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Hard Rock Heavy Stoner International

The Quill : through dark clouds [Interview]

Les groupes de la trempe de THE QUILL se font de plus en plus rares, comme une espèce en voie de disparition face à une scène mondiale Rock et Metal, qui tend inévitablement vers une uniformité aussi triste que blafarde et insignifiante. Or, en plus de 30 ans de carrière, les Suédois n’ont jamais dévié d’une trajectoire qui passe par un Heavy Stoner couplé à un Hard Rock massif, et qui se renouvellent toujours au fil des albums. Sur « Master Of The Skies », la maturité, l’expérience et la créativité se disputent le premier rôle dans un unique et tourbillonnant élan. Le quatuor y atteint des sommets, déploie avec force une identité forgée au fil des disques et des tournées par quatre musiciens au caractère affirmé. Robustes et alimentant toujours une petite lueur vintage réconfortante, les Scandinaves se montrent d’un impact encore une fois redoutable, et c’est leur bassiste au groove granitique, Roger Nilsson, qui revient sur ce nouvel opus déjà incontournable.

– Même si vous n’avez jamais caché votre admiration pour le groupe, j’ai l’impression que « Master Of The Skies » est le plus sabbathien de vos albums. Est-ce que, même inconsciemment, la mort d’Ozzy a pu avoir un impact sur son écriture ?

La majeure partie de l’album a en réalité été écrite avant le décès d’Ozzy, donc il n’y a pas eu de tentative consciente de s’inspirer de lui plus que d’habitude. Mais soyons honnêtes : Ozzy et Black Sabbath font partie intégrante de notre musique depuis le début. C’est en partie grâce à eux que nous avons commencé à jouer de la musique. Nous avons d’ailleurs donné un concert hommage à Ozzy en plein milieu de l’enregistrement, alors je pense que quelques petites touches Black Sabbath se sont glissées dans l’album sans même que nous nous en rendions compte. Plus inconsciemment qu’intentionnellement. Mais oui… c’est encore irréel qu’il soit parti. On perd nos héros à un rythme alarmant ces temps-ci, et c’est déchirant. C’étaient les géants sur les épaules desquels nous nous sommes hissés.

– Est-ce qu’après presque 35 ans de carrière et une douzaine d’albums à votre actif, le fait de vous retrouver à nouveau aux studios 491 à Oskarshamn avec Erik Nilsson peut avoir quelque chose de rassurant et de confortable, puisque vous y avez vos habitudes maintenant ? Cela peut aussi contribuer à un certain bien-être et une meilleure concentration, non ?

Absolument. Erik est presque un cinquième membre du groupe, sans pour autant avoir à apprendre la setlist par cœur ! (Sourires) Il sait parfaitement quand nous pousser, quand nous freiner, et quand dire à quatre musiciens de Rock têtus d’arrêter de se disputer et de se remettre au travail. Nous sommes tous des créatifs au caractère bien trempé, alors l’ambiance peut vite devenir électrique en studio. Erik est celui qui intervient, tape dans les mains et dit : « Ça suffit les gars ! Voilà la direction à prendre ». Et il a généralement raison. Le Studio 491 est aussi incroyablement pratique. Magnus, Christian et moi habitons à une demi-heure d’ici, donc on ne perd pas des heures dans les transports et des hôtels hors de prix. C’est un peu notre deuxième salon, avec une meilleure acoustique… (Sourires)

– « Master Of Skies » est un album percutant, mais surtout très atmosphérique avec une sensation sonore qui créé une sorte d’unité. Est-ce que vous l’avez conçu et composé comme un album concept, car il y a certains aspects notables dans sa structure ?

Ce n’est pas à proprement parler un album concept, mais nous l’avons abordé avec une structure très précise. Nous voulions offrir une expérience d’écoute complète, quelque chose qu’on apprécie du début à la fin, et non pas une simple liste de chansons. Nous avions près de 30 titres composés, et nous avons donc passé beaucoup de temps à choisir ceux qui se complétaient et créaient des ambiances différentes. Pour la toute première fois, la tracklist était quasiment définitive avant même le début de l’enregistrement. Cela nous a permis de façonner l’atmosphère de l’album de manière beaucoup plus réfléchie.

– D’ailleurs, vous ouvrez avec le morceau-titre que l’on retrouve également en reprise en fin d’album, comme pour boucler la boucle ? Est-ce une chanson qui vous a suivi tout au long du processus ? Et l’avez-vous d’ailleurs composé en tout premier ?

Le morceau-titre a été composé très tôt dans le processus et, à l’origine, les deux parties étaient assemblées en un seul long morceau. Mais une fois que nous avons envisagé l’album comme un voyage complet, l’idée nous est venue de l’encadrer, c’est-à-dire de commencer et de terminer par le même thème pour créer un sentiment d’achèvement. Cela nous a semblé juste et presque cinématographique. Comme si l’histoire commençait et se terminait au même endroit, mais que l’auditeur n’était plus la même personne.

– « Master Of Skies » est sans doute l’un des albums les plus sombres de THE QUILL. Pourtant, il y a toujours un aspect lumineux comme sur « Son Of Light », par exemple. On a presque l’impression que le travail sur les contrastes a été aussi important que sur les mélodies elles-mêmes. Est-ce le cas ?

