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Doom Metal Heavy metal International

Cirith Ungol : la noirceur comme prophétie [Interview]

Il y a 54 ans aujourd’hui, un groupe hors-norme voyait le jour sur la côte californienne, au nord de Los Angeles. Loin du ‘California Sound’ alors en vogue, c’est un Heavy Metal soigné, percutant et ténébreux qu’avait alors élaboré le quintet. Sous l’influence directe de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, dont il tire son nom, il dénote de la scène locale et même plus largement du registre Metal d’alors. Pionniers et précurseurs du mouvement Doom, les Américains sont aussi opté pour ce style épique, dont il a aussi fait sa marque de fabrique. Certes, CIRITH UNGOL a fait des émules, notamment du côté de la NWOBHM, mais sans trouver encore actuellement de réel successeur. Après plus de cinq décennies d’activité, avec un break de 23 ans tout de même, cela fait plus d’une décennie que le groupe est revenu sur le devant de la scène et cette renaissance a donné d’incroyables albums. « All The Shadows » est son septième et peut-être même le plus abouti d’entre-eux. Captivant et sombre, il joue sur une intemporalité qui se fond désormais dans l’actualité. Membre fondateur, le batteur Robert Garven revient sur cette magnifique épopée et l’univers de ce combo si particulier et légendaire.

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on revienne un instant sur le « Live At Roxy » sorti l’an dernier. Quelles sensations aviez-vous ressenti 40 ans après avoir foulé ses mêmes planches pour la première fois ? L’émotion était-elle toujours présente ?

C’était incroyable ! J’y ai vu beaucoup de mes groupes préférés au fil des ans, et ça a fait ressurgir plein de bons souvenirs ! J’étais stupéfait de la qualité de l’enregistrement audio, car enregistrer un concert peut parfois être un vrai défi. Je suis très critique envers mes performances, mais je pense avoir bien joué ce soir-là, et ce concert restera gravé dans les annales ! (Sourires)

– D’ailleurs, vous aviez joué (sur le premier CD) l’intégralité de votre dernier album en date, « Dark Parade ». Peu de groupes le font encore aujourd’hui. En quoi était-ce important pour vous ? Est-ce dû justement au fait que vous faites assez peu de concerts ?

Nous ne l’avions jamais fait auparavant, et je suis ravi que nous l’ayons fait. Quand j’étais jeune, de nombreux groupes de la première heure jouaient l’intégralité de leur nouvel album en concert, comme Montrose, Judas Priest et Captain Beyond. Pouvoir reproduire cela a toujours été un rêve pour moi. Bien sûr, certains de ces groupes n’avaient sorti qu’un seul album à l’époque où je les ai vus, c’était donc facile pour eux ! (Sourires) Nous prévoyons de le refaire pour ce nouvel album, une fois à Los Angeles en février et une autre au festival ‘Up the Hammers’ à Athènes en mars prochain !

– Depuis ses débuts, CIRITH UNGOL n’a jamais caché l’influence de J.R.R. Tolkien et du « Seigneur des Anneaux » sur son univers musical. Depuis, des films et des séries ont été réalisés ces dernières années sur cette vaste œuvre. Est-ce qu’à un moment donné, vous vous êtes dits que votre musique ferait une bonne bande originale ? Et auriez-vous aimé participer, de près ou de loin, à l’une de ses aventures cinématographiques ?

Bien sûr, on y a tous pensé à l’époque, mais je crois que la musique qui correspond le mieux à ces sagas épiques était, et est, probablement le style acoustique médiéval qu’elles ont utilisé. La plupart de ces histoires ne mentionnaient pas l’électricité, alors adieu les guitares électriques ! (Rires) Bien que notre nom soit tiré du « Seigneur des Anneaux » de J.R.R. Tolkien, et que nos pochettes d’album représentent Elric de Meliniboné, le champion éternel de Michael Moorcock, la vérité est que ces œuvres littéraires et artistiques incroyables nous ont profondément influencés, mais n’ont jamais été destinées à nous définir en tant que groupe, ni à travers notre musique. C’était simplement une imagerie à laquelle nous nous sentions très attachés.

