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Blues

Slim Paul : docteur feelgood !

La musique de SLIM PAUL vient du cœur et s’en va directement toucher l’âme. Deuxième album pour le Toulousain dans sa nouvelle vie d’artiste après des années au sein de Scarecrow pendant plus d’une décennie. C’est dorénavant en trio avec des musiciens dont la complicité paraît tellement naturelle que le chanteur, guitariste et songwriter lance une invitation Blues très apaisante à travers ce « Good For You », dont la production est d’une justesse remarquable.

SLIM PAUL

« Good For You »

(Regarts/Old Pot Records/L’Autre Distribution)

En l’espace d’un album, « Dead Already » (2018), SLIM PAUL s’est forgé une belle réputation an arpentant les scènes de France, d’Europe et aussi d’Amérique du Nord. Autant dire qu’en si peu de temps, le musicien n’a pas beaucoup quitté sa guitare et n’a pas non plus lâché son micro. Cela dit, le Français n’est pas un nouveau venu, loin de là… car l’aventure a commencé il y a une quinzaine d’années.

C’est surtout avec son groupe déjà atypique, Scarecrow, qui mélangeait Blues et Hip-Hop, que SLIM PAUL s’est aguerri avant de s’envoler pour les Etats-Unis comme pour mieux s’imprégner de la musique qui lui colle à la peau : le Blues. C’est de cette expérience que va naître son premier album, qui voit arriver Jamo (batterie) et Manu Panier (basse), dorénavant compagnons de route.

En cette triste et longue période, « Good For You » tombe à pic et en plus de rendre le sourire apporte chaleur et réconfort. Electrique ou acoustique, Blues ou Gospel, Slide ou dobro, le Toulousain est lumineux (« When You Keep On Groovin », « Amazing you », « Tess And I »). Parfois plus sombre et féroce (« Bury Me Deep »), SLIM PAUL reste optimiste, sincère et plein d’humour (« Log Dog Blues »). Exaltant, endiablé et très touchant !

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Metal

LohArano : une fusion à la source intarissable

Madagascar, nouvelle terre de Fusion Metal ? Une chose est sûre, LOHARANO a tous les atouts en main pour faire découvrir la scène malgache. Entre riffs Metal massifs, basse hyper-groovy et batterie versatile, le trio tient plus qu’un concept : un style qui leur sort des tripes et qui perpétue une belle tradition.

LOHARANO

« LohArano »

(Libertalia Music)

Il se passe de très belles choses dans le petit monde du Metal à Madagascar, dont on ne parle pas assez. LOHARANO vient mettre en lumière, et de manière hautement décibélique, un bouillonnant vivier avec un premier EP éponyme très bien ficelé, qui laisse malgré tout un léger goût de trop peu. Entre gros riffs et tradition ancestrale, le trio livre quatre morceaux entre Metal et musique malgache dans de fortes et fraîches vibrations.

Cette première réalisation associe les rythmes locaux comme le tsapiki et le salegy avec une ferveur et une explosivité très Metal, rappelant au passage les belles formations des années 90/2000. LOHARANO assène avec force et conviction des textes forts invitant à une réflexion sur l’humain et ses racines, qui sont aussi les clefs de notre avenir comme le chante le combo, dont le nom signifie d’ailleurs ‘racine’.

Sur une rythmique au groove imparable, le trio montre une énorme intensité (« Fototra », « Tandroka »). Et malgré son jeune âge, la déjà très charismatique Mahalia Ravoajanahary, chanteuse et guitariste, mène le jeu avec un flow flamboyant dans la belle langue de l’île rouge (« LohArano », « Tempo »). LOHARANO fait des étincelles avec un style musclé, novateur et percutant. On attend l’album avec impatience.

Découvrez la musique de LOHARANO : https://wiseband.lnk.to/LohArano-LohArano

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Doom Extrême

1782 : de profundis clamavi

Est-il possible d’aller encore plus loin dans les atmosphères écrasantes et parfois presque claustrophobiques du Doom ? Le trio italien 1782 s’est certainement posé la question et s’est mis à l’ouvrage en un rien de temps. Résultat : « From The Graveyard » est un deuxième album tentaculaire et asphyxiant.