Absolument. On a toujours adoré mélanger des riffs puissants avec des passages plus doux et lumineux. Beaucoup de groupes de Heavy Metal aujourd’hui enchaînent les riffs à un rythme effréné, et au bout de quelques morceaux, mes oreilles commencent à souffrir. Mais quand on intègre des passages plus légers, les parties puissantes ont un impact bien plus fort. Tout est une question de dynamique, d’ombre et de lumière. Comme dans la vie. On n’apprécierait pas son plat préféré si on devait le manger tous les jours, pas vrai ? (Sourires)

– La patte et le style de THE QUILL sont toujours très identifiables et son groove inimitable. Est-ce ce qui rend le groupe si intemporel, et êtes-vous d’ailleurs dans cette quête qui transcende les modes ?

Je le crois. Tous les quatre, nous avons une alchimie très particulière, une façon de jouer ensemble qui a quelque chose de presque magique. Et honnêtement, on essaie de ne pas trop l’analyser. On ne voudrait pas réveiller la magie et briser le charme par inadvertance. On fait ça depuis plus de 30 ans. Les modes sont allées et venues, l’industrie musicale s’est réinventée plusieurs fois, et la façon dont les gens écoutent de la musique a complètement changé. Mais nous sommes restés fidèles à nous-mêmes. On écrit avec le cœur, on joue ce qui nous semble juste et on a toujours fait les choses à notre façon. Pour paraphraser Sinatra : on l’a fait à notre manière. (Sourires)

– « Master Of The Skies » est un album puissant, qui montre beaucoup de caractère à travers toutes les ambiances qu’il traverse. Pensestu, comme moi, que THE QUILL est aujourd’hui à un sommet de sa carrière ?

THE QUILL se porte vraiment bien ces temps-ci, peut-être même mieux que depuis longtemps. On ressent une confiance et une sérénité au sein du groupe, fruits de trois décennies passées à faire les choses à notre façon, à traverser les modes et à toujours ressentir cette étincelle. Nous sommes créatifs, productifs et, surtout… nous prenons du plaisir. Ça peut paraître simple, mais après tant d’années, c’est vraiment le secret. Nous sommes toujours quatre personnes qui aimons jouer ensemble, à débattre juste ce qu’il faut pour que ça reste intéressant, à découvrir de nouvelles idées et à sentir que la musique a toujours autant d’importance. Il y a aussi un profond sentiment de gratitude : les gens s’intéressent encore à nous, nous écoutent encore, viennent encore à nos concerts. On ne tient plus ça pour acquis et on apprend à l’apprécier encore davantage avec l’âge.

– Enfin, j’aimerais avoir ton regard sur ces trois dernières décennies durant lesquelles l’industrie musicale a connu de gros bouleversements. L’adaptation est toujours en cours et l’IA commence aussi à émerger. Comment peut-on encore rester un acteur important dans ce climat ? Et la liberté va-t-elle venir de l’indépendance des artistes, ou certaines structures ont encore du poids, selon vous ?

Excellente question. Je pense que tout dépend de la raison pour laquelle on fait de la musique. Si votre objectif est de suivre les tendances, de dominer les classements et de vous conformer à la mode du moment, alors oui, l’IA représente une réelle menace. Elle peut imiter les tendances plus rapidement que n’importe quel humain. Mais si votre objectif est de créer une musique qui puise son inspiration dans des émotions humaines authentiques, alors je pense que le public en aura toujours besoin. Peut-être même plus aujourd’hui, alors que tant de choses autour de nous deviennent artificielles. L’authenticité comptera plus que jamais. De la vraie musique, créée par de vraies personnes pour de vrais auditeurs.

Le nouvel album de THE QUILL, « Master Of The Skies », est disponible chez Metalville.

Photos : Johan Gustavsson (1, 4)

Retrouvez aussi les chroniques de « Wheel Of Illusion » et « Earthrise » :

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Acoustic Rock

Seraina Telli : une simplicité passionnée

Depuis qu’elle mène sa carrière comme bon lui semble, l’artiste helvète va de surprise en surprise. Ayant délaissé le Metal pour un Rock plus mélodique, mais efficace et dynamique, SERAINA TELLI peaufine et approfondi son style. Avec « Black’n’White Sessions », ce sont d’autres nuances de ses deux productions, « Simple Talk » et « Addicted To Color », qu’elle parcourt plus sobrement, mais avec beaucoup de sincérité. Produit avec Rico Horber, ce double-album, où les invités se succèdent, est peut-être le plus abouti depuis ses débuts en solo.

SERAINA TELLI

« Black’n’White Sessions »

(Metalville Records)

Cinq ans plus tard, on en aurait presqu’oublié que SERAINA TELLI fut la frontwoman de Burning Witches, tant elle a réussi à imposer un style très personnel dans un registre plus Rock, mais toujours aussi solide. Resplendissante sur « Addicted To Color » l’année dernière, elle réapparait cette fois avec un troisième album assez spécial et très acoustique où l’on découvre une autre facette de la chanteuse et guitariste. En effet, elle a décidé d’offrir des versions épurées, et pleines d’énergie, de ses chansons.

« Black’n’White Sessions » est constitué des meilleurs morceaux de ses deux premières réalisations, 15 titres au total auxquels SERAINA TELLI a réservé un traitement plus intime. Et la Suissesse ne donne pas pour autant dans une ambiance feu-de-camp. S’accompagnant à la guitare et au piano avec quelques percussions sur certains titres, elle se montre d’une puissance étonnante et confirme, pour ceux qui en douteraient encore, qu’elle est une grande chanteuse. Et le deuxième CD en est d’ailleurs la preuve éclatante.

