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Crossover Funk Metal Metal Fusion

Sonic Universe : living souls

Alors que Living Coloür a repris la route, son chanteur s’offre une petite escapade avec SONIC UNIVERSE, nouveau groupe ultra-dynamique, qui évolue dans un style pas si éloigné. Entre Metal et Funk, « It Is What It Is » se montre d’une créativité gourmande guidée par quatre cadors, qui font parler leur expérience avec talent et spontanéité. Très vivant et tout aussi sensible, l’ensemble assène une bonne claque revigorante !

SONIC UNIVERSE

« It Is What It Is »

(earMUSIC)

Eternel frontman de Living Coloür depuis 1994, Corey Glover réapparait avec un nouveau projet très ambitieux et qui aurait même presque pu être une nouvelle réalisation de sa formation d’origine. Mais la touche et le son de son emblématique fondateur et guitariste Vernon Reid ne sont pas de la partie. Cependant, SONIC UNIVERSE ne manque pas de piquant et vient réoxygéner un registre à bout de souffle. Car, il est ici encore question d’un Crossover Metal Funk de haut vol.

Cette fois encore, le frontman est très bien entouré, puisqu’il a fondé le groupe avec le six-cordiste Mike Orlando d’Adrenaline Mob et les très, très bons Booker King à la basse et Tyakwuan Jackson à la batterie. SONIC UNIVERSE, c’est du lourd et la technicité du quatuor en est presqu’étourdissante. Le groove de la rythmique percute autant qu’il envoûte et, même si le jeu hyper-shred d’Orlando se perd parfois un peu, l’intense fraîcheur dégagée prend toujours le dessus. 

Et face à cette déferlante décibélique et cette avalanche de riffs, la voix gorgée de Soul de Glover surnage et son authentique émotion fait le reste. Comme toujours, ses textes prônent la tolérance et appellent à l’unité dans une Amérique plus fascisante que jamais. De rebondissements en rebondissements, SONIC UNIVERSE évolue avec une folle énergie, tout en se forgeant une identité forte (« I Am », « My Desire », « Life », « Higher », « I Want It All » et le morceau-titre). Une première qui atteint des sommets !

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Hard Rock Heavy metal Metal

Sophie Lloyd : almost alone

Les temps changent et c’est via internet et les réseaux sociaux que SOPHIE LLOYD s’est faite un nom avant de commencer à se produire sur des scènes gigantesques avec d’autres. La Londonienne a eu l’occasion de se créer un joli carnet d’adresse dans le monde du Metal et, au risque de passer au second plan par rapport aux artistes présents, elle démontre qu’elle est bien plus qu’une guitariste de session, même si elle va devoir s’imposer à son tour sur scène avec ce premier « Imposter Syndrome ».

SOPHIE LLOYD

« Imposter Syndrome »

(Autumn Records)

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer en solo et c’est une très bonne chose. A l’instar d’Orianthi et Nita Strauss notamment, SOPHIE LLOYD est décidée à se produire sous son nom et son entrée en piste avec ce très bon « Imposter Syndrome » témoigne déjà d’une grande assurance doublée d’un énorme talent qu’on avait déjà très largement perçu. Comme d’autres, elle est apparue sur YouTube où elle a construit sa notoriété, puis en live avec Machine Gun Kelly et on lui pardonne ce faux pas.

Pourtant rompue à l’exercice des reprises qu’elles s’approprient d’une manière souvent très shred, SOPHIE LLOYD présente un son bien à elle et un toucher très personnel. C’est d’autant plus remarquable que la guitariste livre un premier album sur lequel elle a convié onze invités, et non des moindres. Le panel artistique est très large, même s’il reste dans une veine Hard’n Heavy, et la faculté d’adaptation de la Britannique est étonnante et assez rare. Elle se met véritablement au service des morceaux avec beaucoup d’instinct.

Sa polyvalence dévoile une artiste complète, qui se fond dans l’univers de ses guests venus donner de la voix, excepté le guitariste YouTuber Cole Rolland sur un instrumental. Solide sur les rythmiques et rayonnante sur les solos, SOPHIE LLOYD n’en fait pas trop, mais suffisamment pour briller. Si les titres avec les frontmen de Steel Panther, Black Stoner Cherry, Trivium et Atreyu sont explosifs, ceux avec les chanteuses de Halestorm, Marisa And The Moths et la Canadienne Lauren Babic sont vraiment un cran au-dessus. Convaincante.