1782

« From The Graveyard »

(Heavy Psych Sounds Records)

1782 tire son nom de l’année de l’ultime procès en sorcellerie ayant eu lieu en Europe et qui vit Anna Göldi condamnée, torturée et assassinée. Autant dire que le trio sarde ne pouvait mieux planter le décor et laisser s’exprimer son Horror Occult Doom qui nous plonge dans les profondeurs abyssales de n’importe quel enfer ! Et pour plus de sensations, une écoute au casque s’impose.

Enregistré et produit par Alfredo Carboni chez lui en Sardaigne, le trio propose un son encore plus étouffant et chargé que ce qu’il avait proposé sur le très bon Volume 2 des « Doom Sessions » aux côtés d’Acid Mammoth. Cette fois, 1782 nous laisse à peine respirer pour s’enfoncer dans les ténèbres épaisses d’un Doom écrasant comme jamais. « From The Graveyard » porte bien son nom.

Marco Nieddu (guitare, chant), Gabriele Fancellu (batterie) et Francesco Pintore (basse) ont également fait appel à leur ami Nico Sechi (orgue Hammond) et à leur producteur (synthétiseurs) pour accentuer les atmosphères pesantes de ce deuxième album. La texture sonore du groupe prend une autre dimension dans laquelle 1782 a parfaitement trouvé ses marques (« Bloody Ritual », « Witch Death Cult », « Sleepless Malice »).

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Blues Rock

Nell : une solide corde sensible

Dans un univers électro-acoustique et sur des textes chantés dans la langue de Shakespeare, NELL trace son chemin de bien belle manière. Son Blues Rock aux accents Folk est aussi fédérateur qu’entraînant et sensible. Et l’authenticité de l’artiste se perçoit dès les premières notes de ce « The Pace Of Life » au songwriting très efficace.

NELL

« The Pace Of Life »

(Independant)

La voix est assurée, les mots sont forts et l’ensemble est aussi électrique qu’intimiste. Pour ce nouvel EP, et après un album en 2017 (« Not That Sleek »), NELL a décidé de prendre les choses en main et se livre avec force et intensité à travers cinq morceaux, aussi efficaces que mélodiques. « The Pace Of Life » s’écoute en boucle, à un point où l’on reste même un peu sur sa faim.

Songwriter, guitariste et chanteuse, NELL est très bien entourée par la solide rythmique composée de Nicolas Marsal (basse) et Etienne Lagarde (batterie), qui apporte coffre et relief aux compositions. Entre Blues Rock et Folk, les textes de la francilienne se veulent personnels et touchants (« Mom », « Figure It Out » où elle chante même en duo et en français).

Le côté Blues Rock aux riffs épais (« The Call Of Rythm », « I Forgot To Be Pretty ») laisse aussi place à la guitare acoustique et plus légère de NELL, qui offre une belle couleur à « The Pace Of Life ». Le temps d’un titre, le très bon « Six Years », la chanteuse s’engouffre dans un mid-tempo assez Pop rappelant agréablement le duo Dun Leia par sa douceur et son côté aérien. Très réussi et addictif.

EP disponible sur : www.nellsounds.com

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Extrême Metal

Cryptosis : sortir des stéréotypes

Les vrais amateurs de Thrash Metal connaissent déjà CRYPTOSIS sans le savoir et  sous un autre nom et dans un style quelque peu différent. En effet, le trio néerlandais revient sous une nouvelle identité avec un registre beaucoup plus technique et progressif qui le rend vraiment irrésistible. Une belle claque qui laisse des traces.

CRYPTOSIS

« Bionic Swarm »

(Century Media Records)

Distillator est mort, vive CRYPTOSIS ! Désireux de ne pas rester bloqué dans un univers Thrash Metal qui semblait les étouffer, le combo néerlandais a tué le père pour mieux ressusciter dans un registre où le trio a désormais toute la latitude pour s’exprimer et explorer des contrées métalliques qui vont du Technical au Progressif, tout en gardant son identité Thrash (« Game Of Souls »).

Fini le côté Old School et place à un style très actuel et résolument moderne, le groupe va de l’avant et à pleine vitesse. Sobrement orchestré sur certains morceaux, CRYPTOSIS a opté pour un Power Thrash Progressif qui bastonne (« Decipler », « Death Technology », « Conjuring The Egoist »). Très dense, ce premier album des Hollandais multiplie les assauts à grand renfort de riffs tranchants sur un chant assassin.

