En un peu plus de 20 ans, KILLSWITCH ENGAGE s’est imposé comme un poids lourd du MetalCore, tout en ayant réussi à conserver un son organique, ce qui fait sa grande force. Avec ce live diffusé en streaming l’an dernier, les prolifiques américains s’imposent comme un véritable groupe de scène… même sans son public. Et ce double-album, « Live At The Palladium », est implacable à bien des niveaux.
KILLSWITCH ENGAGE
« Live At The Palladium »
(Metal Blade Records)
L’exercice est périlleux et courageux, mais ils sont pourtant quelques uns à ne pas être restés les bras croisés durant la période où les concerts ne pouvaient avoir lieu. Et KILLSWITCH ENGAGE avait diffusé en streaming le 6 août 2021 un concert donné au Palladium de Worcester dans le Massachusetts, une salle que le groupe connait bien et qui est chargée en émotion pour lui.
C’est donc à domicile et sans public que les Américains présentent ce double-album où on les retrouve malgré tout en grande forme et tout en puissance. Pour ce concert un peu hors-norme, KILLSWITCH ENGAGE a décidé de jouer dans leur intégralité son premier album éponyme sorti en 2000 et « Atonement », paru il y a trois ans. Et le mélange des deux époques est assez judicieux.
Malgré l’absence de public, le quintet parvient parfaitement à restituer l’énergie du live, et même si les deux albums joués sont séparés par près de deux décennies, l’ensemble est plutôt homogène. Le premier est plus brut et frontal que « Atonement », et aussi moins MetalCore. L’évolution de KILLSWITCH ENGAGE est donc manifeste et va dans le bon sens. Reste maintenant à travailler sur les grosses lacunes au niveau des chœurs.
NITROGODS en concert, c’est de la dynamite ! Et ce n’est pas ce très bon double-album live qui va venir contredire cette évidence. Entre Hard Rock survitaminé et gros Rock surpuissant, le trio allemand allume tout ce qui bouge à l’instar de Mötörhead à qui le combo est régulièrement comparé. Une immersion réjouissante dans la fosse aux lions avec ce très bon « Ten Years Of Crap ».
NITROGODS
« Ten Years Of Crap »
(Massacre Records)
Si les albums live à l’ancienne vous manquent, ce double-album de NITROGODS va raviver en vous de beaux souvenirs. Il fut un temps, pas si lointain, où les groupes livraient des témoignages authentiques et forts en émotion de leurs tournées. Et c’est très précisément ce que font les Allemands avec « Ten Years Of Crap », célébrant une décennie de Hard Rock musclé et très Rock’n’Roll.
Et ce son et cette ambiance, on les doit à Jack Lee Man, ingé-son de Saxon, qui a parfaitement capté les deux très bonnes prestations du power trio le 6 avril 2019 à Hanovre, à domicile, et le 28 décembre de la même année à Berlin. NITROGODS se montre aussi pêchu que puissant, et la communion avec son public fait franchement plaisir à entendre sur les 19 morceaux.
Les Teutons ont mis l’accent sur leur premier album éponyme (2012) avec sept titres, le reste étant issu des trois autres avec seulement deux extraits de « Rebel Dayz », dernier opus du combo. NITROGODS déroule donc ses classiques avec fougue (« Black Car Driving Man », « Rancid Rock », « Back Home », « Damn Right », « Rats & Rumours », « Wasted In Berlin », …). Un Live qui fait du bien et qui met la patate !
Que celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le guitariste et chanteur NEAL BLACK se précipitent sur ce double-album qui, en plus de compiler quelques uns de ses meilleurs morceaux, proposent une seconde partie entièrement inédite et enregistrée au fil de concerts donnés en Europe. Le Texan fête 30 ans de carrière de la plus belle manière qui soit, et sur le label français Dixiefrog !
NEAL BLACK & THE HEALERS
« Wherever The Road Takes Me »
30 Years – Best Of Collection
(Dixiefrog/Pias)
J’ai pour habitude de ne jamais chroniquer les compilations et Best Of en tout genre, mais celui-ci a ceci de particulier qu’il présente un second CD inédit constitué d’enregistrements live captés en France et en Allemagne. Et cela valait bien que l’on dise un mot sur les prestations scéniques de NEAL BLACK AND THE HEALERS, qui sont toujours d’une explosivité et d’un feeling incroyables. Et puis, en 30 ans de carrière, le Texan a enregistré 13 albums pour le label Dixiefrog, alors ne pas honorer l’artiste-maison phare aurait été malvenu.
