Entre confinement et Brexit, JUSTIN LIGHT a eu le temps de la réflexion. Le songwriter anglais en a profité pour écrire, jouer, enregistrer et produire son premier album solo. Dans un registre Blues très British, le musicien livre un album élégant, plein d’émotion et optimiste. « Sunshine Cafe » dégage une belle luminosité musicale.
JUSTIN LIGHT
« Sunshine Cafe »
(Independant)
Après 35 ans de carrière passés à partager la scène avec de grands noms et au sein des groupes The Atomic Workers et The Sonic Jewels, JUSTIN LIGHT a profité du confinement dans son pays, l’Angleterre, pour enregistrer pendant l’été dernier son premier album solo. Et celui-ci penche cette fois pour le Blues.
Guitariste et chanteur, le Britannique a donc mis à profit la situation sanitaire pour composer « Sunshine Cafe », et pourtant ce premier essai solo est tout sauf triste ou morose. Plein d’humour, les morceaux de JUSTIN LIGHT respirent et véhiculent une douceur enveloppante, malgré la pandémie et le Brexit qui ont guidé certains titres.
Très british dans le son et les compos, le songwriter développe un registre très souple et délicat sans se priver d’élever le niveau à l’occasion (« Loneliness Is A Blues », « Making It Alright In The End », « Goodbye To My Poison », « Your Payback’s Overdue »). JUSTIN LIGHT régale et on perçoit très rapidement la longue expérience du musicien.
Connu et reconnu pour ses prestations époustouflantes en solo (allez voir!), BJØRN BERGE revient cette fois en trio avec un « Heavy Gauge » plein de groove et tout en feeling. Toujours aussi technique, le Norvégien livre un Blues dont lui seul a le secret. Le musicien est toujours aussi surprenant dans ses compositions et le son de sa guitare.
BJØRN BERGE
« Heavy Gauge »
(Independant)
Qu’elles aient six ou douze cordes, les guitares qui passent entre les mains de BJØRN BERGE laissent toujours exploser des sonorités et des mélodies irrésistibles. Techniquement hors-norme, le maître norvégien du picking et de la slide apporte une nouvelle et indispensable œuvre à sa belle et grande discographie. Et cette fois, le guitariste n’est pas venu seul.
Le Scandinave s’est particulièrement bien entouré pour livrer le digne successeur de « Who Else ? ». On retrouve à la basse Kjetikl Ulland et Kim Christer Hylland derrière les fûts. Et comme d’habitude, ce Blues venu du Nord ne manque pas de groove. BJØRN BERGE y glisse quelques touches Folk, jazzy et Rock bien sûr, le tout avec une déconcertante facilité.
Rugueux et suave à la fois, le guitariste excelle dans un Blues Rock qu’il maîtrise totalement (« The Wrangler Man ») sans négliger quelques fantaisies. Très technique, le songwriter se montre pourtant d’un feeling incroyable à travers des morceaux qui lui ressemblent tellement dans leur diversité (« I Got It Made », « Straydog », « Coliseum » et l’étonnant (« Rip Off »). Un grand bol d’air frais !
La dernière année a bouleversé POPA CHUBBY, mais l’a également rendu très créatif… Une constante, certes. C’est avec son chapeau d’aluminium (« Tinfoil Hat »), que le New-Yorkais a composé ce nouvel album entièrement réalisé à la maison. Moqueur, tendre, en colère et toujours plein d’humour, le bluesman passe en revue les sentiments qui l’ont traversé ces derniers mois. Court entretien avant la sortie de l’album prévue le 12 mars chez Dixiefrog.
– Il y a un an, tu célébrais tes 30 ans de carrière avec l’excellent « It’s A Mighty Hard Road ». Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’album, et que ressens-tu de l’avoir si peu défendu sur scène ?
En fait, nous avions tourné en Europe début 2020, et donc réussi à défendre un peu le disque. Ensuite, nous avons terminé en Amérique du Nord le 16 mars, donc cette défense était en fait une attaque ! Et je prévois aussi de revisiter ce disque à mon retour sur scène.
