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Heavy metal International Old School

Axe Dragger : l’axe du Metal [Interview]

Entre un post-NWOBHM et un héritage du Heavy Metal américain assumé, le nouveau supergroupe livre un premier album éponyme qui fait le lien avec tellement d’évidence et de naturel que c’était peut-être le combo que l’on attendait pour un véritable renouveau du genre. Initié par le guitariste californien Bob Balch (Fu Manchu, Big Scenic Nowhere, Slower) et le batteur du Minnesota Pete Campbell (ex-Pentagram), le bassiste suédois Fredrik Isaksson (Dark Funeral) et le chanteur de l’Ohio Terry Glaze (ex-Pantera, première période) ont rapidement rejoint les rangs d’AXE DRAGGER et les idées ont aussitôt fuzzé. Il en est ressorti dix morceaux puissants, mélodiques et rassembleurs, auxquels aucun fan de Heavy Metal, dans ce qu’il a de plus audacieux et traditionnel, ne pourra résister. Entretien avec un quatuor expérimenté, inspiré et techniquement imparable.

– On sait que la technologie permet aujourd’hui beaucoup de choses, mais comment vous êtes-vous retrouvés tous les quatre autour de ce projet ? Et y a-t-il un entremetteur derrière tout ça ?

Bob : Au départ, je travaillais avec Pete Campbell de Pentagram sur des riffs. Il m’avait contacté et je rêvais de faire un album de Metal Old School. J’ai grandi avec Riot, Dio, Judas Priest, Black Sabbath, Scorpions, Savatage, Armored Saint, etc… Alors, j’ai commencé à lui envoyer des morceaux et il me renvoyait ses pistes de batterie. On a parlé de chanteurs et j’ai suggéré Terry Glaze, qui avait joué aux débuts de Pantera. On lui a envoyé le morceau « Axe Dragger » et sa voix nous a bluffés. On savait qu’on tenait quelque chose d’exceptionnel. Pete a suggéré Fredrik de Dark Funeral à la basse. Et il a assuré, lui aussi. Une fois le line-up au complet, on a enchaîné les morceaux à toute vitesse. Et en neuf mois environ, on avait un album complet.

Pete : Bob et moi échangions des riffs pour d’éventuelles nouvelles chansons de Pentagram avant mon départ, et nous avons décidé de prendre une direction complètement différente et de voir où cela nous mènerait. Les riffs continuaient d’affluer, j’ai commencé à y ajouter de la batterie, et il était indéniable que nous devions poursuivre et explorer toutes les possibilités. Ce qui avait commencé comme un projet est devenu un véritable groupe !

Terry : C’est vrai que Bob m’a demandé si je voulais chanter sur un morceau et le reste appartient à l’histoire.

Fredrik : Eh bien, j’ai rencontré Pete à des festivals. Il était là avec Pentagram et moi avec Dark Funeral. On a commencé à discuter et on avait les mêmes goûts musicaux, alors on s’est dit qu’on devrait faire quelque chose ensemble. On a continué à composer et un jour, il m’a dit : « C’est parti ! » Lui et Bob faisaient du Heavy Metal des années 80, un truc que j’adore, alors j’ai dit : « Carrément ! ». (Sourires)

– Une fois que vous avez constitué le line-up d’AXE DRAGGER, vous avez travaillé pendant un an à distance sur les morceaux de l’album. Même si cela peut être pratique à bien des égards, le travail de composition et d’arrangement n’aurait-il pas été plus facile tous ensemble ? Et plus chaleureux peut-être aussi…

Bob : Pas vraiment. C’est plus facile de faire des ajustements ‘directement dans le logiciel’, si l’on peut dire. J’ai composé la majeure partie de la musique, à l’exception de « The Damned Will Cry », dont Pete a composé la musique. Je fixais simplement un BPM et j’improvisais sur un rythme pendant une dizaine de minutes. Ensuite, je reprenais le tout et je réduisais le morceau à quatre minutes. De cette façon, il conserve tout son feeling.

Pete : C’était vraiment facile d’enregistrer cet album à distance, car tous les participants sont de vrais pros. Et pour ma part, c’était passionnant, car je ne savais jamais quel riff allait arriver. Recevoir les pistes de basse et de chant et les entendre pour la première fois pour chaque morceau, c’était comme être un enfant à Noël ! Nous vivons tous dans des Etats et des pays différents, et nous avons d’autres projets et des obligations familiales, donc c’était la seule solution envisageable. Bien sûr, ce serait génial de se retrouver tous ensemble en studio pour composer, et on le fera peut-être pour le prochain album.

Fredrik : Personnellement, je n’ai pas écrit de chansons, juste quelques lignes de basse, bien sûr. Je pense qu’on peut composer de la très bonne musique en dehors du travail, la preuve ! (Rires) Plus sérieusement, c’est une excellente méthode pour travailler sur des chansons.

