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Americana Country Soul Southern Blues Southern Rock

Kyle Daniel : Southern flavors

Tout ici respire le sud des Etats-Unis. L’Alternative Country enrobée d’Americana, de Blues et de Rock rayonne et se diffuse avec évidence sur « Kentucky Gold », premier opus d’un KYLE DANIEL qui se pose déjà comme le futur songwriter incontournable de cette nouvelle génération Southern Rock, décidemment en pleine ébullition. Il a écumé les bars et les clubs et a appris les moindres détails qui font flamboyer l’âme de baroudeur qu’il affiche déjà. Modernes et avec une approche Old School raffinée, ces douze morceaux se savourent encore et encore.  

KYLE DANIEL

« Kentucky Gold »

(Snakefarm Records)

Comme l’indique le titre de son album, c’est bel et bien du Kentucky et plus précisément de Bowling Green qu’est originaire le talentueux KYLE DANIEL. Basé à Nashville depuis la pandémie, celui qui a été élevé en écoutant de la Country et du Southern Rock n’est donc pas dépaysé, même si son style se démarque franchement de sa nouvelle ville d’adoption. Après deux EPs en indépendant, un éponyme en 2018 et « What’s There To Say » l’année suivante, « Kentucky Gold » marque le franchissement d’une étape importante, le tout avec une maîtrise totale et un sens de la chanson captivant.  

Cela dit, KYLE DANIEL n’est pas totalement inconnu sur le circuit Blues, Country et plus largement Southern américain. Redoutable guitariste, il remporte le ‘Kentucky Blues Challenge’ à 17 ans, puis le très renommé ‘International Blues Challenge’ dans la foulée. Autant dire que le musicien sait parfaitement où il va, et en confiant la production à Jaren Johnston (The Cadillac Three), Brian Elmquist (The Lone Bellow) et au faiseur de hits canadien Mike Krompass, il s’assure une entrée en matière somptueuse pour un résultat qui l’est tout autant.

Torride, l’entame de « Kentucky Gold » s’inscrit dans la lignée classique du Rock Sudiste, musclée et fédératrice (« Can’t Hold Me Back »). KYLE DANIEL a aussi pris le soin de se rendre à Muscle Shoals, ce qui libère un côté Soul très authentique (« Me And My Old Man »). Puis, les surprises s’égrainent au fil du disque avec des duos de haut vol. On se régale de « Fire Me Up » avec Maggie Rose, de « Southern Sounds » avec Kendrell Marvel, de « Summer Down South » avec The Cadillac Three et enfin de « Everybody’s Talkin’ » avec Sarah Zimmerman. Epoustouflant !

(Photo : Jason Stolzfus)

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Country International

Emily Nenni : Honky Tonk spirit [Interview]

Malgré son jeune âge, EMILY NENNI commence à se faire un nom dans la jungle musicale que représente Nashville en termes de Country Music. Indépendante, l’artiste est à l’image de sa musique et apporte beaucoup de fraîcheur à un style qui se tourne pourtant de plus en plus vers la Pop. Elle reste authentique et fidèle à un aspect assez classique comme le Honky Tonk notamment, auquel elle offre une version très personnelle, actuelle et sincère. Avec « Drive & Cry », son troisième album, elle se lance aussi à la conquête du public européen. Entretien avec une chanteuse, guitariste et compositrice pétillante et décidée, juste avant une prestation attendue au festival ’Americana Eldorado’ en septembre en France.

– Avant de parler de ce nouvel album, j’aimerais que l’on évoque de ton parcours. Comment une Californienne comme toi en vient-elle à la Country Music et affiche aujourd’hui une telle maîtrise ? C’est un style de musique avec lequel tu as grandi ?

J’ai grandi en écoutant toutes sortes de musiques. Mon père travaille à la radio depuis l’université et mes deux parents ont toujours eu beaucoup d’amour et de respect pour la musique et les musiciens. J’ai souvent entendu Hank Sr, Patsy Cline, Willie Nelson et Johnny Cash, ainsi qu’Emmylou Harris et Lucinda Williams en grandissant. En tant que passionnée de musique, lorsque j’ai déménagé à Nashville, alors que j’avais tout juste 21 ans, je me suis complètement immergée dans la musique Country au ‘Robert’s Western World’ et au ‘Santa’s Pub’, ainsi qu’à travers toutes les vieilles vidéos que je pouvais trouver sur YouTube. Je voulais tout savoir, pas seulement de la musique, mais aussi des gens qui la composaient.

– Assez rapidement, tu as sorti ton premier album, « Hell OF A Woman » en 2017, puis l’EP « Long Game » trois ans plus tard. C’est assez étonnant comme trajectoire. D’habitude, les artistes testent la température avec un format court. Tu te sentais suffisamment sûre et prête pour te lancer tout de suite dans un album complet ?

Lorsque « Hell Of A Woman » est sorti, je gardais certaines de ces chansons depuis déjà quelques années. En fait, la chanson-titre était l’une des dernières que j’ai ajoutées à l’album, avec « Baby Found The Bottle ». Mon état d’esprit concernant la sortie de ma musique, surtout de manière indépendante, était que je continuerai certainement à écrire et j’espérais continuer à apprendre et à m’améliorer. Alors, pourquoi ne pas sortir de ma musique telle qu’elle était ? Je n’avais pas une grande fan-base et je ne pensais pas que le disque irait quelque part, j’avais juste des chansons à partager.