Très varié sans se disperser, « Bionic Swarm » dégage une belle puissance et des atmosphères souvent frénétiques et techniquement imparables (« Prospect Of Immortality », « Flux Divergence »). CRYPTOSIS fait les choses en grand en y mettant les formes et avec une belle fluidité. Pour leurs débuts sous ce nouveau nom, les Néerlandais frappent fort et massivement… et c’est audacieux et convaincant. 

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France Stoner/Desert

Appalooza : du far-west à la west coast [Interview]

Formé à la pointe du Finistère, c’est pourtant aux Etats-Unis qu’APPALOOZA est parti s’aguerrir, fort d’un Stoner Rock massif d’une efficacité granitique. Après deux tournées américaines où le trio breton a eu tout le temps de peaufiner son registre, c’est sur le label californien Ripple Music qu’il signe son deuxième album, « The Holy Of Holies ». Une belle récompense pour ses travailleurs acharnés, qui reviennent sur leur parcours.

– Vous avez commencé à Brest en 2012 et avez sorti deux démos durant les deux ans qui ont suivi. Jouer du Stoner Rock à cette époque-là était peu courant en Bretagne et plus largement en France. Comment APPALOOZA a-t-il pris son envol ?

Au départ, les compositions d’Appalooza n’évoluaient pas vraiment dans un registre Stoner/Desert Rock, mais plus dans un registre Rock Alternatif/Grunge des 90’s. Les influences Stoner sont arrivées naturellement avec son engouement et la multiplication des groupes du genre émergeant en Bretagne. Nous étions un peu les cadets de cette scène à l’époque. Nous nous sommes nourris de cette scène en partageant de nombreux plateaux avec Stonebirds, Jackhammer, JumpingJack, etc. Ça nous a beaucoup apporté dans notre parcours.

– S’en est suivi un premier album éponyme en 2018 après une première tournée américaine. Qu’est-ce qui vous avait poussé à prendre le large et traverser l’Atlantique ? Rares sont ceux qui franchissent le pas… 

C’était un rêve de gosse de pouvoir un jour s’envoler au pays de l’Oncle Sam. La culture, la musique, les paysages, l’état d’esprit… Combiner la musique avec les USA était un rêve fou qui nous paraissait inaccessible sur le papier. A un moment, on s’est regardé et on sait dit : « mais pourquoi ne pas juste le faire ? »

On s’est donné les moyens et avons tout fait pour organiser notre tournée là-bas. Nous avons donc réalisé un gros travail de mailing et avons contacté énormément de bars, cafés-concerts et salles pour nous produire. Suivant les disponibilités, il a souvent été possible de se greffer (parfois au dernier moment) à un plateau déjà existant ou même d’en créer un de A à Z. Nous sommes partis à l’aéroport pour acheter nos billets, nous ne pouvions plus faire machine arrière.

– Quels souvenirs gardez-vous de ces premiers concerts aux Etats-Unis, et quel accueil le public américain vous avait-il réservé ? Et en quoi la seconde série de concerts là-bas a-t-elle été différente ?

Epuisant, mais mémorable et à refaire sans hésiter. C’est un pays gigantesque, la distance entre chaque concert nous ne laissait, la plupart du temps, pas le choix de conduire que toute la nuit. Pour notre seconde tournée, nous avons eu la possibilité de nous introduire directement sur celle d’un groupe Texan, par le biais d’un contact américain. Celle-ci a été beaucoup plus intense, puisqu’elle est partie du Texas et a traversé de nombreux Etats tels que le Nouveau-Mexique, l’Arizona, la Californie, le Nevada, l’Utah, le Colorado, le Nebraska, le Missouri, l’Indiana et l’Ohio.

Le Rock et le Metal là-bas, c’est quelque chose de normal. Tout le monde connait les classiques. Il y a également énormément d’excellents musiciens et de groupes. Nous avons été impressionnés par le niveau global de ceux que nous avons pu rencontrer. Le souci est qu’au bout d’un moment, il y a comme une impression de saturation. Il est parfois compliqué de sortir du lot, tellement le niveau d’exigence est élevé. On se rappelle de l’un de nos concerts à El Paso (Texas), où un groupe du coin est venu ouvrir pour nous. Les gars sont arrivés encore en tenu de travail, se sont installés, ont balancé en 10 min, joué comme des dieux pendant 20 minutes et sont partis dans la foulée l’air de rien. Enorme !

