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Hard 70's Heavy Stoner Psych International

Saturna : master of rings [Interview]

Avec leur sixième album, les Catalans se sont délestés de tout superflu, de tous ces effets omniprésents sur les productions actuelles pour revenir à l’essentiel, à savoir la transmission des émotions. Et le résultat est criant de vérité et d’authenticité. SATURNA nous propulse au cœur de ses morceaux dans un environnement organique savoureux. Il faut dire que son registre s’y prête vraiment et que ces nouvelles compositions résonnent d’une grande justesse, d’un feeling de chaque instant doté d’arrangements bien sentis. En effet, « Light And Shadow » remonte le temps sous le prisme d’un Rock parfois psychédélique, aujourd’hui qualifié de ‘classique’, qui se veut direct et sincère. Rarement les instruments et le chant n’auront trouvé aussi facilement leur place au sein d’un Hard 70’s que le quatuor a délicatement voilé de Stoner Rock. Y compris dans le songwriting, rien n’est laissé au hasard. Les guitares sont scintillantes, la voix et les chœurs envoûtants et la rythmique nous ramène aux belles heures d’un groove presque charnel, le tout bercé par des mélodies irrésistibles. Les Espagnols atteignent ici à un sommet de leur art, et ce nouvel opus s’inscrit déjà parmi les meilleurs de l’année. Rencontre avec des musiciens qui ont une idée bien précise de leur musique et qui sont passés maîtres dans l’art de la capturer pour mieux la laisser respirer.

– « Light And Shadow » est votre sixième album et surtout, il marque l’arrivée à la guitare et à la composition de Max Erikson. Comment son intégration s’est-elle passée et explique-t-elle les trois ans depuis« The Reset », car vous nous aviez habitués à un rythme plus soutenu ?

L’arrivée de Max a évidemment apporté de nouvelles idées de composition. Par exemple, sur des morceaux comme « No Questions », largement inspiré de son idée personnelle, on perçoit un rythme et un style beaucoup plus rapides que ce que SATURNA proposait ces derniers temps. Et honnêtement, l’intégration s’est faite très naturellement. Il a été très actif, apportant de nouvelles idées, peaufinant celles que nous avions déjà et créant avec une énergie renouvelée en répétition. Il a également insufflé sa propre personnalité et son propre style aux anciens morceaux de notre setlist, composés avant son arrivée, et cela se ressent en concert notamment.

– Vous avez vous-mêmes enregistré ce nouvel album et confié le mix à votre batteur, Enric Verdaguer, ce qui est une première pour SATURNA. Est-ce que l’idée était de donner à « Light And Shadow » le son que vous recherchiez vraiment, à savoir un environnement très organique et une approche live ?

Ce n’est tout à fait pas la première fois qu’Enric mixe un album pour nous. Il l’avait déjà fait pour « Atlantis » et quelques autres titres pour des compilations. Ce changement de son est tout à fait intentionnel. Nous voulions nous éloigner du style de production de notre précédent album (« The Reset »), que nous adorons, mais qui impliquait beaucoup plus de préproduction, de nombreuses pistes, des samples et un montage poussé. Ici, nous voulions faire exactement l’inverse : de nombreuses prises complètes et sans coupure, un montage minimal et aucun sample.

Au lieu de trop lisser l’équalisation, nous voulions laisser chaque instrument respirer et conserver son timbre unique, loin de cette perfection moderne et lisse. Nous recherchions le son brut d’instruments jouant ensemble dans une même pièce, avec toutes leurs imperfections naturelles, leurs médiums un peu brouillés et leur résonance. L’objectif principal était de recréer au plus près le son de nos répétitions. C’est évidemment très différent des méthodes de production actuelles et cela ne plaira peut-être pas à tout le monde.

– Pour rester sur la production de l’album, vous avez confié sa distribution aux labels Spinda Records, Discos Macarras et Ripple Music pour les Etats-Unis. C’est assez inhabituel d’autant que vous le produisez. Comment s’organise un tel déploiement et qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

Oui, même si nous avons géré l’enregistrement et le mixage nous-mêmes, des aspects comme le pressage physique et surtout la distribution, le marketing et les campagnes sur les réseaux sociaux, c’est-à-diretout ce qu’implique la sortie d’un album digne de ce nom, représentent une charge de travail bien trop importante pour que nous puissions la gérer seuls. C’est pourquoi nous sommes si reconnaissants, notamment envers Spinda Records et Dani de Discos Macarras. Cette fois-ci, ils se sont associés à Ripple Music, ce qui nous permet d’être distribués également aux Etats-Unis. Je trouve qu’ils font un travail formidable avec les médias, les relations presse et le positionnement, ce que nous n’aurions jamais pu réaliser seuls.