La première partie de « Wherever The Road Takes Me » compte 18 morceaux sélectionnés par l’Américain et qui retracent les nombreuses étapes de sa carrière. Car NEAL BLACK est un baroudeur. Débuté au Texas dans les années 80, puis à New-York la décennie suivante et ensuite au Mexique pour finalement s’installer en France, le parcours du chanteur-guitariste se retrouve dans ses titres, qui sont autant d’histoires, comme en regorge le Blues et ce qui fait d’ailleurs sa spécificité. Un perpétuel voyage fait de rencontres…
Alors, bien sûr, les HEALERS se sont succédé au fil du temps et des lieux, et pourtant NEAL BLACK garde ce son si particulier et une unité artistique indéfectible. S’amusant à alterner ses propres compositions avec des reprises très personnelles de Robert Johnson, Etta James, de Johnny Nash et son incontournable « I Can See Clearly Now » ou du grand Mud Morganfield, comment ne pas succomber à la patte de l’artiste ? Ces huit titres live sont d’une intensité, dont le bluesman forge ses concerts. Alors, rien que pour cela…
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti
DECEADED – « The Sole Destroyer » – Wormholedeath Records
Ne vous fiez surtout pas à leur jeunesse : les quatre Polonais de DECEADED débordent littéralement d’énergie, mais aussi et surtout d’une étonnante maturité musicale. Si on leur donnerait le bon dieu sans confession, leur premier album est fougueux, même intrépide et définitivement sans complexe. Après s’être approprié le Thrash Metal de ses aînés, le combo a pris la liberté d’y insuffler un brin de nouveauté avec des éléments Groove, Nu et Alternative, histoire de rendre ce « The Sole Defender » très percutant et surtout vraiment convaincant. Dès son premier album, DECEADED se montre très créatif et la performance affichée ici laisse deviner qu’il va falloir compter sur cette jeunesse polonaise, maître de ses décibels et de ses riffs acérés. Une petite bombe !
SOLITARY – « XXV Live At Bloodstock » – Metalville Records
En montant sur scène le 11 août 2019 au festival Bloodstock Open Air en Angleterre, SOLITARY avait la ferme intention d’en découdre et de fêter le plus dignement et le plus férocement possible son 25ème anniversaire. Et comme en témoigne « XXV Live At Bloodstock », c’est très précisément ce qu’il s’est passé. Old School, le Thrash Metal des Britanniques n’a pourtant pas pris une ride et la puissance affichée continue d’alimenter l’adrénaline à l’œuvre depuis leurs débuts. Intense et explosif, le répertoire du quatuor ne manque pas de morceaux vigoureux que les fans semblent avoir beaucoup apprécié (« Trigger Point Atrocity », « Architects Of Shame », « Keep Your Enemies Closer », « Requiem »). SOLITARY se montre d’une efficacité redoutable et racé comme jamais.
Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !
BLACK SWAN – « Generation Mind » – Frontiers Music
Avec ce deuxième album, BLACK SWAN s’installe désormais de manière durable sur la scène Hard Rock. Il faut aussi rappeler qu’avec un tel line-up, le quatuor a tout pour réaliser de très bonnes choses. Et après « Shake The World », il remet ça avec ce « Generation Mind » vigoureux, mélodique et dynamique. Constitué du chanteur irlandais Robin Mc Auley (Mc Auley Schenker Group) et des Américains Reb Beach à la guitare (Winger, Whitesnake), du bassiste Jeff Pilson (Dokken, Dio, Foreigner) et du batteur Matt Starr (Burning Man), BLACK SWAN régale encore grâce à des riffs racés, des mélodies et des refrains imparables et une puissance de feu qui permettent à ce groupe de musiciens chevronnés d’offrir un étonnant renouveau au Hard Rock actuel. Une belle et grosse claque !