– Puis en 2022 est sorti « On The Ranch » que tu as écrit dans le Colorado durant la pandémie. Finalement, est-ce que le fait d’être bloquée dans un endroit comme celui-là typiquement lié à la Country Music a été une immersion créative pour toi ? Une sorte de source d’inspiration ?

Je vivais dans un ranch avec cinq autres cow-girls, donc c’était une inspiration suffisante ! Écrire dans un endroit comme celui-là était en grande partie pour me vider la tête et m’éloigner de ma routine et de mon environnement habituel. C’est comme ça que j’aime travailler d’habitude. Une fois que ma tête est claire de toutes les choses que je dois faire, je peux réellement exploiter toutes mes pensées, mes sentiments et les mélodies qui les animent.

– Comme tu le disais, tu es arrivée jeune, à l’âge de 21 ans, à Nashville, la capitale de la Country Music. Est-ce que, selon toi, c’est un passage obligé pour tous les artistes, afin d’y obtenir une certaine reconnaissance artistique ?

Je ne pense assurément pas qu’il soit nécessaire d’être à Nashville pour faire de la musique Country. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré une véritable famille artistique ici, composée de musiciens talentueux et solidaires, et j’ai beaucoup appris d’eux. Désormais, les gens partagent leurs talents en ligne via Internet et ils sont embauchés de cette façon. Je trouve cela merveilleux, car Nashville devient de plus en plus cher pour y vivre, surtout pour les musiciens.

– On le sait, il y a énormément de concurrence entre les jeunes artistes, et pas seulement. Est-ce que Nashville, où tu vis aujourd’hui, provoque aussi une émancipation particulière et demande également peut-être plus d’efforts pour s’imposer et se distinguer ?

J’ai principalement appris en jouant avec des amis au ‘Santa’s Pub’. Au moins dans la communauté dans laquelle j’ai grandi au cours des dix dernières années, cela ne m’a pas semblé être une compétition. Nous voulions tous réussir, bien sûr, mais c’est tellement plus agréable de grandir avec ses amis. Bien sûr, il y a eu des gens qui ont pensé que seuls quelques-uns pourraient réussir, mais ce n’est pas le cas. Sans parler de la fatigue que représente de mener une carrière à bien.

– Justement, tu évolues dans un registre porté sur le Honky Tonk avec beaucoup de fraîcheur. C’est assez surprenant à l’heure où les chanteuses surtout ont tendance à produire de la Country Pop, non ?

J’adore le Honky Tonk. Et nous aimons jouer dans une salle devant deux personnes comme face à une foule tapageuse. Si nous avons une salle pleine de gens qui chantent et dansent, alors c’est une bonne soirée. Mes amis de ‘Teddy And The Rough Riders’, qui me soutiennent souvent, enflamment toujours la salle. Finalement, nous voulons juste passer un bon moment !

– Ce qui surprend aussi, même à travers ta courte discographie, c’est que tu sembles avoir immédiatement trouvé ton style. Alors que d’autres s’essaient à plusieurs courants, tu restes attachée à celui de tes débuts que tu ne cesses cependant de peaufiner. Tu as toujours eu une idée très précise de la musique que tu voulais jouer ?

Parfois, j’entends la musique de quelqu’un d’autre et je me suis dit : ‘Wow, j’aurais aimé écrire cette chanson !’. Mais surtout, j’écris simplement sur mes expériences, mes pensées et mes sentiments et je les associe à la mélodie qui en ressort. Quand cela est associé aux musiciens que je connais et que j’aime, cela me ressemble forcément. Il y a tellement de musique là-bas à Nashville que nous pourrions tous nous comparer les uns aux autres. Mais j’aime surtout entendre les gens faire une musique qui leur est personnelle.

– « Drive & Cry » a été pensé à la façon d’un vinyle avec ses deux faces. Est-ce que c’est aussi pour cette raison qu’on y trouve deux ambiances assez différentes ? Ta volonté était de pouvoir capter le plus de sonorités et d’approches musicales possibles ?

Je peux parfaitement me lancer dans l’écriture, ou l’enregistrement, avec une idée de la façon dont j’aimerais que cela sonne globalement, mais cela ne se réalise jamais vraiment. Cela fait partie de l’évolution des chansons. A mesure que vous enregistrez de plus en plus, vous obtiendrez, espérons-le, des sons que vous n’aviez pas auparavant. Travailler avec John James Tourville (qui a produit le disque) a été une expérience merveilleuse. Il a vraiment permis aux musiciens de jouer tout en restant fidèles à eux-mêmes. Ils jouaient pour les chansons et non pour eux, et ça s’entend vraiment.

– Malgré la qualité du songwriting et de la production de John James Tourville (The Deslonde), « Drive & Cry » conserve une savoureuse couleur ‘underground’. Est-ce que c’est quelque chose que tu cultives, ou vois-tu cela aussi comme une sorte de signature sonore ?