Par conséquent, l’autre problème qui en résulte est la communication sur certains événements. Hélas, vu la fréquence à laquelle certains lieux organisent des concerts à la semaine, la communication de certains promoteurs laisse à désirer. Il y a des soirs où nous avions comme seul public, les autres groupes présents, et d’autres où au contraire nous faisions salle comble. Ce fut le cas lors d’un concert à Laredo (Texas), où des mexicains ont pris le risque de traverser la frontière pour venir nous découvrir.

L’an dernier…

– APPALOOZA est ensuite remarqué par le label californien Ripple Music qui possède un beau catalogue en matière de Stoner notamment. Comment s’est passée la rencontre ? Ca doit être assez flatteur de figurer aux côtés de tels artiste, non ?

C’est un immense honneur pour nous d’être aux côtés de tels groupes et de vivre cette aventure avec Ripple Music. Il nous a paru évident de bosser avec ce label que nous suivions déjà depuis longtemps. Et nous voulions qu’ils soient les premiers à poser l’oreille sur « The Holy Of Holies ».

– « The Holy Of Holies » vient de sortir et le public français peut enfin faire plus ample connaissance avec APPALOOZA. Vous affichez une production massive et de solides compositions. C’est assez rare en France d’avoir des influences, une inspiration et un son aussi marqué par les Etats-Unis…

La culture et la musique américaine est omniprésente chez nous. Nous avons été éduqués musicalement à coup de Bruce Springsteen, Neil Young, Dire Straits, Deep Purple et d’autres grâce à nos parents. Avec ces bases-là, nous avons développé notre culture musicale qui est donc très américanisée. La scène nord-ouest américaine nous a notamment beaucoup marqué avec des groupes comme Soundgarden, Screaming Trees, Alice In Chains, Pearl Jam,… Après les cousins de Kyuss, Fu Manchu, Master Of Reality se sont greffés à tout ça.

– Vous avez d’ailleurs enregistré ce deuxième album en Bretagne et à Montaigu pour le master. Vous teniez à ce qu’il soit réalisé ici ? C’est une sorte de gage de votre identité sonore ?

Le choix du studio s’est fait assez naturellement. Pour ce second opus, nous avons décidé de retravailler avec notre ami ingénieur son, Adrian Bernardi, avec qui nous avions déjà enregistré notre deux titres « Animalia/Hourglass » sorti en 2017. Il a eu l’occasion de travailler plusieurs fois au Studio Le Faune à côté de Rennes, là où nous avons donc enregistré « The Holy Of Holies ».

– « The Holy of Holies » est aussi un album-concept, puisque vous y faites une critique ironique de la religion à travers toute une histoire. Comment est née l’idée de ce scénario ?

« The Holy Of Holies » est en effet une vision ironique de la religion. Une tempête arrive et envoie l’humanité à une mort certaine. L’absence de Dieu sur terre renvoie les hommes seuls. Ils sont privés et punis par leur individualisme et apparaissent déjà morts. Ils acceptent et cherchent un nouvel être à vénérer et envoient à travers le désert tous leurs péchés sur un bouc émissaire pour trouver le démon Azazael, le Saint des Saints. Cet ange déchu prend possession de l’humanité. Il les réincarne en une demi-espèce d’homme mi-bête en transplantant un crâne de cheval, symbole d’une liberté perdue.

Les paroles traitent de sujets tels que le mensonge, l’incapacité d’aider une personne en détresse, l’exploitation de l’homme par l’homme, la déception que l’on peut avoir en général envers les gens, l’éternel questionnement par rapport à notre existence et à celle de l’univers. Il y a un double sens dans nos textes. C’est pourquoi « The Horse », la mascotte, le totem du groupe, représente à la fois la société, la peur, l’interrogation, c’est un fourre-tout. On le voit surtout dans une forme de bourreau qui vient nous punir, parce que comme tout être humain, nous sommes tous pécheurs.