INGLORIOUS – « MMXXI Live At The Phoenix » – Frontiers Music
Enfin un album live qui restitue parfaitement toute l’énergie et la force d’un concert de ce groupe dont le public, totalement acquis à sa cause, donne le change et joue le sixième membre du quintet anglais. Après quatre albums bien salués par les fans et la critique, INGLORIOUS a profité d’une éclaircie durant la pandémie pour enregistrer ce très bon « MMXXI Live At The Phoenix » en septembre dernier à Exeter en Angleterre. Toujours guidé par son leader et chanteur Nathan James, que l’on avait connu au sein du Trans-Siberian Orchestra et avec Uli John Roth, le combo britannique passe en revue l’ensemble de sa discographie à travers une performance époustouflante, où INGLORIOUS semble transfiguré par une adrénaline constante, qui rend son Hard Rock furieusement addictif.
Le quatuor britannique ARCHITECTS s’est fait un petit plaisir, ainsi qu’à ses fans, en allant jouer l’intégralité de son dernier album aux légendaires studios londoniens d’Abbey Road. En live et soutenu par un orchestre symphonique, le MetalCore Progressif du combo a fière allure et franchit des frontières insoupçonnables jusqu’à présent.
ARCHITECTS
« For Those That Wish To Exist At Abbey Road »
(Epitaph Records)
Aller enregistrer son album le plus remarqué et acclamé dans le temple du son, les studios d’Abbey Road à Londres, peut être dans le cas d’un groupe de MetalCore Progressif perçu de différentes manières. Courage ? Impertinence ? Inconscience ? Plaisir égoïste ? Chacun se fera son idée, mais le résultat est remarquable et ARCHITECTS le doit aussi en partie à l’orchestre symphonique Parallax.
Alors que le quatuor de Brighton avait sorti son neuvième album le 26 février 2021, ARCHITECTS a décidé de le rejouer entièrement et en live le 11 décembre dernier accompagné d’un orchestre de renom dirigé par Simon Dobson, lui aussi réputé pour la qualité de ses prestations et de ses arrangements. « For Those That Wish To Exist At Abbey Road » prend ici une autre dimension.
S’il est toujours question de MetalCore et globalement d’un Metal Progressif acéré, la touche symphonique apporte un relief étonnant et aussi, et surtout, une note très organique à l’ensemble des morceaux qui prennent ici un relief surprenant et notamment plus spontané et naturel dans le son. ARCHITECTS a réussi son pari et il faut espérer que cette approche nouvelle se retrouve dans ses futurs albums.
Rare représentant du Metal des îles Féroé, TÝR mène une carrière dans un registre où se mêlent une tradition viking ancestrale et une puissance Heavy, progressive et presque Death. Sur « A Night At The Nordic House », le quatuor nordique fait corps avec l’Orchestre Symphonique de son pays pour un enregistrement épique entre modernité et mythologie.
TÝR
« A Night at the Nordic House
(with The Symphony Orchestra of the Faroe Islands) »
(Metal Blade Records)
Réputées pour ses activités ludiques avec les dauphins, ainsi que ses scores à deux chiffres en football, les îles Féroé abritent également l’un des meilleurs groupes de Folk et de Viking Metal en activité depuis 1998. Inspiré par la mythologie nordique, TÝR compte déjà neuf albums à son actif et se présente avec une dizième réalisation « Night At The Nordic House », aussi symphonique que Metal.
Enregistré en live à la Nordic House dans la ville de Tórshavn le 8 février 2020, le quatuor s’est adjoint la collaboration de l’Orchestre Symphonique de son île pour mettre en lumière pas moins de 17 morceaux de son répertoire et une intro. Dans une atmosphère propice aux légendes vikings, TÝR propose un moment fort à ses fans, tant le relief de cette collaboration est assez époustouflant.
L’album brille par sa production exceptionnelle, puissante et parfaitement équilibrée grâce à un mix exemplaire. Epique, sophistiqué et pourtant très fidèle au Metal Viking et son côté Folk, le groupe se détache brillamment du volume apporté par l’orchestre en restant dans la lignée de ses albums (« By The Sword In My Hand », « Ragnars Kvæði », « Blood Of Heroes », « Fire And Flame »). Héroïque et tranchant, TÝR frappe fort.
