Originaire de l’Ohio, qui a longtemps été un creuset fertile du Heavy Metal traditionnel américain, IRONFLAME fait partie de ces combos qui entretiennent brillamment l’esprit et l’atmosphère d’une période faste. Avec beaucoup de passion et de détermination, « Worlds To Conquer » est un concentré de riffs tranchants et de solos pointus, soutenus par une paire basse/batterie galopante très musclée et des parties vocales accrocheuses. Fidèle et convaincant.
IRONFLAME
« Worlds To Conquer »
(High Roller Records)
Pour ses dix d’existence, IRONFLAME s’offre un très bon album et « Worlds To Conquer » conserve son inégalable saveur underground. Toujours guidé par le multi-instrumentiste Andrew D’Cagna, qui a aussi enregistré, mixé et masterisé l’ensemble, ce nouvel opus résonne du Heavy Metal d’antan, celui rendu intemporel par des artistes comme Dio notamment, dont l’ombre plane ici avec bienveillance. Si l’héritage est Old School, les Américains vont pourtant de l’avant et sont même loin de manquer d’inventivité, bien au contraire.
Le leader du quintet imprime donc très largement sa marque, jouant tous les instruments, en plus du chant dont il a écrit les paroles. Cependant, ce sont bien les deux guitaristes qui ont composé et interprété leurs solos. Et on apprend également une autre surprise de taille. Alors que sortait « Kingdom Torn Asunder » en 2024, la musique de « Worlds To Conquer » était déjà en boîte depuis l’année précédente. Ensuite, il y a deux ans, les voix étaient posées pour finir avec les guitares en 2025. IRONFLAME conserve toujours un coup d’avance.
Même s’il a mené de front plusieurs formations, dont Brimstone Coven, Icarus Witch et Coldfeels entre autres, D’Cagna est loin de négliger son groupe et ces nouveau morceaux attestent de sa créativité. La production est solide et actuelle, sert habillement de belles et puissantes dynamiques et l’empreinte de la NWOBHM est toujours aussi vivace (« Night Closes Is », « Shadow Slave », « Valhalla Is Calling », « Where Cauldrons Burn » et le morceau-titre). IRONFLAME met le feu, l’attise et libère un Heavy Metal agréablement vintage et racé.
Rugueux et mélodiques, les Scandinaves soufflent leurs 25 bougies dans une belle et très Rock atmosphère. Avec « 525 », le quatuor confirme que son style n’a rien perdu de cette authenticité de chaque instant, ni de son explosivité. Bien produit, l’ensemble est brut, sans filtre et affiche un son très live. DUCKWALK CHUCK se réfère et puise son inspiration dans un Hard Rock et un Heavy Metal éternel, en lui insufflant un aspect très contemporain. Une grosse beigne et des sourires pour cet anniversaire bien saturé.
DUCKWALK CHUCK
« 525 »
(Independant)
Retour tonitruant pour les Norvégiens qui fêtent avec « 525 » leur cinquième album en 25 ans de carrière, ce qui explique ce titre énigmatique. Quatre longues années après le très bon « Fired Up », DUCKWALK CHUCK rugit avec autant de plaisir et, sans détour ni compromis, balance un Hard Rock toujours aussi massif et véloce. Entre-temps, et comme pour mieux marquer son indépendance et sa liberté, le groupe a quitté son label et fait parler la poudre comme jamais. L’industrie musicale n’aura donc pas raison de lui pour le moment.
Au-delà de l’aspect imposant de son jeu, la formation nordique se distingue surtout par une passion dévorante pour le Rock’n’Roll… joué fort ! Car, entre des fondations basées sur un Hard Rock classique dans la forme et une puissance clairement Heavy Metal, il en est toujours question et c’est ce qui fait la force et l’identité de DUCKWALK CHUCK. D’ailleurs, « 525 » se pose déjà au sommet de sa courte discographie. Accrocheur et insaisissable, ce nouvel opus traverse le temps et bouscule les courants actuels avec une énergie incroyable.
Façon rouleau-compresseur, le combo attaque avec « Surprise Surprise » sur un groove épais que n’aurait pas renié Mötörhead. Pour la suite, le quatuor déroule et se fait plaisir sur des riffs tranchants, de vrais solos de guitare et avec un frontman inarrêtable (« Racin’ To Win », « Shell Shock », « Shaken’n Stirred », «Midnight City », « Meat On The Bon »). Un quart de siècle après sa création, DUCKWALK CHUCK ne dévie pas de sa trajectoire, au contraire, il en déblaie le chemin avec une efficacité redoutable. Joyeux et costaud !