Car la seconde partie de « Black’n’White Sessions » présente plusieurs duos de haut vol, l’occasion à nouveau pour la multi-instrumentiste de laisser parler sa puissance vocale. Captivante avec Clementine Delaunay de Visions Of Atlantis, Anna Murphy (ex-Eluveitie, Cellar Darling) ou Lee Aaron, SERAINA TELLI joue aussi sur les contrastes avec Chris Boltendahl de Grave Digger, Britta Görtz et John Diva notamment. Très polyvalente, elle s’impose avec force et passion. Un très beau et très positif double-album.

Retrouvez le chronique de « Addicted To Color » :

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Rock Hard

Lee Aaron : under cover

C’est avec beaucoup de caractère et en restant elle-même que LEE AARON s’est essayée, avec talent et réussite, à l’exercice des reprises sur ce « Tattoo Me ». D’ailleurs, pour qui ne connaitrait pas les originaux, on pourrait presque penser un opus original tant elle est parvenu à imposer son style. Vocalement, elle passe d’un titre à l’autre en les faisant siens et on n’y voit que du feu. Toujours accompagnée de son groupe de longue date maintenant, elle se fait vraiment plaisir… et nous avec !

LEE AARON

« Tattoo Me »

(Metalville Records)

Malgré 18 albums à son actif et une récente intronisation au ‘Walk Of Fame’ canadien l’an dernier, LEE AARON ne s’était jamais prêtée au jeu de l’album de reprises. Et c’est en se remémorant la phrase de la grande Joni Mitchell, qui disait en substance : « Les chansons sont comme des tatouages », qu’elle a eu l’idée de rendre hommage à son tour aux artistes qui ont forgé son parcours et son identité musicale. La chanteuse s’est donc plongée dans ses souvenirs et a parcouru les disques des pionniers qui l’ont inspiré pour dresser une liste et ensuite enregistrer « Tattoo Me », tout en gardant sa patte et ce son qui lui est propre.

Assez éclectique dans l’ensemble, et forcément très Rock voire Hard Rock,  LEE AARON a eu la judicieuse idée de se distinguer des traditionnels disques de covers en reprenant des morceaux un peu moins connus, tout en traversant les décennies à travers un choix de 11 chansons parfois étonnant. Assez peu conventionnelle, la tracklist de l’artiste propose un large éventail passant d’Alice Cooper (« Is It My Body ») à Nina Simone (« The Pusher »), notamment. C’est chez elle et entourée de ses musiciens habituels que « Tattoo Me » a été produit par la frontwoman et mixé par Frank Gryner (Rob Zombie, Larkin Poe, Def Leppard).

Avec Sean Kelly (guitare), Dave Reimer (basse) et John Cody, LEE AARON semble littéralement s’épanouir sur des titres qui ne sont pas si souvent repris, hormis peut-être le « What Is And Should Never Be » de Led Zeppelin ou « Someone Saved My Life Tonight » d’Elton John. Et quel plaisir d’entendre sa version de « Go Your Own Way » de Fleetwood Mac ou « Even It Up » de Heart. On notera aussi « Tattoo » qui ouvre les festivités, dont l’original est de The 77s, ou encore « Hole » des Américains de Malibu et « Are You Gonna Be My Girl » des mythiques Australiens de Jet. Bravo, Madame !

Retrouvez les deux interviews de Lee Aaron accordées à Rock’n Force :

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Hard 70's Heavy Stoner Rock

The Quill : nouvelle odyssée

L’une des particularités de THE QUILL est de savoir proposer à chaque réalisation un Hard Rock hyper-Stoner qui fait aussitôt penser à un véritable travail de groupe. On sent ses membres tellement soudés que l’on s’éloigne des productions actuelles, où les compositions semblent plus tenir de la performance que de l’œuvre créative. « Wheel Of Illusion » est cru, mélodique, brut et non dépourvu de beaux arrangements. Et c’est cette unité entre les vétérans du Rock, qui transpirent sur chaque note et qui les distingue encore aujourd’hui.

THE QUILL

« Wheel Of Illusion »

(Metalville Records)

A l’aube de ses 30 ans de carrière, THE QUILL sort son dixième album et les Suédois se montrent toujours aussi solides et inspirés. « Wheel Of Illusion » fait suite au très bon « Earthrise », sorti il y a trois ans, et qui était terrassant à bien des égards. Le quatuor enfonce le clou, grâce à un Heavy Stoner Rock original. Si la base reste Hard Rock avec des teintes 70’s, le style de la formation nordique s’engouffre dans un registre qui dépasse les époques et les tendances en se distinguant brillamment, grâce à une originalité et un son qui la rendent immédiatement identifiable.

L’aspect rétro-futuriste encore à l’œuvre sur « Wheel Of Illusion » fait toujours plus l’effet d’une petite bombe que celui d’une madelaine de Proust. Inventif, le quatuor continue d’envoûter et d’assener ses compos avec force et vigueur. Au chant, Magnus Ekwall se montre impérial, capable d’autant de douceur que de force. THE QUILL puise justement son originalité dans ce contraste et cette dualité entre l’aspect planant d’un Stoner Psych et des accélérations très Metal. Solide, la rythmique donne le ton et Christian Carlsson distille ses riffs et ses solos avec une ferveur constante.

