Puissant et épais, percutant et massif, « Holding Time », le premier album des Américains de BLACKJACK MOUNTAIN, est tout cela à la fois. La qualité des mélodies et l’impact de son chanteur rend le Heavy Stoner du trio très Southern et Hard Rock et c’est franchement savoureux. Un mélange parfaitement dosé offre un style rugueux, accrocheur et épicé à souhait.
BLACKJACK MOUNTAIN
« Holding Time »
(Independant)
La Georgie n’enfante pas seulement des groupes de Blues, de Country ou de Southern Rock. Il existe quelques formations qui sortent du sérail et le trio de Carrollton en fait partie. Avec un petit côté Old School, qui signifie ici que le combo respecte le passé et la tradition, BLACKJACK MOUNTAIN propose un Stoner Heavy Southern mâtiné de Hard Rock très 70’s et surtout un groove imparable.
Sur des mélodies vocales accrocheuses et vraiment contagieuses, les Américains livrent leur premier album, « Holding Time », dont les compositions et la production sont un vrai ravissement (« What I Need », « Red Eagle »). Les basses grondantes et la fougue des rythmiques ne laissent pas de place au doute : BLACKJACK MOUNTAIN maîtrise son sujet et ce crossover volumineux sort de la brume.
Le trio poursuit sa route, balayant tout sur son passage avec des morceaux costauds et radicaux (« Devil In The Dark », « Witch Of The Swamp »). Les Sudistes balaient les courants et les modes à grand coup de riffs percutants, tout en laissant quelques respirations (« Nevermore », « Rivers Flows », « Echoes Of Time »). Comme souvent outre-Atlantique, les autoproductions surprennent par leur qualité et BLACKJACK MOUNTAIN est de cette trempe.
C’est sur un faux-rythme que COSMIC REAPER surgit avec un Doom Metal Psych aux subtiles sonorités Stoner à travers un premier album éponyme rugueux et granitique. Simples, efficaces et obsédants, les morceaux du quatuor Américain sont aussi épais que tranchants, et la voix lointaine et éthérée de leur chanteur tente tant bien que mal à apporter un peu de lumière à cette sombre entreprise. Un régal !
COSMIC REAPER
« Cosmic Reaper »
(Heavy Psych Sounds Records)
Avant de vous caler ce premier album de COSMIC REAPER entre les oreilles, installez-vous confortablement et prenez une bonne respiration. Le quatuor américain présente un Doom Metal aux contours Psych et la chape de plomb qui va s’abattre sur vos tympans est écrasante à tout point de vue. Véritablement sur orbite, le combo est paré pour le décollage et le voyage s’annonce mouvementé.
Originaire de Caroline du Nord, COSMIC REAPER a fait ses premières armes avec un EP, « Demon Dance », qui a vite séduit les amateurs de sensations fortes, qui se sont rapidement rués à ses concerts. Stoppés net par la pandémie, les Américains en ont profité pour composer un premier album éponyme et les sept morceaux présentés sentent le souffre autant qu’ils bastonnent et enivrent.
Dès les premières notes de « Hellion », l’expédition spatiale commence dans une atmosphère tendue, où la production massive et puissante fait des merveilles. COSMIC REAPER a également soigné les arrangements sur ces nouveaux titres à vraiment écouter au casque (« Stellar Death », « Planet Eater », « Infrasonic ») ! Et comment ne pas succomber à « Wasteland » et ses deux parties aussi Psych qu’épaisses ? Voilà, vous pouvez respirer !
Impertinents et audacieux, les quatre jeunes musiciens de DEAD POET SOCIETY n’ont franchement pas froid aux yeux et, pour un premier album, livre une production assez scotchante. Dans une veine alternative US, le groupe désormais basé à L.A. s’engouffre dans le Rock et el Metal avec fougue et détermination.
DEAD POET SOCIETY
« -!- »
(Spinefarm Records)
Originaire de Boston où le groupe d’étudiants du Berklee College s’est formé, c’est pourtant sous le soleil californien que DEAD POET SOCIETY a littéralement éclos. Suivi par de jeunes fans, c’est en figurant sur de multiples playlists que les Américains ont commencé à se faire connaître. Et c’est depuis Los Angeles que le quatuor sort son album coup de poing.
