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Extrême

Affect : le groove chevillé au core

Dans une belle agitation, AFFECT refait parler de lui avec quatre nouveaux titres aussi costauds que fédérateurs. Le troisième EP des Nantais vient confirmer toute la maîtrise et la créativité du combo GrooveCore. Le quatuor tabasse tout en restant mélodique et montre une fraîcheur dont on espère maintenant se délecter sur un album complet.

AFFECT

« Panem Extended »

(Independant)

Troisième EP donc pour les bouillonnants Nantais d’AFFECT qui, avec « Panem Extended », semblent jouer les prolongations de « Panem Et Circenses » sorti en mars 2019. Et si l’intention est louable, elle est aussi très bonne car ces quatre nouveaux titres (et un interlude) montrent que le quatuor n’a pas baissé en régime, loin de là, et maintient brillamment la cadence.

Mélange de Metal moderne et d’un HardCore nouvelle génération, le combo propose un GrooveCore qui porte bien son nom et qui lui colle parfaitement. La fougue et l’énergie sont là, et les gros riffs entêtants sont aussi racés que mélodiques (« Free And Disobediant »). Si le flow rappelle RATM, AFFECT est solidement ancré dans la tradition HardCore.

Revendicatifs et percutants, les Nantais ne manquent pas d’explosivité, bien aidé par une rythmique basse/batterie pied au plancher (« Burn »). Bien produit et bénéficiant d’un bon mix, « Panem Extended » aurait bien mérité une petite rallonge. Le choix de ce genre de format est en l’occurrence assez frustrant, tant AFFECT mène sa barque avec brio (« Boogie Woogie »).

Bandcamp : https://affect1.bandcamp.com/

Soutenez le groupe dans sa campagne de crowdfunding :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/affect

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Heavy metal Progressif

Amon Sethis : un concept-album pharaonique

Très orchestré et épique, ce nouvel opus des Grenoblois d’AMON SETHIS se montre à la hauteur de l’histoire pharaonique qu’il embrasse pour la troisième fois. Spécialiste des concept-albums, le sextet livre un Metal Progressif et Symphonique flirtant avec le Power. Les Français ont vu et réalisé les choses en grand.

AMON SETHIS

« Part 0 : The Queen With Golden Hair »

(Independant)

Passionné par l’Egypte ancienne et surtout la septième dynastie des pharaons, Julien Tournoud (chant) met toute son énergie et sa créativité depuis 2007 au profit d’AMON SETHIS, entité métallique basée à Grenoble. Après un EP et deux concept-albums, le groupe livre un troisième volet qui se trouve pourtant être le prequel des deux autres dans la chronologie.

« Part 0 : The Queen With Golden Hair » plonge donc dans la genèse des précédents opus. AMON SETHIS déploie toujours un Metal Progressif très symphonique aux fulgurances Power, qui offrent une belle profondeur à l’ensemble. Très narratif, ce nouvel album montre beaucoup de puissance et des arrangements très soignés aux saveurs orientales bien sûr.

Très bien produites, les 15 plages sont très orchestrées sans être trop chargées et laissent place à des morceaux explosifs (« The Rise of Aoutef’s Army », « Mask of Wrath »). Sur ces compositions variées, AMON SETYHIS semble s’être aguerri depuis que le groupe a partagé la scène de Myrath, Vanden Plas ou Caligula’s Horse, et livre de beaux titres (« From Dust to the Stars »).

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Stoner/Desert

Qilin : une puissance chimérique

Installé entre Yawning Man et Yob, QILIN s’est frayé un chemin à travers un Stoner multiple et varié. Entre explosions sonores Sludge et Doom et des moments plus psychédéliques quasi-méditatifs, le quatuor parisien livre avec « Petrichor », un premier album abouti et ravageur.

QILIN

« Petrichor »

(Independant)

Tirant son nom d’une créature de la mythologique chinoise, QILIN allie le geste à la parole en proposant une musique très polymorphe autour d’un Stoner qui s’alimente de Sludge, de Doom et de passages très Psych. Insaisissables et puissants, les six titres de ce premier album des Parisiens sont d’une maîtrise totale, preuve en est qu’on se laisse prendre dès « Through The fire » sans mal.

Fidèle à une certaine tradition du registre Psych notamment, excepté le bouillonnant « Labyrinth », tous les morceaux de « Petrichor » affichent entre six et dix minutes… largement le temps de s’installer confortablement et de prendre en pleine face l’énergie et la lourdeur des riffs et des rythmiques de QILIN. Entièrement instrumental (en dehors de la p’tite blague de « Cold Pine Highway »), ce premier effort séduit à bien des égards.