Poussé par une énergie folle, les Scandinaves poursuivent leur voyage musical mouvementé débuté en 1995 et, plus surprenant, parviennent sans mal à réinjecter autant de puissance que de dynamisme à un genre très maîtrisé, qui va puiser chez ses pionniers. Dès le morceau-titre en ouverture, THE QUILL affiche ses ambitions et se montre imparable sur « Elephant Head », « L.I.B.E.R. », « The Last Thing » avant l’ultime assaut « Wild Mustang », véritable pièce maîtresse de ce nouvel opus. Conquérant et accrocheur, « Wheel Of Illusion » recèle de quelques trésors et devrait enflammer les prochains concerts.    

Photo : Goran Markov

Retrouvez la chronique de « Earthrise » :

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Metal Progressif

The Progressive Souls Collective : no reset

Deuxième partie du concept amorcé et développé par la tête pensante du projet, Florian Zepf, pour THE PROGRESSIVE SOULS COLLECTIVE. Cette réunion autour du Metal Progressif démarrée il y a quatre ans a trouvé ses repères, son ton et une patte qui le rendent désormais identifiable. Formé autour d’un line-up changeant, hormis son frontman, le collectif présente la suite de « Sonic Birth » avec « Sonic Rebirth », une production exceptionnelle, riche et d’une fluidité de chaque instant qui la rend assez unique.

THE PROGRESSIVE SOULS COLLECTIVE

« Sonic Rebirth »

(Metalville Records)

Lorsque que j’avais interviewé Florian Zepf, guitariste, compositeur et maître d’œuvre de THE PROGRESSIVE SOULS COLLECTIVE en 2020 à la sortie de « Sonic Birth », il m’avait confié qu’il ne s’agissait nullement d’un groupe, mais d’un projet dédié à l’amour de la musique progressive. Et pour mener à bien cette aventure, il avait réuni un casting international de haut vol, qui s’était vraiment investi dans la création d’un album très abouti et moderne. Et grâce à un savant mélange d’éléments numériques et organiques, le résultat était assez bluffant de vérité.

Pour « Sonic Rebirth », l’Américain continue sur cette belle lancée et il est toujours aussi bien entouré. A commencer par le chanteur Vladimir Lalic (Organized Chaos) qui est devenu bien plus que la simple signature vocale du collectif. Sont venus grossir les rangs : Megan Burtt (Gingerbomb), Jamie Powell et Simen Børven (Leprous), Gerald Peter (Jordan Rudess), Tim Korycki (Tomorrow’s Eve), ainsi que des membres de Special Providence et des musiciens d’Eric Clapton, Joe Cocker… THE PROGRESSIVE SOULS COLLECTIVE a donc encore fière allure, tout comme l’ensemble de ce nouvel opus.    

Les deux réalisations s’inscrivent dans un même concept et l’on reprend là où en était « Sonic Birth ». Toujours aussi affiné et élégant, le Metal Progressif du combo brille par la technicité de ses membres, mais pas seulement. Les mélodies sont accrocheuses, les thèmes très bien développés et les compositions de Florian Zepf montrent d’étonnantes facettes dans leurs structures. Si l’on pense parfois à Pain Of Salvation ou Haken, THE PROGRESSIVE SOULS COLLECTIVE s’étend dans un style très personnel et dans des ambiances très variées. Une nouvelle réussite.  

Le créateur du projet : Florian Zepf
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Hard Blues International Melodic Rock Power Rock

Lee Aaron : d’une rare authenticité [Interview]

Revenue brillamment sur le devant de la scène il y a quelques années et saluée par son précédent album, « Radio On! », LEE AARON semble entamer avec un féroce appétit une seconde partie de carrière, qui lui va vraiment très bien. Avec « Elevate », la Canadienne persiste avec son groupe à livrer des chansons toujours aussi Rock et Hard avec ce soupçon si particulier et bluesy dans la voix. Une nouvelle fois, elle vient nous parler de son nouvel opus avec toute la fraîcheur et le côté direct qui la caractérise. 

Photo : Theresa Mitchell

– L’an dernier, lors de notre dernière interview, je t’avais trouvé particulièrement épanouie d’autant que « Radio On! » était un album très réussi. Quel accueil a-t-il reçu et a-t-il été au niveau de tes attentes ?

J’ai reçu d’excellentes critiques et il s’est très bien vendu, alors oui, je dirais que j’ai été comblée. J’étais très contente de cet album et de la qualité des chansons qui contient. Je pense que le groupe est devenu meilleur au niveau de l’écriture. Mais j’essaie de ne pas me fixer d’attentes particulière, parce qu’on ne peut pas faire de la musique en espérant plaire aux autres. Il faut d’abord se faire plaisir. Ensuite, on espère que d’autres l’aimeront aussi. Par exemple, notre album de Noël, « Almost Christmas », n’a pas reçu de critiques élogieuses de la part de la presse Metal, mais le single « It Doesn’t Often Snow At Christmas » a obtenu des dizaines de milliers de streams, donc les gens l’aiment et l’écoutent.

– « Elevate » arrive finalement assez rapidement, et il a été composé durant le confinement. Tu l’as vécu comme une façon de rompre avec l’isolement et peut-être aussi de transformer la situation en source d’inspiration ?