– Vous sortez « All The Shadows » trois ans après « Dark Parade », ce qui est assez rapide pour CIRITH UNGOL. D’ailleurs, depuis 2020, vos sorties sont plus régulières. Comment expliques-tu ce regain d’inspiration, car on ne peut pas dire que vous soyez très contraints par l’industrie musicale depuis vos débuts ?

A nos débuts, nous étions constamment à la recherche de financements, car nos deux premiers albums étaient autofinancés. Ensuite, d’autres problèmes, parfois indépendants de notre volonté, retardaient sans cesse leur sortie. Ironie du sort, à peine un album sorti, le suivant était déjà composé et prêt à être enregistré, mais nous étions constamment retardés par tous les facteurs évoqués précédemment. De plus, même une fois la musique composée, il faut encore l’enregistrer, la produire, la fabriquer et la distribuer, ce qui prend un temps considérable, généralement environ un an. Il faut donc en tenir compte. Depuis notre reformation, nous nous sommes davantage concentrés sur la finalisation de ces projets et nous avons eu la chance de trouver des maisons de disques prêtes à les distribuer, ce qui nous a énormément aidés.

– D’ailleurs, vous avez quitté Metal Blade Records pour No Remorse Records. Est-ce un désir de renouer justement avec un milieu plus underground, dont vous êtes un représentant de marque et qui vous correspond peut-être mieux ?

Ce n’est pas tout à fait vrai, car tout notre catalogue est toujours chez Metal Blade Records, avec qui nous entretenons d’excellentes relations. Pour la petite histoire, Chris de No Remorse Records est un grand fan de notre groupe. Il m’a contacté cinq ans avant même notre reformation pour savoir si nous comptions nous reformer un jour, ou sortir de nouveaux morceaux, et s’il pouvait faire quelque chose pour nous. Il a créé un label exceptionnel en Grèce, et No Remorse Records compte parmi ses artistes des groupes de Metal épique similaires. Nous avons donc pensé que c’était l’occasion idéale de collaborer avec lui !

– Chez CIRITH UNGOL, il est toujours question de sagas et « All The Shadows » est un nouveau chapitre dans votre discographie. Justement, qu’est-ce qui guide ces aventures ? La narration ou la musique ? Composez-vous vos chansons en fonction des textes et de leurs atmosphères ?

Je ne peux pas te dévoiler notre recette secrète, sinon tout le monde composerait des morceaux comme CIRITH UNGOL ! (Rires) Mais ces chansons ont été écrites selon cette même recette, qui a traversé les âges. Nous les forgeons comme un maître forgeron crée une épée de guerre héroïque. Il ajoute les alliages adéquats pour la rendre solide et authentique, puis martèle ces éléments de métal en fusion pour lui donner force et caractère, avant de la tremper dans le sang des impies ! Une fois la forge achevée, nos cœurs sont noircis et nos âmes brûlées ! (Sourires)

Le groupe a toujours eu une double personnalité avec des chansons sur le thème de l’épée et de la sorcellerie, comme « Frost & Fire », et une facette Doom très sombre et lugubre, à l’instar de « Death of the Sun », « Forever Black » et « Dark Parade ». Depuis la reformation du groupe, le monde semble avoir sombré dans le chaos. Notre musique est le reflet du monde qui nous entoure, alors quand vous tendez un miroir au monde, le reflet que vous voyez est notre son funeste !

– De fait, chaque album de CIRITH UNGOL est un concept en lui-même. Cette fois, il est question d’un futur dystopique qui, finalement, fait aussi écho à notre époque. Est-ce qu’en fin de compte, c’est l’intemporalité du groupe et de sa musique qui rattrapent le présent ?