Retrouvez la chronique de « Fired Up », leur précédent album :
Originaire de la capitale nippone, le tandem commence à se faire une place sur la scène underground. Fort d’un style tranchant et mélodique, COVEN JAPAN livre un deuxième opus très convaincant à l’identité de plus en plus distincte. Si certaines références, issues d’Europe comme du Japon, sont encore évidentes, « Promised Land » s’en détache sur des parties de guitares soignées, un chant solide et une rythmique galopante. L’esprit vintage est assumé et le registre direct.
COVEN JAPAN
« Promised Land »
(No Remorse Records)
Fervents adeptes du DIY, c’est tout d’abord sous le nom de Coven (quelle drôle d’idée!) que la chanteuse Taka et le guitariste Akihiro Ito ont fondé leur groupe en 2016. L’année suivante, leur premier EP, « The Advent », leur a ouvert de nombreuses portes, dont celles du label grec No Remorse Records chez qui ils ont sorti l’album « Earthlings » fin 2023, mais cette fois sous la bannière de COVEN JAPAN. Dix ans après sa création, les Japonais se sont donc développés à l’international et « Promised Land » confirment de belles prédispositions.
Défenseurs d’un Heavy Metal Old School et fortement inspiré par la NWOBHM, les Tokyoïtes ont cependant su imposer une marque bien à eux. En premier lieu, la frontwoman use de sa langue maternelle et aussi de l’anglais (à l’accent prononcé), ce qui donne une saveur spéciale aux morceaux. Ces derniers sont d’ailleurs souvent imprégnés de leur culture, de sonorités de certains groupes de leur pays (Blaze, Blizard) et de chansons d’animation. COVEN JAPAN s’est créé un univers personnel parfois étonnant et dont les différentes atmosphères sont très accrocheuses.
Auteur, compositeur et interprète, le duo a également enregistré et mixé ensemble « Promised Land », ce qui lui donne beaucoup de certitudes sur ses intentions et sa maîtrise. A noter également que les parties de basse et de batterie sont assurées par les deux musiciens, contribuant au son très organique de COVEN JAPAN. Racé et efficace, le Heavy Metal proposé est rétro et dynamique, et les featurings du suédois Tomas Ericson de Helvetets Port sur « Witchfinder » et celui du Français Niels Bang d’Animalize sur « Breath Of The Distand » sont costauds. A découvrir !
Très créatifs et percutants, les musiciens de MASTER MASSIVE mènent une espèce d’armada Heavy Metal, qui s’engouffre dans de très nombreux courants comme pour mieux établir une identité musicale plus forte. Avec « White Shadows », leur troisième album, les Scandinaves se montrent très techniques, mélodiques et véloces. Classique dans le fond, la forme quant à elle est pleine d’imprévus et prend bien soin d’éviter des clichés souvent incontournables. Inattendu et musclé, le jeu du combo sort des sentiers battus avec autant d’allant et de maîtrise que de finesse.
MASTER MASSIVE
« White Shadows »
(Fireflash Records)
Les Suédois ne donnent pas souvent de leurs nouvelles, alors si en plus elles sont bonnes, le plaisir n’en est que décuplé. Fondé en 1993 par le guitariste Janne Strandh, il aura pourtant fallu attendre 2015 pour que « The Pendulum » voit le jour, puis « Black Feathers On Their Graves », cinq ans plus tard. Autant dire que MASTER MASSIVE avance à un rythme de sénateur, mais avec la manière et la certitude de bien faire les choses et de délivrer de très belles surprises. Et sur « White Shadows », c’est notamment le line-up qui détonne.
Le groupe se présente avec trois chanteurs et affiche une phénoménale force de frappe, ainsi son Heavy Metal devient plus polymorphe encore. Tony Niva (ex-Lion’s Share, Zanity), Viktor Gustafsson (Lethal Steel) et Marcus Karlsson, qui faisait déjà partie de l’aventure, se complètent à merveille et ont surtout la particularité d’offrir un panel vocal plus que conséquent à MASTER MASSIVE. Aigus, massifs, agressifs ou rauques, les registres empruntés par le trio ne montrent pas la moindre faiblesse et l’ensemble est étincelant.