Absolument. Nous avons fait deux émissions pour « Radio On! », puis le monde s’est à nouveau arrêté. Je sentais qu’il était très important de garder le groupe connecté et créatif, alors j’ai décidé que nous devions faire un autre album tout de suite. « Elevate » a été écrit et enregistré entre l’été 2021 et le printemps 2022. C’est un projet qui a permis de garder tout le monde très concentré et positif.

Photo : Theresa Mitchell

– Depuis « Radio On! », tu fais preuve à travers tes morceaux d’une énergie incroyable et cela se traduit par des chansons extrêmement positives. C’est ta manière de travailler qui a changé, ou c’est un regard neuf sur ta démarche artistique ?

Comme je te le disais, je pense que le groupe a atteint un point idéal dans la composition des morceaux et la compréhension de chacun d’entre-vous. Nous avons tous des influences différentes que nous faisons fusionner pour qu’elles se fondent toutes pour créer notre ‘son’. C’est très Rock, c’est costaud et positif. Dave aime vraiment la Power-Pop, Sean aime les classiques des années 80 et j’aime tout de la Pop au Metal en passant par le Punk et le Blues. D’une manière ou d’une autre, tout finit par bien se mélanger et il en ressort du LEE AARON.

– D’ailleurs, et comme son nom l’indique, « Elevate » est une invitation à aller de l’avant dans sa vie et ses projets. Ton objectif était de délivrer un message positif et de transmettre ton côté très volontaire ?

Je ne suis pas sûr d’avoir commencé à écrire « Elevate » dans un ‘but’ précis. Cependant, il était difficile de ne pas être affecté par ce qui se passait dans le monde à l’époque. La pandémie, et le fait de ne plus pouvoir se voir en personne, semblaient faire ressortir le pire des gens en ligne. Les médias sociaux ont la capacité de diviser complètement les bonnes personnes et c’était difficile à regarder. Le thème général de l’album reflète cela, mais il y ajoute : « Hey, soyez intelligents et gentils les uns avec les autres ! »

– Sur « Elevate », on retrouve à nouveau ce côté très live et spontané. Vous enregistrez toujours tous les quatre ensembles ? Et il y aussi quelques arrangements de cordes très bien sentis…

Merci ! Oui, nous avons encore enregistré tous et en direct dans la même pièce aux Armory Studios de Vancouver. C’est notre manière préférée d’enregistrer. Je pense que le plaisir se traduit sur les morceaux quand vous pouvez tous être dans le même espace en train de rire ensemble. Et pour les cordes, j’ai fait tous les arrangements au synthé moi-même à la maison, et le violon (sur « Spitfire Woman ») a été joué et enregistré à Winnipeg par une merveilleuse violoniste nommée Karen Barg.

Photo : Theresa Mitchell

– Ce nouvel album garde toujours ce côté Rock très rafraîchissant et qui est devenu ta signature depuis « Fire And Gazoline » notamment. Finalement, c’est cet aspect brut et direct qui te convient le mieux, je trouve. On te sent en recherche d’efficacité tout en restant très spontanée. Tu ne te reconnais pas dans les grosses productions actuelles, souvent surfaites ?

Je crois que ‘moins’ se traduit par ‘plus’ en matière de production. Nous avons essayé de garder des choses très simples avec seulement deux pistes de guitare sur la plupart des chansons et tous les chœurs sont chantés par tout le groupe. J’ai appris au fil des ans qu’en ajoutant plus de choses, cela ne sonnait pas nécessairement plus gros. Cela rend simplement la production plus épaisse. L’une des choses merveilleuses à propos de mon groupe est que ce sont tous des musiciens fantastiques. Nous n’utilisons jamais de pistes d’accompagnement ou de clics en live et nous n’avons pas besoin d’ordinateurs pour faire un concert. Et je veux que les albums reflètent cela.

– J’aimerais aussi qu’on dise un mot au sujet de ta collaboration avec Mike Fraser. Il semble avoir vraiment saisi l’esprit de ton écriture et l’identité musicale du groupe. Comment se traduit son implication dans la production de l’album ?

Ce sont de très beaux compliments, merci. J’adore vraiment travailler avec Mike. Il est très talentueux et c’est un merveilleux ingénieur et mixeur, de classe mondiale et à tous les niveaux. J’ai produit l’album et géré la sélection finale des chansons et les arrangements qui, selon moi, étaient l’essence de ce que nous essayions de transmettre avec « Elevate ». Mike est un génie des sons de guitare organiques et de batterie. Et c’est là qu’il brille vraiment sur cet album. J’ai beaucoup appris en travaillant avec lui. De plus, c’est également une personne incroyable.

Photo : Theresa Mitchell

– Sur « Elevate », tu parles aussi des réseaux sociaux et de leurs dangers. Tu dis qu’il faut en éviter les pièges et je suis entièrement d’accord. Sans faire de leçons de morale, de quelle manière t’en préserves-tu, car on peut aussi en tirer bien des avantages ?

Je suis totalement coupable de passer trop de temps sur Internet comme tout le monde. Cependant, j’ai essayé d’être beaucoup plus consciente de la façon dont j’utilise les médias sociaux au cours des deux dernières années. Pendant le Covid, j’ai eu l’impression qu’il y avait un changement dans le comportement des gens en ligne. Sans interaction humaine et de responsabilité en face à face, les gens sont devenus assez méchants dans leur discours avec les autres. Il y a une polarisation effrayante qui se produit parce que ce que nous voyons que notre ‘flux’ et il est contrôlé par des analyses et des robots. Les gens ne voient vraiment que des informations qui correspondent à leur point de vue. Quand quelqu’un présente un avis différent, il se sent trahi ou choqué par celui-ci. Et la moitié du temps, les informations sont imposées, car il n’y a aucun contrôle en ligne pour empêcher les mensonges de devenir viraux. C’est un problème dangereux et omniprésent. J’espère que les gens prennent le temps de comprendre ce qui se passe, plutôt que de le perdre à faire défiler des vidéos Tik-Tok. Et puis, les médias sociaux peuvent également être mobilisés pour faire beaucoup de bien.