Nous nous amusions tous tellement à faire de la musique en studio. John James et moi étions sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la notion de ‘perfection’. Elle n’est pas forcément nécessaire. S’il y a une prise avec une imperfection, mais plus de sensations, on y va ! Ce disque a également été mixé par Matt Ross-Spang dans son studio ‘Southern Groove’ à Memphis, et il est un véritable maître en matière d’enregistrement faits de beaucoup de chaleur et de naturel.

– Enfin, tu seras à l’Eldorado Americana Festival en septembre à Vancé en France. J’imagine que tu dois être impatiente, même si la Country Music est assez confidentielle chez nous. Dans quel état d’esprit es-tu et y aura-t-il d’autres concerts ici en Europe ?

Nous allons commencer en Scandinavie, puis faire un show en Allemagne et une semaine ou deux au Royaume-Uni. Je ne suis allée en Europe qu’une seule fois, c’était l’année dernière. Et je me sens chanceuse de pouvoir jouer pour de nouveaux publics. J’ai même du mal à croire que nous ayons la chance de pouvoir jouer dans tous ces merveilleux endroits !

Le nouvel album d’EMILY NENNI, « Drive & Cry », est disponible chez New West Records et pour la première fois en Europe.

Photos : D.R., Sound Snap Photo (3) et Alysse Gafkjen (5)

La billetterie du festival ’Americana Eldorado’, qui aura lieu le 7 septembre à Vancé dans la Sarthe (72), est d’ores et déjà ouverte :

https://my.weezevent.com/eldorado-americana-festival

 

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Glam Rock Rock 70's

Gyasi : une sauvage intensité

Il est exubérant, flamboyant et il respire l’âge d’or du Rock’n’Roll à pleins poumons malgré sa jeunesse. Totalement débridé, le songwriter aura attendu seulement un EP et deux albums avant de réaliser son premier live. C’est dire la témérité et l’exaltation de GYASI, homme de spectacle et musicien accompli. Avec « Rock n’Roll Sword Fight », il expose une identité musicale hors-norme et explose les codes établis.

GYASI

« Rock n’Roll Sword Fight »

(Alive Naturalsound Records)

Il y a deux ans, j’avais eu le plaisir de poser quelques questions au très électrique GYASI à l’occasion de la sortie de son deuxième album, « Pronounced Jay-See ». Dorénavant basé à Nashville, le natif de Virginie Occidentale poursuit son périple et ce n’est pas très surprenant de le voir surgir avec « Rock n’Roll Sword Fight », un live qui se trouve être le parfait reflet de l’intense énergie qu’il déploie et surtout du son qui émane de son travail en studio. Une sorte de prolongement, en somme. 

C’est donc dans son élément de prédilection, la scène, que l’Américain a capté les émotions et l’intensité de son jeu. GYASI nous fait le plaisir de se livrer sur près d’une heure d’un Rock’n’Roll fougueux, où il ne prend d’ailleurs guère le temps de lever le pied. Dans une atmosphère très 70’s et porté par un public restreint mais tout acquis, le guitariste et chanteur fait le show… et il le fait même très bien ! La tempête décibélique fait son œuvre et devient même addictive.

Théâtral et incandescent, GYASI incarne littéralement le renouveau du Glam Rock perçu sur « Pronounced Jay-See », et apporte beaucoup de fraîcheur à un registre où l’on se délecte des références à Led Zeppelin, T-Rex et aux Stooges avec un soupçon de Bowie et de Slade. Il se les est accaparé et, très bien soutenu part un groupe efficace, il laisse parler un univers très personnel. A noter en fin d’album les versions survoltées du medley « All Messed Up » et le génial « Sugar Mama ». Un vent de liberté !

Retrouvez l’interview de l’artiste :

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Blues Rock Southern Blues Southern Rock

Tyler Bryant & The Shakedown : so plugged

Avec « Electrified », TYLER BRYANT &HE SHAKEDOWN présente la quintessence de la musique roots américaine telle qu’il l’entend. Très Blues et minutieusement teinté de Country, le Southern Rock de la formation du Tennessee atteint son apogée avec cette nouvelle réalisation d’une rare authenticité. Avec son explosif frontman, le groupe déploie une énergie frénétique sur des solos et des riffs mélodiques et foudroyants. Un régal !

TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN

« Electrified »

(Rattle Shake Records)

Depuis qu’ils se sont affranchis de leur ancienne maison de disques et avec surtout la création de leur propre label, Caleb Crosby, Graham Whitford et Tyler Bryant semblent sur un petit nuage. Déjà sur le précédent « Shake The Roots » (2022), on avait très nettement senti ce vent de liberté, cet esprit insaisissable et cette volonté de renforcer le côté Southern et American Roots de leur musique. Toujours aussi Rock, mais aussi Blues et Country, TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN a littéralement trouvé son allure de croisière avec « Electrified ».

Evidemment très organique, la production de ce nouvel opus donne carrément l’impression d’être projeté dans la même pièce que le trio et le groove qui s’en dégage est quasi-hypnotique. Le combo de Nashville sait où il va et si le son parait volontairement très live et sauvage, la maîtrise est totale. Accrocheur et énergique, « Electrified » ne contient aucune fausse note. TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN avance d’un seul homme sur des compos particulièrement bien arrangées avec, notamment, des parties de guitares étincelantes.