– Sur ce même album, on ressentait un grand sentiment de liberté avec des morceaux très Blues Rock, mais aussi des sonorités latines, Reggae, Funk et une superbe reprise de Prince. Avec « Tinfoil Hat », tu reviens aux fondamentaux du Blues dans un style très épuré. Avant d’entrer dans les détails, on te sent moins insouciant, non ?
Au contraire, « Tinfoil Hat » est plus un cri de bonne santé mentale et de raison. Et c’était aussi un devoir artistique pour moi de commenter tous ces événements. Et je n’oublie jamais le public, non plus. Mais c’est vrai que « Mighty Hard Road » était plus une célébration.
– Parlons de « Tinfoil Hat », qui est autant un cri de colère que d’amour. On sait que tu as été très affecté par cette pandémie et par les événements que nous avons traversés …
Pour être honnête, je pense que le disque illustre toutes les émotions et les histoires que j’ai vécues pendant la pandémie. C’est un large éventail de ressentis formés de rage d’aimer, ainsi que de peur mais avec beaucoup l’humour. C’est toujours la muse qui dicte finalement. Et dans ce cas présent, elle a été gentille.
– Tu as entièrement joué et enregistré l’album chez toi, tout en étant très présent sur les réseaux sociaux. Comment t’es-tu adapté à cette situation inédite ? Rester en contact avec tes fans t’a semblé important compte tenu de l’absence de concerts ?
L’enregistrement chez moi n’est pas nouveau. ‘Chubbyland’ est mon laboratoire depuis de nombreuses années et entièrement équipé avec vraiment tout ce qu’il faut. La pandémie m’a permis d’atteindre de nouveaux niveaux sur tous mes instruments. Je pense que le résultat reflète mon expression la plus authentique. Et c’est vrai que les réseaux sociaux me permettent d’avoir un contact direct avec mes amis et mes fans, et c’est un moyen de partager le processus dans son immédiateté.
– En plus de parler du Covid, l’album évoque aussi très frontalement la situation politique américaine. Décidemment, quelle année chaotique ! Elle est à vite oublier, ou au contraire il y a quelques leçons à en tirer ?
Humm… Honnêtement, je déteste la politique, mais Trump a été une abomination. Cela a également vraiment mis en lumière ce qu’est l’Amérique : une nation raciste. La tendance à oublier a beaucoup à voir avec le maintien des personnes au pouvoir. Biden est le bon gars pour le moment. Uncle Joe ! Et c’est même étonnant de voir de quelle manière il a mis en place tant de choses en si peu de temps. Mais nous avons encore un long chemin à parcourir.
– Malgré de la colère, de la frustration et de la rage, on perçoit aussi beaucoup d’amour sur « Tinfoil Hat ». Comme toujours, tu es très sincère et authentique dans tes propos et tu es vraiment très soutenu par tes fans. C’est essentiel pour toi ? Pour continuer d’avancer ?
J’aime mon peuple, mais je ne peux pas calmer les fans, car cela impliquerait que je suis mieux. Et je ne le suis pas. Et puis, j’en connais tellement personnellement, ainsi que leurs histoires personnelles. Oui, ce sont mes amis et ils me soutiennent.
– Avec le rayon de soleil qu’offre ce nouvel album, quels sont tes souhaits et tes espoirs pour les mois à venir ? Un rapide retour sur scène ?
Je ne peux plus attendre ! Je veux partir tourner au plus vite ! J’espère que nous serons tous vaccinés et que je serai à l’Olympia en octobre 2021 !
« Tinfoil Hat » sera disponible le 12 mars chez Dixiefrog/PIAS.
Le 16 octobre dernier, la guitariste et chanteuse LAURA COX se produisait dans la salle Cap-Caval de Penmarc’h pour le plus grand bonheur du public. La musicienne s’est montrée généreuse et aussi ravie que le public venu l’écouter. Après l’annonce du couvre-feu dans les grandes villes, c’était l’occasion de faire un point sur la triste situation que vit le monde du spectacle.
Photo : François Alaouret
LAURA COX
– On va commencer par la sortie de « Burning Bright » paru en novembre dernier, soit il y a presqu’un an. Après la promo d’usage, tu avais commencé la tournée avant que tout ne cesse en mars. Comment as-tu vécu cette période ?