– Revenons à « Light And Shadow » qui, comme le titre le laisse entendre, traite de plusieurs dualités à savoir les ténèbres et la lumière, la vie et la mort et l’amour et la haine. Pourtant, là on aurait pu s’attendre à des atmosphères assez sombres, vous avez surtout jouer sur les textures sonores et l’ensemble est très homogène et lumineux. Plus que le contraste musical, l’objectif a-t-il été de mettre en avant les émotions ?

Au final, un album moins produit respire davantage. En épurant les choses et en évitant les arrangements et les orchestrations superflus, on laisse la composition s’exprimer pleinement. On apprécie mieux chaque élément, le son de chaque instrument et les textures spécifiques recherchées, le tout enregistré en live avec des effets, capturant la dynamique naturelle, l’interprétation vocale et tous ces détails. Tout est plus perceptible ainsi. Au final, l’essentiel est de mettre en valeur l’émotion brute. Par exemple, le morceau « About You » a été enregistré entièrement par Jimmy, en une seule prise sur laquelle il joue de la guitare et chante dans sa chambre. On a envisagé de le réenregistrer, mais on a finalement décidé de garder cette prise live enregistrée chez lui pour l’album. Et c’est peut-être ce que tu voulais dire : ne pas rechercher la perfection. Jimmy a simplement chanté et enregistré sur le vif, en fonction de ce qu’il ressentait, et quand je l’écoute aujourd’hui, ça se ressent vraiment. Une version studio aurait peut-être sonné beaucoup mieux techniquement, mais elle n’aurait pas transmis la même émotion que cette prise.

– Parmi les ambiances qui traversent « Light And Shadow », on retrouve ce qui fait votre style, c’est-à-dire un mélange savamment dosé de Hard Rock classique, de proto-Metal et de Rock psychédélique. Forcément, l’ensemble sonne très 70’s, mais l’album est loin d’être déconnecté de notre époque. Comment faites-vous le pont ? Grâce à l’écriture ou à l’état d’esprit global de SATURNA, qui reste très ouvert ?

Ce qui est génial avec ce groupe, c’est qu’on n’est pas des puristes. En fait, s’enfermer dans un genre précis peut parfois avoir une connotation négative. On a l’impression de se brider et de s’empêcher d’explorer de nouvelles pistes. Pour nous, c’est tout le contraire. On laisse simplement s’exprimer toute la musique qu’on a écoutée, vécue et aimée, quand elle en a besoin. C’est peut-être pour ça que nos chansons touchent autant les gens. Certains auditeurs nous entendent et se disent : « Punaise, on dirait un groupe tout droit sorti des années 70 ! » tandis que d’autres, plus sensibles aux années 90, disent qu’on sonne Grunge, Stoner ou un truc du genre. Au final, l’’important est de faire la musique qu’on a envie de faire. Nos racines et nos influences finissent toujours par ressurgir naturellement. Après, c’est aux autres de coller des étiquettes et de décider de notre style, mais pour nous, c’est toujours profondément personnel.

– Il y a aussi une chose marquante sur ce nouvel album, c’est le travail sur les guitares, qui montre la belle complicité entre James et Max, que ce soit au niveau des riffs comme de l’intensité des solos. Est-ce justement sur cet aspect que vous avez porté vos efforts cette fois-ci ?

Au final, tout cela nous ramène à ce que nous disions précédemment. L’album n’étant pas surproduit, tout repose essentiellement sur la composition. A cet égard, Jimmy et Max, malgré leur immense talent de musiciens, jouent toujours au service de la chanson. Chaque morceau est méticuleusement structuré, que ce soit dansle jeu de chaque guitare pendant que l’autre joue autre chose, ou encore l’exécution d’un solo. Même un solo spectaculaire s’accompagne toujours d’une ligne mélodique, qui s’intègre parfaitement au morceau, faisant office de transition entre les différentes sections. Ce sont ces détails sur lesquels nous nous sommes vraiment concentrés et que nous avons travaillés avec acharnement, aussi bien en studio que sur scène, et je pense que c’est précisément ce que l’on remarque à l’écoute de cet album.

– J’aimerais qu’on dise aussi un mot sur « About You » et « Opus One », qui sont tous les deux des titres acoustiques. Avez-vous conçu ces deux morceaux comme des sortes de respiration, au regard du reste de l’album ?

Honnêtement, au départ, ces chansons n’avaient pas d’autre but que de être simplement crées pour elles-mêmes, par besoin de transmettre quelque chose. Mais il est vrai qu’une fois l’album enregistré, après fait la même chose avec tous les morceaux que nous avions jusque-là, et surtout lorsqu’il faut faire un album avec une durée très limitée par face, on arrive à un moment où il faut établir la tracklist. C’est là qu’on réfléchit à la place de chaque chanson sur chaque face. Il faut que la durée soit plus ou moins la même sur les deux et il faut aussi éviter que la dynamique ne s’essouffle. Alors, à ce stade, on évite peut-être de placer deux chansons similaires trop près l’une de l’autre, tu vois ? On s’assure que tout s’enchaîne bien pour que l’album s’écoute d’une traite et que tout soit cohérent.