Ce sixième album reflète parfaitement son titre et la chevauchée promise est farouche, mais aussi très délicate. D’entrée, « Between The Lines » met le feu aux poudres avant que le shamanique « Crossfire » ne nous emporte vraiment. Les Américains présentent des titres courts d’une redouble efficacité (« Snake Oil », « Trick Up My Sleeve », « Dead To Rights »). Rebecca Lovell de Larkin Poe, Madame Bryant, vient même faire les chœurs sur « Happy Gets Made ». TYLER BRYANT & THE SHAKEDOWN entre dans la cour des grands de la plus belle des manières !

Photo : Zack Whitford

Retrouvez la chronique de l’album précédent :

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Country International

Alyssa Bonagura : riding the emotions [Interview]

Multi-instrumentiste, auteure, compositrice, productrice et bien sûr chanteuse, ALYSSA BONAGURA est une artiste complète et exigeante. Native du Tennessee, c’est assez naturellement qu’elle s’est tournée vers la Country Music, ainsi que la Pop et le Rock et ce dès son plus jeune âge. Avec une discographie devenue conséquente, elle s’apprête dans quelques jours à sortir « Love Wins », un EP de cinq titres réalisé dans des conditions assez particulières et dont l’ensemble se veut toujours aussi sensible et plein d’émotion. Cinq chansons qui restent en tête, avant la sortie d’un album complet dans les mois à venir. Entretien avec une musicienne agréable et abordable, qui voue une véritable passion pour la musique.

– Tout d’abord, j’aimerais que l’on revienne sur ton parcours. Tu es née à Franklin dans le Tennessee de parents musiciens et tu as donc baigné très jeune dans la Country et la Folk notamment. Finalement, as-tu toujours pensé que ton chemin serait déjà tracé par la musique et à travers celle-ci ? Comme une finalité ou un destin ?

Honnêtement, je ne connais rien d’autre que la musique. J’avais trois semaines dans le bus de tournée avec mes parents. Je les regardais chanter tous les soirs et je voulais être comme eux quand je serai grande. La musique était partout autour de moi. Je suis montée sur scène en courant et j’ai commencé à chanter quand j’avais 2 ans. Donc, je suppose qu’au fond de moi, j’ai toujours su que c’était mon destin.

– Tu es très vite devenue multi-instrumentiste, compositrice et aussi ingénieure du son un peu plus tard. Tu as rapidement senti la nécessité de pouvoir contrôler tout le processus de création ?

J’aime tous les instruments. Je pense que c’est parce que mes parents les laissaient traîner pour que je les récupère et que j’en joue quand j’étais enfant. Je suis enfant unique, donc une grande partie de mon temps libre a été consacrée à essayer d’apprendre à jouer de différents instruments. J’ai commencé le piano et j’ai appris à jouer à l’oreille, puis je suis passé à la guitare et j’ai appris toute seule à jouer avec de nombreux accordages différents. Je trouve beaucoup de liberté à ne pas savoir lire la musique, car cela me fait suivre mon instinct. J’ai tellement de mélodies et d’idées musicales en tête que c’est génial de pouvoir jouer de ces instruments lors de la composition d’une chanson et cela aide beaucoup pendant un enregistrement également.

Photo : Oliver Halfin

– Tu as aussi fait tes études en Angleterre pendant trois ans. Est-ce que cela a eu une influence ou des répercussions sur ta culture musicale initiale, peut-être déjà établie ?

J’ai adoré vivre en Angleterre et y étudier. Le temps que j’ai passé à Liverpool a vraiment façonné ce que je suis aujourd’hui en tant qu’artiste et comme personne. J’avais 18 ans et j’ai déménagé dans un autre pays. Avec le recul, je me rends compte que cela m’a demandé beaucoup de courage ! J’ai appris à sortir des sentiers battus musicalement pendant que j’étais là-bas et j’ai commencé à m’inspirer de tant de styles de musique différents. Être entouré de différentes cultures ma beaucoup inspiré et cela m’a vraiment aidé à grandir en tant que personne et qu’artiste aussi.

– Ensuite, en 2010, tu as signé chez Rondor Music, une division d’Universal Music, où tu as enchainé les succès comme auteure-compositrice et comme productrice aussi. Qu’est-ce qu’il y a de différent, selon toi, à travailler pour les autres ?

Je pense que ce qui est différent dans le fait de travailler avec d’autres artistes et auteurs-compositeurs, c’est que vous obtenez une nouvelle perspective sur la chanson que vous créez. Vous apprenez à les aider à raconter leur histoire en y apportant votre propre touche et c’est pourquoi la collaboration est si spéciale. Cela vous aide également à réaliser à quel point les chansons que vous écrivez vous-même sont précieuses, car elles représentent à 100% votre histoire.

Photo : Franklin Lifestyles

– D’ailleurs, presqu’au même moment, tu as sorti ton premier EP, « Before The Breaking » en 2008, puis « The English Diaries » (2021), l’album « Love Hard » en  2012, puis « Road Less Traveled » en 2016. Est-ce que ce sont les années où tu t’es le plus épanouie artistiquement ?