– Ce qui peut surprendre aussi, c’est que vous venez tous les quatre d’horizons musicaux assez différents. Le choix de vous focaliser sur un Heavy Metal très 80’s, avec un fond Stoner tout de même, a-t-il été un choix évident et collectif ? Car, finalement, ce qui peut vous rapprocher sont peut-être des influences qui remontent à bien plus loin dans vos parcours respectifs ? Votre jeunesse ?

Bob : Notre jeunesse a certainement joué un rôle. On a parlé du style des années 80. Je voulais un son puissant et un peu brut. Un peu menaçant, si tu veux.

Pete : Je suis sûr de parler au nom de tous : on adore tous le Metal Old School ! C’est dans notre sang et je pense que c’est cette influence et cette vague qui nous ont réunis, c’est certain !

Fredrik : Bob et Pete ont parlé de faire du Heavy Metal des années 80 dès le début, je crois, et j’en suis ravi. J’adore vraiment ça, c’est la musique avec laquelle j’ai grandi et celle que j’écoute encore tous les jours.

Terry : En effet, je pense que la diversité de nos influences est aussi l’une de nos forces.

– L’une des choses assez marquante aussi, c’est que vous semblez tous, sauf peut-être Terry, être à contre-courant de votre habituel jeu, comme si vous souhaitiez vous en détacher. Est-ce le cas ? Et aviez-vous envie d’une aventure totale avec ce groupe ?

Bob : Ce n’était pas mon intention. Je joue toutes sortes de styles dans différents projets. J’adore la guitare Jazz, le vieux Metal, le Rock psychédélique, les jams ‘smooth’ des années 70, etc… C’était juste le bon moment pour ressortir du bon vieux Metal. En plus, j’en mettais beaucoup en ligne, ce qui a contribué à raviver l’envie.

Pete : Personnellement, c’était un vrai bol d’air frais de rejouer ce genre de musique après les 20 dernières années de Doom Metal. Chacun a pu montrer son talent musical et se lancer des défis, et c’est bien là l’essentiel ! (Sourires)

Fredrik : C’est très différent du Black Metal que je joue avec Dark Funeral, mais ça reste mon genre préféré. Même si, bien sûr, j’adore jouer les deux.

– AXE DRAGGER remonte à l’âge d’or du Heavy Metal, dont Terry a d’ailleurs été un acteur et un témoin de premier ordre dans les années 80. Sur l’album, il y a une intensité et une force mélodique que l’on retrouve assez peu aujourd’hui. Et malgré la distance entre vous, il y a une atmosphère très live sur les morceaux. L’idée était-elle d’être le plus direct et le plus brut possible ?

Bob : Oui. Même si nous avons tous enregistré séparément, je tenais vraiment à ce que l’album conserve un son live. C’est assez facile à obtenir au mixage. J’ai déjà fait quelques albums comme ça, surtout avec le groupe Slower, donc je connaissais bien le processus.

Pete : Je crois que c’est exactement ce qui est ressorti, et pour moi, c’est très rare. L’alchimie entre nous tous, en tant que groupe, est incroyable, surtout pour des musiciens qui n’avaient encore jamais joué ensemble auparavant. Et j’ai vraiment hâte de présenter ça sur scène !

Fredrik : Oui, on voulait vraiment faire un album de Metal des années 80, mais actuel dans le son. Et je trouve que tout le monde a fait un super boulot.

– « Axe Dragger » renoue aussi avec l’esprit des premiers albums de Judas Priest et Riot notamment. Un pont entre l’Europe et les Etats-Unis qui donne à l’album une saveur particulière, sans pour autant que ce soit trop « underground » dans l’approche. Est-ce finalement votre expérience personnelle qui vous permet de surpasser les codes et rafraîchir ainsi le Heavy Metal Old School ? Certains caps deviennent aussi plus facile à franchir, non ?

Bob : Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, mais oui, c’est un mélange de NWOBHM et de Metal américain. J’adore les deux, donc ça paraît logique.

Pete : Je le pense aussi. La musique est universelle. Je pense que le Heavy Metal Old School a besoin d’un nouveau souffle et je suis fier que nous y ayons contribué !

Fredrik : On a tous grandi avec le Metal des années 80, et forcément, c’est plus facile de s’y identifier et d’en jouer quand on a ça dans le sang ! (Rires)

– Et bien sûr, l’un des atouts majeurs de l’album est le son et sa production. Etait-ce essentiel pour vous de recourir aux services de personnes avec un profil tel que ceux de Brian Scheuble (Mötley Crüe, Whitesnake) et Dave Collins (Metallica, Soundgarden) ? Sont-ils aussi les garants de votre son, grâce à leur expérience et leurs connaissances du style ?

Bob : Ils nous ont tous deux beaucoup aidés. Brian surtout. Il avait un sens du détail incroyable et savait exactement ce qu’on recherchait. J’avais déjà travaillé avec Dave Collins sur l’album de Fu Manchu « The Action Is Go », et il avait fait un travail formidable. Carl Saff s’est aussi occupé du mastering du vinyle. Il a travaillé sur un grand nombre de mes projets et sur les derniers albums de Fu Manchu.

