement ancré dans la NWOTHM, où cohabitent un Heavy traditionnel et un Doom sabbathien. Avec son aspect classique, « Out Of The Dark » a des saveurs vintage, certes, mais n’a pas pris la moindre poussière.

Enregistré il y a tout juste un an à New-York, ce premier effort montre déjà beaucoup d’assurance et une incontestable maturité artistique. THE WATCHER n’a rien laissé au hasard et a soigné chaque morceau avec talent. « Out Of The Dark » nous transporte dans une capsule intemporelle à grands coups de riffs racés, de refrains savoureux et de solos bien ciselés. Efficace sans être démonstratif, le power trio du Massachusetts parvient sans mal à sortir son épingle du jeu en présentant un son et un style déjà identifiables.

Même s’ils évoluent dans une configuration assez restreinte (avec l’appui de deux autres six-cordistes sur scène), Max Furst (guitare, basse), Paden Reed (chant, guitare) et Chris Spraker livrent un Heavy dense et musclé marqué au fer rouge par les décennies 70 et 80. Grâce aussi à des twin-guitars enflammées, des lignes vocales assurées et un fort engagement, « Out Of The Dark » regorge de titres accrocheurs (« Strike Back », « Burning World », « The Revelator », « Thy Blade, Thy Blood » et la chanson-titre). THE WATCHER frappe fort !

Photo : Hillarie Jason