Pour une première production, « – ! – » (« The Exclamation Album ») se veut assez frondeur dans le fond comme dans la forme. Prenant grand soin de n’entrer dans aucune case, DEAD POET SOCIETY navigue entre Rock et Metal Alternatif avec un certain talent. Carré et percutant, le combo assène de gros riffs et de belles rythmiques posés sur l’étonnante gamme vocale de son frontman.
En effet, ce qui surprend à la première écoute, c’est la performance du chanteur et guitariste Jack Underkofler capable de s’aventurer avec une aisance déconcertante presque partout (« .burymehole. », « .intodeep. », « .CoDA. », « .loveyoulikethat. »). Touchant au Modern Metal, au Stoner et même à la Pop, DEAD POET SOCIETY se perd un peu et devra vite se trouver une réelle identité musicale.
Le Stoner affiché par THUNDER HORSE a presque du mal à trouver sa place dans le déluge Doom et Heavy Metal de « Chosen One ». Deuxième album pour le quatuor texan qui, d’une voix lointaine et profonde sur des riffs massifs et une rythmique de cogneurs, présente un nouvel opus tout en nuances et en puissance.
THUNDER HORSE
« Chosen One »
(Ripple Music)
Le Texan est rugueux de nature et dans le cas de THUNDER HORSE, c’est presqu’un euphémisme. Mené par son frontman, Stephen Bishop, guitariste-chanteur et pilier de la scène Metal Indus locale, le quatuor développe sur ce deuxième album un Heavy Stoner costaud aux saveurs Doom et à l’atmosphère lourde. Les Américains ne sont pas là pour rigoler et « Chosen One » surgit comme un gros coup de massue.
Dave Crow (basse) et Jason West (batterie) gèrent avec ardeur une rythmique solide et imperturbable. Bishop assurant les parties très Doom des guitares avec une épaisseur quasi-opaque, c’est T.C. Connaly qui distille de très inspirés solos aériens, racés et épiques dans un style Heavy Metal très 70/80’s. THUNDER HORSE est de plein de surprises et elles sont carrément bonnes (« Let Them Bleed », « Rise Of The Heathens »).
Non sans rappeler les riffs tendus de Tommy Iommi et les virtuoses envolées de Michael Schenker, Bishop et Connaly se complètent et œuvrent de concert sur ce « Chosen One », dont la production est aussi authentique que ne l’est le quatuor (« Texas » et le magnifique « Song For The Ferryman »). Les quelques notes bluesy qui s’échappent des nouveaux morceaux de THUNDER HORSE apportent ce supplément d’âme à un album qui n’en manque pourtant pas.
Très éclectique et cinématographique, ce nouvel album de l’extraterrestre du Massachusetts surgit au cœur d’une pandémie : le propre du zombie ! Divertissant et un peu dispersé, ROB ZOMBIE semble avoir tout misé sur une production chiadée et des arrangements très soignés au détriment de morceaux vraiment convaincants.
ROB ZOMBIE
« The Lunar Injection Kool Aid Eclipse Conspiracy »
(Nuclear Blast)
Après près de cinq ans d’absence, ROB ZOMBIE réapparait avec un septième album au nom interminable : « The Lunar Injection Kool Aid Eclipse Conspiracy ». Façon bande originale de film dont l’Américain est fin connaisseur, ce nouvel opus est une sorte de périple musical inclassable et iconoclaste, assez étonnant et toujours très bien produit…. Et parfois même un peu lisse. L’Américain s’est transformé en monsieur propre, et rien ne dépasse de cette réalisation où le sample est devenu roi.
Que tout le monde se rassure, ROB ZOMBIE fait toujours du ROB ZOMBIE ! Seulement, on peut être en droit d’attendre un peu de nouveauté et d’impertinence de la part d’un tel artiste. Si l’album s’écoute tout seul, il peine cependant à surprendre malgré des titres accrocheurs. Les 17 plages s’étalent sur un peu plus de 40 minutes, mangées par des bidouillages en tous genres, mais quelques titres parviennent à émerger dans ce qu’il reste de l’album.
Entre Metal, Electro, Indus et quelques gros riffs Stoner, le chanteur reste le touche-à-tout que l’on connait. Parmi de nombreuses expérimentations à base de samples se glissent tout de même quelques titres vraiment taillés pour la scène… mais assez peu nombreux (« The Triumph Of King Freak », « 18th Century Cannibals, Excitable Morlocks & A One-Way Ticket On The Ghost Train», « Shake Your Ass-Smoke Your Grass», « Get Loose »). ROB ZOMBIE se fait plaisir et, au final, cet hédonisme est très solitaire.