Terry : Je connais et travaille avec Brian Scheuble depuis des décennies, et je savais qu’il était l’homme idéal pour ce projet. Et je tiens également à remercier Mike Herrington pour ses paroles exceptionnelles.

Pete : Ce fut un véritable honneur de collaborer avec ces messieurs sur cet album ! Deux légendes dans leurs domaines respectifs, qui lui ont véritablement donné vie ! Nous avions déjà des morceaux fantastiques, mais c’est grâce à eux que l’album est devenu une véritable machine faite pour la scène !

Fredrik : C’est génial d’avoir Brian et Dave avec nous. Ils ont vraiment fait un super boulot sur cet album. Ils travaillent seulement avec de bons groupes et maintenant avec AXE DRAGGER… Je suis presque sans voix ! (Rires)

– Enfin, il y a une question que tous les amoureux de Heavy Metal vont se poser après avoir écouté l’album : vous verra-t-on sur scène bientôt, car cela s’annonce explosif, tant « Axe Dragger » est fédérateur ? On s’attend à une vraie communion !

Bob : Nous sommes en train de planifier cela. Nous envisageons des concerts aux Etats-Unis cette année et des festivals en Europe pour 2027 !

Pete : Des discussions sont en cours et je suis certain qu’on montera bientôt sur scène ! On a tellement hâte de tout déchirer ! Restez connectés !

Fredrik : Carrément ! On a vraiment envie de faire une tournée avec AXE DRAGGER. On espère que ce sera cette année.

Terry : Nous espérons tous vous voir très bientôt !

L’album éponyme d’AXE DRAGGER est disponible chez Ripple Music.

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Heavy metal

Existance : un Heavy flamboyant

Dans un petit monde du Heavy Metal français un peu moribond, la formation de Clermont vient donner de quoi se réjouir en affichant beaucoup de conviction et de savoir-faire dans un bel élan. Et avec ce quatrième opus, EXISTANCE montre toute sa détermination, ainsi que sa qualité d’écriture. Bien ciselés, ces neuf nouveaux titres sonnent très actuels, sans occulter non plus des références évidentes, et apportent une fraîcheur et une vélocité plus que bienvenues. « Wildfire » est incandescent et promet des prestations enflammées, qui régaleront les fans.

EXISTANCE

«Wildfire »

(Verycords)

Petit à petit, et depuis 2008 déjà, EXISTANCE parvient à s’installer durablement sur le scène Heavy Metal hexagonale. Si le virage a été définitivement amorcé en 2021 avec « Wolf Attack », c’est aussi parce que le quatuor monte en puissance, avance sur un style plus personnel et surtout que la qualité d’interprétation se fait elle aussi plus précise et mieux calibrée. Julian Izard (chant, guitares), Antoine Poiret (guitares), Julien Robillard  (basse) et Gerry Carbonelle (batterie) ont mis cinq ans pour réapparaître avec « Wildfire », et celui-ci vient signifier un nouveau cap de franchi et une étiquette ‘underground’, qui se décolle également un peu avec le temps et l’expérience.

Ce quatrième album affiche donc puissance et mélodie avec un son qui s’est modernisé, même s’il rappelle toujours les glorieux fondateurs du genre, côté Angleterre surtout. Bien produit, « Wildfire » est tranchant et massif, preuve que les Français sont libérés de toute nostalgie. EXISTANCE joue toujours autant sur les twin-guitars (et on ne saurait lui en vouloir !), les riffs sont costauds et les solos jaillissent sans occulter les compositions elles-mêmes. Plus soudés que jamais, les quatre membres apportent leur contribution aux chœurs, et le volume gagné est également une belle marque d’unité.

L’expérience acquise au fil des années, que ce soit sur scène et en studio, se fait réellement sentir sur « Wildfire », tant la maîtrise est totale. EXISTANCE joue dorénavant dans la cour des grands et impose une identité bien à lui. Ce quatrième effort est vif et racé, le chant percutant et assuré, les guitares font corps, se complètent parfaitement et la paire basse/batterie a également pris du galon. Taillés pour la scène, les morceaux marquent une empreinte originale et très fédératrice (« Ocean’s Cry », « Eternal Trace », « See The Light », « Against The World », « Brighter Days » et le morceau-titre). Le combo s’affirme avec force et prouve qu’il faut désormais compter sur lui.

Photo : Michael Callewaert

Retrouvez la chronique de « Wolf Attack » :

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Heavy metal

Siska : a rippin’ story

Dix ans après sa création, SISKA prend un virage important dans sa courte carrière discographique. Avec « Broken Dreams », sa deuxième réalisation, il place la barre assez haut en se donnant les moyens de marquer les esprits. Doté d’une production massive et aérée et présentant une interprétation irréprochable, les Transalpins ont également un argument de poids, puisque c’est le chanteur Tim ‘Ripper’ Owens, qui vient apporter son expérience à la formation. Et si le pari est audacieux, le résultat est lui aussi convaincant.