Nos derniers projets étaient empreints de noirceur, et Tim (Baker, chant – NDR) a une vision bien précise de la genèse des paroles. Voici ce qu’il en dit  : « All The Shadows » est la dernière étape du voyage tortueux qui définit CIRITH UNGOL. Des récits de cœurs noircis et de rêves brisés. Des échos de folie, de corruption, de péché, de visions démentes et d’horreur indicible. L’avenir dystopique de l’humanité mis à nu… La saga continue de notre descente sans fin dans les ténèbres. « All The Shadows » est l’aboutissement de tous nos efforts, entamés avec notre renaissance il y a plus de dix ans. Toutes les chansons qu’il contient sont les ombres de ces mêmes prophéties funestes, devenues la sinistre marque de fabrique de CIRITH UNGOL ».

– Enfin, comme toujours, « All The Shadows » a été enregistré chez vous à Ventura en Californie et la pochette est signée Michael Whelan. Malgré cette fidélité artistique, qu’est-ce qui fait de ce nouvel album l’un des plus aboutis de votre carrière ? Tout n’est pas uniquement question d’expérience, si ?

Bien sûr, tout est subjectif, et chacun a son propre point de vue. Mais pour ma part, je trouve cet album absolument incroyable. Pendant sa création, la musique nous est venue naturellement, comme si c’était une évidence ! Je crois à l’amélioration continue et j’ai le sentiment que chacun de nos albums est un pas en avant par rapport au précédent. C’est vrai que « Dark Parade » était vraiment excellent, alors le surpasser était un défi de taille, et je pense que nous l’avons relevé… (Sourires)

Le nouvel album de CIRITH UNGOL, « All The Shadows », est disponible chez No Remorse Records.

Photos : Nicolas Bremm (1) et Leandro Cherutti (2).

Retrouvez aussi les chroniques du « Live At Roxy » et de « Dark Parade » :

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Hard'n Heavy Heavy metal

Scarblade : une griffe tranchante

Une décennie après leur premier opus, les Suédois reviennent renforcés et plus expérimentés aussi sur la scène Heavy européenne, ainsi que sur un nouveau label. Forcément, leur jeu s’est affiné et ils se montrent également très inspirés. Avec « Guardians Of Time », SCARBLADE remet les pendules à l’heure et même s’il reste toujours ancré dans un registre Old School et underground, il est plus affûté que jamais, grâce également à une frontwoman au chant clair et puissant.

SCARBLADE

« Guardians of Time »

(Wormholedeath Records)

Ce qu’il y a d’exceptionnel avec le Heavy Metal dans ce qu’il a de plus traditionnel, c’est qu’on n’est pas prêt d’en faire le tour. Avec beaucoup de passion et de cœur à l’ouvrage, la formation de Göteborg a bâti le sien avec sincérité et énergie. Depuis une dizaine d’années et un premier album, « The Cosmic Wrath » en 2016, SCARBLADE a surtout tenté de stabiliser un line-up changeant. Récemment, il a sorti quatre morceaux en 2023 et 2024, ainsi « Guardians Of Time » marque le retour en force du combo, couronné par une signature chez Wormholedeath Records.

Toujours mené par sa chanteuse Aliki Kostopoulou, le quintet enregistre aussi le renfort du guitariste Josip Markovic en remplacement de Mathias Helgesson, qui continue cependant à travailler avec ses anciens partenaires. Et le tableau ne saurait être complet sans le claviériste Johan Karl Bernspång, le batteur Viktor Erik Gustaf et le bassiste Jorge Arturo Alfaro Randel. SCARBLADE est donc en ordre de marche et ce deuxième opus est particulièrement convaincant. Classique, mais contemporain, le style est à la fois incisif et mélodique.

Situé quelque part entre Rainbow, version Dio, et Rites To Ruin pour ce qui est plus proche de nous, les Scandinaves parviennent à créer un élan original entre riffs tranchants, claviers savamment distillés et des parties vocales solides et déterminées. Très 80’s sur « Craving Heart », « Alive » et le morceau-titre, SCARBLADE sort les crocs sur le Power/Symphonique « Judas The Serpent » et se fait plus narratif sur « Damnation » et le mid-tempo « A Sign Of Heaven ». Aguerri et créatif, le quintet confirme ses ambitions et postule à s’installer durablement.