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Hard Rock Heavy metal

Alcatrazz : prison dorée

Même si le frontman Doogie White fait le job, il faut bien avouer qu’ALCATRAZZ a perdu de sa superbe depuis le limogeage de Graham Bonnet. Pourtant le groupe poursuit sa route, emmené par des musiciens chevronnés, virtuoses et dont les morceaux sont toujours bien écrits. « Take No Prisoners » ne renversent pas la table, mais ne manque pas non plus d’intérêt.

ALCATRAZZ

« Take No Prisoners »

(Silver Lining Music)

Depuis 1983, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille chez ALCATRAZZ. C’en est même au point que l’on suit les évolutions du line-up comme on suit un feuilleton. Pour faire court, le chanteur Graham Bonnet a laissé sa place (!) à Doogie White, qui livre ici son deuxième album avec la formation américaine qui a aussi, rappelons-le, vu passer Yngwie J. Malmsteen et Steve Vai et qui peut aujourd’hui compter sur l’excellent Joe Stump et son légendaire toucher shred.

Une chose reste cependant immuable chez ALCATRAZZ, c’est la présence de Gary Shea à la basse et de Jimmy Waldo aux claviers, véritables piliers depuis le début. Quant au style du quintet, on oscille toujours entre Hard Rock et Heavy Metal avec une touche très british de plus en plus perceptible. Et il faut dire que l’ex-Rainbow et MSG, Doogie White, y est pour beaucoup. Pour un peu, on croirait entendre ce bon Biff Byford de Saxon à la manœuvre, c’est dire.

Quant au contenu de « Take No Prisoners », on reste dans la continuité de « » avec même un léger mieux au niveau des compos. Dès « Little Viper », ALCATRAZZ donne le ton d’un album qui s’annonce dynamique (« Bring On The Rawk », « Battle Lines »). Le groupe a même convié ces Dames de Girlschool sur « Don’t Get Mad… Get Even », un morceau mélodique et accrocheur qui résume d’ailleurs assez bien l’ensemble. Pour le reste, Joe Stump semble porter les titres à bout de bras. En demi-teinte.

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Heavy metal

Fortunato : trésor de Metal

Deux ans après « Insurgency », les Lyonnais sont déjà de retour avec le très mélodique et fédérateur « From High Above », un quatrième opus où des éléments Neo-Classic et symphoniques viennent se greffer à un Heavy Metal ancré dans une tradition très européenne, héritée de la NWOBHM, mais aussi (et surtout) de la scène allemande. Fort d’une longue expérience, FORTUNATO peut désormais se frotter sereinement aux  meilleures formations du genre.   

FORTUNATO

« From High Above »

(Independant)

Si vous suivez le Metal underground français depuis la fin des années 80, le nom de Markus Fortunato ne vous est sûrement pas inconnu. Fondateur de MZ avec qui il a sorti sept albums en une décennie, c’est sous la bannière de FORTUNATO que le frontman et bassiste officie dorénavant et c’est en quatuor qu’il se présente aujourd’hui avec « From High Above », le quatrième opus du groupe, riche de dix titres sans détour, ni esbroufe.

Ayant parcouru différents styles allant du Hard Rock à une version musclée de l’AOR, c’est armé d’un solide Heavy Metal que FORTUNATO nous livre sa nouvelle réalisation. D’ailleurs, bien qu’autoproduit, « From High Above » n’a pas à rougir face à certaines signatures élogieuses, mais approximatives actuelles. Et les Français possèdent un atout de taille, c’est cette sincérité qui se dégage de tous leurs morceaux.

Grâce à ses deux virevoltants guitaristes (Alex Faccinetto et Seb Vallée) et à un batteur tout aussi véloce et costaud (Sly Tale), FORTUNATO peut aisément distiller ce Heavy aux consonances Neo-Classic et même légèrement symphonique. La virtuosité des deux six-cordistes offre un aspect shred efficace et très mélodique, avec en soutien un synthé pertinent. Le combo manie la puissance du Metal sur des thèmes accrocheurs et maîtrisés.

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Hard 70's Hard Blues Hard Rock

Vinnie Moore : classieux

Réputé pour sa légendaire technique et un style qui a fait école depuis de longues années, VINNIE MOORE est loin d’être en reste au niveau feeling, bien au contraire. Avec ce dixième album solo, le guitariste d’UFO s’amuse à passer d’un registre à un autre avec une dextérité peu commune. Et pour une fois, il a même invité quelques chanteurs sur ce très bon « Double Exposure ».