Si beaucoup ont tendance à profiter de compositions assez longues pour faire dans la démonstration, le quatuor a, quant à lui, choisi l’efficacité pour installer son Stoner (« Sun Strokes The Wall », « Myrmidon’s Big Jam »). Multipliant les changements de rythmes et passant de passages violents très Sludge à des envolées planantes et presque Blues, QILIN fait preuve de générosité et d’une belle variété.   

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Extrême

Riddlebreak : dompter la bête

Brisant les stéréotypes, RIDDLEBREAK livre un DeathCore Progressif capable de passages très violents et carrément aériens et presque suspendus. Cette force créatrice, le sextet en a fait sa marque de fabrique et « Architeutis » se révèle aussi inattendu que provoquant et surtout particulièrement bien ficelé.

RIDDLEBREAK

« Architeutis »

(Independant)

Deuxième méfait pour les Sud-africains de RIDDLEBREAK après « Collapsar » sorti en 2016, le groupe revient avec un EP de quatre titres tendus et mélodiques. Le sextet explore cette fois les monstres visibles ou pas qui peuplent notre quotidien et sont l’objet de l’incompréhension de tous. Vaste programme ! Toujours aussi radical, le combo a affûté son DeathCore Progressif pour franchir des frontières musicales originales et pertinentes.

« Architeutis » fait la part belle à la technicité des membres de RIDDLEBREAK, véritable petite tribu où les extrêmes semblent cohabiter dans une belle harmonie. Ainsi, c’est tout naturellement que le violon de Laura Atkinson trouve sa place au côté de la fureur vocale de Jade Osner, qui se balade entre growl, scream et autres variations épileptiques (« The Hog », « A Momentary Brightness »).

Puissant, millimétré et ultra-tranchant, RIDDLEBREAK joue sur les mélodies en s’appuyant sur les riffs massifs de Julian Vosloo et Gareth Reed (« Allegiant » et le très atmosphérique  « Eyes OF The World Ender »). Percutant et racé, ce nouvel EP bascule entre une vigueur obstinée et des passages très Progressifs, passant par un nombre incalculable de sensations. Brut et à toute épreuve.    

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Blues

Folsom : d’une profondeur transgressive

La singularité du Blues de FOLSOM vient certainement de la cohésion et de la complicité à l’œuvre entre les musiciens. Très Southern dans l’esprit, « Bonzaï » fait autant de pousses dans le Rock que dans l’Americana avec une légèreté apparente, que le quatuor aime venir balayer à grands coups de riffs puissants et épais. Un Blues-Core à la française.

FOLSOM

« Bonzaï »

(Independant)

Une bonne odeur de souffre émane de ce nouvel EP de FOLSOM. Les Parisiens ont posé six titres très Southern, passant du Blues au Rock et du Funk à la Country avec la même envie. Un large panel qui fait du Heavy Blues du quatuor un savoureux et langoureux mélange très brut, impertinent, un brin déjanté voire irrévérencieux. Autant le dire tout de suite : un régal de bout en bout, et bien trop court.

Si le nom de FOLSOM renvoie inévitablement à Johnny Cash et son légendaire concert dans la prison de la ville, c’est aussi qu’on n’est si loin de l’esprit subversif de l’homme en noir. Très roots et soigné dans le son, le combo ouvre les festivités avec le fiévreux « Son Of A Gun » avant que le morceau-titre vienne tout bousculer d’un riff acéré et costaud. Le rythme s’accélère encore un  peu plus tard avec le très bon « Free ».

Non sans humour, le quatuor livre un « Hot Dog » à température, très sudiste et épicé. Et alors qu’on s’attend à du musclé, FOLSDOM se fait funky sur « Get My Money »… enfin jusqu’au refrain qui vient dévaster la légèreté ambiante. Enfin, le bonus track, en quelque sorte, surgit avec le très Country et Americana « Covid 19 », joli pied de nez à cette époque trouble et triste. La classe !

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Hard Rock

Hunted By Elephants : la chaleur du son organique

Pourtant très américain dans son approche musicale, HUNTED BY ELEPHANTS est originaire de Londres et le quatuor distille un Hard Rock très 70’s inventif et pertinent. « Carry On », le deuxième album des britanniques est aussi varié que convaincant.