C’est dans ces années-là que j’ai commencé à produire ma propre musique, à la diffuser dans le monde entier et à essayer différentes sonorités. Chacun de ces disques est une capsule temporelle de ma vie à un moment donné et j’ai aussi expérimenté de nombreuses directions musicales différentes. « Before the Breaking », c’était le son des auteurs-compositeurs de Nashville et aussi mes premières chansons co-écrites. « The English Diaries » a été écrit et enregistré dans la chambre de mon appartement à Liverpool et il y a une ambiance un peu plus Indie assez britannique. « Love Hard » était le premier album que j’enregistrais avec de gros moyens et il a été inspiré par mon amour de la musique Pop/Rock, des guitares électriques et des artistes Pop féminines comme Katy Perry et Kelly Clarkson. Et enfin, l’album « Road Less Traveled » est vraiment beaucoup plus dépouillé, avec juste ma voix et ma guitare, le tout jouer et chanter en live.

– Tu as aussi sorti plusieurs singles pendant plus de dix ans et enfin le EP « Flying With Me » l’an dernier. Pourquoi revenir avec un format court, huit ans après ton dernier album ? Tu n’avais pas suffisamment de chansons, ou tu souhaitais quelque chose de plus resserré ?

« Fly With Me » est un EP très spontané et il n’était pas vraiment prévu. Je venais de tomber amoureuse et j’ai eu envie d’écrire cinq chansons en une semaine. Je venais juste de commencer à travailler avec cette incroyable société ‘Extreme Music’, qui fait beaucoup de synchronisation pour le cinéma et la télévision, et ils ont adoré le projet. Alors, nous avons décidé de le sortir sous forme d’EP et je suis très heureuse de l’avoir fait, car j’ai pu les jouer dans de nombreux spectacles l’année dernière comme à ‘Love Is Blind’, ‘Love Island’, etc… Et cela a aidé ma musique à être découverte par des gens du monde entier.

Photo : Ash Newell

– Est-ce que c’est aussi dû à notre époque, où tout le monde sort beaucoup d’EP et de singles, au détriment peut-être d’albums complets pour mieux occuper les réseaux sociaux ?

Je pense que lorsque les gens commencent à vous connaître en tant qu’artiste, aujourd’hui, il est préférable de sortir une chanson à la fois, ou un format court, pour ne pas en faire trop à la fois. Cependant, j’aime vraiment les albums complets et je travaillerai toujours dans ce sens. Je travaille actuellement sur le prochain que je viens de terminer d’enregistrer à Nashville et j’ai hâte que les gens l’entendent. C’est presque un double-album tellement il y a de chansons ! Mon son a vraiment évolué au fil des années et j’ai hâte de partager ce prochain chapitre de mon voyage musical.

– Avec « Flying With Me », tu reviens à une Country plus classique comme sur « Road Less Traveled ». Pourtant, « Love Hard » était un disque très Pop et très produit aussi. A l’époque, c’était pour être aussi en phase avec l’air du temps ?

A l’époque, j’étais obsédé par la chanson « Teenage Dream » de Katy Perry, par l’auteur-compositeur Max Martin et aussi par le premier album de Kelly Clarkson. Je voulais expérimenter ce genre de sonorités. Rondor était basée à Los Angeles, donc j’ai passé beaucoup de temps avec ce genre d’auteurs et j’ai vraiment adoré faire ce disque. Ces chansons sont optimistes et amusantes ! En fait, j’aimerais vraiment réenregistrer certaines d’entre-elles maintenant avec une nouvelle approche, car mon son a tellement évolué.

Photo : Oliver Halfin

– L’image de la Country Music souffre d’un petit côté western assez désuet pour le moment en France, et même en Europe. Tu étais chez nous récemment avant d’entamer une tournée anglaise bientôt. Que penses-tu de cette situation, qui devrait d’ailleurs vite évoluer, je pense ?

J’espère pouvoir montrer aux gens en Europe que la musique Country est bien plus qu’un style occidental. C’est avant tout une question de chansons et d’histoires avec une bonne production. Je pense que les chansons Country peuvent devenir populaires sur les radios Pop et auprès d’un public plus large. C’est ce que je rêve de faire.

– Toi qui a également travaillé avec Joe Bonamassa, Sarah Jarosz et beaucoup d’autres, que penses-tu des artistes comme Taylor Swift qui a laissé la Country pour la Pop et de Beyoncé qui fait le chemin inverse ? Est-ce que cela peut contribuer à la démocratisation du style dans le monde, ou ne va-t-elle pas perdre de son identité et de son ADN ?

Je pense que la musique est un voyage et que chaque artiste a son histoire à raconter. C’est à lui de décider de la façon dont il veut le faire. Cependant lorsqu’il s’agit de ce qu’est la Country Music, la définition concerne encore une fois son histoire et les paroles. Une chanson comme « The House That Built Me » de Miranda Lambert est l’une de mes chansons Country préférées, car le récit vous captive et c’est quelque chose à laquelle vous pouvez vous identifier immédiatement. Il y a des chansons Pop auxquelles je ne peux pas m’identifier de manière aussi profonde. Je pense que c’est ce qui rend la Country Music si spéciale.