VINNIE MOORE

« Double Exposure »

(Mind’s Eye Music)

C’est après un album avec Vicious Rumors (« Soldiers Of The Night » – 1985) que le grand VINNIE MOORE s’est lancé en solo pour mieux d’adonner à son exercice préféré : la guitare shred. Longtemps affilié au courant néoclassique à l’instar de Malmsteen,  il est surtout connu pour son jeu au sein d’UFO avec qui il s a sorti six albums studio. Parallèlement, on a aussi pu l’entendre avec Alice Cooper, Jordan Rudess et Destruction.

« Double Exposure » est le dixième album du virtuose américain et il présente une surprise de taille. En effet, pour la première fois sur ses propres productions, VINNIE MOORE a fait appel à des chanteurs, et pas des moindres, pour interpréter quelques morceaux. On retrouve sur la moitié de ce nouvel opus Ed Tery (Rage And Beyond), Keith Slack (MSG, Mother Road), Mike DiMeo (Riot) et Brian Stephenson (Old James). Inédit !

Moins démonstratif qu’à l’habitude, mais conservant cet incroyable toucher, VINNIE MOORE joue même sur une Gibson SG, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. De fait, l’album sonne plus Rock et même légèrement Blues et Funky (« Still Waters Run Deep », « River Flow », « Astro Man », Southern Highway »). « Double Exposure » est certainement le plus varié de la carrière du six-cordiste, qui se montre toujours inspiré.

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Heavy metal

Amoriello : une impulsion shred et médiévale

Le Heavy Metal aux couleurs médiévales et très shred semble avoir encore de beaux jours devant lui, si l’on se fit à ce très bon album. Mené par le guitariste Thomas AMORIELLO, « Phantom Sounds » fait la part belle aux guitares tout en laissant une place de choix aux chanteurs qui succèdent sur ce deuxième opus. Un brin épique, les riffs acérés sont légions et les morceaux très fédérateurs. Le Heavy Metal des Américains reste Old School, mais d’une grande fraîcheur.

AMORIELLO

« Phantom Sounds »

(Shredguy Records)

Ardent défenseur d’un Heavy Metal traditionnel et américain, le guitariste et compositeur Thomas AMORIELLO livre son deuxième album, après un premier effort éponyme en 2018. Technique et très shred dans l’esprit, le six-cordiste ne tombe pas pour autant dans une démonstration stérile, mais s’attache à distiller des riffs solides et des solos savamment exécutés. Mélodique et virtuose, « Phantom Sounds » est le résultat d’un travail livré par des musiciens très aguerris.

Autour d’un noyau dur composé de Giovanni Sena (Age Of Artemis) à la basse, Cameron Fleury (Terrorhorse) à la batterie, Anthony Stahl (DeadRisen) et Ariel Perchuk (Kenziner) qui se partagent les claviers, AMORIELLO a fière allure et l’expérience de ses membres se ressent dès les premières notes. « Phantom Sounds » est riche en musicalité et en arrangements, ce qui lui apporte beaucoup de volume.  

Preuve en est qu’il ne tire pas la couverture à lui, le guitariste a invité six chanteurs sur la moitié de l’album et il ressort une belle unité d’AMORIELLO. Sont présents Herbie Langhans de Firewind (« Villain »), Jim Rutherford de Power Theory (« Unruly King »), Piet Sielk d’Iron Savior (« Medieval Warrior »), Titta Tani d’Arthur Falone Stargazer (« Haunted »), Will Shaw (« Mach Fire ») et Melitza Torres de Liliumdust (« Candelabra »). Du beau monde pour un très bel album. 

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Hard-Core Thrash Metal

Dissident : l’heure du châtiment

Sauvage et violent, ce deuxième album du trio niçois tient toutes ses promesses. « Shred » est un savant mix de Thrash et de HardCore avec tout ce que ça implique en termes d’agressivité et de colère. Compact et acéré, et souvent excessif, DISSIDENT est un concentré de Metal bouillonnant et racé. Une vraie punition dans un dédale de riffs et de décibels !

DISSIDENT

« Shred »

(Independant)

Pour tout dire, cela fait plus d’un an maintenant que « Shred » est dans mes tiroirs et je n’avais qu’une hâte, c’était de vous en parler. On y est ! Enregistré au cœur de la pandémie, il aurait en effet été dommage de le sortir dans un contexte aussi incertain et surtout de ne pas pouvoir le défendre ensuite sur scène. Après de longs mois d’attente, DISSIDENT dévoile enfin son deuxième album.

