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Hard'n Heavy Heavy metal

Scarblade : une griffe tranchante

Une décennie après leur premier opus, les Suédois reviennent renforcés et plus expérimentés aussi sur la scène Heavy européenne, ainsi que sur un nouveau label. Forcément, leur jeu s’est affiné et ils se montrent également très inspirés. Avec « Guardians Of Time », SCARBLADE remet les pendules à l’heure et même s’il reste toujours ancré dans un registre Old School et underground, il est plus affûté que jamais, grâce également à une frontwoman au chant clair et puissant.

SCARBLADE

« Guardians of Time »

(Wormholedeath Records)

Ce qu’il y a d’exceptionnel avec le Heavy Metal dans ce qu’il a de plus traditionnel, c’est qu’on n’est pas prêt d’en faire le tour. Avec beaucoup de passion et de cœur à l’ouvrage, la formation de Göteborg a bâti le sien avec sincérité et énergie. Depuis une dizaine d’années et un premier album, « The Cosmic Wrath » en 2016, SCARBLADE a surtout tenté de stabiliser un line-up changeant. Récemment, il a sorti quatre morceaux en 2023 et 2024, ainsi « Guardians Of Time » marque le retour en force du combo, couronné par une signature chez Wormholedeath Records.

Toujours mené par sa chanteuse Aliki Kostopoulou, le quintet enregistre aussi le renfort du guitariste Josip Markovic en remplacement de Mathias Helgesson, qui continue cependant à travailler avec ses anciens partenaires. Et le tableau ne saurait être complet sans le claviériste Johan Karl Bernspång, le batteur Viktor Erik Gustaf et le bassiste Jorge Arturo Alfaro Randel. SCARBLADE est donc en ordre de marche et ce deuxième opus est particulièrement convaincant. Classique, mais contemporain, le style est à la fois incisif et mélodique.

Situé quelque part entre Rainbow, version Dio, et Rites To Ruin pour ce qui est plus proche de nous, les Scandinaves parviennent à créer un élan original entre riffs tranchants, claviers savamment distillés et des parties vocales solides et déterminées. Très 80’s sur « Craving Heart », « Alive » et le morceau-titre, SCARBLADE sort les crocs sur le Power/Symphonique « Judas The Serpent » et se fait plus narratif sur « Damnation » et le mid-tempo « A Sign Of Heaven ». Aguerri et créatif, le quintet confirme ses ambitions et postule à s’installer durablement.

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Doom Metal Heavy metal

Tony Iommi : inside the blackness

La disparition de son compagnon de toujours ne semble pas avoir entamé l’appétit musical de TONY IOMMI, et peut-être d’ailleurs faut-il voir dans ce « From The Dark » un dernier message d’adieu et une éternelle pensée pour le ‘Prince des Ténèbres’. Une chose est sûre, l’Anglais n’a pas dit son dernier mot et invite même une nouvelle génération de musiciens à le suivre dans les chemins tortueux, pavés de Heavy Doom, de ce nouvel opus. Très classique mais irréprochable dans l’interprétation, ces nouveaux titres, s’ils se placent au-dessus de la scène actuelle, perpétuent surtout un savoir-faire exceptionnel et une expérience, qui en a inspiré beaucoup.

TONY IOMMI

« From The Dark »

(BMG)

En reprenant l’univers visuel de son ancien groupe, TONY IOMMI n’entend pas pour autant donner une suite à l’aventure Black Sabbath, bien sûr, mais il y a des étiquettes plus difficile à décoller que d’autres. Un an et demi après cet ultime et pharaonique concert à Birmingham, ‘Back To The Beginning’, suivi du décès du légendaire Ozzy, le guitariste fait donc son retour entouré d’une jeune garde solide et qui ne semble pas impressionné par l’aura de son aîné. Assurant le chant, Jørn Lande (ex-Masterplan, ex-Ark), également à l’écriture, est accompagné par la bassiste Becky Baldwin et le batteur Karl Brazil. Et ils sont à la hauteur de l’évènement.