Fort d’un album exceptionnel sorti il y a quelques semaines, JAKETHEHAWK a délivré une bouffé d’oxygène et d’énergie incroyable. Avec « Hinterlands », le groupe américain franchit un cap à travers un Stoner Psych addictif aux influences Desert Rock : un véritable appel à la nature aux sonorités envoûtantes et très organiques. John Huxley, chanteur et guitariste, revient sur la démarche du quatuor et sa conception de la musique du groupe.
– En moins de cinq ans, vous avez sorti un EP et deux albums et pourtant vous dégagez déjà une énergie et une maîtrise incroyable. C’est sur scène que vous avez solidifiez votre style ?
Dans une certaine mesure, plus nous jouions ensemble, plus nous nous sentons à l’aise dans nos pompes et plus nous devenons confiants pour avancer artistiquement. Le développement de l’alchimie en tant que groupe se fait à la fois sur scène et au moment de l’écriture. C’est un ensemble.
– A l’instar des pionniers du Desert Rock, vous avez baptisé votre style l’« Appalachian Rock ». Simple question de géographie, ou comptez-vous faire des émules ?
C’est plus ironique qu’autre chose, mais une grande partie de mon éducation musicale s’est faite à travers de la musique acoustique et Folk… Et il y a une riche tradition dans la région des Appalaches. C’est donc plutôt un clin d’œil à ces racines. C’est notre façon de dire que nous donnons notre propre tournure et notre touche personnelle au son Stoner/Psych/Desert.
– L’an dernier, vous avez accueilli Josh Emery à la guitare et au chant et dans la foulée, vous avez signé chez Ripple Music. C’est ce sentiment d’être au complet qui a créé une sorte de déclic ?
Avoir Josh dans le groupe est génial, car nous pouvons explorer beaucoup plus d’espace sonore en live. Son jeu de guitare n’apparaît que sur le morceau « June » sur le dernier album, mais il a eu un impact positif majeur sur cette piste. Au fur et à mesure que nous avançons, écrire avec lui est très naturel. Il est le Yin musical du Yang de John, pour ainsi dire, donc les idées ne manquent jamais. Cela combiné à la signature chez Ripple Music est merveilleux, parce que nous ne nous sommes jamais autant sentis si créatifs et capables d’écrire la musique que nous imaginons. Et nous avons maintenant ce label incroyable pour apporter cette musique aux oreilles des gens.
– JAKETHEHAWK possède un son très organique avec des influences qui vont du Stoner au Doom, du Progressif au Shoegaze en passant par des moments Folk et même Southern. Vous faites vraiment le grand écart. Et le liant reste le Psych, c’est bien ça ?
Je ne sais pas si on peu parler de liant… C’est plutôt quelque chose qui donne probablement le sens de la musique, qui existe dans nos subconscients. Mais pour ne pas tourner autour du pot, je dirai… oui. John et Josh ont toujours aimé les murs sonores luxuriants, mélodiques et tourbillonnants. Nous pensons donc que nous aurons toujours tendance à le faire d’une manière ou d’une autre, avec le groove que Jordan et Justin apportent à l’ensemble.
– Malgré les nombreux changements de rythmes et d’atmosphères sur « Hinterlands », il reste une chose immuable chez vous : le groove. L’impression qui domine est que le couple basse/batterie vous donne une liberté totale au niveau des guitares notamment, et qu’il porte même vos gigantesques riffs…
Jordan et Justin forment une unité très solide et c’est vrai que leur ampleur sonore nous donne définitivement à Josh et moi beaucoup d’espace pour se déplacer sur un terrain plus texturé. Justin couvre beaucoup d’espace avec sa basse, afin que nous ne soyons pas dépendants du fait que des guitares rythmiques claquent sur des accords de puissance tout le temps, et pour garder une cohérence sur les morceaux.
– Votre son donne très souvent le sentiment de se retrouver en pleine nature, face à un vaste horizon ou au cœur d’une forêt comme dans votre clip. Est-ce que vos textes vont aussi dans ce sens avec un message écologique ?