Un petit tour et puis s’en va. C’est à peu près le résumé de la carrière de TITAN, groupe finalement assez éphémère du milieu des années 80. Plus de 30 ans après, le combo de Heavy Metal basque remet le couvert, revigoré par l’enthousiasme de ses fans, dont la patience semble sans limite. « Palingenesia », le nouvel album du quintet, marque un retour fracassant et vient démontrer que la scène hexagonale a vécu de belles heures et s’apprête plus que jamais à en vivre d’autres largement aussi intenses. Patrice le Calvez, chanteur de TITAN, revient sur la brève épopée du groupe et surtout sur une envie décuplée de revenir sur le devant de la scène.
– Commençons par un peu d’histoire pour la jeune génération. TITAN a sorti un album éponyme en 1986, puis le Live « Popeye Le Road » deux ans plus tard. Ensuite, c’est le split avant un retour sur scène en 2017. Comment expliquez-vous que vous ayez autant marqué les esprits en seulement deux albums ?
On ne se l’explique pas trop en fait. A l’époque, on ne s’était pas rendu compte de l’impact que ça avait pu avoir auprès du public Metal français. On a vraiment pas pris la mesure quand on est revenu, même si avant il y avait quand même pas mal de demandes. Il y a eu une réédition en 2015, qui nous a fait prendre conscience qu’on était toujours dans l’esprit des gens et qu’on avait marqué les fans. Ensuite, l’apothéose a été quand on a fait la date au ‘Pyrenean Warriors Festival’ où on a reçu une dose d’amour et d’émotion vraiment fabuleuse ! 30 ans et les gens ne t’ont pas oublié et n’ont qu’une envie, c’est de partager des trucs avec toi.
– Après l’album live, c’est la séparation pendant de longues années. Que s’est-il vraiment passé et à quoi chacun a-t-il vaqué ensuite ?
On a tous continué dans la musique, mais dans des groupes différents. On continuait à se voir de temps en temps. En 2015, nous nous sommes retrouvés sur un projet commun, qui était un ‘Tribute’ à Accept. Il y a eu deux concerts et au premier, quelqu’un est venu nous voir en nous disant qu’il aimerait avoir TITAN à l’affiche du festival ‘Pyrenean Warriors‘. On ne pensait pas du tout remonter le groupe, mais on s’est pris au jeu. On leur a dit qu’on ferait un concert pour voir comment ça se passe et comment on se sent 30 ans plus tard. Et la réaction du public a eu son importance. Ca a été tellement énorme que ça nous a reboosté et nous sommes repartis comme en 40 ! (Rires)
– Est-ce qu’ensuite, il vous a paru immédiatement évident de remettre TITAN sur les rails, compte tenu de l’accueil enthousiaste du public ? D’autant qu’à écouter ce nouvel album, vous avez encore des choses à dire…
Ah oui, tout à fait ! Tout ça s’est fait presque naturellement, sans calcul, ni prévision. On a toujours été guidé par le plaisir. Au fil des concerts, on s’est rendu compte qu’on avait toujours le même accueil, puis on s’est remis tout doucement à composer quelques morceaux. Ca tenait vraiment la route, alors on s’est dit que faire un album serait une bonne idée. C’est tout simplement ce qu’il s’est passé ! (Rires)
– Quand avez-vous commencé l’écriture de « Palingenesia », et comment vous y êtes-vous pris ? Chacun a retrouvé son rôle ? Les habitudes sont vite revenues ?
Oui, vraiment. On part toujours d’un riff de guitare ou d’une ligne de basse, puis on structure le morceau et on y pose une mélodie. On fonctionne toujours de la même façon. Nous avons commencé fin 2018/début 2019 avec un premier morceau, et tout s’est enchainé très naturellement. Tout est très vite revenu. C’est comme le vélo ! (Rires)
– Parlons justement de ce nouvel album. Il est très actuel, tant dans les textes que dans le son. Et votre Heavy Metal, s’il reste classique, sonne très moderne. La production est également massive. Dans quelles conditions et comment avez-vous travaillé ?
On a travaillé en local. La technologie actuelle nous permet aussi beaucoup de souplesse, ce qui n’était pas le cas à l’époque. Toute la production artistique, que ce soit le son, le mix et le mastering, on voulait absolument le prendre en charge pour que ça sonne exactement comme on le voulait. C’est une co-production avec Crazy Grumpy, qui s’occupe de la fabrication des supports, de la distribution et de la communication. Et nous sommes très satisfaits du résultat et du son obtenu.