– Enfin, l’album s’achève avec « A Strange Mix Of Humans », qui est un texte de votre ami John Mann, illustrateur à Los Angeles. C’est un message qu’il vous a laissé et qui est d’une incroyable justesse et d’une grande profondeur. Il est d’ailleurs accompagné de la guitare classique de Mariano Rupil. Il résonne comme une sorte d’écho à une réflexion que peu ont dans l’industrie musicale actuelle. Dans quelle intention l’avez-vous intégré à « Light And Shadow » ?

Ce morceau est en fait un enregistrement vocal WhatsApp d’une conversation que Jimmy a eue avec lui. Si je me souviens bien, ils parlaient des Sex Pistols. Quand on l’a entendu, avec la voix de Johnny, son interprétation et ce qu’il a dit à ce moment-là, on s’est dit : « Il faut absolument que ce soit sur l’album ! » On a eu un moment la crainte que les gens pensent que c’était notre propre opinion et que ça sonne un peu… comment dire ?… un peu arrogant, voire prétentieux.

Mais au fond, je pense que c’est une opinion qui a toujours été présente dans l’Histoire de la musique. On peut former des super-groupes avec des membres incroyables dans leurs propres formations, mais ensuite, pour une raison ou une autre, quand ils forment ce nouveau groupe, ça ne marche pas. Ou on peut avoir d’excellents instrumentistes, mais quand on les réunit, ça ne donne pas de bonne musique. A l’inverse, parfois, quatre gars qui ne sont même pas particulièrement doués, ou qui, a priori, ne devraient pas travailler ensemble, finissent par faire de la super musique pour une raison inconnue. C’était simplement cette réflexion et nous l’avons adorée. Nous y avons ensuite ajouté l’accompagnement de guitare classique de Mariano. Au final, c’est tout simplement une idée qui nous plaisait beaucoup et nous trouvons qu’elle reflète bien la musique que nous écoutons.

Le nouvel album de SATURNA, « Light And Shadow », est disponible chez Spinda Records, Discos Macarras et Ripple Music pour les Etats-Unis.

Commande directe sur le site du label : www.discosmacarras.com

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Classic Hard Rock Classic Rock

Wicked Elephant Revival : electric fever

Avec une énergie débordante et un feeling incontestable, les Français signent un premier long format tout en maîtrise et surtout doté d’un songwriting imparable. Dans un Classic Rock moderne et fougueux, WICKED ELEPHANT REVIVAL marche dans les pas des pionniers avec quelques belles fulgurances Southern et Hard Rock. Très fédérateur, le quintet multiplie les ambiances sans se disperser et vibre à l’unisson sur ce « No Rest For The Wicked », aussi ambitieux qu’addictif. La sincérité de sa démarche rend cet album d’une maturité artistique devenue rare dans l’hexagone.

WICKED ELEPHANT REVIVAL

« No Rest For The Wicked »

(Independant)

A une époque où l’uniformité musicale commence à prendre beaucoup de place et où la technologie s’immisce au cœur-même de la création, WICKED ELEPHANT REVIVAL fait le pari de revenir aux sources du Rock, et même du Hard Rock, afin d’y apporter sa contribution avec originalité et conviction. En musiciens chevronnés, les Toulonnais distillent un registre bien à eux, sans éluder certaines influences évidentes qu’ils utilisent plutôt comme un socle indéfectible et la base d’un style qu’ils entendent bien encore faire briller.

Actif depuis 2022, WICKED ELEPHANT REVIVAL s’était déjà fendu d’un EP de quatre titres l’an dernier, « Mojo Rising », laissant présager du meilleur. Et ce premier effort se montre très largement à la hauteur des attendes. Grâce à une production puissante et organique, « No Rest For The Wicked » possède toute l’ampleur et le relief nécessaires à la dimension de ces nouveaux morceaux. Emprunt d’une saveur vintage enveloppante, les Azuréens se plongent dans l’époque dorée des années 70 à 90 avec inspiration et beaucoup de volume.

Passé un « Prologue » tout en émotion, WICKED ELEPHANT REVIVAL impose sa touche sur un groove épais et chaleureux, s’offrant même quelques embardées psychédéliques bien senties. Le duo basse/batterie est solide, le guitariste tranchant, le claviériste inspiré et le chanteur joue d’un timbre touchant et éraillé pour porter chaque chanson. Il y a du Robert Plant, du Steven Tyler et un brin de Tom Kiefer dans la voix de ce généreux frontman (« Evermore », « Fast Is Nice », « Father And Son », « Beautiful », « The Wicked And The Wise »). Authentique et soigné.