Si l’atmosphère est clairement Old School, le Heavy Metal du sextet est quant à lui beaucoup plus complexe. En ouvrant avec le morceau « Noah’s Cross » et ses onze minutes, le ton est donné et l’audace, dont fait preuve la formation, laisse supposer que la suite s’annonce étonnante… et elle l’est ! Entre Speed Metal, Power, Prog et Doom, MASTER MASSIVE ne s’interdit rien, fait une très belle synthèse et obtient un son et un style originaux (« Islands And Bells », « Blood On The Floor », « Silver Bullet » et le morceau-titre). Solide et virtuose !
Sur un socle très Southern, le Stoner de SHADOW OF JUPITER repose sur des fondations Old School, qui emprunte au Hard Rock comme au Heavy Metal. Véloce et ténébreux, ce premier album chez Ripple Music se veut rassembleur, à commencer par les courants à l’œuvre ici. Et si les références sont nombreuses, « Bones » sort du lot grâce à une justesse impressionnante, des guitares incisives, une rythmique lourde et un frontman habité par son propos. Une fraîcheur sortie tout droit des origines du genre et située aux confins du Metal.
SHADOW OF JUPITER
« Bones »
(Ripple Music)
Viscéralement underground, SHADOW OF JUPITER en possède toute la culture, mais n’en oublie pas pour autant de faire preuve de beaucoup de créativité. Pour preuve, une production massive et limpide aux services de morceaux, qui incarnent eux aussi l’esprit Stoner sous toutes ses formes. Entre Rock et Metal, le quatuor développe un Doom/Psych profond au relief saisissant et laisse respirer ce deuxième opus avec talent. Sombre et rageur, « Bones » explore de multiples atmosphères pour se faire captivant.
Depuis 2022, SHADOW OF JUPITER peaufine son style et son premier album, « Porta Coeli », sorti l’année suivante en indépendant, avait déjà posé les bases du Stoner où l’on retrouve aussi des éléments Psych et même légèrement bluesy. On doit d’ailleurs peut-être cette dernière composante au fait que le groupe ait un pied à Chicago, tandis que l’autre se situe dans le Nord-Ouest de l’Indiana. Et le mix entre proto-Doom et Metal, le tout marqué par l’empreinte de Clutch, est assez savoureux.
Guidé par la voix puissante et lointaine de John Piotrowski, les Américains distillent des riffs épais et tranchants, en multipliant les changements de tempos. Dès le morceau-titre, SHADOW OF JUPITER s’affirme avec force dans un crescendo démoniaque. Tout en substance et sur des tessitures grondantes, il poursuit son exploration avec une assurance imperturbable (« Ugly On The Inside », « Echo Chamber », « Rumblestrip », « Riot Dogs »). Malgré ses sept plages seulement, dont certaines s’étalent en longueur, « Bones » a de quoi rassasier les fans de Stoner.
A l’évidence, la chanteuse Maggy Luyten et le guitariste Bas Maas étaient faits pour se croiser un jour ou l’autre. Et si leur parcours respectif paraît parfois opposé, ils se sont naturellement retrouvés autour d’un Hard Rock aux teintes Heavy pour donner naissance à ROCK JUSTICE. Fédérateur et bouillonnant, leur style rappelle autant les premières heures du style qu’il semble promis à un bel avenir. Avec « You’ve Been Served », le duo se fait vraiment plaisir et nous emporte sans mal grâce à des morceaux accrocheurs, où la voix de la Belge vient renforcer les riffs costauds et les solos tout en feeling du Néerlandais. Un premier album qui en appelle forcément d’autres, et sur lequel la frontwoman revient avec beaucoup d’enthousiasme.
– Avant de parler de ROCK JUSTICE, j’aimerais qu’on dise un mot de ton parcours. Tu chantes, ou as chanté, dans Beautiful Sin, The Prize, Nightmare et Ayreon, c’est-à-dire dans des styles assez différents. Même si on te sent parfaitement investie sur ce nouvel album, dans quel registre es-tu la plus à l’aise et la plus en phase avec tes goûts personnels ? Celui-ci peut-être, non ?
Pas forcément. A chaque fois que j’ai rejoint un projet, c’est parce que je me sentais en phase avec le style. Avec ROCK JUSTICE, je me retrouve bien dans l’énergie, la bonne humeur et la diversité des titres.