– Vous restez toujours aussi engagés à travers vos textes, qui traitent de la société et de ses dérives comme la détresse des migrants ou les extrémistes en tout genre. La situation ne semble donc pas s’être améliorée depuis 1986 et vous restez fidèles à vous-mêmes en restant très revendicatifs. On ne vous imagine d’ailleurs pas chanter autre chose. En vous reformant et en composant l’album, vous n’avez pas été tentés d’aborder d’autres sujets, peut-être plus légers ?
Non, parce que c’est vraiment notre ADN. On a toujours fonctionné comme ça. C’est un reflet de la société qui nous entoure. Lorsqu’on écrivait les morceaux, on s’est rendu aussi compte qu’il y avait tellement de choses à dire. On aurait pu en traiter plein d’autres d’ailleurs. Ce sont des sujets qui nous tiennent à cœur et dont on a envie de parler. Nous avons aussi une façon de dire les choses assez crue avec des messages clairs. C’est vraiment ça TITAN !
– Ceux qui ne vous connaitriez pas pourraient dire que vous êtes dans la lignée de Trust, ce qui n’est pas totalement faux (« Les Fous De Dieu »). Je dirai plutôt que vous avez une démarche commune et que vous êtes aussi de cette génération qui est très engagée, contrairement à celle d’aujourd’hui. Tu partages aussi ce point de vue ?
Oui, on est un peu dans la lignée du Trust de l’époque, des premiers albums. Aujourd’hui, je les trouve beaucoup moins engagés et un peu plus polissés. Nous sommes restés bruts de décrochage et on continue, parce que c’est comme ça que nous sommes bien ! On n’a pas envie de changer ! (Rires) Aujourd’hui, on est presqu’à contre-courant en dehors de quelques groupes. Je pense que c’est un état d’esprit. Il y a aussi une absence de conscience politique depuis deux générations. Ce n’est peut-être pas complètement de leur faute, car tout est tellement politiquement correct, on fait passer les infos qu’on veut bien. Alors qu’on a aujourd’hui tous les moyens pour chercher l’info, la vraie, mais les gens ne font plus l’effort. C’est dommage de ne pas être un peu plus curieux et de ne pas aller plus loin de ce qu’on leur donne en pâture.
– Sur « Palingenesia » figure aussi le morceau « Résurrection », qui est même assez émouvant. Vous vous adressez directement à vos fans en confirmant vos intentions et votre engagement. Comment est né ce titre et laisse-t-il présager que TITAN est de retour pour de bon ?
Oui, normalement, on est de retour pour de bon ! (Rires) On n’a pas l’intention de s’arrêter là. Pour nous, ce titre était assez évident. Il y a eu tellement d’émotion, ça a été très fort lorsqu’on a fait ce retour en concert en 2017 que cela nous a paru naturel que sur l’album figure un morceau comme celui-ci. « Résurrection » raconte la journée que nous avons vécu ce jour-là et aussi la raison de notre présence sur scène. S’il n’y a pas de groupe, il n’y a pas de fans. Et s’il n’y a pas de fans, il n’y a pas de groupe. Si nous sommes toujours là pour défendre nos morceaux et nos idées, c’est que nous sommes suivis et c’était évident de leur hommage. C’est un échange.
– Et qu’avec ce très bon nouvel album, vous n’avez pas le regret de ne pas avoir continué votre route à la fin des années 80 ?
Non, je ne crois pas. Personnellement, j’étais le premier à partir du groupe. A cause de mon activité professionnelle, les week-ends étaient toujours chargés, car on jouait partout en France. C’était devenu très compliqué. Et quand tu n’as plus la foi et la pêche pour aller partager ça avec le public, je pense qu’il faut savoir s’arrêter. Aujourd’hui, on est très content d’avoir retrouvé cette envie et on veut que ça continue le plus longtemps possible !
– Enfin, quel regard portes-tu sur l’actuelle génération du Metal français, et que penses-tu du retour, comme le vôtre, d’ADX, de Sortilège et de quelques autres ?
Je trouve génial que des groupes de cette époque, comme nous, puissent revenir, se produire à nouveau et avoir le soutien des fans. Et ce qui est encore plus intéressant, c’est qu’il y a des jeunes groupes qui arrivent, je pense à Tentation et Existance notamment, parce que nous ne sommes pas non plus éternels. C’est important que de nouveaux groupes portent aussi le flambeau et il faut que ça continue ! (Rires)
L’album de TITAN, « Palingenesia », est disponible depuis le 26 novembre 2021 via Grumpy Mood Records.