SISKA

« Broken Dreams »

(Independant)

Fondé en 2015 du côté de Venise en Italie par le guitariste et compositeur Mattia Sisca, on peut dire que ce dernier ne manque pas de ténacité et encore moins de suite dans les idées. Après un premier effort sorti en 2018, « Romantic Dark & Violent », qui reçut un accueil assez confidentiel, le musicien est de retour avec un groupe solide. SISKA est donc un combo chevronné aguerri à la scène pour avoir ouvert pour de grands noms et c’est presque assez logiquement qu’il se présente avec un deuxième album à la hauteur de ses ambitions. Et c’est franchement réussi.

Et la première évidence qui atteste de cette reprise en main musclée est la présence au chant de Tim ‘Ripper’ Owens, homme de projet s’il en est. Lui qui a toujours gravité autour d’une sphère musicale proche de celle de Judas Priest, puisqu’il y a brièvement tenu le micro, ainsi qu’avec Iced Earth et aujourd’hui KK’s Priest, est loin d’être à contre-emploi avec SISKA. Un sacré pari aussi pour les Italiens et l’Américain trouve facilement ses marques et imprègne sa touche grâce à une voix vite identifiable. Pourtant, c’est surtout sa faculté d’adaptation qu’on saluera ici.

Pour l’aspect production, SISKA a carrément fait appel à Max Norman qui a rendu de belles copies pour Ozzy et Megadeth et qui assure le mix et le mastering de « Broken Dreams ». Musicalement, le quintet se présente avec un Heavy Metal assez classique et efficace. Construit sur une structure conceptuelle avec quelques passerelles instrumentales bien senties (« Last Days », « Daydream », « The Inexorable Passage Of Time »), et les morceaux puissants et accrocheurs ne manquent pas (« Gangster », « We’ll Return », « Lonely Tomb », «  Thunderbird », « Mother Nature »). Une belle copie.

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Heavy metal

Unchosen Ones : une profonde introspection

C’est avec beaucoup de caractère que les Hispaniques réapparaissent avec un nouvel effort plein de promesses. « Divine Power Flowing » est complet et distille un Heavy Metal qui ne vient pas révolutionner le genre, mais qui lui apporte beaucoup de fraîcheur. Plein de feeling sans être démonstratifs, les solos ponctuent des morceaux bien structurés et emmenés par des riffs entraînants. UNCHOSEN ONES peut paraître assez timoré de prime abord, mais il dévoile des arrangements très soignés et une assurance que l’on retrouve dans des mélodies raffinées.

UNCHOSEN ONES

« Divine Power Flowing »

(Blood Fire Death)

La scène espagnole se porte bien et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Et si la plupart des groupes choisissent l’autoproduction, c’est une autre preuve de leur indépendance et c’est plutôt bon signe, compte tenu de l’état de l’industrie musicale actuelle. Originaire de Vigo, UNCHOSEN ONES avait fait irruption il y a trois ans avec « Sorrow Turns To Dust » et avait marqué les esprits grâce à une qualité indéniable, autant dans son contenu que dans sa production. Un son clair, un Heavy Metal classique, mais soutenu, la démarche est aussi simple qu’efficace.

Avec « Divine Power Flowing », le quintet confirme ses ambitions et il faut dire qu’avec de tels musiciens, UNCHOSEN ONES possède de solides atouts. Expérimentés, ils ont composé un deuxième album solide et massif, au point de flirter à l’occasion avec le Power Metal de manière très subtile. Le niveau technique est irréprochable, l’inspiration aussi et l’équilibre de cette nouvelle réalisation est inébranlable. Le duo guitare/claviers offre de belles combinaisons, tout en se répondant sans jamais empiéter sur le territoire de l’autre. Une belle complémentarité.

Au chant, Javier Calderón est à la fois fédérateur et musclé. Son approche personnelle guide UNCHOSEN ONES avec classe. Particulièrement véloce et précise, la rythmique est très en place et provoque des élans costauds, qui mettent parfaitement en relief des titres accrocheurs (« Idols & Kings », « The Void », « Cursed Without A Cause », « Wirlwind Saw », « Bloodborne », « Midnight Mass », « Death And Deliverance »). Ce deuxième opus des Galiciens montre une montée en puissance significative marquée par une profondeur éclatante.

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Heavy metal Old School Power metal

Greyhawk : guerriers du Metal

Les Etats-Unis continuent leur renouveau au sein de la scène Heavy Metal et GREYHAWK commence à s’y faire une place de choix. Si le line-up a connu un changement majeur avec l’arrivée d’une nouvelle voix, la ligne directrice du combo n’a pas bougé. Elle s’est même affinée et cette nouvelle réalisation, si elle aborde les mêmes thématiques, reste vivifiante et solide. « Warriors Of Greyhawk » est accrocheur, élancé et techniquement irréprochable. Sans parler de mise à jour, les ambitions actuelles sont très claires.