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Heavy metal Metal Progressif Old School

Crystal Throne : une épopée futuriste

Pour sa deuxième réalisation, la formation de l’Est de la France se projette dans un lointain futur pour une épopée assez sombre, qui atteste de sa vigueur et de sa détermination à installer son empreinte dans le paysage Metal hexagonal. Toujours autoproduit, CRYSTAL THRONE cerne parfaitement son univers entre un Heavy Metal délicatement Old School, des trajectoires progressives et des accélérations fritant avec le Power Metal. Les riffs tranchants et les solos épiques, la rythmique polymorphe et un frontman solide font de « Chantry Of Sacrifice » un opus très convaincant.

CRYSTAL THRONE

« Chantry Of Sacrifice »

(Independant)

Créé à l’aube des années 2020 par le guitariste et Youtuber Max Waynn et le chanteur Terry DeFire, CRYSTAL THRONE était apparu avec un premier album éponyme, où il avait posé les fondations de son style. Résolument Heavy Metal et ancré dans une veine très 80’s, le groupe n’a pas l’intention de venir grossir les rangs d’une scène dédiée à la NWOBHM, même si certains détails ne trompent pas. C’est, en effet, plutôt la fibre progressive et un élan proche du Power Metal qui sont les plus marquants chez les Français, qui misent d’abord sur l’originalité de leurs compositions.

Peu de temps après la sortie de « Crystal Throne », le batteur Will Ram et le guitariste John L. ont rejoint la formation messine et cela se ressent sur « Chantry Of Sacrifice ». Plus mature dans l’écriture, tout comme dans le jeu qui a gagné en efficacité, ce deuxième effort montre également plus de relief et de profondeur dans la production. CRYSTAL THRONE présente un nouveau visage et son identité musicale, elle aussi, s’affine franchement. L’évolution est manifeste et la longueur des titres n’y est pas étrangère, loin de là.

Le quintet ne manque pas non plus d’audace, puisque c’est avec un album-concept qu’il fait son retour. Et celui-ci est composé de neuf morceaux pour une heure d’un Heavy Prog soigné. Autant dire que le combo prend le temps de poser les ambiances et l’atmosphère générale. CRYSTAL THRONE nous propulse en l’an 5150 (un chiffre qui ne doit sûrement rien au hasard) pour suivre la destinée de Hyldr et sa quête de vérité. Dans un ensemble racé aux éclats aériens, on notera la dualité féminine et masculine du chant sur « Antagonist ». Une belle immersion.

Retrouvez la chronique du premier album :

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Heavy metal Power metal

Ibridoma : foudroyant

Il ne faut pas très longtemps pour succomber au charme très latin du Heavy Metal d’IBRIDOMA. Chevronnés et rompus à la scène, les Transalpins font bien plus que de laisser parler leur expérience sur « Sangue Innocente ». Très libres dans leur approche du Heavy Metal, ils présentent leur septième effort et celui-ci est massif et véloce. Alternant l’anglais et sa langue natale, le groupe se distingue de bien des manière, et accueille même deux invités de choix à se joindre à lui, histoire d’élargir encore un peu plus le champ des possibles.

IBRIDOMA

« Sangue Innocente »

(Punishment 18 Records)

Fondé il y a 25 ans déjà par le chanteur Christian Bartolacci et le batteur Alessandro Morroni, IBRIDOMA poursuit sa route et sort son septième album, qui s’épanouit dans un Heavy Metal mélodique aux fulgurances Power. Malgré quelques changements de guitaristes, le line-up est aujourd’hui stable et ce sont Marco Vitali et Lorenzo Castignani qui œuvrent de belle manière aux rythmiques et aux solos. Et de côté-là, « Sangue Innocente » est franchement bien pourvu et la dynamique de la production est à nouveau irréprochable et soignée.