Ce line-up a donc fière allure et sa jeunesse n’entrave aucunement son habileté, bien au contraire, d’autant que TONY IOMMI n’a rien perdu de son jeu et encore moins de ce Heavy Metal, qui lui colle à la peau et dont il est, rappelons-le, l’un des pères. Côté production, le Britannique la cosigne avec Mike Exeter, ami de longue date et partenaire artistique également présent derrière la console. En prémisse, « World Alone » et « Stormwatcher » ont déjà été dévoilés et la mise en bouche était plutôt pas mal. En effet, les deux titres laissaient entrevoir un album inspiré et très solide dans le son. Et la suite est conforme aux attentes.

Bien entendu, TONY IOMMI ne dévie pas beaucoup de son jeu habituel et on ne saurait lui en vouloir. « From The Dark » déploie l’atmosphère Heavy Doom espérée avec des riffs massifs et impactants, des solos rutilants et toujours ce toucher inimitable (« Black Times », « Beyond The Dead »). Très convaincante, la prestation de Jørn Lande est exemplaire, d’autant qu’il n’essaie pas de revêtir un costume trop grand pour lui. Il chante avec émotion, tout en puissance et sans jouer non plus les timides (« Death Wake », « Return Of The Arbalist »). On retrouve donc tous les codes de ce Heavy Metal si familier avec une mention spéciale pour l’épique « Legacy ».

Photo : Ross Halfin

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Heavy metal Old School

RAM : headbanging machine

Implacable, la formation scandinave déferle sans ménagement pour asséner avec force un Heavy Metal, qui tire son essence des années 80 et qui tient haut la main la comparaison avec une vision plus contemporaine du style. RAM ne fait aucune concession, évite soigneusement les clichés et livre des morceaux fédérateurs, véloces et musclés. Avec « Against », le quintet signe une sorte de manifeste et d’appel à la contestation dans une époque sclérosée. Frontal et à contre-courants, le groupe est plus incisif que jamais, privilégiant l’efficacité à la démonstration. Pleine face !

RAM

« Against »

(Metal Blade Records)

Sept ans après leur dernier méfait, « The Throne Within », les Suédois repartent au combat avec « Against », dont le titre à lui seul laisse entrevoir qu’ils ne sont pas revenus pour trier les lentilles. Et, en effet, ça bastonne dans les règles. Toujours, et peut-être même plus jamais, RAM reste l’un des derniers et fidèles représentants du Heavy Metal traditionnel du grand Nord. Rugueux et féroce, c’est à grand coup de riffs tendus et agressifs qu’il repasse en mode bulldozer, façon mur du son, avec un sentiment très palpable, et même omniprésent, mêlant liberté et colère.

Sur une production brute et massive, la rébellion commence dès l’ouverture avec « Obsession », prélude qui pose le climat avant que le frontman ne lance les hostilités sur « Ghost Emperor ». La machine est en marche et paraît inarrêtable. Enregistré au Studio Recordia à Varberg et produit par leur complice de longue date Johan Reiven, ce septième album contient tous les ingrédients du son de RAM, à savoir une richesse dans les textures et un environnement organique. Le combo ne triche pas et son identité musicale commence par cette authentique déferlante de décibels.

Oscar Carlquist, qui signe aussi la pochette, n’a rien perdu de son mordant et c’est en défenseur d’un Heavy Metal originel, teinté de Speed, qu’il chante avec cette approche si instinctive qui le caractérise. Solidement entouré par le duo Harry Granroth et Martin Jonsson aux guitares, qui rivalise de grands coups de semonce et de solos assassins, le chanteur guide RAM avec intensité. L’explosif tandem basse/batterie martèle sans répit et donne ainsi à « Against » une puissance de frappe rageuse (« Abattoir », «  Night Blade », « Rising Again », « 1984 » et le morceau-titre). Jouissif ! 

Photo : Sanna Bäckström

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Doom Metal Heavy metal Old School

Crimson Coven : la magie du rituel

Atmosphérique et énigmatique, cette première réalisation de CRIMSON COVEN est la très belle sensation venue d’Espagne. Teinté de Doom, le Heavy Metal vintage développé sur « I – The Forge » s’inscrit dans la tradition européenne du genre avec des riffs massifs, des solos pleins de feeling, un chant captivant et une force naturelle assez sombre. Très narrative, l’épopée du combo est d’une sincérité sans faille, jouant sur des crescendos créatifs, des accélérations bien senties et un univers familier.