GREYHAWK

« Warriors Of Greyhawk »

(Cruz Del Sur Records)

Seattle n’est pas vraiment réputée comme étant un bastion du Heavy Metal traditionnel, et pourtant GREYHAWK trace son chemin depuis dix ans maintenant. Pour son troisième album, auquel il faut ajouter deux EPs, le quintet monte au front et livre ses nouvelles batailles avec un nouveau chanteur. En lieu et place de Rev Taylor parti voguer vers d’autres cieux, c’est Anthony Corso qui prend les commandes et sa performances sur « Warriors Of Greyhawk » est plus que convaincante. Il n’a vraiment pas mis longtemps à s’adapter au registre de ses partenaires.

Très bien produit par Henrik Udd qui a su apporter de l’impact et de la vélocité aux morceaux du groupe, ce nouvel effort dénote un peu de l’esprit Old School initial, mais il a su conserver l’ADN du genre. L’univers de GREYHAWK est toujours basé sur celui de la Fantasy et l’atmosphère épique de « Warriors Of Greyhawk » a des saveurs héroïques. Bardé de riffs racés et de solos flirtant parfois avec le Neo-Classic, il déborde d’énergie et la fougueuse rythmique apporte le relief nécessaire à l’élaboration de ce bon Heavy Metal un brin Power.

Puissant et mélodique, ce nouvel opus ouvre de nouveaux horizons à un style estampillé vintage en lui offrant une continuité dans son approche moderne. Bien sûr, les influences de Dio, Chastain et même George Lynch, époque Dokken pour les guitares, sont présentes, mais GREYHAWK tire son épingle du jeu grâce, notamment, à son duo de six-cordistes, un frontman explosif et un songwriting efficace (« Endless Race », « Hyperspace », « Land Of Ashes », « Eternal Quest »). « Warriors Of Greyhawk » affiche beaucoup de force, tout en restant accessible.

Retrouvez la chronique de leur album précédent, « Thunderheart » :

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Heavy metal International Old School

Wicked Leather : raw, dark & savage [Interview]

Allier puissance et énergie dans un Heavy Metal traditionnel, tout en conférant une approche actuelle, c’est l’objectif atteint par les Barcelonais de WICKED LEATHER. Mené par une frontwoman à la fois magnétique et déterminée, le quintet se présente avec un premier album très convaincant. Entre occultisme, mystère et charges décibéliques concentrées, le groupe a déjà trouvé sa place au sein de l’underground espagnole et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec une assurance et une volonté à toutes épreuves, les Catalans s’apprêtent à déferler au-delà de leurs frontières avec le sombre et véloce « Season Of The Witch », une production aboutie, organique et très efficace. Entretien avec Yami, fondatrice et chanteuse du combo qui, à l’image de sa musique, ne manque pas d’audace et ne mâche pas ses mots.

– « Season Of The Witch » est votre premier album et pourtant à vous écouter, vous êtes loin d’être des débutants. Pouvez-vous nous parler de vos parcours respectifs et de la création de WICKED LEATHER ?

Tous les membres du groupe ont une expérience musicale antérieure. Personne n’est novice : on a survécu à des répétitions qui empestaient la sueur, le tabac et la pizza, à des camionnettes en panne au milieu de nulle part et à des idées ‘géniales’ à 3h du matin qui se sont avérées catastrophiques. C’est dans ces moments-là qu’on apprend ce qui fonctionne, ce qui marque et ce qui laisse des traces. Je suis pianiste de formation, j’ai chanté dans des chorales et j’ai joué dans des groupes. Cette expérience influence notre façon de jammer et notre son. WICKED LEATHER est né de notre désir commun : faire un Heavy Metal qui déchire, qui surprend et qui assume pleinement sa nature. Si ça ne fait pas hurler vos voisins, c’est que ça ne marche pas !

– Avant l’album, vous aviez sorti un premier double-single, « Echoes Of The Storm », il y a deux ans. A-t-il été pour vous le déclencheur de ce qui a suivi, dont la signature chez Lost Realm Records ? Et l’aviez-vous considéré comme une carte de visite à l’époque ?

Oui, c’était notre façon de dire ‘bonjour tout le monde, nous existons !’. Honnêtement, on ne s’attendait pas à grand-chose. Avec Lost Realm Records, c’était différent. Ils ont écouté l’album, l’ont aimé et on a commencé à discuter. Pas de magie, juste de la bonne musique qui fait son effet. Parfois, les opportunités se présentent et il faut savoir les saisir…

– D’ailleurs, malgré une bonne visibilité et de bons retours, vous avez quitté Jawbreaker Records, votre label à ce moment-là. Ça peut paraître étonnant, juste après ce bon départ. Que s’est-il passé ?

Nous n’avons abandonné personne. Nous sommes restés en contact et nous avons tout expliqué. Lost Realm Records nous offrait simplement une voie plus logique pour le groupe. Gustav de Jawbreaker Records est un type super. On continue à boire des bières et à rigoler ensemble. Pas de drame, juste des choix qui renforcent le groupe.