Musicalement, le quintet évolue dans une tradition bien établie et héritée des années 80 et 90. Cela dit, IBRIDOMA s’inscrit parfaitement dans son temps, loin de toutes ambiances vintage. Bien au contraire, les Italiens se montrent incisifs et percutants et, grâce à des refrains accrocheurs, ne tardent pas à vraiment captiver. Il faut aussi préciser que leur frontman chante également dans sa langue maternelle, ce qui donne une belle musicalité à l’ensemble. Comme quoi, l’anglais n’est pas forcément la règle, même si quelques titres sont interprétés dans la langue de Shakespeare.

Ecrites par le poète Walter Olivetti, les chansons « Sangue Innocente », « Solo Freddo », « Occhi Vuoti » et « A.I. » donnent une saveur particulière à ce nouvel opus et renforcent son originalité. Autre particularité, les présences de Giacomo Voli (Rhapsody Of Fire) sur le morceau-titre et celle de la chanteuse de Therion, Chiara Malvestiti, sur « The Other Side » dans un registre plus symphonique, montrant toute la maîtrise et l’éclectisme d’IBRIDOMA. Solide et inspiré, le combo livre sa réalisation la plus aboutie et rayonne littéralement.

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Heavy metal Power metal

Pyroclast : imposant

Du côté de Glasgow, on forge le Metal le plus pur dans la grande tradition. Le Heavy de PYROCLAST est de ceux-là et il combine la branche anglaise avec une autre plus germanique pour n’en faire qu’une. Et si l’on n’est pas réellement dans le True Metal, on en est pas bien loin, tant l’authenticité de « Fractured State » dégage une vérité absolue. Sinueuse et véloce, cette nouvelle réalisation a tout d’une résurrection musicale, aussi virtuose que déterminée.

PYROCLAST

« Fractured State »

(Furious Music)

PYROCLAST fait partie de ces groupes qui font franchement plaisir à écouter. Un pied dans l’héritage Old School du genre et l’autre dans un Heavy très contemporain tirant sur le Power Metal, le compromis est parfait et la transition, autant que la jonction, entre les styles et les époques, très bien négociées. Et il n’y a pas que ça qui a été bien négocié par les Ecossais . En effet, ils ont œuvré sous le nom de Tantrum de 2014 à 2025 et sortis trois albums, dont « No Place For The Damned », réédité l’an dernier sous l’actuel patronyme.

Après l’EP « 2112 Days Of Christmas » essentiellement constitué de reprises (Thin Lizzy, Deep Purple, Iron Maiden, Rush et un titre original) sorti en décembre dernier, PYROCLAST est plus que jamais d’attaque pour poursuivre l’aventure. Avec « Fractured State », ses intentions sont claires : allier puissance et mélodie dans un élan imperturbable. Très direct, le combo se montre massif, très technique et tout en maîtrise de bout en bout. Le concentré d’énergie est réel sur les huit titres, par ailleurs très bien produits, et la dynamique est électrisante.

Histoire de mettre les choses au clair, c’est la morceau « Pyroclast » qui ouvre les hostilités et livre sans équivoque l’objectif des Britanniques sous leur nouvelle bannière. Racé et incisif, ce nouvel opus semble fonctionner à l’instinct et pourtant la précision des riffs est chirurgicale, les twin-guitares renvoient à la NWOBHM, les solos sont perçants, la rythmique est galopante et le chant de Mark Reid ne tremble pas un instant. PYROCLAST montre une belle assurance, bien aidé par une solide expérience (« Break The Tide », « Ozymandias », « Erebus And Terror »). Costaud !

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Metal Progressif Power metal

Novareign : earthquake in progress

Moins démonstratif que beaucoup de représentants du Prog Metal et moins pompeux aussi que la majorité de ceux du Power Metal, NOVAREIGN semble avoir trouvé l’équilibre en seulement deux albums. Le combo de Los Angeles continue pourtant d’expérimenter et de surfer sur un belle dynamique sans perdre de vue le Heavy Metal, qui reste la source de son style. Avec « Shifting The Axis Of The World », c’est avec un état d’esprit conquérant et beaucoup de maîtrise qu’il nous embarque dans un univers à la fois complexe et limpide.