– La connexion avec Bas semble s’être faite très naturellement et le choix de ce Hard’n Heavy aussi. Tu écris les textes et les mélodies et Bas les riffs, entre autres. Est-ce que ce travail en duo a été quelque chose de nouveau pour toi ? Et puis, on te sent aussi très libre dans l’interprétation…
Ce qui est une première, c’est d’avoir écrit l’intégralité des paroles et des mélodies chant sur un album. Je ne parle pas de la reprise, on est bien d’accord ! (Sourires). Cependant, ce n’était pas forcément le but, car Bas a lui aussi quelques textes sous le coude, qui n’attendent qu’à être exploités ! Je pense que, tout naturellement, c’est cette liberté d’expression qui se fait ressentir ici. Déjà du temps de Beautiful Sin, les échanges étaient très riches avec Uli Kusch, idem avec Samuel Arkan dans Virus IV, Yves Campion dans Nightmare ou Christophe Godin dans The Prize. Disons qu’avec les années d’expérience, un acteur devient plus sélectif dans ses choix de scripts et, bien souvent, il finit par écrire le sien à force de savoir ce qu’il veut, ou ne veut plus. Mais qu’elles soient co-écrites ou non, les paroles sont très importantes pour moi et j’ai besoin de me sentir connectée au message. Si c’est le cas, je prends !
– Avec une petite saveur Old School, « You’ve Been Served » sonne très actuel et l’album apparaît comme une déclaration d’amour au Hard Rock et au Heavy Metal. Est-ce que l’idée première était de revenir à la source de votre culture musicale à tous les deux ?
Sincèrement, tout s’est mis en place progressivement avec une cohérence étonnante. Le fait que Bas ait nommé le groupe ROCK JUSTICE inspire et nous rappelle nos racines. Les textes sont basés sur des expériences personnelles avec un besoin d’exorciser certaines émotions fortes. C’est ça, le Rock, finalement, pas vrai !?! Le thème s’est d’autant plus imposé grâce à notre ‘Lady RJ’ (personnage présent sur l’artwork signé Khriztian León – NDR), qui veille et règne sur l’authenticité du Rock/Metal.
– Un autre élément vient aussi renforcer cette cohérence et cette complicité, c’est le fait que vous ayez tous les deux produit l’album. C’était important de contrôler toutes les étapes du processus pour obtenir le meilleur résultat et surtout ce que vous aviez en tête dès le départ ?
Tout a commencé avec des enregistrements de démos… L’expérience acquise au fil du temps nous a permis de garder les rênes au maximum. Mais il est important de souligner le travail de mixage et de mastering qu’a réalisé Luca Princiotta (Hardline, ex-Doro), sans qui nous n’aurions pas ce son ! Il a réussi à donner à l’album une production moderne tout en conservant l’authenticité du Hard Rock.
– Vous abordez également un aspect plus Blues Rock avec une reprise enflammée de « I Just Wanna Make Love To You » de Muddy Waters. D’où vous est venue l’idée ? C’est un morceau que vous aimiez particulièrement tous les deux, car elle colle très bien avec l’esprit très fédérateur de l’album ?
C’est Bas qui m’a proposé ce titre, probablement le plus ‘challengeant’ en ce qui me concerne au niveau de l’interprétation. Porter ces paroles sur un riff aussi lent, contrairement à ce qu’on pourrait croire, est un exercice difficile. Cela peut très vite devenir monotone à chanter, mais aussi pour celle ou celui qui écoute ! (Rires) J’ai fait un gros travail de recherche au niveau des intentions et de petites variations possibles dans les notes, sans pour autant dénaturer la chanson. Je suis assez fière du résultat et impatiente de la défendre en live, tout comme les autres titres d’ailleurs !
– Pour clore l’album, on te retrouve pour un vibrant duo avec Doro sur « First In Line », qui rend d’ailleurs un bel hommage à Ronnie James Dio. Si Bas et Luca Princiotta, qui a masterisé l’ensemble, la connaissent bien, j’imagine pour toi, cela a du être un moment très spécial…
Complètement ! Au-delà du duo, le fait de porter le message de « First In Line » avec une icône comme Doro Pesch à nos côtés renforce sa symbolique, car en plus d’être une légende vivante et d’incarner le Metal, elle a connu ‘nos pères’. Cette collaboration est, pour moi, une validation de parcours, un cadeau de l’univers et une magie qui ne demande pas à être expliquée, mais à être pleinement savourée. Que ce titre fédérateur puisse toucher un maximum de personnes !!! (Sourires)
– Enfin, avec une telle énergie et malgré vos occupations respectives, ROCK JUSTICE est-il un one-shot ou un projet studio, ou avez-vous l’intention de prendre la route ? Car ces chansons sont faites pour le live…
Nous avons déjà d’autres compos sur le feu et le live est au programme pour 2027 ! (Sourires) En ce moment, Bas tourne beaucoup avec Doro et After Forever, qui fait un magnifique come-back avec sa nouvelle chanteuse, Angel Wolf-Black !