Au début, je me suis dit que ça n’allait pas nous faire de mal, qu’on aurait un peu de temps pour bosser. J’avais aussi plein de compos en attente et des tas de choses à faire. Je me suis dit que j’allais me concentrer là-dessus. J’étais assez contente mais j’ai commencé à vite perdre patience et même perdre de la motivation. J’étais confinée toute seule chez moi et je ne voyais personne. J’ai fait beaucoup de guitare les deux premiers mois, et ensuite j’avais juste envie de sortir prendre l’air. Après le confinement, j’ai fait beaucoup de surf et du skate. Le déconfinement n’a pas changé grand-chose puisque les concerts n’ont pas repris. Encore aujourd’hui, tout n’a pas repris. C’est un peu dépriment, mais il faut essayer d’être un peu imaginatif et créatif pour trouver d’autres angles d’attaque pour s’en sortir et arriver à monter des choses envisageables dans les conditions actuelles.
– Puis, ça a été le tour des festivals. Même si l’album a eu quelques mois de bonne visibilité, comment t’es-tu organisée ensuite pour continuer à le faire vivre ?
Le principal pour moi est de jouer l’album sur scène. Après, il n’y a pas grand-chose à faire d’autre. J’ai fait quelques interviews pour des médias américains et des tutos destinés aux guitaristes. Cet album s’est vendu comme il a pu pendant trois mois avant le confinement. La situation est la même pour tout le monde. On va continuer les compos et essayer de sortir un nouvel album quand on sera prêt. Malheureusement, je crois que le Covid a tué le deuxième album (sourires).
– A l’heure actuelle, comment mesures-tu l’impact du Covid sur ton album du fait qu’il ait été si peu défendu sur scène ?
J’ai un peu de mal à savoir. On a eu pas mal de dates en novembre et décembre, et ensuite il y a eu un gros trou entre janvier et février. Je suis partie au NAMM à Los Angeles avec Gibson en janvier. Ca a repris en mars avec une petite tournée en Espagne dans des petits clubs. Ensuite, on a eu une date en Allemagne le 13 mars et plus rien jusqu’en juillet. Avec le groupe, on n’a pas l’habitude de rester sans jouer, et il faut donc qu’on se réhabitue aussi à ça.
– Certaines dates, dont celle de ce soir, ont pu être maintenues. Avec le couvre-feu annoncé dans certaines régions, les concerts risquent fort d’être à nouveau annulés. Comment vis-tu ce nouveau coup dur ?
On a quelques dates dans des petites villes, hors des grosses agglomérations. Tout reste encore très indécis, parce que certains programmateurs vont essayer de décaler les heures pour peut-être jouer l’après-midi le week-end. Pour le moment, c’est très flou. On a déjà des dates annulées et pour le reste, on va attendre. On va continuer à travailler et apprécier le peu de concerts qu’il y a.
– On parle souvent, à juste titre, de l’énergie entre un artiste et son public en concert. Qu’est-ce qui change principalement devant une salle assise et masquée ?
Ca nous est déjà arrivé de jouer dans des salles assises. Ce n’est pas ce que je préfère car pour du Rock, ce n’est pas très approprié. Il y a un peu moins d’énergie qui passe, mais au point où on en est, je suis très contente que les gens soient là ! (Rires) Ca se voit dans les yeux quand ils sont contents et souriants. Et qu’ils se soient déplacés nous ravit. C’est sûr que ça ne vaut pas un concert avec une fosse blindée debout, mais vu la situation actuelle, je suis déjà très contente que ça puisse avoir lieu.
– Pour conclure, et même s’il est difficile de se projeter, comment envisages-tu les mois à venir ? Se remettre à l’écriture à défaut de pouvoir se produire sur scène ?
On va travailler les nouveaux morceaux et il va falloir voir si la maison de disque nous suit. Car sans concert, on ne défend pas un album. Alors, est-ce qu’ils seront d’accord de nous suivre pour un nouveau disque, ce n’est pas dit non plus. Et puis, je vais également faire revivre ma chaîne YouTube que j’ai un peu délaissé depuis qu’on est avec le groupe. Et comme on a moins de choses à faire, pourquoi ne pas poster un peu plus de contenu Internet, chose que je ne faisais plus depuis un certain temps ? Et puis, trouver des idées peut-être pour des concerts privés ? Il va falloir réfléchir en tout cas.