– Enfin, j’imagine que vous devez être impatients de remonter sur scène pour présenter l’album. Par où aimeriez-vous commencer : la Bretagne ou les Etats-Unis ?

Plouguenast ou Denver, qu’importe l’endroit pourvu qu’on puisse vite remonter sur scène et partager notre musique avec le public. C’est clairement là que nous nous sentons le plus vivant.

Bandcamp : https://appalooza.bandcamp.com/album/the-holy-of-holies

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Blues

Bjørn Berge : en toute liberté

Connu et reconnu pour ses prestations époustouflantes en solo (allez voir!), BJØRN BERGE revient cette fois en trio avec un « Heavy Gauge » plein de groove et tout en feeling. Toujours aussi technique, le Norvégien livre un Blues dont lui seul a le secret. Le musicien est toujours aussi surprenant dans ses compositions et le son de sa guitare.

BJØRN BERGE

« Heavy Gauge »

(Independant)

Qu’elles aient six ou douze cordes, les guitares qui passent entre les mains de BJØRN BERGE laissent toujours exploser des sonorités et des mélodies irrésistibles. Techniquement hors-norme, le maître norvégien du picking et de la slide apporte une nouvelle et indispensable œuvre à sa belle et grande discographie. Et cette fois, le guitariste n’est pas venu seul.

Le Scandinave s’est particulièrement bien entouré pour livrer le digne successeur de « Who Else ? ». On retrouve à la basse Kjetikl Ulland et Kim Christer Hylland derrière les fûts. Et comme d’habitude, ce Blues venu du Nord ne manque pas de groove. BJØRN BERGE y glisse quelques touches Folk, jazzy et Rock bien sûr, le tout avec une déconcertante facilité.

Rugueux et suave à la fois, le guitariste excelle dans un Blues Rock qu’il maîtrise totalement (« The Wrangler Man ») sans négliger quelques fantaisies. Très technique, le songwriter se montre pourtant d’un feeling incroyable à travers des morceaux qui lui ressemblent tellement dans leur diversité (« I Got It Made », « Straydog », « Coliseum » et l’étonnant (« Rip Off »). Un grand bol d’air frais !

Bandcamp : https://bjornberge.bandcamp.com/

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Stoner/Desert

Hebi Katana : en quête d’identité

A travers un Stoner Doom varié, le trio japonais HEBI KATANA a articulé un premier album éponyme assez complet. Si l’intention est louable, le trio devra gommer encore un peu l’impact de ses influences sur ses morceaux et définir un style plus personnel. Mais les premiers pas sont encourageants.

HEBI KATANA

« Hebi Katana »

(Independant)

Si on connait surtout le Japon pour sa scène extrême et notamment Death Metal, de jeunes pousses s’essaient aussi au Stoner comme c’est le cas avec HEBI KATANA. Dans un registre plutôt Doom et Heavy, le trio basé à Tokyo sort son premier album en autoproduction, et il laisse entrevoir de bonnes dispositions.

Avec un esprit très sabbathien, HEBI KATANA livre huit titres et deux interludes instrumentales et acoustiques où le combo passe en revue ses nombreux et variées influences passant des 70’s aux 90’s l’espace d’un riff ou d’un break. Et si les Nippons ratissent si large, c’est aussi et sûrement pour faire état de leur éventail musical.

« Directions For Human Hearts », qui ouvre l’album, est probablement le morceau le plus expérimental de l’album. Ensuite, le proto-Doom laisse sa place à des titres qui vont jusqu’à puiser dans le Grunge et le Hard Rock (« Reptile Machine », « Struggle With A Lie »). HEBI KATANA doit encore affiner son style et se faire plus original, mais les bases sont bonnes.

Bandcamp : https://hebikatana.bandcamp.com/album/hebi-katana

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Extrême

Horskh : une énergie synthétique

Dans un univers très électronique arborant un chant brutal et des sonorités dans la veine des premiers Junkie XL ou de Prodigy, HORSKH présente un deuxième album peut-être plus adapté aux dance-floors qu’aux fosses des concerts (qui nous manquent tant !). Entre Metal Indus et Electro-Rock, le trio brouille un peu les pistes.