Le premier album de ROCK JUSTICE, « You’ve Been Served », est disponible chez Fireflash Records.
Depuis qu’il est seul aux commandes de TONIC BREED, Patrick K. Svendsen ne sort plus d’album et préfère se concentrer sur les singles et les formats courts. La fin d’une époque ou la résolution à se plier aux nouvelles règles d’une industrie musicale en pleine déroute ? Une chose est sûre : il faut se contenter d’un quart d’heure tous les quatre ans et c’est bien trop peu. Cela dit, la qualité et le choix des guests sur les compositions du Scandinave sont éclatants et le jeu est peaufiné dans les moindres détails.
TONIC BREED
« Name Dealer »
(Independant)
Depuis sa reprise en main de TONIC BREED en 2022 avec un premier EP, « Fuel The Fire », le norvégien Patrik K. Svendsen œuvre sous la forme d’un one-man-band, à l’exception près que le line-up de tous les morceaux évolue constamment. Et le multi-instrumentiste n’invite pas n’importe qui sur ses compositions. Sur le précédent effort, ce sont Dirk Verbeuren (Megadeth), Bernt Jansen (Artch/Wig Wam), Björn Strid (Soilwork), Martin Skrivbakken (Endezzma) et Oliver Palotai (Kamelot) qui étaient de l’aventure. Un casting de grande classe, et c’est encore le cas ici.
Si l’intention musicale était plus claire sur « Fuel The Fire » avec un Metal dur et très Thrash, « Name Dealer » est nettement plus diversifié, dévoilant un spectre plus large. La base n’a pas vraiment changé, mais les invités semblent avoir plus de liberté et leur touche personnelle ressort de manière plus évidente. Sur le titre éponyme en ouverture, TONIC BREED accueille Tommy Aldridge derrière les fûts et Joel Hoekstra de Whitesnake à la guitare pour un duo explosif et d’une incroyable fluidité. D’ailleurs, probablement le meilleur titre de cet EP.
Puis, c’est au tour du batteur de Five Finger Death Punch, Charlie Engen, de prendre le relais sur la power ballade « Close In », la vraie surprise de « Name Dealer » . Changement de ton ensuite avec « Anew », où Chris Adler de Lamb Of God vient dynamiter cet instant résolument Thrash et certainement le plus musclé de l’ensemble. Et TONIC BREED conclue dans la même veine avec le très 80’s « The Die Is Cast », sur lequel le guitariste Michael Gilbert (Flotsam & Jetsam) élève encore d’un cran le niveau pour le rendre tranchant et acéré. Convaincant, mais bien trop court.
Retrouvez l’interview de TONIC BREED à l’occasion de la sortie du premier EP, « Fuel For Fire » :
A l’ancienne, et sans détour, la formation d’Oslo se montre toujours aussi intense. Prête à en découdre, elles distille depuis de longues années un savoureux mélange de Hard Rock, de Rock’n’Roll et de Heavy Metal. Avec deux guitaristes au jeu acéré, un duo basse/ batterie intenable et un frontman brut de décoffrage, THE CARBURETORS livre une nouvelle partition à l’énergie débordante. « We Ride At Night » a un goût d’asphalte et d’essence et va faire trembler les murs.
THE CARBURETORS « We Ride At Night » (Fast Forward Records)
25 ans de carrière n’ont pas entamé la fougue et la puissance du jeu de THE CARBURETORS depuis ses débuts et son premier opus, « Pain Is Temporary, Glory Is Forever », sorti en 2004. Plus de dix ans après leur dernier effort studio, « Laughing Inn The Face Of Death » (2015), les Norvégiens sont enfin de retour et l’esprit très musclé du Rock’n’Roll est lui aussi intact. Aussi véloce que massif, « We Ride At Night » semble reprendre les choses là où elles en étaient et l’implacable fidélité à cette dynamique est remarquable.