Photo : Oliver Halfin

– Enfin, revenons à toi. Quand aurons-nous le plaisir de te retrouver avec un album complet ? Les chansons sont écrites. Où en est la production ?

J’espère sortir mon album complet d’ici la fin de l’année, ou début 2025 ! (Sourires) Mais avant de ça, je sors un autre EP de cinq chansons, qui est à nouveau en partenariat avec ‘Extreme Music’. Elles ont été écrites et enregistrées en une seule journée avec une incroyable équipe d’auteurs et de producteurs. Il s’appelle « Love Wins » et il y a beaucoup d’émotion dans chaque chanson. J’ai hâte que vous l’entendiez !

– Justement, dis-nous quelques mots au sujet de « Love Wins » qui arrive dans quelques jours. A-t-il été réalisé sur un coup de tête, car écrire et enregistrer cinq morceaux dans la même journée est un sacré challenge ?

« Love Wins » est né d’une journée organisée avec la société avec ‘Extreme Music’. C’était une journée de ‘camp’ d’écriture et d’enregistrement avec Hook Haus, un groupe incroyable d’auteurs et de producteurs de Nashville et de Los Angeles. Je n’avais jamais rencontré aucun d’entre eux jusqu’à ce matin-là à 10 heures ! Toute cette journée a été très créative et axée autour de mon travail et ma musique. Il y avait trois producteurs différents dans trois studios différents et je sautais de pièce en pièce. Je commençais et je terminais les chansons, puis nous collaborions tous ensemble. Ce fut une expérience TELLEMENT créative et merveilleuse pour moi. Normalement, c’est moi qui suis derrière la console du studio, donc c’était amusant d’avoir quelqu’un d’autre qui m’aidait à donner vie à mes idées dans ce climat très collaboratif

Photo : Oliver Halfin

– Comment t’es-tu organisée, car j’imagine que tu n’as pas pu travailler et répéter ces chansons-là avant d’entrer en studio ?

Il n’y a pas eu de répétition, car chaque chanson a été écrite sur place. Et tout le monde s’est impliqué dans chaque session pour nourrir et créer les morceaux. Avec Hook Haus, nous avons joué tous les instruments et géré toute la programmation.

– Un mot sur ta prestation vocale sur ce nouvel EP « Love Wins », qui est toujours aussi nuancée et, comme tu le soulignais, on sent beaucoup d’émotion. Tu as écrit toutes les paroles sur place ?

Oui, nous avons tout écrit ce jour-là en studio et nous avons enregistré toutes les parties vocales, ainsi que mes parties de guitare et de piano. Nous avons commencé à 10h le matin pour finir à 23h ! C’était sauvage !

– Enfin, comment tu es également productrice et multi-instrumentiste, quel regard as-tu pu poser sur cette journée un peu spéciale d’enregistrement ? Et as-tu donné la direction que tu souhaitais aux morceaux ?

Oui, j’ai apporté mes idées de production, mais Hook Haus a vraiment réussi à les élever à un autre niveau et assez différemment. C’était vraiment amusant de travailler avec différents producteurs et compositeurs aussi talentueux qu’eux. J’adore les chansons que nous avons écrites ensemble, tout comme le son de « Love Wins » que nous avons conçu ensemble.

Le nouvel EP d’ALYSSA BONAGURA, « Love Wins », sera disponible le 3 mai prochain sur toutes les plateformes et chez Extreme Music.

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Southern Rock

Blackberry Smoke : une tradition intacte

Pionnier de cette nouvelle génération de formations Southern à s’être émancipée d’un certain public pour en conquérir d’autres, BLACKBERRY SMOKE prouve, s’il était encore nécessaire, qu’il est ce grand représentant d’une musique typiquement sudiste qui vit, bouillonne et rayonne dorénavant comme au temps des Lynyrd Skynyrd, Allman Brothers Band, 38 Special et autres Molly Hatchet. « Be Right Here » est entraînant, joyeux, électrique, brut et d’une ferveur aussi palpable que confiante. Une réussite totale !

BLACKBERRY SMOKE

« Be Right Here »

(3 Legged Records/Thirty Tigers)

Avec « Your Hear Georgia » en 2021, BLACKBERRY SMOKE avait laissé beaucoup de fans sur leur faim, tant la déception fut grande. Cela n’a pas remis en question la grande qualité de ses prestation scéniques et encore moins celle de sa discographie, mais cela avait dévoilé certaines limites créatives. Cela dit, on peut aussi se dire qu’il ne s’agissait que d’un simple coup de mou, comme cela arrive chez la majorité des groupes. Car « Be Right Here » vient remettre quelques pendules à l’heure, et avec la manière. Techniquement imparable, le groove et les mélodies sont au rendez-vous, au même titre que l’inspiration et le feeling.