Communiant avec son public comme rarement, le KENNY WAYNE SHEPHERD BAND livre une prestation phénoménale avec une set-list exceptionnelle et une interprétation hors-norme. Son Blues Rock est à son apogée. Si le guitariste et chanteur continue de surprendre sur ses albums studio, il faut bien admettre que la scène reste son terrain de jeu privilégié. Intense et sensible, il s’affiche désormais comme incontournable en chef de file de sa génération.
KENNY WAYNE SHEPHERD
« Straight To You Live »
(Provogue/Mascot Label Group)
C’est à Leverkusen en Allemagne lors de la tournée de l’excellent « The Traveler » que le grand KENNY WAYNE SHEPHERD BAND a enregistré ce majestueux « Straight To You Live ». Accompagné de Noah Hunt (guiatre, chant), Chris Layton (batterie), Joe Known (claviers), Scott Nelson (Basse), Joe Sublett (saxophone) et Mark Penker (trompette), le bluesman livre un album explosif à la hauteur de ses prestations scéniques endiablées.
La Stratocaster en main, « Woman Like You » ouvre les festivités et Noah Hunt joue de sa voix chaud et tout en émotion et soutenu par un groupe exceptionnel. Partageant le chant avec KENNY WAYNE SHEPHERD (« My Soul »), le Blues Rock des Américains prend une dimension incroyable au fil des morceaux. Efficace mais pas exubérant, la set-list est aussi variée qu’elle impressionne (« I Want You », « Long Time Running »).
L’énergie qui se dégage de « Straight To You Live » est tout simplement phénoménale et la session cuivre en plus des solos très affûtés et racés y est pour beaucoup. L’intensité du KENNY WAYNE SHEPHERD BAND est digne des plus grandes heures du Blues Rock et l’Américain s’impose comme l’un des plus grands bluesmen de sa génération (« Diamonds And Gold », « Take To Me Baby », « Shame Shame Shame »). Ce Live est juste essentiel.
Moins expansif qu’à l’habitude, JOE BONAMASSA revient à ses influences Blues anglaises avec « Royal Tea » qu’il est allé enregistrer aux studios Abbey Road. En immersion à Londres, le guitariste-chanteur dévoile un aspect plus modéré, mais tout aussi virtuose. Entouré d’un groupe exceptionnel, l’Américain devrait mettre tout le monde d’accord.
Pourtant exubérant avec une furieuse tendance à en mettre partout, JOE BONAMASSA livre un nouvel album étonnamment sobre. Délicat et presque mélancolique (« Why Does It Take So Long To Say Goodbye »), l’Américain renoue avec une certaine élégance tout en émotion. Même vocalement, on le sent nettement plus impliqué et concentré sur ses textes. Il faut préciser que c’est aux studios Abbey Road à Londres que « Royal Tea » a été enregistré, et que le musicien a souhaité coller au plus près à ses influences Blues britanniques.
Très inspiré depuis ses débuts par Jeff Beck, John Mayall, Cream et Eric Clapton, JOE BONAMASSA expose cette fois-ci au grand jour les influences anglaises qui ont forgé son jeu depuis toutes ces années. Presque froid sur « Lookout man ! » ou plus aérien sur « A Conversation With Alice », la métamorphose est assez saisissante. Bien sûr, le guitariste ne joue pas petits bras et livre des solos majestueux, mais nettement moins shred qu’à l’habitude (« When One Door Opens »).
En montrant qu’il est aussi à l’aise dans son registre habituel, plus Rock et très américain, que dans un Blues typiquement britannique, JOE BONAMASSA fait une éclatante démonstration de force, tout en modération et en feeling (« Beyond The Silence »). Du morceau-titre à « Savannah » ou au virevoltant et très swing « Lonely Boy », le guitariste enchante à chaque morceau en revenant à l’essentiel et en laissant de côté les effets de manche. « Royal Tea » est de loin son meilleur album depuis très longtemps.