Sur ce cinquième album, THE CARBURETORS ne change rien à son ‘Active Rock’ et va directement à l’essentiel. Les riffs sont acérés, la rythmique féroce et le chant d’Eddie Guz toujours aussi fédérateur. Le fait que le quintet conserve cette ligne musicale avec autant de force tient aussi sûrement au fait que son line-up est resté le même depuis sa création, une choses qui se fait rare de nos jours. Pour autant, « We Ride At Night » restitue brillamment la fraîcheur originelle du quintet et semble même régénérer les Scandinaves.
Quelque part entre les Ramones, Motörhead et Ac/Dc, The CARBURETORS a trouvé sa voie entre hard’n Roll et Power Rock. L’attitude sans fioriture, ni concession du combo, séduit plus de deux décennies après et elle semble éternelle, tant elle est d’une rare authenticité. Et alors qu’on aurait pu imaginer une production épaisse ou brouillonne, c’est tout le contraire. Claire et presque épurée et trop propre, elle guide « We Ride At Night » sur une explosive dynamique (« Down In Flame », « Let You Down », « Shot At Down », « Electric Shock »). Percutant !
Un seul être vous manque, etc… C’est un peu le constat qu’on peut tirer de l’album de LEX LEGION. Musicalement irréprochable dans l’interprétation et costaud dans la réalisation sonore, le quintet exhume un glorieux passé, celui qui a forgé le mythe de King Diamond. Loin d’être illégitimes, puisqu’ils sont les artisans de la première heure du succès de l’ex Mercyful Fate au maquillage inoubliable, les cinq musiciens livrent un sentiment partagé. « Lex Legion » aurait presque pu être conçu il y a quelques décennies, il y aurait d’ailleurs gagné en crédibilité, alors qu’il affiche plutôt un registre ayant bénéficié d’un petit lifting. Loin d’être désagréable, il y manque donc une âme et une personnalité vraiment affirmée.
LEX LEGION
« Lex Legion »
(MNRK Music Group)
C’est à l’initiative du batteur Mikkey Dee et du guitariste Pete Blakk que LEX LEGION a vu le jour avec dans l’idée de reformer l’iconique line-up du King Diamond de la deuxième moitié des années 80, à savoir donc celle qui a œuvré sur les meilleurs albums du chanteur danois. Le génial six-cordiste Andy La Rocque et le bassiste Hal Patino sont donc naturellement venus se greffer au projet. Et à défaut d’avoir le patron derrière le micro, c’est le norvégien Nils K. Rue qui donne de la voix. Et le chanteur du groupe de Metal Progressif Pagan’s Mind n’a pas mis longtemps à se mettre à l’aise dans le rôle du providentiel frontman aux envolées aigues.
Bien sûr, les fans de King Diamond, et plus largement de Heavy Metal et de Hard Rock, ont de quoi se réjouir de cette réunion d’anciens. Effectivement, ça joue très bien, la production est propre et massive et les morceaux directement dans la veine de qui-vous-savez. Donc, pour l’effet de surprise, il ne faudra pas compter sur LEX LEGION. Forcément très imprégné par un style 80’s, ce premier album éponyme, très court et resserré, donne une impression de grande maîtrise dans tous les compartiments du jeu. Le groupe n’entend pas révolutionner le genre, bien sûr, et affiche directement un héritage qu’il n’a pas dilapidé.
La vélocité de ce premiers opus renvoie à l’expérience des cinq musiciens acquise en plus de 40 ans de carrière et il faut bien reconnaître que la puissance de leur Heavy Metal, tout comme l’efficacité des mélodies, reste l’argument principal. Et si LEX LEGION bénéficie de la technologie d’aujourd’hui au niveau du son, on peine cependant à adhérer totalement à la démarche, tant les ficelles sont énormes. Par ailleurs, passé la première écoute, se replonger dans les disques de King Diamond tels que « Abigail », « Them », « Conspiracy » ou « The Eye » ferait fatal et ferait immédiatement retombé l’effet désiré. D’accord pour la piqûre de nostalgie, mais ça s’arrête là.
Avec une fréquentation en hausse, une affiche toujours aussi pointue et un public d’une bienveillance absolue, le festival ‘Courts Of Chaos’ a de nouveau fait trembler Plozévet, petite bourgade de la pointe bretonne. Même si les images se bousculent encore quelques semaines après cette septième édition, voici un petit échantillon qui vaut bien des discours. Pas de report donc, je ne vous infligerai pas le récit de mon week-end… Juste quelques instantanés piochés de manière aléatoire au fil des deux jours ! Stay heavy & keep on smilin’ !