Dans une certaine mesure, mais c’est plutôt une métaphore. Les paroles de « Hinterlands » traitent beaucoup de la croissance, du changement et de l’idée de ‘passer à autre chose’. Les références à la nature représentent ce sentiment… Voyager dans l’arrière-pays de votre propre vie. De plus, nous aimons les images luxuriantes, colorées et généreuses, parce que nous voulons que notre musique le soit également. Nous ne pouvions pas imaginer une vidéo ou une pochette d’album de JAKETHEHAWK, qui serait Metal ou gothique. Mais qui sait ? Peut-être que ce sera le cas sur le prochain disque.
– Il y a un fort aspect proto-Metal mêlé à un son très 90’s chez JAKETHEHAWK. Même en évoluant avec son temps, on revient toujours aux bases, non ? De quelle manière pensez-vous pouvoir encore faire grandir ce style ?
Je ne sais pas si nous le pourrons… Je pense que la seule chose que nous pouvons faire est de laisser cela de côté et d’être simplement fidèles à nous-mêmes et à ce que nous désirons vraiment faire.
– Une dernière et irrésistible petite question pour le fun et pour conclure : pourquoi JAKETHEHAWK et pas THE4FLYINGJ (pour John, Jordan, Justin et Josh) ?
En fait, « The Flying J » est une chaîne de stations-service et relais-routiers ici aux États-Unis. Nous avons essayé de les contacter pour voir s’il serait possible de mettre mis en place notre nom sur un hotdog, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas répondu. Blague à part, nous avons en fait nommé le groupe d’après le nom d’un faucon à queue rousse qui vit dans un arbre à côté de la maison de mon père. Il l’a appelé Jake quand il était jeune, et Jake the Hawk y vit toujours aujourd’hui.
Révélation du Doom grec avec « Under Acid Hoof », ACID MAMMOTH continue de creuser son épais sillon. Le quatuor a profité de l’atmosphère sombre et étrange du confinement pour s’enfoncer dans des profondeurs métalliques pour concevoir « Caravan », un nouveau périple où les rythmiques pachydermiques côtoient des solos étourdissants.
ACID MAMMOTH
« Caravan »
(Heavy Psych Sounds Records)
Depuis 2015, ACID MAMMOTH a entamé sa lourde marche à travers un Stoner Doom massif et assommant. Troisième étape pour le quatuor grec qui a conservé l’esprit et les codes de son précédent album dans le design de la pochette de « Caravan ». Et cette descente en rouge et noir dans les abysses musicaux semble vraiment inscrite dans les gènes du combo, qui présente son album le plus complet et abouti à ce jour.
L’an dernier, « Under Acid Hoof » avait déjà révélé les qualités des Hellènes, confirmées sur le volume 2 des « Doom Sessions » de leur label aux côtés de 1782 un peu plus tard. Avec ce nouvel opus, les Babalis père et fils (guitares et chant), Dimosthenis Varikos (basse) et Marios Louvaris (batterie) imposent leur style avec force et conviction. ACID MAMMOTH fait rimer Metal hypnotique et Fuzz frénétique.
Si l’album démarre par un petit rire démoniaque et un morceau clairement Stoner Rock et mélodique (« Berserker »), le groupe retournent très vite dans un Doom caverneux sur des morceaux aussi massifs qu’épais (« Psychedelic Wasteland », « Ivory Towers »). Et ACID MAMMOTH continue son imposante mainmise sur le morceau-titre long de 11 minutes avant de porter le coup de grâce sur le diabolique « Black Dust ». On en redemande !
Coincé comme tout le monde par la pandémie et après avoir sorti trois singles, FELLOWCRAFT présente enfin son troisième album. Sans détour, le Rock Alternatif aux aspects Metal et progressifs du quatuor est une belle bouffée d’oxygène, pleine d’émotion et de force.
FELLOWCRAFT
« This is Where You’ll Find Me »
(Independant)
Fondé en 2014 et après avoir évolué dans un Indie Rock un peu conventionnel, FELLOWCRAFT a réellement pris un tournant musical en 2019 avec les arrivées de Pablo Anton-Diaz (lead guitare) et de Zach Martin (batterie). Dès lors, le quatuor de Washington a changé de cap pour prendre une envergure plus imposante, compacte et dense, sans oublier de belles envolées progressives.