NOVAREIGN

« Shifting The Axis Of The World »

(M-Theory Audio)

Huit ans après « Legends », un premier effort qui avait été salué par le public comme la critique, NOVAREIGN réapparaît enfin et avec plus d’ambition et d’audace encore. Plutôt axé sur un Prog Metal créatif que sur un Power Metal habituellement rébarbatif, le quatuor laisse libre court à son imagination… Et elle est débordante. Très technique et et véloce, « Shifting The Axis Of The World » est aussi le résultat d’années de travail, certes par intermittence, mais qui ont forgé de solides bases et permis au groupe de ne surtout pas freiner ses ardeurs.

Alors que la batteur Ulises Hernández œuvrait chez Judicator et Anubis, il a aussi intégré la formation. Un renfort de poids, d’autant qu’il connaît bien le guitariste Balmore Lemus, qui a joué ces dernières années avec Lunar, Dire Peril et… Judicator ! Et cette cohésion se ressent sur les nouveaux morceaux. NOVAREIGN est fortement armé pour se faire une place de choix sur la scène Metal. Au chant, David Marquez est imperturbable et puissant et Moises Galvez (basse) livre une véritable démonstration de force. L’art de percuter !

Sur des structures complexes et très changeantes, les Californiens ont opté pour des titres assez longs, ce qui leur laisse un bonne marge de manœuvre pour imposer des riffs acérés et des parties de guitare phénoménales sur des rythmiques aussi épiques que musclées. NOVAREIGN impose son jeu et sa patte et son Power Prog Metal prend une dimension que beaucoup vont lui envier. Les duels ne manquent pas, les envolées non plus et l’aspect atypique de l’approche instrumentale rend « Shifting The Axis Of The World » incontournable (« Ode To The Masses », « Sun &Moon », « Mors Indecepta », « Ironside »). Un bonne claque !

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Heavy metal Old School

Master Massive : Metal octopus

Très créatifs et percutants, les musiciens de MASTER MASSIVE mènent une espèce d’armada Heavy Metal, qui s’engouffre dans de très nombreux courants comme pour mieux établir une identité musicale plus forte. Avec « White Shadows », leur troisième album, les Scandinaves se montrent très techniques, mélodiques et véloces. Classique dans le fond, la forme quant à elle est pleine d’imprévus et prend bien soin d’éviter des clichés souvent incontournables. Inattendu et musclé, le jeu du combo sort des sentiers battus avec autant d’allant et de maîtrise que de finesse.

MASTER MASSIVE

« White Shadows »

(Fireflash Records)

Les Suédois ne donnent pas souvent de leurs nouvelles, alors si en plus elles sont bonnes, le plaisir n’en est que décuplé. Fondé en 1993 par le guitariste Janne Strandh, il aura pourtant fallu attendre 2015 pour que « The Pendulum » voit le jour, puis « Black Feathers On Their Graves », cinq ans plus tard. Autant dire que MASTER MASSIVE avance à un rythme de sénateur, mais avec la manière et la certitude de bien faire les choses et de délivrer de très belles surprises. Et sur « White Shadows », c’est notamment le line-up qui détonne.

Le groupe se présente avec trois chanteurs et affiche une phénoménale force de frappe, ainsi son Heavy Metal devient plus polymorphe encore. Tony Niva (ex-Lion’s Share, Zanity), Viktor Gustafsson (Lethal Steel) et Marcus Karlsson, qui faisait déjà partie de l’aventure, se complètent à merveille et ont surtout la particularité d’offrir un panel vocal plus que conséquent à MASTER MASSIVE. Aigus, massifs, agressifs ou rauques, les registres empruntés par le trio ne montrent pas la moindre faiblesse et l’ensemble est étincelant.