Originaire de Nice, le trio a déjà un EP (2013) et un premier effort (« Hate Blood Rage You Fucking Scum » – 2017) à son actif et se révèle enfin pleinement sur « Shred », un opus de dix titres, dans lequel rage et fureur sont à l’œuvre. Aujourd’hui composé de Jeff Henry (basse, chant), Rémi Serafina (batterie – Svart Crown) et de Manu Neysenssas (guitare), DISSIDENT sonne la charge.

Resserré sur 35 minutes intenses et musclées, « Shred » rassemble la violence du Hard-Core, version HxC et la combativité et l’ardeur du Thrash Metal. Autrement dit, une rencontre entre Slayer et Cro-Mags avec Body Count en invité surprise (« Ffr », « Won’t Change », « Watching You Die », « Drop The bomb », « Shred », …). Ici, DISSIDENT ne fait pas de quartier et est très bien servi par un prod’ massive. Brutal et jouissif !

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Death Metal Metal Progressif Technical Metal

Chaos Over Cosmos : à la vitesse de la lumière

Percutant, Progressif et Metal, le Technical Death de CHAOS OVER COSMOS traverse l’espace et les galaxies avec une dextérité et un sens des atmosphères toujours aussi pointu et travaillé. « The Silver Lining Between The Stars », troisième album du duo américano-polonais, joue sur une grande technicité au service d’un feeling porté sur la S-F et remarquablement produit et interprété.

CHAOS OVER COSMOS

« The Silver Lining Between the Stars »

(Independent)

Un an après le très bon « The Ultimate Multiverse », CHAOS OVER COSMOS est déjà de retour avec son digne successeur. Et cette fois-ci, il y a encore du changement au niveau de ce groupe au concept peu ordinaire. Après l’Espagnol Javier Calderón et l’Australien Joshua Ratcliff, c’est aujourd’hui l’Américain KC Lyon quoi œuvre au chant dans ce duo atypique dont le Polonais Rafal Bowman reste la pièce maîtresse.

Guitariste, programmateur et principal compositeur de CHAOS OVER COSMOS, le musicien parvient parfaitement à conserver l’identité musicale depuis le premier album. Il faut aussi rappeler qu’aucun musicien ne s’est jamais rencontré et que tous les morceaux ont été composés et réalisés à distance. Comme son nom l’indique, le duo navigue toujours dans univers spacial basé sur la Science-Fiction étonnant et saisissant.

Musicalement, le Metal Progressif de CHAOS OVER COSMOS est toujours très imprégné de Technical Death et de mélodies développées notamment à travers des solos très shred, qui apportent beaucoup de lumière aux compos (« Violent Equilibrium », « The Last Man in Orbit »). Très moderne dans sa conception, ce troisième album laisse un vaste espace de liberté aux deux protagonistes qui s’en donnent à cœur-joie (« Control ZED », « The Sins Between The Stars »). Une bonne claque !   

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Metal Progressif

Ben Randall : aérien et expressif

Malgré sa jeunesse, le guitariste BEN RANDALL possède déjà une solide expérience. Ayant joué dans de nombreuses formations, le Britannique revient cette fois en solo avec un album où il parcourt différentes époques de ses expériences musicales. Son jeu et son style se font plus personnels au fil des morceaux à travers lesquels il propose de belles choses.

BEN RANDALL

« Before The Rain »

(Thoroughbred Music)

Le talent n’attend pas le nombre des années et BEN RANDALL vient confirmer l’adage. Loin d’être un clown savant de la six-cordes ou une petite bestiole qui ne jure que par la vitesse et la technique comme on le voit chaque jour, le guitariste base surtout et plutôt son jeu sur le feeling et le toucher que la technicité vient juste servir.

Ayant fait ses armes avec Code of Silence, 25 Yard Screamer et Chasing The Monsoon, BEN RANDALL explore avec « Before The Rain » toutes ces années au sein de ces formations, ainsi qu’en solo. Et entre Heavy Metal, Hard Rock bluesy et Rock Progressif, le registre du prodige anglais est vaste et instrumental pour l’essentiel, ce qui donne lieu à une grand expression musicale.

Avec « Dark Skies Over Babylon », BEN RANDALL propose le seul titre chanté de l’album par Joanna Ruiz et il sort d’ailleurs en single. Très expressif et progressif dans son jeu, le guitariste met en avant ses propres compositions, mélodiques et contrastées. Légèrement shred, mais pas trop, le Britannique brille surtout par son efficacité et son style très direct, cristallin et groovy.