BLACKBERRY SMOKE retrouve ici son Southern Rock, le vrai, celui qui est gorgé de Country, de Blues et d’Americana. Et ce retour à une authenticité dissoute sur le précédent album donne cette belle sensation de liberté retrouvée, cette légitimité qui fait la force des Américains et qui les a très justement désignés comme le renouveau du Rock Yankee, après des années 70 désormais lointaines. Etonnamment, même le producteur Dave Cobb (Chris Stapleton, Jason Isbell), grand habitué et faiseur de disques très mainstream, est parvenu à rendre au groupe, avec « Be Right Here », ce son live et spontané, qui le rend si identifiable.

Enregistré entre Nashville et Savannah en Georgie, ce huitième opus dégage une sincérité que cette apparente simplicité rend immédiatement positive. Au chant, Charlie Starr surfe sur un groove roots et enthousiaste et donne brillamment le change à Paul Jackson avec qui il forme un somptueux duo de guitaristes. De « Dig A Hole » à « Barefoot Angel”, en passant par « Don’t Mind If I Do », « Little Bit Crazy », « Like I Was Yesterday » ou les plus délicats « Other Side Of The Light », et « Whatchu Know Good », BLACKBERRY SMOKE n’a pas à se forcer pour exceller dans un registre qu’il incarne autant qu’il le respire… à pleins poumons !

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Classic Hard Rock Heavy Rock

Plush : génération spontanée

Déjà rompu à la scène, et d’ailleurs actuellement en tournée avec Disturbed, PLUSH ne compte pourtant qu’un seul album à son actif, auquel vient s’ajouter « Find The Beautiful », un nouvel EP plein de surprises. Entièrement féminine, la formation évite avec talent les écueils de ses jeunes années. Bien au contraire, elle distille un registre déjà très expérimenté et créatif. Fortes d’un solide Heavy Rock, les musiciennes semblent prêtes à écumer le monde entier avec une facilité qui impressionne déjà.

PLUSH

« Find The Beautiful »

(Pavement Entertainment)

Affichant une petite vingtaine d’années de moyenne d’âge, PLUSH n’a pourtant pas mis très longtemps à se faire une place sur la scène Rock américaine. Avec un premier album éponyme sorti en 2021, dont les singles « Hate » et « Better Off Alone » ont squatté les charts US, le quatuor refait son apparition avec un nouvel EP. Ne chroniquant que très rarement les formats courts, « Find The Beautiful » est d’une telle fraîcheur qu’il est assez normal de s’y pencher. Ces six nouveaux titres en valent vraiment la peine.

Composé de la chanteuse, guitariste et compositrice Moriah Formica, de Bella Perron à la lead guiatre, de la bassiste Ashley Suppa et de la batteuse Faith Powell, PLUSH surprend véritablement par sa maturité musicale, autant dans l’écriture que dans l’interprétation. Avec un Heavy Rock proche d’une Classic Hard Rock, les Américaines se montrent piquantes et n’ont vraiment pas froid aux yeux. Il suffit d’écouter le chant, les parties de guitare et la rythmique pour s’en convaincre. Cette jeunesse-là est fougueuse.

Enregistré dans deux studios de Nashville, « Find The Beautiful » présente une belle maîtrise portée par une production qui dévoile toute la puissance, comme la délicatesse, que PLUSH déploie sur les six titres. C’est d’ailleurs un peu étonnant que le morceau-titre de l’EP soit une ballade, ce qui montre l’assurance des jeunes femmes. Musclées et très mélodiques sur « Run », « Kill The Noise » et le massif « Left Behind », elles sont également impériales sur la reprise de Heart, « Barracuda ». L’avenir leur tend les bras !

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Alternative Metal Alternative Rock

Red : vif

Toujours bardé de bonnes intentions, l’Alternative Metal de RED n’en est pas moins virulent et très rentre-dedans. Après un peu plus de 20 ans de carrière, « Rated R » est la huitième réalisation du combo et, mené par un Michael Barnes dont la prestation vocale impressionne, elle fait partie de ses meilleures. Les Américains sont toujours au rendez-vous avec une signature musicale et sonore intacte à laquelle ils restent fidèles. Sans déplacer les montagnes, ils assurent avec force.

RED

« Rated R »

(Red Entertainment/The Fuel Music)

J’ai toujours eu une certaine tendresse pour le quatuor du Tennessee que j’ai eu le plaisir de voir sur scène juste après la sortie de « Innocent And Instinct », son deuxième album, au Etats-Unis. RED m’avait fait forte impression et, malgré un succès légitime dans son pays, il n’est pas parvenu à vraiment s’exporter. La faute peut-être à un ancrage dans un Metal/Rock chrétien, qui a toujours peiné à percer hors des frontières américaines. Pourtant, le talent est là et il est indiscutable. Question de ferveur sans doute !

C’est vrai qu’à quelques exceptions près (Stryper, As I Lay Dying, Guardian, P.O.D., August Burn Red ou Demon Hunter), le White Metal reste confiné en Amérique du Nord pour l’essentiel. Mais revenons à RED qui présente donc son huitième album, produit par son guitariste Anthony Armstrong et qui sort sur le label du groupe. Trois ans après « Declaration », nos prêcheurs de Nashville offrent un visage toujours aussi racé, sont techniquement imparables et l’atmosphère globale est cette fois un peu plus sombre.