– Enfin, tu es venue jouer en France il y a peu de temps. Comment as-tu trouvé l’accueil du public, et quels souvenirs marquants en gardes-tu ? 

Nous adorons la France ! Le public était incroyable et mes moments préférés ont été de rencontrer les fans après le spectacle. Ils étaient tous si chaleureux et aimables. Beaucoup avaient attendu des années pour nous voir et nous avons vraiment pu partager leur enthousiasme. Les organisateurs du festival étaient de vrais amateurs de musique Hard Rock et leur mission était de faire venir des groupes dont ils étaient fans. Ce genre de passion est vraiment spécial et ce sont mes types de festivals préférés. Et nous avons pu visiter la maison d’enfance d’Arthur Rimbaud qui appartient à Patty Smith, donc c’était génial aussi !

Le nouvel album de LEE AARON, « Elevate », est disponible chez Metalville Records.

Retrouvez également la première interview donnée à Rock’n Force par la chanteuse canadienne :

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Hard Rock Heavy metal

Show-Ya : le Metal du levant

Si la scène Heavy Metal japonaise fait assez peu parler d’elle à l’international, il reste un groupe qui la porte à bout de bras depuis 1981. Hard Rock, Glam ou Heavy Metal, le quintet féminin SHOW-YA ne s’interdit rien et surtout ne baisse pas les bras. « Showdown » navigue entre mélodies accrocheuses et puissance avec une belle dextérité.

SHOW-YA

« Showdown »

(Metalville Records)

Depuis quatre décennies, 15 albums et deux Live, le quintet règne sans partage sur la scène Metal féminine japonaise. Après quelques soubresauts et plusieurs changements de line-up, SHOW-YA poursuit sa belle et longue carrière, toujours armé d’une fougue inébranlable et d’une sacrée envie d’en découdre, comme ce « Showdown » vient le confirmer.

Toujours guidé par sa frontwoman Keiko Terada, le groupe ne souffre pas du nombre des années et affiche toujours une belle énergie. 35 ans après son premier album (« Masquerade Show »), SHOW-YA rugit toujours et n’a pas hésité à hausser son niveau de jeu. Les filles se montrent tranchantes et incisives (« Eye To Eye », « Kiss In The Riot », « Rocks »).

Entre Hard Rock et Heavy Metal, les Nipponnes font preuve d’une redoutable efficacité et ont même le plaisir d’accueillir la chanteur allemande Doro pour un hymne à la féminité, « Heavy Metal Feminity », très relevé et fédérateur. Masterisé par Jacob Hansen, « Showdown » est un très bon album et vient confirmer la férocité des métalleuses de SHOW-YA. 

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Blues Rock Hard Rock Southern Rock

Grinder Blues : southern sensations

Muet depuis plus de dix ans avec King’s X, le bassiste et chanteur Doug Pinnick s’est de nouveau atteler à un deuxième album de GRINDER BLUES, laissé lui aussi en suspend depuis quelques années. Le Texan et la fratrie Bihlman (Jabo et Scot) livrent « El Dos », brûlant opus de Hard Rock Blues terriblement Southern.

GRINDER BLUES

« El Dos »

(Metalville Records)

Fondé en 2014 façon side-project, GRINDER BLUES n’aura sorti qu’un album éponyme cette même année et fait aujourd’hui son retour avec « El Dos » et une inspiration qui n’a pas quitté le trio. A la tête du groupe, on retrouve l’emblématique bassiste et chanteur de King’s X, Doug Pinnick, toujours aussi créatif, ainsi que Jabo Bihlman (guitare, chant) et Scot Bihlman (batterie, chant).

« El Dos » garde cette grosse dose d’adrénaline présente dès les débuts du power trio et s’engouffre dans un Hard Rock Blues très Southern, qui n’est pas sans rappeler l’album de Zakk Wylde avec Pride & Glory. L’ambiance très Blues et incandescente qui règne sur ce deuxième opus permet aux membres de GRINDER BLUES de laisser s’échapper une chaleur et une proximité rare.

Guidé par le groove imparable aussi subtil que puissant de Doug Pinnick, le trio montre de belles escapades Hard Rock sur fond d’un Southern Rock très marqué avec autant de légèreté que de puissance. De « Another Way Round » à « Gotta Get Me Some Of That » ou les très bons « Keep Away » et « Hand Of God », GRINDER BLUES apporte un souffle très actuel à un Hard Rock Blues qui sent bon le sud des Etats-Unis.

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Hard Rock International Rock

Lee Aaron : une fougue intacte [Interview]

Depuis son début de carrière tonitruant dans les années 80 avec une succession de hits incontournables, LEE AARON mène sa barque en étant devenue sa propre productrice et en effectuant avec « Radio On ! » un  remarquable retour à un Rock Hard mélodique percutant et entêtant. La Canadienne n’a rien perdu de sa fougue, bien au contraire, et parle sans détour de son amour du Rock, de son nouvel album et de la place des femmes dans ce milieu toujours très masculin.