HUNTED BY ELEPHANTS

« Carry On »

(Independant)

Décidemment, le revival du Hard Rock 70’s bat son plein. Cela dit, tant que c’est bon, aucune raison de s’en plaindre. Et c’est précisément le cas avec ce deuxième album de HUNTED BY ELEPHANTS. Loin d’être poussiéreux, le style du quatuor britannique apporte une certaine modernité au genre, à l’instar de Rival Sons ou Greta Van Fleet.

Après un bon « Rise Of The Elephant » il y a moins de deux ans, le groupe signe un nouvel album aux riffs imparables, au groove subtil et aux lignes vocale captivantes. Les nouveaux morceaux de HUNTED BY ELEPHANTS baignent dans la chaleur du son analogique et l’enregistrement en condition live offre une énergie saisissante à « Carry On ».

Très sabbathien sur « Let Me Be », les Londoniens impressionnent grâce à de belles guitares rappelant Thin Lizzy dans leur côté organique. HUNTED BY ELEPHANTS varie aussi les plaisirs sur l’acoustique « The Weapon », les puissants « Keep On Giving Me Loving », « Take Me Away » ou le bluesy « Believe In Something ». Le quatuor livre une prestation authentique et sincère.

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Stoner/Desert

Grandma’s Ashes : Une élégante férocité

A la fois plein d’humour et d’une noirceur très présente, ce premier EP de GRANDMA’S ASHES dévoile un trio féminin dont l’élégance et la sensualité des compositions font mouche sur un Stoner Rock consistant, aérien et aux mélodies terriblement accrocheuses. Très moderne dans sa structure, la musique des Françaises est séduisante à plus d’un titre.    

GRANDMA’S ASHES

« The Fates »

(Independant)

La première chose qui vient sauter aux oreilles à l’écoute de ce très bon premier EP de GRANDMA’S ASHES, c’est que les trois musiciennes ont certainement du passer beaucoup, beaucoup de temps sur scène tant « The Fates » sonne live et laisse transparaitre une honnêteté pleine d’énergie et une sincérité évidente. De prime abord assez épurées, les compos révèlent un songwriting affûté et abouti.

La sensualité du trio féminin se manifeste dès « A.A. », grâce à la voix aérienne et toute en nuance d’Eva portée par ses riffs entêtants. Que ce soit la basse très groovy et ronde de Myriam ou la frappe solide et précise d’Edith, chacune mène GRANDMA’S ASHES vers un Stoner Rock élégant (« Radish Cure », « Daddy Issues »). Et les mélodies redoutables du trio survolent des rythmiques lourdes et massives.

Mêlant très habillement une certaine douceur avec une sauvagerie toute contenue (« Song For Fiona », le groupe montre une technicité et une maîtrise à toute épreuve. Le travail effectué sur les voix, où elles sont parfois trois, est remarquablement mis en valeur par une production aussi brute que claire. GRANDMA’S ASHES signe avec « The Fates » un premier effort très réussi et complet… et même peut-être un peu court !   

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International Stoner/Desert

Ikitan : le son des pierres

Suffisamment originale pour être remarquée, la démarche du trio italien IKITAN sur son premier EP est une réussite totale. Son Stoner Psych Rock rayonne sur un seul et même morceau, « Twenty-Twenty », dont les solides fondations permettent aux Transalpins de belles évasions sonores. Rencontre avec des musiciens libres et décomplexés…

– Avant de parler de « Twenty-Twenty », j’aimerais que vous nous présentiez le groupe en quelques mots…

IKITAN est un un trio instrumental de Gênes en Italie, et nous jouons un genre qui peut être défini comme du post-Rock lourd avec une pincée de Stoner et de Progressif. Le groupe est né en septembre 2019, et est composé de Luca Nash Nasciuti (guitares), Frik Et (basse) et Enrico Meloni (batterie). Notre nom vient d’une source non-certifiée trouvée par Luca sur le Net un peu par hasard. Ca signifie « Le Dieu du son provenant des pierres ». Il a vraiment adoré et c’est une source d’inspiration depuis, et il sonne parfaitement pour le groupe. Depuis, nous avons appris que cette signification n’existait pas… Mais cela n’a plus vraiment d’importance. IKITAN est le Dieu du son des pierres, point final. (Rires)

– « Twenty-Twenty » est votre premier EP. Pourquoi avez-vous décidé de ne proposer qu’un seul morceau, même s’il dure 20 minutes ? Et rassurez-moi, vous en avez d’autres dans votre répertoire ?