CRIMSON COVEN

« I – The Forge »

(Cruz Del Sur Music)

Avec après avoir sorti une première démo, « O – The Genesis », l’an dernier en catimini, le mystérieux groupe espagnol se présente sur la longueur avec le judicieusement intitulé « I – The Forge ». L’album donne tout l’air d’être la véritable entrée en matière de CRIMSON COVEN et elle est vraiment réussie. Désireux que leur musique soit appréciée sans le moindre préjugé, les membres du groupe ont préféré l’anonymat et ne sont baptisés que par des initiales. Et dans un sens, et surtout vu le niveau, l’idée est plutôt bonne, tant leur Metal est authentique.

Dans l’esprit, ce premier opus résonne d’une empreinte fortement Old School, mais la qualité de la production et de l’interprétation ne laisse aucun doute quant à la touche très actuelle de l’ensemble. L’idée de CRIMSON COVEN semble surtout de perpétuer l’héritage du True Metal que distillaient Mercyful Fate et Candlemass aux débuts des années 80, à savoir Heavy dans le fond et assez Doom dans la forme. La synthèse est parfaite et on se laisse porter par les ambiances ténébreuses de ce « I -The Forge », plutôt haut de gamme.

Epiques et faisant la part belle à des chœurs saisissants, qui vont faire des étincelles en concert, la formation ibérique est solidement armée. Alternant des titres mid-tempos avec des envolées plus musclées, elle peut compter sur deux guitaristes inspirés et virtuoses et un frontman dont le chant vient rappeler en quoi le Heavy Metal s’écrit en lettres majuscules. Efficace et mélodique, CRIMSON COVEN rebat les cartes avec beaucoup de classe et d’assurance (« Crimson Coven », « The Birth Of Serpents », « Crowns Of Geed », « Unleash The Kraken ») . Magistral !

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Heavy metal Metal Progressif Old School

Crystal Throne : une épopée futuriste

Pour sa deuxième réalisation, la formation de l’Est de la France se projette dans un lointain futur pour une épopée assez sombre, qui atteste de sa vigueur et de sa détermination à installer son empreinte dans le paysage Metal hexagonal. Toujours autoproduit, CRYSTAL THRONE cerne parfaitement son univers entre un Heavy Metal délicatement Old School, des trajectoires progressives et des accélérations fritant avec le Power Metal. Les riffs tranchants et les solos épiques, la rythmique polymorphe et un frontman solide font de « Chantry Of Sacrifice » un opus très convaincant.

CRYSTAL THRONE

« Chantry Of Sacrifice »

(Independant)

Créé à l’aube des années 2020 par le guitariste et Youtuber Max Waynn et le chanteur Terry DeFire, CRYSTAL THRONE était apparu avec un premier album éponyme, où il avait posé les fondations de son style. Résolument Heavy Metal et ancré dans une veine très 80’s, le groupe n’a pas l’intention de venir grossir les rangs d’une scène dédiée à la NWOBHM, même si certains détails ne trompent pas. C’est, en effet, plutôt la fibre progressive et un élan proche du Power Metal qui sont les plus marquants chez les Français, qui misent d’abord sur l’originalité de leurs compositions.

Peu de temps après la sortie de « Crystal Throne », le batteur Will Ram et le guitariste John L. ont rejoint la formation messine et cela se ressent sur « Chantry Of Sacrifice ». Plus mature dans l’écriture, tout comme dans le jeu qui a gagné en efficacité, ce deuxième effort montre également plus de relief et de profondeur dans la production. CRYSTAL THRONE présente un nouveau visage et son identité musicale, elle aussi, s’affine franchement. L’évolution est manifeste et la longueur des titres n’y est pas étrangère, loin de là.