– Depuis 2016 et l’album « Fire And Gazoline », tu es revenue au Rock de tes débuts dans lequel d’ailleurs ta voix prend une dimension incroyable. Et « Radio On ! » est lui aussi entièrement Rock. Finalement, on revient toujours à ses premières amours ?

Ah, ah ! Excellente question ! Je suppose que nous sommes tous enclins à vouloir retrouver nos premières amours. Quand nous écrivions les chansons de « Radio On ! », je voulais simplement capter cette énergie et ce sentiment que nous avions à l’adolescence quand nous étions si excités par les groupes que nous écoutions. Tout ce que nous voulions faire était de nous retrouver dans un garage et de jouer fort de la musique Rock pour nos amis. Nous n’essayions pas d’écrire des chansons à succès en soi, nous faisions juste de la musique que nous pensions être cool et qui faisait battre nos cœurs un peu plus vite. Je suppose que cela revient à la bonne vieille musique Rock’n’Roll pour nous. Nous sommes toujours de grands fans de la musique des autres. Je pense que cela nous motive pour continuer à créer.

– Avec ce nouvel album, tu reviens au Melodic Rock, voire au Hard Rock, qui a fait ton succès. Alors que le genre semble retrouver un regain d’intérêt, tu restes fidèle à ce que tu as toujours fait et cette authenticité est vraiment palpable. Te sens-tu détentrice d’un certain héritage musical ?

Je ne sais pas si héritage est le mot juste, mais j’ai toujours fait les albums que je voulais. J’ai exploré d’autres genres de musique (comme le Jazz, le Blues et même l’Opéra), mais je reviens toujours au Rock. Je pense que ces expériences musicales ont élargi ma réflexion et ma créativité pour faire de moi une meilleure chanteuse et une meilleure auteure-compositrice de Rock. Je pense qu’on retrouve les saveurs de ces différents styles dans ma musique et notamment sur « Radio On ! ». Pour ce qui est de faire des albums très mélodiques, je me suis toujours efforcée d’écrire des chansons avec des refrains qui restent dans la tête des gens et leur donnent envie de chanter. Pour moi, c’est la recette d’une bonne chanson.

– A l’écoute de « Radio On ! », on retrouve cette fougue et cette sincérité à travers  un Rock féminin pêchu et mélodique. Tu es d’ailleurs simplement accompagnée d’un groupe en formule guitare/basse/batterie très efficace. Tu souhaitais donner un son brut et direct à ce nouvel album ?

Je suis convaincu qu’en matière de production, plus c’est simple, mieux c’est. Si tu as perçu ce son comme brut et direct, c’est exactement ce que nous espérions ! Je préfère retirer des choses plutôt que d’en ajouter. Si une chanson se tient sur une instrumentation de base avec juste une voix, alors c’est un travail solide. À l’ère de la technologie numérique, il n’est même plus nécessaire pour les artistes de bien jouer de leur instrument. Tout peut être mis en boucle, édité, collé et corrigé. Je suis toujours dans cette idée ‘Old School’ selon laquelle les musiciens obtiennent de meilleurs sons quand ils jouent ensemble et en direct.

– Depuis tes débuts, tu es l’une des rares représentantes féminines dans le milieu du Rock et même du Hard Rock mélodique. Comment expliques-tu la situation actuelle et comment est-ce que tu penses que cela pourrait éventuellement changer ?

Être une femme dans le milieu du Rock a toujours été difficile et ça l’est toujours. J’ai maintenant le cuir épais face à la critique. Il y a toujours un journaliste ou un critique musical, qui veut vous réduire à votre « apparence » et rejeter votre talent et votre dur travail. J’en suis à mon 17ème album maintenant, donc évidemment, j’ai une éthique de travail féroce depuis des années. Nous sommes toujours moins nombreuses que nos homologues masculins, et cela ne compense pas notre sous-représentation sur les scènes des festivals et dans l’industrie musicale. Les hommes dirigent encore majoritairement le business et on voit assez rarement des groupes féminins avoir les mêmes cachets ou être en tête d’affiche des festivals Rock. L’ensemble du mouvement #MeToo a braqué les projecteurs sur certains promoteurs pour prendre conscience du fait que les femmes ont besoin d’être représentées plus équitablement dans les festivals. En 1984, à 21 ans, quand j’ai écrit la chanson « Metal Queen », je pensais que les femmes méritaient le respect et l’égalité totale dans le Hard Rock. C’était tout l’intérêt de la chanson, mais ce message a été complètement perdu dans le marketing sexiste des années 80. Les fans masculins pensaient que je m’autoproclamais comme leur propre déesse du sexe en Metal, ce qui était exactement le contraire. C’est pourquoi, pendant un certain temps, j’ai refusé de la chanter. Ce n’est que maintenant – 37 ans plus tard – que les journalistes m’interrogent sur la véritable signification de ces paroles.

– Sur « Radio On ! », tu abordes de nombreux sujets assez sensibles et personnels. C’est l’époque qui veut ça ou c’est un désir plus profond qui t’anime depuis plus longtemps ?