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Classic Hard Rock

Deep Purple : la noblesse de l’art

N’est-il pas plus réjouissant de voir un groupe au sommet de son art, plutôt que d’attendre de lui qu’il se réinvente à chaque disque ? Et lorsqu’il atteint un certain nombre de décennies d’activité, comme c’est le cas pour DEEP PURPLE dont l’aventure a commencé en 1968, l’essentiel est donc de ne pas se reposer sur ses lauriers, mais de ressentir une plénitude artistique et une joie d’aller de l’avant. Il semblerait que ce soit l’objectif (atteint) de ces pionniers du Hard Rock, devenus une référence pour des générations d’artistes. Et « Splat ! » est un modèle du genre.

DEEP PURPLE

« Splat ! »

(earMUSIC)

Certains phœnix renaissent de leurs cendres et DEEP PURPLE en est un exemple vivant. Deux ans après le très bon « =1 », qui a acté l’arrivée de Simon McBride à la guitare, le quintet a repris des couleurs et a surtout retrouvé l’inspiration. Etonnamment, c’est en effectuant un retour aux sources que le groupe se régénère et développe avec une touche actuelle le son et l’écriture qui ont fait sa gloire. Avec « Splat ! », la dynamique est relancée et la symbiose entre les cinq musiciens débouche sur une créativité réellement accrue et une interprétation virtuose.

N’en déplaise à quelques puristes, DEEP PURPLE possède aujourd’hui son meilleur line-up depuis le début des années 2000. Et ce regain d’énergie vient peut-être de son guitariste, qui n’a pas encore 50 ans, car Ian Gillian (chant), Roger Glover (basse), Ian Paice (batterie) et Don Airey (claviers) affichent une envie et une vitalité qui font de ce 24ème album une pièce magistrale de la belle discographie de la formation britannique. Et comme pour le précédent opus, « Splat ! » a été enregistré en conditions live et brillamment produit par le grand Bon Ezrin.

Les sensations qui émanaient des premières et mythiques réalisations retrouvent ici un nouvel éclat. Le feeling entre le six-cordiste irlandais et l’organiste donne l’impression d’une complicité de toujours. La galopante rythmique, qui a aussi forgé le son de DEEP PURPLE, est intacte et Ian Gillian conserve son timbre de voix, tout en ayant revisité son approche du chant. Du grand art ! Puissant, organique et déployant des mélodies accrocheuses, les Anglais ne donnent pas le sentiment de regarder vers le passé, mais plutôt de se projeter et de s’inventer un avenir serein. Somptueux !

Photo : Olaf Heine

Retrouvez aussi la chronique de « =1 » :

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Hard 70's Heavy metal Old School

Bygone : une dimension spatiale

Du côté de Boston, BYGONE a décidé de remonter dans le temps, jusqu’aux 70’s pour être précis. La tête dans les étoiles et les pieds sur terre, les six musiciens se livrent à un exercice de style mené avec la manière. Mêlant Hard et Heavy avec dextérité, ils nous font vivre une belle et saisissante épopée composée de montées en puissance incandescentes et de plages aériennes aux allures cosmiques et planantes. Cet album est une ode à une période dorée du Rock au sens large.

BYGONE

« Bygone »

(Svart Records)

Ayant fait leurs armes chez Magic Circle, Blazon Rite, Concilium, Witchtrial et Missionary Work, les membres de BYGONE œuvrent dans un style dont ils maîtrisent tous les contours et ce premier effort éponyme ressemble à tout sauf à un coup d’essai. Entre Hard Rock et Heavy Metal, le style du groupe offre bien des facettes avec des envolées proto-Metal, occultes et avec même un léger accent Acid Rock. Ancré dans les années 70 et le début des 80’s, il se montre brillant et inventif…comme à la grande époque.

Après une première démo il y a trois ans, BYGONE se lance donc sur la durée dans un voyage cosmique avec une touche personnelle déjà perceptible. Certes, les références majeures sont assez évidentes, mais leur complémentarité sonne juste et surtout donne un bel élan à « Bygone ». Parmi les plus notables, on retient l’empreinte nette de Kiss, Think Lizzy, ou Rainbow avec un soupçon d’Uriah Heep et UFO. Le combo affiche beaucoup de sérénité dans une ambiance très organique, intense et à l’esprit très underground.

Dans un décor musical assez fastueux, le sextet laisse libre-court à son imagination et elle est franchement fertile. Sur des rythmiques galopantes, des atmosphères cinématographiques et de l’humilité dans la démarche comme dans le chant, les Américains enchaînent les riffs acérés et les parties d’orgue Hammond majestueuses. Non sans émotion, BYGONE impose une solidité de chaque instant et se fait captivant au fil des morceaux (« Lightspeed Nights », « Take Me Home », « Shadow Rising », « Into The Gleam », « City Living »). Costaud !

Photo : Connie Carpenter

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Classic Hard Rock Hard Blues

Will O’Dusk : warm & intense

C’est rassurant de voir qu’il existe encore des groupes capable de signer de si bons débuts. Certes, le Hard Rock des Italiens résulte d’une belle combinaison d’influences bien assimilées, mais il conjugue classicisme et modernité sur un fond de Blues savamment dosé. Musicalement costaud, WILL O’DUSK affiche beaucoup de confiance et d’envie. Entre riffs racés et une rythmique intense, les Transalpins peuvent également compter sur un frontman caméléon, qui offre à « The Long Lasting Dusk » une saveur particulière.