Si l’atmosphère est clairement Old School, le Heavy Metal du sextet est quant à lui beaucoup plus complexe. En ouvrant avec le morceau « Noah’s Cross » et ses onze minutes, le ton est donné et l’audace, dont fait preuve la formation, laisse supposer que la suite s’annonce étonnante… et elle l’est ! Entre Speed Metal, Power, Prog et Doom, MASTER MASSIVE ne s’interdit rien, fait une très belle synthèse et obtient un son et un style originaux (« Islands And Bells », « Blood On The Floor », « Silver Bullet » et le morceau-titre). Solide et virtuose !

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Heavy metal

Unchosen Ones : une profonde introspection

C’est avec beaucoup de caractère que les Hispaniques réapparaissent avec un nouvel effort plein de promesses. « Divine Power Flowing » est complet et distille un Heavy Metal qui ne vient pas révolutionner le genre, mais qui lui apporte beaucoup de fraîcheur. Plein de feeling sans être démonstratifs, les solos ponctuent des morceaux bien structurés et emmenés par des riffs entraînants. UNCHOSEN ONES peut paraître assez timoré de prime abord, mais il dévoile des arrangements très soignés et une assurance que l’on retrouve dans des mélodies raffinées.

UNCHOSEN ONES

« Divine Power Flowing »

(Blood Fire Death)

La scène espagnole se porte bien et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Et si la plupart des groupes choisissent l’autoproduction, c’est une autre preuve de leur indépendance et c’est plutôt bon signe, compte tenu de l’état de l’industrie musicale actuelle. Originaire de Vigo, UNCHOSEN ONES avait fait irruption il y a trois ans avec « Sorrow Turns To Dust » et avait marqué les esprits grâce à une qualité indéniable, autant dans son contenu que dans sa production. Un son clair, un Heavy Metal classique, mais soutenu, la démarche est aussi simple qu’efficace.

Avec « Divine Power Flowing », le quintet confirme ses ambitions et il faut dire qu’avec de tels musiciens, UNCHOSEN ONES possède de solides atouts. Expérimentés, ils ont composé un deuxième album solide et massif, au point de flirter à l’occasion avec le Power Metal de manière très subtile. Le niveau technique est irréprochable, l’inspiration aussi et l’équilibre de cette nouvelle réalisation est inébranlable. Le duo guitare/claviers offre de belles combinaisons, tout en se répondant sans jamais empiéter sur le territoire de l’autre. Une belle complémentarité.

Au chant, Javier Calderón est à la fois fédérateur et musclé. Son approche personnelle guide UNCHOSEN ONES avec classe. Particulièrement véloce et précise, la rythmique est très en place et provoque des élans costauds, qui mettent parfaitement en relief des titres accrocheurs (« Idols & Kings », « The Void », « Cursed Without A Cause », « Wirlwind Saw », « Bloodborne », « Midnight Mass », « Death And Deliverance »). Ce deuxième opus des Galiciens montre une montée en puissance significative marquée par une profondeur éclatante.

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Heavy metal Old School Power metal

Greyhawk : guerriers du Metal

Les Etats-Unis continuent leur renouveau au sein de la scène Heavy Metal et GREYHAWK commence à s’y faire une place de choix. Si le line-up a connu un changement majeur avec l’arrivée d’une nouvelle voix, la ligne directrice du combo n’a pas bougé. Elle s’est même affinée et cette nouvelle réalisation, si elle aborde les mêmes thématiques, reste vivifiante et solide. « Warriors Of Greyhawk » est accrocheur, élancé et techniquement irréprochable. Sans parler de mise à jour, les ambitions actuelles sont très claires.