HORSKH

« Wire »

(Independant/Blood Blast Distribution)

Après deux EP et un premier album (« Gate » en 2017), le trio français fait son retour avec un deuxième opus en forme de coup de poing. Les 12 morceaux de « Wire » qui s’étalent sur une grosse demi-heure sont autant de beignes en pleine face. Fort d’une énergie omniprésente et directe, HORSKH assène ses titres dans une urgence presque épileptique rassemblant un grand nombre d’influences dans un maelstrom très compact.

Présenté comme un album de Metal Indus, j’avoue être un peu perplexe. En effet, il faut attendre « Trying More » pour distinguer les premiers sons de guitares, alors que le groupe compte deux six-cordistes. Certes, au niveau de la puissance affichée par HORSKH, ainsi que sur le chant, on est bel est bien dans le Metal et le côté Indus est lui aussi incontestable. Cependant, la mainmise des machines sur l’ensemble de « Wire » domine largement.

Du coup, on pense beaucoup à KMFDM, Treponem Pal, Ministry et d’autres, mais manque ce côté organique qui enflamme et libère. Très Electro de bout en bout, l’album pèche sans doute par un son très froid et synthétique… assez loin du Metal donc. Très produit, « Wire » révèle cependant des moments forts (« Mud In My Wheels », « Common Crimes », « Pull The Wire »). Alors, HORSKH : Metal Indus ou Electro-Rock ?    

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International Stoner/Desert

Ikitan : le son des pierres

Suffisamment originale pour être remarquée, la démarche du trio italien IKITAN sur son premier EP est une réussite totale. Son Stoner Psych Rock rayonne sur un seul et même morceau, « Twenty-Twenty », dont les solides fondations permettent aux Transalpins de belles évasions sonores. Rencontre avec des musiciens libres et décomplexés…

– Avant de parler de « Twenty-Twenty », j’aimerais que vous nous présentiez le groupe en quelques mots…

IKITAN est un un trio instrumental de Gênes en Italie, et nous jouons un genre qui peut être défini comme du post-Rock lourd avec une pincée de Stoner et de Progressif. Le groupe est né en septembre 2019, et est composé de Luca Nash Nasciuti (guitares), Frik Et (basse) et Enrico Meloni (batterie). Notre nom vient d’une source non-certifiée trouvée par Luca sur le Net un peu par hasard. Ca signifie « Le Dieu du son provenant des pierres ». Il a vraiment adoré et c’est une source d’inspiration depuis, et il sonne parfaitement pour le groupe. Depuis, nous avons appris que cette signification n’existait pas… Mais cela n’a plus vraiment d’importance. IKITAN est le Dieu du son des pierres, point final. (Rires)

– « Twenty-Twenty » est votre premier EP. Pourquoi avez-vous décidé de ne proposer qu’un seul morceau, même s’il dure 20 minutes ? Et rassurez-moi, vous en avez d’autres dans votre répertoire ?

Nous avons commencé à jouer dès notre première rencontre début octobre 2019. Et certains riffs de « Twenty-Twenty » proviennent même de ces jams ! Nous enregistrons toujours ce que nous jouons, car chaque note est importante et peut devenir une chanson à part entière. Les erreurs sont particulièrement cruciales et peuvent parfois mener à quelque chose de complètement nouveau. En ce qui concerne le morceau, au printemps 2020, nous avions suffisamment de matériel pour sortir trois chansons différentes. Mais compte tenu de la situation causée par le Covid, nous nous sommes dit que c’était une chance de mettre le mot fin à cette première partie de l’histoire du groupe. Et comme personne ne savait ce qui allait se passer par la suite, nous avons voulu inscrire ce moment sur CD. Au final, la chanson dure 20 minutes et 20 secondes. L’album est intitulé « Twenty-Twenty » et il est sorti le vendredi 20 novembre 2020. Ca fait beaucoup de 20 ! (Rires)

Pour rendre le projet encore plus spécial et aller au bout de notre effort, nous l’avons sorti sous forme de digipack en édition limitée avec une affiche et un autocollant. L’ensemble a été réalisé par Luca Marcenaro qui a fait un travail formidable. Et puis, nous ne nous soucions pas beaucoup de tout ce qui est commercial ou adapté pour la radio. Mais nous avons pris les choses au sérieux en décidant de nous en tenir à nos premières intentions.