WILL O’DUSK

« The Long Lasting Dusk »

(Diotima Records)

Même s’il n’a que deux ans d’existence, WILL O’DUSK affiche beaucoup de maturité sur son premier album et si plusieurs courants traversent « The Long Lasting Dusk », il y règne une belle unité. Ainsi, Riccardo Barchiesi (chant), Danilo Casali (guitare), Stefano Grossi (basse) et Luca Gambazza (batterie) se sont forgés un style bien à eux et semblent y avoir injecté l’ensemble de leurs références musicales. Cela dit, loin de s’y perdre, les quatre musiciens affichent au contraire beaucoup de cohésion et de force.

En jouant sur les contrastes et la dualité dans ses textes, WILL O’DUSK s’ouvre aussi de multiples horizons sonores. Globalement Hard Rock, « The Long Lasting Dusk » se fonde aussi sur des racines Classic Rock et un brin de Southern, une sorte de croisement entre Led Zeppelin, The Black Crowes avec un soupçon de Cinderella et son côté bluesy. La recette est belle et le résultat l’est tout autant. Les Milanais maîtrisent parfaitement leur sujet et cela s’entend dans la structure des morceaux, qui sont assez complexes à l’occasion.

Grâce à un chanteur aux vastes capacités vocales, WILL O’DUSK surfe sur les émotions et cette première réalisation se distingue par sa construction en deux faces assez distinctes. L’ouverture est plus sombre avec des titres comme « Break In Case Of Emergency », « Crossroads » ou « Lucifer’s Tears ». Le quatuor se fait ensuite plus lumineux, mais sans perdre de son impact (« Let It All Explode », « Slowmo », « Last Drop »). De la pénombre à la clarté, « The Long Lasting Dusk » garde cette atmosphère à la fois véloce et apaisante.

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Classic Rock Heavy Blues International

Tapeworm Electric : une profondeur intemporelle [Interview]

Très instinctif, malgré un ancrage profond dans un Classic Rock très anglais, TAPEWORM ELECTRIC sort son épingle du jeu et frappe fort avec un premier album très réussi. Le quintet hellène semble même avoir trouvé son allure de croisière et livre un Heavy Blues percutant, basculant à l’envie vers un Hard Rock brûlant. Grâce à une chanteuse dont la voix est aussi puissante qu’envoûtante, la formation athénienne sonne très live et la spontané dont elle fait preuve la rend encore plus accrocheuse. Le groupe revient sur la sortie, toute récente, de son premier opus « Moonshine ».

– A la sortie de votre premier EP, « Fire » en 2019, vous aviez déjà fait forte impression et les quatre singles sortis en 2021 et 2022 avaient confirmé votre potentiel. Vous sortez votre premier album après huit ans d’existence. L’attente est finalement assez longue. Aviez-vous besoin de certitudes sur vos morceaux et votre jeu ?

La principale raison de ce retard vient de la stabilité du line-up. Lorsque nous nous sommes sentis en confiance en tant que groupe, nous avons commencé à travailler sur la création de cet album. Pet parmi les autres raisons, on peut citer la baisse d’activité pendant la période du Covid et des difficultés personnelles que nous avons aussi pu rencontrer individuellement.

– Vous avez aussi récemment signé chez Pitch Black Records. Cela faisait-il également partie des conditions pour sortir « Moonshine », d’avoir le support d’un label ?

Oui, le soutien et les conseils d’un label, qui se soucie réellement de la musique et du groupe, ont grandement facilité la sortie de l’album. Pitch Black Records s’est chargé de toute la distribution, du pressage des CD, de la promotion, etc… Nous avons ainsi pu nous concentrer pleinement sur la création des morceaux.

– « Moonshine » est particulièrement abouti pour un premier album, grâce à des morceaux très accrocheurs et aussi une production très soignée. On a vraiment l’impression que TAPEWORM ELECTRIC est passé à la vitesse supérieure. Comment s’est passé l’enregistrement et quelles ont été vos priorités afin d’obtenir ce son si organique, chaleureux et authentique ?

C’est un grand compliment pour nous, merci beaucoup. En effet, nous avons pris le temps de présenter nos idées et nous avons gardé celles qui nous semblaient justes. Nous sommes ensuite passés à la préproduction : nous avons enregistré les morceaux, les avons écoutés et apporté quelques modifications, avant d’entrer en studio pour finaliser l’album. On privilégie toujours l’expressivité des chansons, sans en faire trop. Nous nous concentrons sur les mélodies, des performances solides et l’énergie live du groupe. Au niveau de la production audio, on a surtout cherché à conserver un son aussi naturel que possible. Sur le disque, vous entendez de la vraie batterie, de vraies guitares et il n’y a aucun traitement par IA sur les voix.