– Revenons à « Season Of The Witch », dont le contenu nous renvoie au Heavy Metal des 80’s. Malgré une production brute et sans fioriture, l’ensemble garde un son assez actuel. C’était important de ne pas sonner complètement vintage et conserver ainsi un pied dans notre époque ?

Beaucoup d’entre nous sont nés dans les années 80, c’est dans nos gènes. Cette décennie nous a façonnés et influence encore aujourd’hui notre rapport à la musique. Le Heavy Metal est une évidence. Si ça ne vous fait pas vibrer, c’est qu’on a raté notre mission !

– Là où beaucoup de groupes de Metal avec une frontwoman présentent souvent un chant plus sensuel et mélodique plutôt que puissant et solide comme vous, WICKED LEATHER ne fait aucune concession en affichant un style direct et incisif. Est-ce aussi une façon de vous démarquer et de sortir du rang ?

Franchement ? Alors, je ne suis pas là pour séduire qui que ce soit. J’adore U.D.O., mais je ne me sens pas séduite par lui. Etre une femme, ce n’est pas adoucir sa voix, ni faire ce que les gens attendent de moi. Je chante du Heavy Metal. Si je voulais charmer, je ferais tout autre chose. Ici, il s’agit de force, d’honnêteté et de conviction. Du Metal qui vous prend aux tripes !

– Cela n’aura échappé à personne, WICKED LEATHER évolue entre l’occultisme et un univers horrifique. Est-ce que les textes viennent justement renforcer l’atmosphère musicale, ou au contraire, c’est elle qui influence la thématique ?

Les paroles naissent souvent d’images, de rêves, de cauchemars récurrents et de souvenirs sombres. Parfois, un riff donne vie à une parole, parfois, c’est l’inverse. C’est un dialogue qui s’écrit de lui-même en musique. L’atmosphère d’horreur et d’occultisme se développe naturellement à partir des histoires, sans être forcée. C’est juste une part d’ombre que chacun porte en soi, la part que nous avons acceptée, filtrée par notre imagination… et peut-être un cri au milieu de la nuit.

– Pour la jeune génération tournée vers un Metal moderne et très souvent aseptisé, cela peut paraître étonnant de poursuivre le bel héritage du Heavy Metal traditionnel. En formant WICKED LEATHER, quelles étaient vos intentions d’une part ? Et d’autre part, que cela représente-t-il aussi pour toi d’être une femme à la tête du groupe, ce qui commence à se démocratiser enfin ?

Que ça plaise ou non, WICKED LEATHER est un groupe fondé par une femme. Non seulement je chante, mais c’est mon groupe. Je ne suis pas là pour faire joli. Je participe activement à la composition. Les paroles sont de moi, elles font partie intégrante de la musique. Quand j’ai fondé WICKED LEATHER, je voulais un groupe qui envoie du lourd et qui décoiffe au passage. Du Heavy Metal traditionnel, mais avec une touche rebelle. De la personnalité, de la puissance, sans compromis. On remet tout en question et on recommence si besoin. Du vrai Heavy Metal, pas de la Pop déguisée en Metal. Le Heavy Metal, c’est de la force et du cran. Trop souvent, les groupes gomment leur identité pour suivre les tendances ou éviter de paraître ridicules. Nous, on préfère prendre des risques, faire des erreurs et garder notre personnalité intacte.

– Enfin, j’aimerais qu’on parle de la scène espagnole qui est plus vivante que jamais, et notamment en ce qui concerne le Heavy Metal Old School. Est-ce que vous sentez aussi un réel revival depuis ses dernières années, et comment l’expliquez-vous ?

Absolument. L’énergie est palpable. Les groupes jouent avec passion et le public est au rendez-vous par conviction. On la ressent partout : aux répétitions, sur scène, dans la salle. L’Espagne est une communauté soudée, passionnée et vouée à un véritable amour du Metal. C’est ce qui explique la force de ce renouveau.

L’album de WICKED LEATHER, « Season Of The Witch », est disponible chez Lost Realm Records.

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Hard'n Heavy

Fireborn : incandescent

Ayant bien digéré les classiques du Hard Rock comme du Heavy Metal, le quintet germanique s’est bâti en quelques années maintenant un Heavy Rock moderne et compact, qui laisse parler le groove tout en restant dense et racé. Avec une frontwoman qui a presque changé de dimension, FIREBORN passe le cap du deuxième album avec beaucoup d’assurance et surtout de la suite dans les idées. « Dreamcatcher » regorge d’énergie, ne manque pas d’impact et donne un signal évident sur l’ambition du combo.

FIREBORN

« Dreamcatcher »

(El Puerto Records)

Lorsqu’un groupe sort une très bonne première réalisation, c’est toujours intéressant de voir son évolution et surtout de pouvoir constater que le potentiel entrevu tient toutes ses promesses par la suite. Et c’est le cas avec FIREBORN, qui avait signé des débuts remarquables en 2023 avec « Reflections ». Après un changement de label qui ne semble pas les avoir perturber, les Allemands confirment leur élan avec « Dreamcatcher », qui montre d’ailleurs une progression. Ils y affirment autant leur style que leur identité musicale.