« Rated R » est très compact (33 minutes seulement), musclé et mélodique. Comme toujours, les riffs sont acérés et tranchants, la rythmique solide et rugueuse et l’ensemble terriblement efficace et accrocheur.  RED va à l’essentiel en alternant Metal et Rock sur des textes faisant un bilan assez chaotique de la société. Cela dit, les morceaux sont lumineux, habillement exécutés et bien aidés par une utilisation parcimonieuse de synthés, de chœurs et de cordes (« Surrogates », « The Suffering », « Cold World », « Emergency »). Ardent !

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Southern Blues Southern Rock

Parker Barrow : outlaw groove

Enjoué, rugueux et tendre à la fois, PARKER BARROW livre un premier opus très abouti, malgré son aspect un peu débridé. Groovy et audacieux, « Jukebox Gypsies » est un voyage dans le sud des Etats-Unis avec ses élans Rock, Blues et Soul. Au-delà d’évidentes filiations, la formation Southern affiche un visage très personnel et des chansons fougueuses pleines de feeling. Très prometteur.  

PARKER BARROW

« Jukebox Gypsies »

(Independant)

Bien sûr, PARKER BARROW tire son nom du célèbre couple de gangsters. Et il s’agit aussi ici d’une histoire de couple, composé de l’incroyable chanteuse Megan Kane et de Dylan Turner, batteur et compositeur. Uni à la scène comme à la ville, le duo présente son premier album, « Jukebox Gypsies », et le résultat est bluffant. Accompagné des guitaristes Manning Feldner et Alex Bender, ainsi que du bassiste Michael Beckhart, le groupe évolue dans un Southern Rock mâtiné de Blues et de Soul convaincant.

Malgré la relative jeunesse de la formation basée à Nashville, c’est un registre assez Old School que propose PARKER BARROW. Axé sur les quatre dernières années du couple, « Jukebox Gypsies » raconte en dix morceaux les hauts et les bas des deux artistes dans un style très roots, Rock et d’une énergie brute. Authentique et direct, le quintet alterne le chaos et des émotions pures avec toute la grâce incarnée par son explosive et sensuelle frontwoman. Très live dans l’approche, la performance est belle.

C’est assez difficile de croire qu’il s’agit d’un premier album, tant le songwriting est précis et redoutable d’efficacité. PARKER BARROW ne s’encombre pas de fioritures et va à l’essentiel, tout en gardant un souci du détail qui fait toute la différence (« Peace, Love, Rock’n’Rollin’ », « Throwin’ Stones », « Count Your Dollars », « Partner In Crime », « Good Time Gone Away », « Desire »). Influencé par la scène sudiste et avec un petit côté Janis Joplin dans la voix, les Américains séduisent d’entrée de jeu.

Photo : Caylee Robillard
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Country

Alana Springsteen : something new

La très florissante scène Country américaine ne cesse de faire émerger de jeunes chanteuses dont le talent, souvent précoce, surprend par la qualité d’interprétation et aussi la force d’écriture. ALANA SPRINGSTEEN fait partie de cette nouvelle génération, qui ne vient pas bousculer l’ordre établi, mais plutôt lui apporter un petit supplément d’âme, en sortant habillement et tout en finesse des habituels clichés. Dès son premier effort, « Twenty Something », elle montre qu’elle n’a pas froid aux yeux et son avenir semble d’ores et déjà tracé.

ALANA SPRINGSTEEN

« Twenty Something »

(Columbia Records NY/Sony Music Nashville)

Originaire de Virginie et désormais installée à Nashville, Tennessee, la jeune musicienne fait déjà preuve de beaucoup d’assurance et d’un charisme certain alors que sort tout juste son premier album. Sans complexe et affichant une belle maturité musicale, ALANA SPRINGSTEEN a même décliné « Twenty Something » en trois parties qu’elle a sorti séparément au fil des mois (« Messing It Up », « Figuring It Out » et « Getting It Right »). Avec du caractère, elle fait des débuts remarquables et remarqués outre-Atlantique dans un registre qui ne cesse de se renouveler.

Du haut de ses 22 ans, l’Américaine marche dans les pas des grandes chanteuses Country avec une confiance et un savoir-faire étonnants. Dans le sillage de Carrie Underwood et Miranda Lambert notamment, ALANA SPRINGSTEEN dégage beaucoup de fraîcheur et, portée par l’insouciance et la spontanéité de son âge, elle apporte une touche originale au style. Tout en contraste, les trois parties de « Twenty Something » se fondent dans un ensemble très homogène construit sur 18 morceaux très matures. Son aplomb et sa créativité détonnent à travers des titres forts, tendres et intenses.

Si la songwriter tient aussi la guitare, elle s’est entourée de musiciens chevronnés, dont d’ailleurs un très bon six-cordistes. Les textes d’ALANA SPRINGSTEEN se retrouvent ainsi solidement mis en lumière et elle parcourt ses émotions de jeune femme avec autant d’innocence que de chaleur et de sensibilité. Difficile de ne retenir que quelques titres sur ce long « Twenty Something », mais « Cowboy And Tequila », « Chameleon », « Tennessee Is Mine », « You Don’t Deserve A Country Song », « Amen », « Caught Up To Me » et le morceau-titre sortent du lot. A surveiller de très près !