Nous voulions faire quelque chose d’unique, nous différencier dans cet océan de groupes et faire nos débuts avec cette chanson difficile à approcher, mais totalement écoutable, et c’est sûrement la chose dont les gens se souviendront d’IKITAN ! De plus, nous sommes de grands fans du post-Rock et de Progressif, où si votre chanson ne dure pas au moins 10 minutes… vous n’êtes vraiment personne ! (Rires) L’idée vient aussi de là.

Et bien sûr que nous avons plus de chansons ! Beaucoup de riffs sympas ont dû être laissés de côté quand nous nous sommes concentrés sur cette idée de 20 minutes 20 secondes. Ils trouveront donc leur place dans de futures versions.

– Ce qui ressort d’IKITAN est ce très fort esprit Jam qui règne dans le groupe. Ca vient votre façon de composer ? D’être complètement libre ?

Jammer est une chose très naturelle pour nous. Nous avons tous eu beaucoup de groupes dans nos vies, et il y a toujours eu cette approche dans l’apprentissage d’une chanson. De fait, la phase de composition est totalement libre et axée sur le jam. Quand nous entrons en  répétition, aucun de nous n’offre de chansons complètes ou d’idées définitives aux autres. Nous laissons toujours la musique nous guider et l’improvisation joue donc un rôle-clé. Et puis, nous nous amusons beaucoup. (Rires)

N’oublions pas, quand on parle de liberté, que nous sommes un groupe instrumental. Ne pas avoir de chanteur nous donne une totale latitude dans l’approche intro-couplet-refrain. Nous avons donc une belle opportunité, avec IKITAN, d’expérimenter et de rassembler une large gamme de styles. Ce qui est cool, c’est que nous avons appris à nous écouter attentivement. De cette façon, nous parvenons à avoir un son cohérent.

Nous partageons aussi l’amour de certains groupes, le plus important étant probablement Tool. Mais à part cela, nous avons des antécédents variés et tout cela se mélange dans un mix un peu dingue de post-Rock, de Progressif, de Metal, de Stoner et de Desert Rock. C’est tout ce que nous aimons et nous essayons de varier notre musique le plus possible.

– Sur « Twenty-Twenty », vous alternez les ambiances passant d’un Stoner Psych à des moments plus Heavy et presque Desert Rock. Ce morceau était aussi l’occasion de montrer toutes les facettes d’IKITAN ?

Cet album n’a pas été construit avec la ferme intention de mettre en valeur la variété de ce que nous jouons, certainement pas. Il se trouve que nous jouons de cette manière, car nous avons un fond artistique commun. « Twenty-Twenty » peut être considéré en trois chapitres que nous avons voulu simplement assembler en une chanson. Nous visons à être aussi différents dans nos futurs morceaux. Il n’y a pas de limite.

Sans prétention, nous aimons que notre musique ait du caractère, et soit même surprenante si possible. Nous voulons créer des paysages et des voyages sonores. Parfois ça vient du post-Rock, d’autres fois c’est plus Progressif ou alors totalement Stoner… En gardant cet esprit de liberté, nous pourrions avoir des chansons plus courtes ou même avec des voix à l’avenir… qui sait ! (Rires)

– Depuis quelques temps maintenant, l’Italie occupe une place de choix en ce qui concerne le Stoner en général avec de très bons groupes et labels. Qu’en pensez-vous et quel regard portez-vous sur cette scène émergeante et même très installée ?

L’Italie a en effet une scène Stoner formidable et dynamique. Ce que vous pouvez voir de l’étranger n’est que la pointe émergée de l’iceberg. En Italie même, certaines choses sont de véritables joyaux cachés. Beaucoup de groupes sympas sont autoproduits, donc ils ne sont pas couverts par les médias grand public, ou même par des blogs ou des sites Web gérés par des fans.

Nous sommes de Gênes et ici la scène Stoner et Rock (sans parler d’autres scènes comme celle du Prog qui est également très active) compte d’excellents groupes, tels que Isaak, CRTVTR, Stalker, Burn the Ocean, Kurt Russhell, NAAT et beaucoup d’autres. Rassurez-vous, l’Underground est incandescent par ici !

« Twenty-Twenty » d’IKITAN est disponible en édition limitée (200 copies) sur Bandcamp : https://linktr.ee/ikitan