Les trois Français de SEUM sont allés voir si le Sludge était plus vert du côté du Québec. Coupé dans son élan à cause de la pandémie, le groupe a tout de même sorti un EP, puis un album avec une rage aussi imposante que son Doom’n Bass est impactant. Alors pour remercier ses fans, le combo propose aujourd’hui en téléchargement gratuit un « Live From The Seum-Cave » décapant.
SEUM
« Live From The Seum-Cave »
(Independant)
Les fidèles lecteurs de Rock’n Force commence à bien connaître SEUM, trio français exilé au Québec et qui distille un Doom’n Bass où le Metal se fond dans un Sludge ravageur. Après un EP (« Summer Of Seum ») et un album (« Winterized ») très bien accueillis, le combo a décidé d’offrir à ses fans ce six-titres : « Live From The Seum-Cave ». On y retrouve cinq titres dans de nouvelles versions, ainsi qu’un inédit.
C’est donc pour remercier ceux qui les suivent, et qui sont de plus en plus nombreux, que Gaspard (chant), Piotr (basse) et Fred (batterie) mettent gratuitement à disposition cet EP enregistré dans leur local de répétition (liens de téléchargement ci-dessous). Bien produit, SEUM nous propulse au cœur de sa musique comme si on y était. Et ça sonne et résonne furieusement.
Protéiformes, incisifs et massifs, les morceaux sont bien sûr issus du EP (« Seum », « Super Tanker ») et de l’album (« Sea, Sick, Six », « Life Grinder » et « Winter Of Seum »), et en bonus l’inédit « Blueberry Cash » vient clore « Live From The Seum-Cave ». Envoûtantes, les rugueuses rythmiques sont d’une fraîcheur incroyable et SEUM nous fait là un beau cadeau. Merci !
Personnage incontournable du monde du Stoner/Desert, le bassiste/chanteur (et pas seulement !) NICK OLIVERI est devenu au fil des années une figure du genre. Originaire de Californie, il n’a pas mis longtemps à incarner l’âme du désert de Mojave et de Joshua Tree et son jeu groovy et percutant à la basse le rend immédiatement indentifiable. Acteur actif des groupes fondateurs du mouvement, c’est son côté Punk qui ressort sur ses projets solos et qui vient renforcer cette personnalité hors-norme.
NICK OLIVERI – « N.O. Hits At All vol. 7 » – Heavy Psych Sounds Records
Le très prolifique NICK OLIVERI livre l’ultime volet de ses compilations d’inédits et de raretés. C’est le septième volume et comme d’habitude, il regorge de titres étonnants et toujours aussi ravageurs. Pour rappel, le Californien fut le bassiste de Kyuss et de Queens Of The Stone Age avant d’œuvrer pour The Dwarves et de participer à un ombre incalculable d’albums. En 1997, le frontman créé Mondo Generator, qui devient son projet le plus personnel. Lancée en 2017 à sa signature chez Heavy Psych Sounds Records, la série « N.O. Hits At All » regroupe des morceaux pour l’essentiel inédits que NICK OLIVERI a joué avec les groupes par lesquels il est passé… et la liste est longue ! Une chose est sûre, on découvre une autre facette du bassiste/chanteur à travers une somme de titres très éclectiques. Incontournable.
MONDO GENERATOR – «Live At Bronson » – Heavy Psych Sounds Records
Fondé au milieu des années 90 avec Josh Homme, ce n’est qu’en 2000 que sort « Cocaine Rodeo », le premier album de MONDO GENERATOR, dont le célèbre homme du désert reste dorénavant le seul et unique leader. Après quelques réalisations jusqu’en 2012 et plusieurs mises en sommeil dues aux multiples projets et groupes d’Oliveri, le combo se remet en ordre de marche en février 2020 avec « Fuck It », où l’on retrouve toute l’ardeur du Stoner/Desert Punk décapant du trio. A la même époque, MONDO GENERATOR est au Bronson Club de Ravenne en Italie et y enregistre ce concert explosif comprenant 18 titres incandescents retraçant l’essentiel des classiques du groupe, mais aussi de Kyuss et Q.O.T.S.A. Un must !