Le quintet ne manque pas non plus d’audace, puisque c’est avec un album-concept qu’il fait son retour. Et celui-ci est composé de neuf morceaux pour une heure d’un Heavy Prog soigné. Autant dire que le combo prend le temps de poser les ambiances et l’atmosphère générale. CRYSTAL THRONE nous propulse en l’an 5150 (un chiffre qui ne doit sûrement rien au hasard) pour suivre la destinée de Hyldr et sa quête de vérité. Dans un ensemble racé aux éclats aériens, on notera la dualité féminine et masculine du chant sur « Antagonist ». Une belle immersion.

Retrouvez la chronique du premier album :

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Heavy metal Old School

Cloven Hoof : conquérant

Très actif dans les années 80 avant une traversée du désert de plus de quinze ans, qui mit le groupe sur pause, CLOVEN HOOF a refait surface au milieu des années 2000, voyant passer un nombre impressionnant de musiciens. Depuis une décennie, cette institution du Heavy Metal traditionnel a retrouvé la flamme et le renfort du chanteur Harry ‘The Tyrant’ Conklin lui offre aussi un nouvel élan. « Never A Prophet In Your Own Land » est à la fois exubérant et solide.

CLOVEN HOOF

« Never A Prophet In Your Own Land »

(High Roller Records)

Deux ans après « Heathen Cross » qui avait consacré l’arrivée du frontman de Jag Panzer, COVEN HOOF continue sur sa lancée avec un onzième album bien plus varié que son prédécesseur. Même si ce dernier avait reçu un très bel accueil, les britanniques ont décidé d’élargir leur spectre musical en s’aventurant dans des ambiances plus mélodiques, tout en restant attachés à la légendaire NWOBHM, dont ils firent partie des pionniers au siècle dernier. Un héritage précieusement conservé et en l’occurrence bien préservé depuis 1979.

Toujours guidé par son bassiste et leader Lee Payne, seul membre originel encore présent, COVEN HOOF semble désormais stable et ce nouveau line-up, bâti pour l’essentiel il y a une dizaine d’années, a plutôt fière allure. La même équipe enchaîne donc son deuxième opus ensemble et la complicité est vraiment évidente. Avec une production Old School et organique, « Never A Prophet In Your Own Land » est pourtant loin de sonner comme une relique. Le Heavy Metal du quintet défie le temps avec aisance, faisant parler l’expérience et le talent.

Effectivement moins ténébreux que « Heathen Cross », ce nouvel effort multiplie les atmosphères, passant de morceaux purement Heavy Metal et d’un classicisme irréprochable (« Never A Prophet In Your Own Land », « Seven Sacred Wonders », « Conquistador », « Phantom Chaser »), à d’autres plus progressifs (« The Bigger They Are »), plus 70’s (« Gypsy Roller ») ou mid-tempo (« Prodigal Son »). Le savoir-faire de CLOVEN HOOF rayonne et la qualité des arrangements, qui habillent « Never A Prophet In Your Own Land », témoigne d’un combo en pleine renaissance.

Photo : Marco Vexus

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Heavy metal Thrash Metal

Bloodstain : héritier direct

Véritable terre de Metal, la Suède voit émerger une nouvelle pépite, qui fait déjà parler d’elle depuis quelques temps. Fondé il y a seulement trois ans, BLOODSTAIN montre les muscles sur un premier album éponyme puissant, racé et dense. Traditionnel dans l’approche, son Heavy Metal aux contours légèrement Thrash s’inspire autant de la scène européenne qu’américaine. Et il en ressort un opus vivifiant et fougueux. La formation scandinave, si elle se cherche encore un peu, est déterminée et convaincante… Et donc à suivre.

BLOODSTAIN

« Bloodstain »

(Threeman Recordings)

Après avoir autoproduit un EP, « I Am Death » en 2024, le combo de Stockholm avait tapé dans l’œil de beaucoup de monde, à commencer par le label Threeman Recordings dirigé par Alex Hellid, guitariste d’Entombed, qui produit d’ailleurs « Bloodstain ». Une entrée en matière plutôt réussie et ce premier album vient confirmer tout le potentiel entrevu sur les singles distillés des derniers mois. Malgré leur jeune âge, les membres de BLOODSTAIN font preuve d’une grande maturité, même si certaines influences demandent encore à être bien digérées.

