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post-Rock Psych Stoner/Desert

Aktopasa : embarquement immédiat

C’est à un périple paisible et serein, mais non sans péripéties et soubresauts, que nous invitent les Italiens d’AKTOPASA avec leur deuxième album. En tout point réussi, il nous porte d’un Psych Rock planant à un Stoner/Desert relevé en passant par des ambiances post-Rock saisissantes. « Journey To The Pink Planet » propulse un souffle d’air frais réconfortant et salvateur….

AKTOPASA

« Journey to the Pink Planet »

(Argonauta Records)

Fondé en 2017 autour des canaux de Venise, AKTOPASA a le don de faire de son Psych Rock un beau voyage musical. Après un album en 2018 (« Mulachara »), puis un EP l’année suivante (« Sun »), le trio italien livre un deuxième opus tout en progression et mêlant plusieurs registres. Et sur « Journey To The Pink Planet », la montée en puissance est rondement menée et avec un incroyable feeling.

Très progressifs et éthérés, les trois premiers morceaux évoluent dans des sphères plutôt post-Rock et aériennes, comme si AKTOPASA préparait le terrain pour mieux élaborer une évasion sonore inéluctable. C’est sur « It’s Not The Reason » que les premières (et les seules) paroles se font entendre, le reste de l’album étant entièrement instrumental. Et c’est précisément à partir de ce titre que les Transalpins haussent le ton.

L’intensité monte et sans perdre de sa fluidité, AKTOPASA s’engouffre dans un Stoner/Desert Rock où les riffs se font plus lourds et le rythme plus soutenu (« Agarthi », « Sirdarja », « Foreign Lane »). Palpitant et sauvage, « Journey To The Pink Planet » regorge de surprises et d’arrangements subtils d’où s’échappent quelque touches orientales. Très bien produit, l’ensemble est addictif.

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Stoner Rock

Naked Soldier : affiné et raffiné

Pour une première réalisation, les Suisses de NAKED SOLDIER frappent fort avec un opus éponyme varié où le Stoner le plus brut vient côtoyer des atmosphères plus Psych. Empruntant aussi à un Alternative Rock massif, le quintet livre des émotions sincères sur des compos entêtantes d’une évidente qualité narrative. Efficace, la production met parfaitement en lumière les morceaux du groupe. Un nom à retenir !

NAKED SOLDIER

« Naked Soldier »

(Sixteentimes Music)

Originaire de Basel en Suisse, le jeune quintet NAKED SOLDIER livre son premier album éponyme et c’est déjà une première belle claque. Fondé en 2021 sur les cendres de Mantra, le combo affiche déjà des morceaux solides dans un Stoner très personnel et très varié. Certes, on y retrouve l’influence de maîtres du genre comme Clutch notamment, mais pas seulement. Un grand nombre de styles se croisent dans ce très bon « Naked Soldier ».  

Basé sur un Stoner Rock brut, la force de NAKED SOLDIER est aussi d’être allé puiser dans des aspects Hard Rock, mais aussi Grunge ou Desert. Le mix débouche sur un registre musclé, très mélodique et aux ambiances parfois progressives. Les Suisses multiplient les riffs tranchants et épais et la combinaison des deux guitaristes fonctionnent parfaitement. A la fois très accrocheuse et rentre-dedans, la musique du combo fait des étincelles.

Autre atout de choc des Helvètes, la puissante voix de leur chanteur qui, grâce à un timbre vraiment particulier, véhicule un grand nombre d’émotions à travers un panel très large, où son chant éraillé captive par son côté robuste (« Green Pool », « Embrace The Chaos », « Walk You Way »). Sur une rythmique massive, NAKED SOLDIER embarque tout sur son passage avec des titres aux solos addictifs (« Satellite », « Love Tree »). Une belle surprise !     