Nous avons commencé à jouer dès notre première rencontre début octobre 2019. Et certains riffs de « Twenty-Twenty » proviennent même de ces jams ! Nous enregistrons toujours ce que nous jouons, car chaque note est importante et peut devenir une chanson à part entière. Les erreurs sont particulièrement cruciales et peuvent parfois mener à quelque chose de complètement nouveau. En ce qui concerne le morceau, au printemps 2020, nous avions suffisamment de matériel pour sortir trois chansons différentes. Mais compte tenu de la situation causée par le Covid, nous nous sommes dit que c’était une chance de mettre le mot fin à cette première partie de l’histoire du groupe. Et comme personne ne savait ce qui allait se passer par la suite, nous avons voulu inscrire ce moment sur CD. Au final, la chanson dure 20 minutes et 20 secondes. L’album est intitulé « Twenty-Twenty » et il est sorti le vendredi 20 novembre 2020. Ca fait beaucoup de 20 ! (Rires)

Pour rendre le projet encore plus spécial et aller au bout de notre effort, nous l’avons sorti sous forme de digipack en édition limitée avec une affiche et un autocollant. L’ensemble a été réalisé par Luca Marcenaro qui a fait un travail formidable. Et puis, nous ne nous soucions pas beaucoup de tout ce qui est commercial ou adapté pour la radio. Mais nous avons pris les choses au sérieux en décidant de nous en tenir à nos premières intentions.

Nous voulions faire quelque chose d’unique, nous différencier dans cet océan de groupes et faire nos débuts avec cette chanson difficile à approcher, mais totalement écoutable, et c’est sûrement la chose dont les gens se souviendront d’IKITAN ! De plus, nous sommes de grands fans du post-Rock et de Progressif, où si votre chanson ne dure pas au moins 10 minutes… vous n’êtes vraiment personne ! (Rires) L’idée vient aussi de là.

Et bien sûr que nous avons plus de chansons ! Beaucoup de riffs sympas ont dû être laissés de côté quand nous nous sommes concentrés sur cette idée de 20 minutes 20 secondes. Ils trouveront donc leur place dans de futures versions.

– Ce qui ressort d’IKITAN est ce très fort esprit Jam qui règne dans le groupe. Ca vient votre façon de composer ? D’être complètement libre ?

Jammer est une chose très naturelle pour nous. Nous avons tous eu beaucoup de groupes dans nos vies, et il y a toujours eu cette approche dans l’apprentissage d’une chanson. De fait, la phase de composition est totalement libre et axée sur le jam. Quand nous entrons en  répétition, aucun de nous n’offre de chansons complètes ou d’idées définitives aux autres. Nous laissons toujours la musique nous guider et l’improvisation joue donc un rôle-clé. Et puis, nous nous amusons beaucoup. (Rires)

N’oublions pas, quand on parle de liberté, que nous sommes un groupe instrumental. Ne pas avoir de chanteur nous donne une totale latitude dans l’approche intro-couplet-refrain. Nous avons donc une belle opportunité, avec IKITAN, d’expérimenter et de rassembler une large gamme de styles. Ce qui est cool, c’est que nous avons appris à nous écouter attentivement. De cette façon, nous parvenons à avoir un son cohérent.

Nous partageons aussi l’amour de certains groupes, le plus important étant probablement Tool. Mais à part cela, nous avons des antécédents variés et tout cela se mélange dans un mix un peu dingue de post-Rock, de Progressif, de Metal, de Stoner et de Desert Rock. C’est tout ce que nous aimons et nous essayons de varier notre musique le plus possible.

– Sur « Twenty-Twenty », vous alternez les ambiances passant d’un Stoner Psych à des moments plus Heavy et presque Desert Rock. Ce morceau était aussi l’occasion de montrer toutes les facettes d’IKITAN ?

Cet album n’a pas été construit avec la ferme intention de mettre en valeur la variété de ce que nous jouons, certainement pas. Il se trouve que nous jouons de cette manière, car nous avons un fond artistique commun. « Twenty-Twenty » peut être considéré en trois chapitres que nous avons voulu simplement assembler en une chanson. Nous visons à être aussi différents dans nos futurs morceaux. Il n’y a pas de limite.

Sans prétention, nous aimons que notre musique ait du caractère, et soit même surprenante si possible. Nous voulons créer des paysages et des voyages sonores. Parfois ça vient du post-Rock, d’autres fois c’est plus Progressif ou alors totalement Stoner… En gardant cet esprit de liberté, nous pourrions avoir des chansons plus courtes ou même avec des voix à l’avenir… qui sait ! (Rires)

– Depuis quelques temps maintenant, l’Italie occupe une place de choix en ce qui concerne le Stoner en général avec de très bons groupes et labels. Qu’en pensez-vous et quel regard portez-vous sur cette scène émergeante et même très installée ?