La première qui vient à l’esprit est l’empreinte manifeste de Metallica sur les compositions du groupe. Et même s’il est estampillé ‘Thrash Metal’ par sa maison de disques, c’est plutôt un Heavy Metal, certes musclé et solide, que nous livrent les Suédois. Soutenues par de gros riffs et une rythmique massive, les mélodies prennent vraiment le dessus, offrant un aspect musicalement très accessible à BLOODSTAIN. Techniquement, le quatuor est irréprochable et sait se montrer fédérateur. Nul doute que les concerts doivent être franchement enflammés.

Ce qui est intéressant ici, c’est que le quatuor fait le pont entre le Thrash de la Bay Area de la grande époque et la NWOBHM. Avec une énergie brute, on le sent impliqué et enthousiaste, et à la fois technique et direct. BLOODSTAIN avance sans compromis, avec maîtrise et la qualité des arrangements lui donne un côté épique sur certains titres. « Bloodstain » est bien ficelé et si on le considère comme une carte de visite, l’avenir du combo s’annonce radieux (« Annihilation Line », « Somewhere Sinister », « Taint Me », « Lies Bleeding Though », « Conspiracy »). Costaud !

Photo : Linda Florin

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Heavy metal Power metal

Ibridoma : foudroyant

Il ne faut pas très longtemps pour succomber au charme très latin du Heavy Metal d’IBRIDOMA. Chevronnés et rompus à la scène, les Transalpins font bien plus que de laisser parler leur expérience sur « Sangue Innocente ». Très libres dans leur approche du Heavy Metal, ils présentent leur septième effort et celui-ci est massif et véloce. Alternant l’anglais et sa langue natale, le groupe se distingue de bien des manière, et accueille même deux invités de choix à se joindre à lui, histoire d’élargir encore un peu plus le champ des possibles.

IBRIDOMA

« Sangue Innocente »

(Punishment 18 Records)

Fondé il y a 25 ans déjà par le chanteur Christian Bartolacci et le batteur Alessandro Morroni, IBRIDOMA poursuit sa route et sort son septième album, qui s’épanouit dans un Heavy Metal mélodique aux fulgurances Power. Malgré quelques changements de guitaristes, le line-up est aujourd’hui stable et ce sont Marco Vitali et Lorenzo Castignani qui œuvrent de belle manière aux rythmiques et aux solos. Et de côté-là, « Sangue Innocente » est franchement bien pourvu et la dynamique de la production est à nouveau irréprochable et soignée.

Musicalement, le quintet évolue dans une tradition bien établie et héritée des années 80 et 90. Cela dit, IBRIDOMA s’inscrit parfaitement dans son temps, loin de toutes ambiances vintage. Bien au contraire, les Italiens se montrent incisifs et percutants et, grâce à des refrains accrocheurs, ne tardent pas à vraiment captiver. Il faut aussi préciser que leur frontman chante également dans sa langue maternelle, ce qui donne une belle musicalité à l’ensemble. Comme quoi, l’anglais n’est pas forcément la règle, même si quelques titres sont interprétés dans la langue de Shakespeare.

Ecrites par le poète Walter Olivetti, les chansons « Sangue Innocente », « Solo Freddo », « Occhi Vuoti » et « A.I. » donnent une saveur particulière à ce nouvel opus et renforcent son originalité. Autre particularité, les présences de Giacomo Voli (Rhapsody Of Fire) sur le morceau-titre et celle de la chanteuse de Therion, Chiara Malvestiti, sur « The Other Side » dans un registre plus symphonique, montrant toute la maîtrise et l’éclectisme d’IBRIDOMA. Solide et inspiré, le combo livre sa réalisation la plus aboutie et rayonne littéralement.

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Heavy metal Power metal

Pyroclast : imposant

Du côté de Glasgow, on forge le Metal le plus pur dans la grande tradition. Le Heavy de PYROCLAST est de ceux-là et il combine la branche anglaise avec une autre plus germanique pour n’en faire qu’une. Et si l’on n’est pas réellement dans le True Metal, on en est pas bien loin, tant l’authenticité de « Fractured State » dégage une vérité absolue. Sinueuse et véloce, cette nouvelle réalisation a tout d’une résurrection musicale, aussi virtuose que déterminée.