– Passé « Interlude », l’intro basée sur une slide très épurée, on pourrait s’attendre à ce que « Moonshine » tende plutôt vers le Blues et pourtant, c’est le côté Heavy Rock qui prend le dessus. Votre Classic Rock est très intemporel, même s’il sonne actuel. Est-ce que votre intention est de perpétuer cet héritage Rock et comment cela se traduit-il dans votre écriture ?

Le blues n’est-elle pas la mère de toute la musique contemporaine ? Par ailleurs, c’est vrai qu’on adore le son du Heavy Blues britannique et ensuite son évolution vers le Hard Rock. On a grandi en écoutant Led Zeppelin, Deep Purple et Uriah Heep. Ces héros nous inspirent beaucoup, mais notre écriture est spontanée. On essaie de composer pour exprimer ce qu’on ressent et créer une musique qui nous parle.

– Cela dit, il y a toujours un fond bluesy chez TAPEWORM ELECTRIC, comme s’il était un peu la base de votre musique. Le percevez-vous comme le socle de votre style, celui qui vient propulser ensuite une dimension clairement Rock et très 70’s aussi ?

Cette influence bluesy est innée, elle coule vraiment dans nos veines. Notre style repose avant tout sur nos influences, et notamment sur tous ces grands groupes de Rock des années 70 inspirés par le Blues donc, mais aussi par des formations qui vont de Fleetwood Mac à Black Sabbath.

– Pour celles et ceux qui vous suivent depuis vos débuts, il y a une grande similitude entre le morceau qui ouvrait « Fire », c’est-à-dire « Worms », et « Moonshine », qui figure sur l’album. S’en est même bluffant, c’est une sorte de signature ?

Le seul point commun entre « Worms » et « Moonshine », c’est leur intro très Blues. « Worms » est un morceau Hard Rock Shuffle qui parle de la société actuelle, tandis que « Moonshine » est une chanson d’amour aux guitares saturées. Les tempos et les structures d’accords sont également différents. Pourtant, c’est vrai qu’il existe une formule que nous avons tendance à utiliser régulièrement dans notre approche des riffs et l’architecture des morceaux. Si c’est notre signature, alors il est difficile de s’en défaire.

– L’une des choses qui frappe à l’écoute de votre musique, c’est bien sûr la puissance et la luminosité de ta voix, Argyro. D’ailleurs, c’est l’un des atouts majeurs de TAPEWORM ELECTRIC. De quelle manière qualifieriez-vous cette évolution assez incroyable entre « Fire » et « Moonshine » sur ces six dernières années ? C’est un travail constant et une plus grande confiance en soi ?

Argyro est une chanteuse et une professeure de chant exceptionnelle. A nos débuts, elle était, et elle l’est toujours, passionnée par la Soul. Elle n’avait pas l’habitude de chanter des morceaux plus Rock, mais elle avait déjà cette énergie en elle. C’est vrai qu’elle a travaillé dur sur ses performances et elle a aussi commencé à écouter aussi des musiques plus Rock. Cela dit, elle évolue constamment et elle se dépasse sans cesse et cela s’entend clairement sur l’album.

– George Kasapidis, votre bassiste, prend aussi le lead vocal sur deux morceaux : « Right Reasons » et « Turn Into Black ». Est-ce que chacun chante ses propres textes, ou il s’agit plus simplement pour apporter de la diversité ?

Tous les membres du groupe ne chantent pas leurs propres textes, mais si l’un d’entre-eux ressent le besoin de prendre le micro et de s’exprimer, il en a la possibilité. « Right Reasons » et « Turn Into Black » sont des chansons très personnelles et il semblait tout simplement naturel que ce soit George qui les interprète.

– Enfin, j’aimerais que vous me disiez un mot de « Hold On », long de sept minutes et qui possède un réel esprit jam. C’est un titre très varié avec une atmosphère qui passe de sonorités à la Black Sabbath à un chant qui rappelle Heart, et qui peut même donner quelques frissons. Vous l’avez voulu comme une sortie d’hommage, ou un instant de plaisir simple et de partage ?

« Hold On » est une chanson qui est restée dans un tiroir pendant plus de 15 ans. Elle parle de rédemption, de l’exorcisme de nos démons intérieurs et de la paix avec soi-même. En fait, il en existait déjà une très courte démo. Alors, lorsque George l’a présentée au groupe, l’idée de la retravailler nous a paru évidente. On y trouve un petit hommage aux groupes qu’on adore à travers l’intro à la batterie, les twin-guitares, les passages psychédéliques… Il y a des références directes, c’est vrai. Par ailleurs, on n’a jamais caché notre amour pour tous ces groupes, mais nous avons surtout essayé de les réinterpréter à la sauce TAPEWORM ELECTRIC.

« Moonshine », le premier album de TAPEWORM ELECTRIC, est disponible chez Pitch Black Records.