J’écris toujours sur ce que j’ai dans le cœur et à l’esprit à un moment précis. J’avais beaucoup pensé à la mort, ayant perdu ma mère en 2017, ainsi que beaucoup d’amis musiciens et chanteurs au cours des cinq ou six dernières années. Devenir parent de deux enfants a également changé ma façon de voir le monde. Parfois, je me retrouve tellement en colère contre la stupidité et la politique, le mépris de l’environnement et la façon dont nous nous restons si passifs face à l’impact des réseaux sociaux et des fake news. Cette colère me procure aussi de quoi écrire beaucoup de chansons ! (Rires)

– Même si Mick Fraser a travaillé sur le mix de « Radio On ! », c’est déjà le sixième album que tu produis. C’est important pour toi d’être à chaque étape du processus ?

Absolument ! J’ai mon propre label, Big Sister Records, et à travers je gère le studio, les ingénieurs, le mastering, le mix, les photographes, l’équipe de conception artistique et vidéo, etc… et je dirige chaque partie des albums jusqu’à leur finition. Ainsi, que ce soit un succès commercial ou non, je suis à chaque fois satisfaite du résultat. J’ai appelé Mike Fraser et je lui ai demandé s’il voulait mixer l’album (les morceaux étaient déjà terminés à 100%), et il a été vraiment excité à l’idée de travailler avec nous. Je me sens très chanceuse d’avoir pu travailler avec Mike et j’ai beaucoup appris à ses côtés… même s’il hésite encore à dévoiler certains de ses « secrets de mixage »… ! (Rires)

– En tant que chanteuse, tu n’as jamais été tentée de monter un groupe entièrement féminin, par exemple, comme cela se fait toujours régulièrement ?

C’est une excellente question. La réponse est pourtant non. Mais il y a tellement de grandes musiciennes avec qui j’ai pu travailler. La claviériste de mon groupe à la fin des années 90 était une femme, qui a également joué du Jazz avec moi pendant plusieurs années. Cela m’intéresse de travailler avec des musiciens qui sont les meilleurs et ils ne sont pas faciles à trouver. J’ai travaillé avec beaucoup d’hommes qui ne correspondaient pas non plus à mon groupe. En ce moment, j’ai un groupe fantastique de gars talentueux avec qui j’aime écrire et enregistrer. Nous avons ensemble une alchimie musicale assez redoutable. Alors, pourquoi est-ce que j’en changerais ?

– Les concerts reprennent petit à petit. Comment vas-tu constituer ta set-list entre anciens et nouveaux morceaux ? Cela ne doit pas être si évident avec autant de titres incontournables, si ?

Mon set se compose de beaucoup de nouvelles chansons. Parfois, j’ai du mal à intégrer tout ce que nous voulons jouer et ce que le public veut entendre. Mes fans apprécient vraiment le fait que j’enregistre toujours et demandent à entendre les nouveaux morceaux. Bien sûr, je vais toujours inclure les classiques comme « Whatcha Do To My Body », « Hands On », « Barely Holdin’ On », « Some Girls Do », « Metal Queen », , etc… Je change les chansons en fonction de l’endroit dans le monde où je joue, parce que certains pays ont leurs titres préférés qui sont très populaires. Quand je vois la joie qu’apportent ces vieux morceaux aux gens, c’est vraiment incroyable. Cela les ramène à une période plus jeune de leur vie et leur rappelle de bons souvenirs. Mais la plus belle chose de voir des jeunes qui ont été élevés par leurs parents en écoutant notre musique. Quand ta musique dépasse plus d’une génération, c’est la plus grande récompense.

L’album de LEE AARON, « Radio On ! », sera disponible 23 juillet sur Metalville Records.

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Metal Progressif Rock

Poverty’s No Crime : le vertige des sommets

Réellement investi et impliqué dans sa musique, POVERTY’S NO CRIME est de ces groupes qui prend son temps pour livrer de bons et beaux albums. Et « A Secret To Hide » ne faillit pas à la règle que suit assidûment le quintet allemand. Une fois encore, le groupe s’amuse avec le Progressif, qu’il soit Rock ou Metal, avec une brillante fluidité.

POVERTY’S NO CRIME

« A Secret To Hide »

(Metalville Records)

En 30 ans de carrière, POVERTY’S NO CRIME s’est forgé une solide réputation et ce huitième album vient confirmer l’assise du groupe dans un registre parfaitement maîtrisé. Si seulement cinq ans séparent «  A Secret To Hide » de « Spiral Of Fear » (ce qui est assez court pour le groupe), les Allemands livrent un très bon opus où se mêlent Rock et Metal Progressif. Suite à une tournée couronnée de succès avec Psychotic Waltz, le quintet est toujours aussi explosif.

Depuis ses débuts, POVERTY’S NO CRIME passe du Rock au Metal Progressif avec un savoir-faire et une créativité qui ont forgé son style si personnel et identifiable. D’une liberté sans faille, les Allemands font la jonction entre les époques avec des passages instrumentaux accrocheurs et aussi rentre-dedans qu’aériens. Avec Volker Walsemann (guitare, chant) en pleine forme, « A Secret To Hide » recèle de détails et d’arrangements tout en finesse et très soignés.     

La particularité de ce nouvel album réside aussi dans le fait qu’aucun membre du groupe ne s’est rencontré durant la phase d’écriture. POVERTY’S NO CRIME s’en amuse aujourd’hui expliquant que cela les a même poussé dans ses retranchements. Résultat, un mur du son infranchissable, une rythmique impressionnante et un frontman qui régale de facilité (« Hollow Phrases », « In The Shade », « Schizophrenic », « Grey To Green », « Within The Veil »). Un grand album !