Mélodique, accrocheur et costaud, le Hard’n Heavy du combo se fait encore plus ferme sur ce deuxième opus, à grand renfort de riffs tranchants, de solos bien aiguisés et surtout avec un chant qui a gagné en puissance, en profondeur et en maturité. Jenny Gruber s’affirme ici comme une chanteuse de haut vol, capable de se transcender sur des morceaux massifs, mais qui sait aussi se faire plus délicate à l’occasion. La chanteuse guide FIREBORN avec talent en affichant un héritage vocal classique qu’elle met parfaitement au goût du jour.

Avec une production qui est encore montée d’un cran en termes de clarté, de force et d’équilibre, « Dreamcatcher » alterne les titres véloces avec des mid-tempos tout aussi intenses (« Little Wanderer », « Crisis Of Youth »). Très maîtrisé et efficace, ce nouvel effort brille aussi par des refrains fédérateurs, qui restent féroces sans tomber dans la facilité pour autant (« Dancing With The Villain », « Set The World On Fire », « Point Of No Return », « Pull The Trigger », « Flashlight » et le morceau-titre. FIREBORN s’impose avec fermeté et avec la manière.

Photo : Christian Blum Fotografie

Retrouvez la chronique du premier album :

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Thrash Metal

Megadeth : that’s all, folks !

L’annonce avait fait l’effet d’une bombe dans le petit monde du Metal. L’un des membres du ‘Big Four’, et pas des moindres, tire sa révérence et met ainsi fin à l’âge d’or du Thrash ‘Made in Bay Area’ de la côte ouest américaine. Bien sûr, il reste une magnifique discographie, des coups de gueule et des petites phrases de son frontman qui resteront longtemps gravés, mais plus de disques. Cependant, le séisme aura quelques longues répliques, puisque le quatuor s’engage pour une tournée de trois ans. MEGADETH fait donc ses adieux vinyliques avec même un ultime pied de nez à ses meilleurs ennemis de Metallica en reprenant « Ride The Lightning », co-écrit avec James Hetfield, Cliff Burton et Lars Ulrich. « Megadeth » n’est probablement pas l’œuvre la plus marquante du groupe, mais il n’en est pas moins une très belle conclusion.

MEGADETH

« Megadeth »

(BLKIIBLK Records)

Chroniquer l’ultime opus d’une telle légende peut vite tourner à la nécrologie, sauf que l’envie et l’élan qu’apporte Dave Mustaine à ce « Megadeth », le bien-nommé, laissent sous-entendre que la tournée d’adieu devrait être musclée. Surtout, il parvient à réaliser le tour de force de représenter sur dix morceaux, et un joli bonus, l’ensemble des tendances du combo à travers les époques, bravant les modes en imposant un style unique et tellement personnel. Bien sûr, certains puristes ne jurent que par les quatre premières réalisations, tandis que d’autres sont tombés dans la marmite avec « Youthanasia » et son aspect plus mélodique. Et c’est aussi parce que MEGADETH incarne tous ces courants et reste au sommet à chaque fois qu’il demeure une machine inusable.

C’est donc une sorte de regard panoramique qu’offre « Megadeth » avec ce son et cette rugosité si particulière. De « Killing Is My Business… And Business Is Good! » à « The Sick, The Dying… And The Dead! » en passant par « So Far, So Good… So What! », «  Rust In Peace », « Countdown To Extinction » ou même « Th1rt3en », la gamme de MEGADETH est si vaste qu’elle traverse avec classe le monde du Thrash Metal pour lequel il a tant œuvré. Au-delà de quelques titres de très bonne facture, c’est surtout un ensemble que l’on retient ici dans une ambiance globale et avec cette touche inimitable (« Tipping Point », « Hey God! », « Puppet Parade », « Made To Kill », « Obey The Call », « The Last Note » et la brillante cover de « Ride The Lightning »).

En bons mercenaires qu’ils sont, Teemu Mäntysaari (guitare), James LoMenzo (basse) et Dirk Verbeuren (batterie) peuvent remercier Dave Mustaine pour la faveur accordée, même si on aurait souhaité un tout autre line-up pour clore ce beau chapitre. On peut regretter les absences de David Ellefson pour plus de groove, ainsi qu’un clin d’œil du magicien Marty Friedman pour une dernière envolée sur un duel dont ils avaient le secret. Bref, la vraie formation ! Après tout, MEGADETH est l’œuvre de son fondateur et ne brille plus que par lui depuis longtemps déjà. Ce 17ème album est une vraie réussite et ce que l’on était en droit d’attendre d’une carrière longue de plus de quatre décennies en guise de clap de fin. Merci pour tout, Monsieur Mustaine.