GREYHAWK

« Warriors Of Greyhawk »

(Cruz Del Sur Records)

Seattle n’est pas vraiment réputée comme étant un bastion du Heavy Metal traditionnel, et pourtant GREYHAWK trace son chemin depuis dix ans maintenant. Pour son troisième album, auquel il faut ajouter deux EPs, le quintet monte au front et livre ses nouvelles batailles avec un nouveau chanteur. En lieu et place de Rev Taylor parti voguer vers d’autres cieux, c’est Anthony Corso qui prend les commandes et sa performances sur « Warriors Of Greyhawk » est plus que convaincante. Il n’a vraiment pas mis longtemps à s’adapter au registre de ses partenaires.

Très bien produit par Henrik Udd qui a su apporter de l’impact et de la vélocité aux morceaux du groupe, ce nouvel effort dénote un peu de l’esprit Old School initial, mais il a su conserver l’ADN du genre. L’univers de GREYHAWK est toujours basé sur celui de la Fantasy et l’atmosphère épique de « Warriors Of Greyhawk » a des saveurs héroïques. Bardé de riffs racés et de solos flirtant parfois avec le Neo-Classic, il déborde d’énergie et la fougueuse rythmique apporte le relief nécessaire à l’élaboration de ce bon Heavy Metal un brin Power.

Puissant et mélodique, ce nouvel opus ouvre de nouveaux horizons à un style estampillé vintage en lui offrant une continuité dans son approche moderne. Bien sûr, les influences de Dio, Chastain et même George Lynch, époque Dokken pour les guitares, sont présentes, mais GREYHAWK tire son épingle du jeu grâce, notamment, à son duo de six-cordistes, un frontman explosif et un songwriting efficace (« Endless Race », « Hyperspace », « Land Of Ashes », « Eternal Quest »). « Warriors Of Greyhawk » affiche beaucoup de force, tout en restant accessible.

Retrouvez la chronique de leur album précédent, « Thunderheart » :

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Heavy metal Old School

Wildhunt : une exploration profonde

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Autrichiens ont pris leur temps entre leurs deux longs formats. Depuis « Descending », sorti il y a une décennie maintenant, ils ont vécu quelques changements de line-up et ont surtout gagné en maturité et en sérénité dans leur jeu. Sur une base Heavy Metal un brin vintage, WILDHUNT ne mise pas systématiquement sur la vitesse malgré quelques éléments Thrash, en alternance avec d’autres plus progressifs, pour rendre ce « Aletheia » vraiment immersif et captivant. Original et inspiré.

WILDHUNT

« Aletheia »

(Jawbreaker Records)

Si certains jouent avec plus ou moins de bonheur sur une certaine intemporalité du genre, c’est-à-dire en affichant des influences du siècle passé, d’autres parviennent avec talent à leur fin. C’est le cas de WILDHUNT qui ressurgit après dix ans d’absence avec un deuxième album très réussi. Cela dit, le quatuor avait brillamment entretenu le suspens avec le single « Made Man » (2017 et présent ici) et un titre, « Terror Right below » (2019) sur un split album aux côtés d’autres groupes. Mais la suite se faisait attendre depuis « Descending ».

Les références au Thrash et au Power Metal originels (pas la soupe actuelle) sont toujours présentes chez WILDHUNT, mais c’est un Heavy Metal plus classique aux contours épiques qui domine. On retrouve sur « Aletheia » des ambiances qui renvoient à Manilla Road, Mekong Delta ou King Diamond. Quant au chant, il est sobre et efficace à l’instar d’un  Rob Halford à ses débuts. Le combo coche donc toutes les cases, d’autant que sa technicité ne se noie pas dans une démonstration qui pourrait vite devenir ennuyeuse.

Caractérisée par un travail remarquable de ses deux guitaristes notamment, la formation basée à Vienne présente des morceaux aux structures complexes avec de longues plages instrumentales, comme sur « Touching The Ground » entièrement instrumental, qui ouvre ce nouvel opus. WILDHUNT entretient l’intensité tout au long d’« Aletheia » avec beaucoup de nuances et de puissance. Accrocheur et mélodique, ce deuxième effort combine finesse et force (« The Holy Pale », « Sole Voyage » et le morceau-titre). Un modèle du genre.