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Hard Rock

The Dead Daisies : intenables

Depuis le retour de John Corabi derrière le micro, THE DEAD DAISIES semble plus assuré que jamais. Les riffs massifs de David Lowy, les solos toujours inspirés de Doug Aldrich et le tonitruant duo basse/batterie formé par Michael Devin et Tommy Clufetos renouent avec une énergie brute. Rompu à la scène, ils sont tous les cinq dans leur élément et cette belle captation de leur prestation au festival ‘Stonedead’ fait littéralement vibrer les spectateurs à l’unisson sur un Hard Rock costaud et rassembleur. Les échanges sont nombreux, et les fans comme le groupe se régalent de cet instant suspendu.

THE DEAD DAISIES

« Live At Stonedead »

(Independant)

L’été dernier, le quintet a conclu sa tournée britannique avec un passage très remarqué au festival ‘Stonedead’, au Newark Showground, au cœur de l’Angleterre. Créé en 2018, il renoue avec l’esprit ‘Monsters Of Rock’ et offre dix groupes sur une journée et une même scène. Le 23 août dernier, THE DEAD DAISIES y a donc fait escale avec la ferme intention d’y mettre le feu. Mission accomplie pour la formation américano-australienne qui a laissé une empreinte indélébile que l’on peut se réjouir de revivre juste en ligne malheureusement.

Loin de la quiétude du Fame Studio de Muscle Shoals où il avait enregistré le bluesy « Lookin’ For Trouble » sorti en juin dernier, c’est dans le bouillonnant chaudron du ‘Stonedead’ que le groupe est venu livrer un set survitaminé d’une heure devant un public tout acquis à sa cause. Dans une ambiance électrique et avec son frontman retrouvé, THE DEAD DAISIES a surtout insisté sur la partie de sa discographie avec John Corabi évidemment, et notamment sur l’album « Light’Em Up », tout en montant en puissance avec quelques surprises à la clef.

En ouvrant avec « Long Way To Go », puis « Rise Up », la foule ne met longtemps à être conquise avant de savourer des morceaux qui prennent toute leur dimension en live (« Light’Em Up », « I Wanna Be Your Bitch», « I’m Gonna Ride », « Going Down », « Mexico », « Resurrected »). Si cette fois, on échappe à une reprise de Deep Purple, THE DEAD DAISIES se fend d’un explosif « Fortunate Son » de CCR et clot son concert par le non-indispensable « Helter Skelter », preuve que le combo sait aussi s’adapter à son auditoire.

A noter que « Live At Stonedead » n’est disponible qu’en version numérique.

Retrouvez les chroniques des récents albums du groupe :

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Hard Blues

The Dead Daisies : reloaded Blues

Chaleureux, frais et spontané, « Lookin’ For Trouble » vient s’inscrire dans les très bons albums de Hard Blues. Pourtant, le quintet américano-australien livre un disque de reprises un peu éloigné de ce qu’il propose habituellement. Seul l’actuel line-up de THE DEAD DAISIES était en mesure de produire un tel album et il l’a fait avec la forme et sans dénaturer le fond. La sensation organique qui s’en dégage est tout simplement radieuse. Un entremet qui fait un bien fou et qui remet pas mal de choses à leur place.

THE DEAD DAISIES

« Lookin’ For Trouble »

(Malaco Records)

THE DEAD DAISIES a de la suite dans les idées, ou plutôt son producteur, Marti Frederiksen. Il y a quelques mois, le groupe avait investi le mythique Fame Studio de Muscle Shoals en Alabama pour y enregistrer « Light ‘Em Up », paru en septembre dernier. Et avec ce genre de musiciens, les surprises ne manquent jamais. Alors le soir, pour se détendre, ils jouaient de vieux standards de Blues (l’endroit s’y prête tellement !), et l’idée de capter ses sessions n’a pas été longue à germer. Nous voici donc avec « Lookin’ For Trouble » entre les mains. 

Une formation de ce calibre possède évidemment la culture nécessaire et, même si la majorité des morceaux fait partie du patrimoine du genre et a été reprise par beaucoup d’autres, c’est mal connaître la créativité de nos protagonistes. THE DEAD DAISIES s’est littéralement réapproprié les chansons en les réarrangeant de bien belle manière. Sans être issu de son propre répertoire, on retrouve ici une identité et une patte immédiatement identifiable. Quant au plaisir, on le perçoit à chaque note et sur chaque accord.

Alors quand Muddy Waters, Freddie King, Robert Johnson, BB King, Howlin’ Wolf ou Albert King passent au filtre de David Lowy (guitare), John Corabi (chant), Doug Aldrich (guitare), Michael Devin (basse) et Sarah Tomek (batterie), on atteint des sommets de classe et d’élégance. THE DEAD DAISIES prend de la hauteur et la cover de « Black Betty » par Ram Jam, par exemple, devient franchement risible en comparaison de celle-ci. Le Blues est plus éternel que jamais et « Lookin’ For Trouble » témoigne d’une incroyable vitalité. Une leçon !