Retrouvez la chronique de l’avant-dernier album du groupe :

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Heavy metal

Venger : planeta metallicus

Puissant et mélodique, le nouveau groupe de Doug Scarrat, qui fait les belles heures de Saxon depuis 30 ans maintenant, ne va pas chercher dans des sphères Metal très éloignées, puisque c’est un Heavy Old School qu’il propose sur « Times Of Legend ». Compact et incisif, ce premier opus va à l’essentiel avec une touche moderne, une rythmique massive et robuste et un chant très NWOBHM, cher à un certain Rob Halford. Cela dit, VENGER n’a pas mis longtemps à trouver ses marques et laisse s’exprimer l’expérience de ses membres avec la vigueur d’une formation établie et sûre de son fait.

VENGER

« Times Of Legend »

(Silver Lining Music)

Pour son premier album, VENGER se présente avec un line-up assez étonnant pour une musique qui l’est beaucoup moins. Rangé aux côtés de Doug Scarrat, guitariste de Saxon, on retrouve le guitariste et bassiste James Fogarty, qui a œuvré chez In The Woods et Old Forest, soit dans une sphère Black Metal. Deux univers bien distincts qui n’empêchent pourtant pas les deux musiciens de trouver un terrain de jeu commun et une entente assez évidente. Ils sont à eux deux à l’origine de la formation, ont écrit l’album ensemble et c’est le six-cordiste en chef qui s’est chargé lui-même du mix et de l’enregistrement.

Si on n’est jamais mieux servi que par soi-même, VENGER se tient pas sur les seules épaules des Anglais, puisque c’est l’Autrichien Franz Bauer de Roadwolf qui tient le micro et le Norvégien Sven Rothe, également issu du sérail Black Metal et ami proche de Fogarty, qui se poste derrière les fûts. Ainsi armé de vétérans plus qu’affûtés, le quatuor livre un Heavy Metal assez classique, allant même jusqu’à reprendre un par un tous les codes du genre. Histoire, légendes, horreur, fantasy et science fiction : l’ensemble a une saveur très aventurière et un côté épique, qui n’a pourtant rien de passéiste.

Bien que formé en 2024, les idées ont donc rapidement jailli entre les deux hommes, notamment au niveau des riffs qui déferlent dès « From Worlds Unknown ». C’est bien sûr l’artilleur de Saxon qui prend en main les solos et il ne manque ni de virtuosité, ni d’inspiration. D’ailleurs, il donne l’impression de bénéficier d’une soudaine liberté (« Pharaoh’s Curse », la power ballade « Crystal Gazer », « The Legend Still Remains », le génial « Séance », « Impaler Of Souls »). VENGER surprend agréablement avec un Heavy Metal sombre et rafraîchissant, à la fois fédérateur et instinctif. Audacieux.

Photo : Artur Tarczewski

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Heavy metal Old School

Wildhunt : une exploration profonde

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Autrichiens ont pris leur temps entre leurs deux longs formats. Depuis « Descending », sorti il y a une décennie maintenant, ils ont vécu quelques changements de line-up et ont surtout gagné en maturité et en sérénité dans leur jeu. Sur une base Heavy Metal un brin vintage, WILDHUNT ne mise pas systématiquement sur la vitesse malgré quelques éléments Thrash, en alternance avec d’autres plus progressifs, pour rendre ce « Aletheia » vraiment immersif et captivant. Original et inspiré.

WILDHUNT

« Aletheia »

(Jawbreaker Records)

Si certains jouent avec plus ou moins de bonheur sur une certaine intemporalité du genre, c’est-à-dire en affichant des influences du siècle passé, d’autres parviennent avec talent à leur fin. C’est le cas de WILDHUNT qui ressurgit après dix ans d’absence avec un deuxième album très réussi. Cela dit, le quatuor avait brillamment entretenu le suspens avec le single « Made Man » (2017 et présent ici) et un titre, « Terror Right below » (2019) sur un split album aux côtés d’autres groupes. Mais la suite se faisait attendre depuis « Descending ».

Les références au Thrash et au Power Metal originels (pas la soupe actuelle) sont toujours présentes chez WILDHUNT, mais c’est un Heavy Metal plus classique aux contours épiques qui domine. On retrouve sur « Aletheia » des ambiances qui renvoient à Manilla Road, Mekong Delta ou King Diamond. Quant au chant, il est sobre et efficace à l’instar d’un  Rob Halford à ses débuts. Le combo coche donc toutes les cases, d’autant que sa technicité ne se noie pas dans une démonstration qui pourrait vite devenir ennuyeuse.

Caractérisée par un travail remarquable de ses deux guitaristes notamment, la formation basée à Vienne présente des morceaux aux structures complexes avec de longues plages instrumentales, comme sur « Touching The Ground » entièrement instrumental, qui ouvre ce nouvel opus. WILDHUNT entretient l’intensité tout au long d’« Aletheia » avec beaucoup de nuances et de puissance. Accrocheur et mélodique, ce deuxième effort combine finesse et force (« The Holy Pale », « Sole Voyage » et le morceau-titre). Un modèle du genre.