L’Italie a en effet une scène Stoner formidable et dynamique. Ce que vous pouvez voir de l’étranger n’est que la pointe émergée de l’iceberg. En Italie même, certaines choses sont de véritables joyaux cachés. Beaucoup de groupes sympas sont autoproduits, donc ils ne sont pas couverts par les médias grand public, ou même par des blogs ou des sites Web gérés par des fans.

Nous sommes de Gênes et ici la scène Stoner et Rock (sans parler d’autres scènes comme celle du Prog qui est également très active) compte d’excellents groupes, tels que Isaak, CRTVTR, Stalker, Burn the Ocean, Kurt Russhell, NAAT et beaucoup d’autres. Rassurez-vous, l’Underground est incandescent par ici !

« Twenty-Twenty » d’IKITAN est disponible en édition limitée (200 copies) sur Bandcamp : https://linktr.ee/ikitan

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Extrême

Heavy & Doom !

Oser se plonger dans un album aussi audacieux en cette période compliquée est tout à l’honneur des Français de STRUGGLEHEAD. Bénéficiant d’un bon mix et d’une production à la hauteur, le trio Thrash Metal s’est donné les moyens d’offrir un premier album abouti, varié et costaud. Une bien belle surprise !

STRUGGLEHEAD

« When Silence Fades »

(Independant)

L’aventure de ce jeune trio venu du sud-est de l’hexagone a démarré en 2015 avec la ferme intention de proposer un Thrash teinté de Heavy sans concession. Quelques années plus tard, le combo pose la dernière touche à ce premier album, « When Silence Fades ». Entièrement (et plutôt bien !) autoproduit, STRUGGLEHEAD semble voir trouvé ses marques dans un registre loin d’être figé.

Si les influences, dans le son comme dans les compos, vous viennent de la Bay Area, c’est avec un premier opus bien ficelé et original que le groupe se présente. « Jack, Oh Jack » donne le ton de manière très concluante. Et en marge de quelques fulgurances inhérentes au style, STRUGGLEHEAD profite d’un son massif pour côtoyer des sphères très Doom franchement bien vues (« Silicosis », « Invidualial Mind »).

Nerveux (« Iron Will »), le trio nous embraque dans un périple dans lequel l’efficacité rencontre des côtés plus expérimentaux aux rythmiques lourdes et aux atmosphères très travaillées, et où l’on retrouve quelques sons bien disséminés (« Under A Mask », « Bathophobia »). Ce premier album semble avoir été mûrement réfléchi et la maturité des morceaux vient confirmer le fort potentiel de STRUGGLEHEAD.

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Hard Rock Rock

French Power Rock

Avec « Invasion », MISS AMERICA vient jeter un sacré pavé dans la marre du Rock français. Les 12 titres costauds, plein d’émotion et un brin bluesy du quatuor affichent une belle solidité et une inspiration de chaque instant. Un premier album véritablement accompli.

MISS AMERICA

« Invasion »

(Independant/PIAS France)

Comme is le dissent eux-mêmes, les Azuréens ont fait une Spinal Tap ! Après des mois de travail, MISS AMERICA avait prévu (et ils l’ont fait !) de sortir leur premier album « Invasion » le 13 mars dernier. Sauf que… on connait la suite. Qu’à cela ne tienne, ce nouvel opus est bel et bien sorti et il vient solidement poser une belle pierre à l’édifice du Rock hexagonal. Et au-delà d’une interprétation exemplaire, le groupe offre de belles surprises.

Dans un registre très anglo-saxon et dans la langue de Shakespeare, MISS AMERICA distille un Rock massif qui empreinte autant aux Rolling Stones qu’à Led Zeppelin et avec une touche très singulière. Musclé sur « Sextasy », « Just Push Play », « Don’t Take It Bad » et « Pocket Riot », le quatuor joue sur les émotions avec « Sometimes » dans la veine d’un Joe Cocker vocalement, ou sur le très Country et Southern « Song For Ronnie Hawkings ».

Et chose remarquable, le groupe joue aussi la carte de la parité avec la solide rythmique féminine composée d’Anso Ambroisine (basse) et Laëza Massa (batterie). Dimitri Walas (guiatre) et Tommy Roves (guitare, chant, harmonica) guident l’ensemble à grand renforts de riffs efficaces et plein de feeling (« Fame Seeker », « Stadium », « Another Day »). Aussi lumineuse que puissante, la production d’ « Invasion » hisse MISS AMERICA au rang des groupes sur lesquels il va falloir compter dorénavant.