PYROCLAST

« Fractured State »

(Furious Music)

PYROCLAST fait partie de ces groupes qui font franchement plaisir à écouter. Un pied dans l’héritage Old School du genre et l’autre dans un Heavy très contemporain tirant sur le Power Metal, le compromis est parfait et la transition, autant que la jonction, entre les styles et les époques, très bien négociées. Et il n’y a pas que ça qui a été bien négocié par les Ecossais . En effet, ils ont œuvré sous le nom de Tantrum de 2014 à 2025 et sortis trois albums, dont « No Place For The Damned », réédité l’an dernier sous l’actuel patronyme.

Après l’EP « 2112 Days Of Christmas » essentiellement constitué de reprises (Thin Lizzy, Deep Purple, Iron Maiden, Rush et un titre original) sorti en décembre dernier, PYROCLAST est plus que jamais d’attaque pour poursuivre l’aventure. Avec « Fractured State », ses intentions sont claires : allier puissance et mélodie dans un élan imperturbable. Très direct, le combo se montre massif, très technique et tout en maîtrise de bout en bout. Le concentré d’énergie est réel sur les huit titres, par ailleurs très bien produits, et la dynamique est électrisante.

Histoire de mettre les choses au clair, c’est la morceau « Pyroclast » qui ouvre les hostilités et livre sans équivoque l’objectif des Britanniques sous leur nouvelle bannière. Racé et incisif, ce nouvel opus semble fonctionner à l’instinct et pourtant la précision des riffs est chirurgicale, les twin-guitares renvoient à la NWOBHM, les solos sont perçants, la rythmique est galopante et le chant de Mark Reid ne tremble pas un instant. PYROCLAST montre une belle assurance, bien aidé par une solide expérience (« Break The Tide », « Ozymandias », « Erebus And Terror »). Costaud !

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Heavy metal Old School

Ironflame : une âme de guerrier

Originaire de l’Ohio, qui a longtemps été un creuset fertile du Heavy Metal traditionnel américain, IRONFLAME fait partie de ces combos qui entretiennent brillamment l’esprit et l’atmosphère d’une période faste. Avec beaucoup de passion et de détermination, « Worlds To Conquer » est un concentré de riffs tranchants et de solos pointus, soutenus par une paire basse/batterie galopante très musclée et des parties vocales accrocheuses. Fidèle et convaincant.

IRONFLAME

« Worlds To Conquer »

(High Roller Records)

Pour ses dix d’existence, IRONFLAME s’offre un très bon album et « Worlds To Conquer » conserve son inégalable saveur underground. Toujours guidé par le multi-instrumentiste Andrew D’Cagna, qui a aussi enregistré, mixé et masterisé l’ensemble, ce nouvel opus résonne du Heavy Metal d’antan, celui rendu intemporel par des artistes comme Dio notamment, dont l’ombre plane ici avec bienveillance. Si l’héritage est Old School, les Américains vont pourtant de l’avant et sont même loin de manquer d’inventivité, bien au contraire.

Le leader du quintet imprime donc très largement sa marque, jouant tous les instruments, en plus du chant dont il a écrit les paroles. Cependant, ce sont bien les deux guitaristes qui ont composé et interprété leurs solos. Et on apprend également une autre surprise de taille. Alors que sortait « Kingdom Torn Asunder » en 2024, la musique de « Worlds To Conquer » était déjà en boîte depuis l’année précédente. Ensuite, il y a deux ans, les voix étaient posées pour finir avec les guitares en 2025. IRONFLAME conserve toujours un coup d’avance.

Même s’il a mené de front plusieurs formations, dont Brimstone Coven, Icarus Witch et Coldfeels entre autres, D’Cagna est loin de négliger son groupe et ces nouveau morceaux attestent de sa créativité. La production est solide et actuelle, sert habillement de belles et puissantes dynamiques et l’empreinte de la NWOBHM est toujours aussi vivace (« Night Closes Is », « Shadow Slave », « Valhalla Is Calling », « Where Cauldrons Burn » et le morceau-titre). IRONFLAME met le feu, l’attise et libère un Heavy Metal agréablement vintage et racé.