Retrouvez les précédentes chroniques des albums de THE DEAD DAISIES :

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Hard Rock

Rock-Out : let there be Rock

Enthousiaste et convaincant, je jeune combo balance son Rock fiévreux et sauvage avec une joie très communicative. Chevillé à un Hard Rock qui fait ses preuves, et son petit effet, depuis des décennies, ROCK-OUT avance fièrement avec une assurance décomplexée et un savoir-faire irréprochable. Avec « Let’s Call It Rock’n’Roll », le groupe du canton de Berne se montre intraitable sur un troisième effort classique, mais dévastateur, et qui devrait (enfin !) le propulser et les installer sur la scène européenne.

ROCK-OUT

« Let’s Call It Rock’n’Roll »

(Frontiers Music)

Avec « Let’s Call It Rock’n’Roll », c’est presqu’un cri du cœur que lancent les Suisses de ROCK-OUT et à écouter ce troisième opus, on n’en doute pas une seule seconde. Depuis « Loud, Hard And Dirty », puis « Stand Together », le quatuor continue sur sa dynamique sans dévier d’un iota de ce Hard Rock à la fois intemporel et si familier. Biberonné au son australien façon Ac/Dc, période Bon Scott, et Airbourne, il suffit d’ajouter un zeste d’Accept, période UDO, et un soupçon de Krokus pour avoir la recette complète.

Bien sûr, la formation helvète n’a jamais prétendu vouloir révolutionner le genre (et c’est tant mieux !), mais en perpétuant ce style avec talent et détermination, ROCK-OUT entretient l’esprit d’un Rock puissant et mélodique. Accrocheur et super-efficace, le quatuor continue sa chevauchée sur les traces des pionniers, et le fait qu’il ne s’encombre pas de fioritures lui confère une authentique légitimité. Enfin, la fraîcheur de ce nouvel album doit aussi beaucoup à une production solide et musclée.

Grâce à son époustouflant frontman, également guitariste, ROCK-OUT possède un atout majeur, et il est parfaitement accompagné d’une rythmique massive et d’un second six-cordiste au diapason. S’enchaînent ensuite les titres comme autant d’hymnes fédérateurs (« American Way », « Dynamite », « I Wanna Live », « Tears Are The Rain », « Don’t Call Me Honey »). Clairement taillé pour la scène, « Let’s Call It Rock’n’Roll » devient vite contagieux et reste fidèle aux idéaux et aux fondamentaux d’un Hard Rock universel et vivifiant.

Photo : Reto Berger

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Classic Hard Rock Hard Rock

Smith/Kotzen : un harmonieux raffinement

Spontanée et ambitieuse, la nouvelle réalisation de SMITH/KOTZEN dévoile surtout un réel et palpable désir de jouer et de composer ensemble. S’ils peuvent évidemment s’appuyer sur une technique exceptionnelle et très complémentaire, les deux artistes, qui se partagent aussi le chant, sont guidés par une culture musicale commune ponctuée d’étonnants contrastes dans le jeu. Et c’est justement toute la force de « Black Light / White Noise », qui est un modèle du genre, entre élégance sonore et puissance Rock.

SMITH/KOTZEN

« Black Light / White Noise »

(BMG)

Il y a quatre ans ADRIAN SMITH et RICHIE KOTZEN avaient surpris tout le monde avec un premier album éponyme d’une grande classe. Au-delà de cette union artistique assez improbable de prime abord, les deux guitaristes s’étaient trouvés naturellement autour d’un Classic Rock moderne et forcément affûté, s’ouvrant même de belles perspectives. D’ailleurs, quelques mois plus tard sortait l’EP « Better days », puis une version augmentée l’année suivante de cinq titres live. Rien d’un one-shot donc, et c’est tant mieux !

L’impatience commençait à grandir depuis quelques temps accompagnée de nombreuses questions. Et dès la première écoute, on ne peut que se réjouir de voir nos deux virtuoses toujours aussi inspirés et créatifs. « Black Light / White Noise » apporte beaucoup de certitudes, à commencer par la plus éclatante : il existe une touche et un son SMITH/KOTZEN. Assez loin de leur chapelle respective (quoique l’Américain en ait plusieurs), le duo côtoie les sommets, s’appuie sur ses héritages et les fructifie avec talent.

Enregistré à Los Angeles, mixé par Jay Ruston et produit par les deux musiciens et chanteurs, ce deuxième opus fait briller cette alchimie anglo-américaine, qui transcende les courants sur de solides racines Hard Rock et Blues. Accompagné par l’excellente Julia Lage (femme de Kotzen) à la basse et Bruno Valverde d’Angra derrière les fûts, SMITH/KOTZEN a plus que belle allure et cette nouvelle odyssée musicale devient immédiatement familière (« Muddy Water », « White Noise », « Blindsided », « Black Light », « Life Unchained »). Eblouissant !

Retrouvez la chronique du premier album et de « Better Days… And Nights » :