Toujours guidés par leur fondateur Jon Ryan MacDonald (guitare, chant), les Américains sortent en autoproduction un troisième album riche et homogène. D’ailleurs, la production puissante et colorée, signée par Tonio Ruiz (sa seconde) à qui l’on doit de très bons et majeurs albums de Rock mexicain, n’est pas étrangère à ce nouvel élan pris par FELLOWCRAFT. Et ça ne manque ni d’ambition, ni de percussion.
Très brut, « This is Where You’ll Find Me » reflète à la fois un Rock Alternatif américain rappelant Pearl jam ou Audioslave, mais la dimension progressive de l’album le rend plus original encore. Du très bon « Coyote and the Desert Rose » ou « Last Great Scotsman II » (essayez donc de vous enlever le refrain de la tête !), FELLOWCRAFT livre aussi des prises studio live très prenantes et authentiques. Une gourmandise.
Psychédélique et vertigineuse, la musique de PHILM se balade entre plusieurs styles dans lesquels les Californiens excellent et affichent une grande maîtrise. Avant-gardiste et expérimental, son leader Gerry Nestler a su créer un univers étonnant où règne une liberté absolue. « Time Burner » est aussi inclassable que subtil.
PHILM
« Time Burner »
(Metalville Records)
C’est d’abord avec son groupe Civil Defiance que le génial multi-instrumentiste Gerry Nestler a fait son apparition sur la scène Metal américaine du côté de Los Angeles. Ce n’est qu’en 2010 qu’il fonde PHILM avec un certain Dave Lombardo derrière les fûts, qui partira assez vite chez Slayer. Devenu une référence de l’expérimental underground, c’est en trio que le musicien fait son retour.
Le leader et fondateur de PHILM n’aime pas être coincé dans un registre et c’est ce que l’on comprend vite à l’écoute de « Time Burner ». Metal, Stoner, Blues et même Jazz, ce nouvel album se veut avant-gardiste. Particulièrement libres dans l’interprétation, les Américains donneraient presque l’impression de faire une grosse jam, si l’ensemble n’était pas aussi bien ficelé et précis.
Après « Harmonic » et « Fire From The Evening Sun », PHILM livre un troisième album dans une atmosphère sombre et mélancolique d’où émane aussi une grande colère. L’incroyable complicité entre les trois musiciens est évidente, et Gerry Nestler a composé des morceaux d’une rare profondeur (« Cries Of The Century », « 1942 », « Spanish Flowers » et le morceau-titre long de 14 minutes). Un gouffre sans fond !
A l’instar de sa pochette, ce deuxième album de JAKETHEHAWK est aussi rafraîchissant que vivifiant et enthousiasmant. Avec « Hinterlands » le quatuor de Pennsylvanie nous invite dans sa maison au cœur d’une déferlante de riffs profonds et volcaniques. Sur des mélodies Psych et Prog, le combo emporte tout sur son passage.
JAKETHEHAWK
« Hinterlands »
(Ripple Music)
Formé depuis seulement 2016, le quatuor de Pittsburgh, Pennsylvanie, distille pourtant un style parfaitement rodé, imaginatif et captivant. JAKETHEHAWK a judicieusement nommé son registre ‘Appalachian Rock’ coupant ainsi l’herbe sous le pied à de quelconques spéculations. Le son des Américains est tellement organique que pour un peu, en mettant toute cette électricité de côté, on se croirait en pleine nature, au cœur de la forêt.
Nourri au côté solide et technique du proto-Metal et des productions des années 80 et 90, JAKETHEHAWK a su enrichir son jeu d’atmosphères psychédéliques, de structures progressives tout en gardant à l’esprit l’héritage Folk de l’est américain. Et ce savant mix donne un style transcendant fait de riffs gigantesques, de solos perchés, d’une basse hyper-groovy et d’un batteur inspiré et métronomique. Un terrain de jeu idéal !
Et les quatre J (John, Jordan, Justin et Josh) savent où ils vont. De « Counting » à « June » en passant par « Still Life », JAKETHEHAWK multiplie les breaks, les ambiances et les textures sonores pour rendre son Stoner Heavy Psych irrésistible et mélodique. En seulement un EP et deux albums, le quatuor américain s’est créé une identité musicale hors-norme et surtout d’un impact et d’une précision à couper le souffle (« Uncanny Valley »).