Mené par les frères Jazz, Elmor et Jimmy, DOO THE DOO fait partie des groupes incontournables de la scène Blues hexagonale. Malgré une situation sanitaire incertaine, le quintet vient de sortir « Fishbone Juice », où l’on retrouve avec le même plaisir la fraîcheur et la bonne humeur des Bluesmen. Jimmy Jazz, chanteur et guitariste, nous en dit plus sur ce retour tant attendu.
– Vous revenez enfin avec ce nouvel album « Fishbone Juice », qu’on n’attendait presque plus. Vous en avez mis du temps, quel a été le déclic ?
En 2018, Patrick Lecacheur, le président du festival « Bain De Blues », nous avait soumis l’idée d’accompagner Paul Orta pour l’édition 2019 du festival. On avait déjà eu l’occasion de jouer avec Paul dans les années 90 et l’idée nous a tout de suite séduit. Paul était très enthousiaste de faire quelques dates avec nous en France. Tout était calé, sous le nom de « Paul Orta & The Rockin’ Guajillos ». Malheureusement Paul est tombé gravement malade quelques mois avant la tournée et nous avons du annuler sa venue. Nous avons donc assuré le concert sous notre propre nom. Ca a super bien fonctionné et le public était chaud bouillant. Mais malgré les nombreuses demandes, nous n’avions pas de disque à proposer à la fin de notre set ! Quelques jours plus tard, encore dans l’euphorie du concert, on s’est rappelé et on a rapidement pris la décision d’enregistrer un nouvel album.
– Justement, vous le prépariez de longue date ? Ce sont des titres que vous aviez déjà sous le coude ou que vous avez composé récemment ?
Non, on a commencé à travailler sur l’album au milieu du printemps 2019 et à part un titre qu’on avait en « stock », tous les morceaux ont été composés pour « Fishbone Juice ».
– Votre album le plus marquant est « Hex » sorti en 2000. Quelles sont les différences majeures d’avec « Fishbone Juice », selon vous ?
Il s’est passé 20 ans entre les deux enregistrements ! Mais on y retrouve un peu tous les éléments qui constituent l’ADN de DOO THE DOO : Texas Beat, Swamp pop, Rock & Roll, Early Chicago Blues… Mais sinon, on fonctionne toujours beaucoup à l’instinct lorsqu’on travaille un nouveau morceau, on le joue et on sait instantanément si ça va le faire ou pas. On a toujours aussi essayé aussi de privilégier les enregistrements dans des conditions « live ». La configuration de la salle « Avel Dro » nous permettait de le faire, c’est ce qu’on voulait, pour garder la dynamique du groupe.
– Malgré la situation actuelle, vous avez décidé de maintenir la sortie de « Fishbone Juice ». L’absence de concerts ne vient pas trop ternir le tableau ?
Initialement, nous devions sortir l’album fin Juin 2020. Suite aux annulations de tous les festivals et concerts de l’été, nous avions pris la décision de repousser la sortie du disque début décembre en espérant que la situation s’améliore. Alors que le gouvernement nous annonçait qu’il était hors de question d’envisager un nouveau confinement, celui-ci est quand même entré en vigueur. Le disque étant déjà parti en fabrication, il nous semblait impossible de repousser une nouvelle fois la parution de l’album.
– 2020 est presque derrière nous, encore un petit effort. Comment envisagez-vous l’an prochain et est-ce que vous parvenez à vous projeter un peu malgré tout, et à mettre des choses en place ?
Tous les corps de métiers liés à la culture vont être fortement impactés par la crise sanitaire. Les artistes, techniciens mais aussi toutes les branches qui vivent du secteur de la culture, les magasins d’instruments de musique, les luthiers, les brasseurs, les prestataires de sonorisation, hôtellerie, restauration, etc… Le réseau des cafés-concerts et des salles de spectacles vont avoir du mal à se remettre de cette crise sans précédent. L’impact négatif va être très difficile à surmonter. Ce n’est pas évident de sortir un disque quand on a si peu de visibilité sur l’année à venir ! On espère en 2021 qu’un retour à la normale puisse se faire rapidement et que les spectacles et les concerts reprennent, car ce sont ces moments de convivialité, de rencontre et de synergie, dont les artistes ont besoin afin de se sentir physiquement confrontés au public. C’est cette interactivité qui impulse l’énergie et engendre la créativité, qui est vitale pour l’avenir du spectacle vivant !