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Desert Rock Heavy Psych Rock Stoner Punk

Red Sun Atacama : une coulée de lave

Avec « Darwin », leur deuxième album, les Parisiens de RED SUN ATACAMA semblent avoir réduit la capitale en une terre volcanique devenue désertique. Intrépide et massif, le trio sait aussi habillement s’échapper dans des atmosphères Psych, autant que livrer quelques fulgurances Punk savamment dosées.

RED SUN ATACAMA

« Darwin »

(Mrs Red Sound)

A la croisée entre le Stoner Psych et le Desert Punk, RED SUN ATACAMA vient asséner un sacré coup de bambou avec ce deuxième album, qui vient confirmer le style très personnel du trio parisien. Depuis son premier EP (« Part 1 » – 2015), puis avec un premier album convaincant (« Licancabur » – 2018), le groupe ne cesse de grimper dans les tours et gagne en efficacité.

A la fois sauvage et très maîtrisé, « Darwin » se présente sur cinq titres saisissants (et une intro) à travers lesquels RED SUN ATACAMA joue avec les textures sonores, tout en frappant fort et brutalement à la première occasion. Très ambitieux dans la structure des morceaux, le combo fait parler la poudre pour, l’instant suivant, nous projeter au beau milieu d’un désert aride.

Si le chant du bassiste vient souvent sonner la charge, ce nouvel opus est pourtant doté de longues plages instrumentales souvent acides, très magnétiques et d’un hypnotisme constant (« Furies », « Antares », « Ribbons »). Et lorsque RED SUN ATACAMA décide d’aller à l’essentiel, c’est pour mieux libérer une puissance dévastatrice (« Echoes », « Revvelator »). Explosif et rugueux.

Photo : Nicolas Rabo
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Heavy Psych Rock Stoner/Desert

Electric Mountain : la foudre mexicaine

Il y a de l’électricité dans l’air sur les hauteurs de Mexico. Armé d’un Heavy Stoner aux atmosphères Desert Rock d’où le Doom et quelques vibrations Blues émergent, le power trio ELECTRIC MOUNTAIN livre son deuxième album. Et « Valley Giant » déclenche un beau séisme au cœur de la capitale mexicaine.

ELECTRIC MOUNTAIN

« Valley Giant »

(Electric Valley Records)

C’est dans la chaleur de Mexico City qu’ELECTRIC MOUNTAIN a vu le jour en 2013. Fort d’un premier album éponyme sorti en 2017, le trio fait son retour avec « Valley Giant », une deuxième réalisation très réussie. Dans une torpeur très 70’s, le combo mise sur un Stoner/Desert Rock, où le côté massif de sa rythmique se mélange brillamment avec la fureur de ses riffs.

Dans une atmosphère aride, Gibran Pérez (guitare, chant), Max Cabrera (batterie) et Jorge Trejo (basse) martèlent un registre rugueux et épais avec une énergie considérable. Usant de sonorités Doom et bluesy, ELECTRIC MOUNTAIN assène un Desert Rock particulièrement Heavy et déterminé. Sans négliger de fortes lignes mélodiques, le power trio se hisse à haute altitude.

Sans concession, passé l’intro « The Great Hall », le groupe présente des morceaux robustes et bien structurés (« Outlander », « Morning Grace »). Les Mexicains déploient sur une dynamique effrénée un album varié aux saveurs très 90’s. Puissant et massif, ELECTRIC MOUNTAIN élève pas à pas son Stoner avec assurance et « Valley Giant » vient confirmer cette belle ascension (« Void », « Desert Ride »). Du costaud !

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Blues Psych Stoner Rock

Birdstone : prophétique

Dans des atmosphères Stoner et Desert Rock, le Blues psychédélique de BIRDSTONE trouve sa voie avec une force singulière. Puissant et combatif, ce nouvel album du trio poitevin propose de multiples variations à travers des ambiances aussi aérées que soutenues. « Loss » combine un panel d’émotions intenses avec brio.

BIRDSTONE

« Loss »

(Independant)

Un nouveau venu sur la scène Blues Rock hexagonale ? Pas vraiment. Tout d’abord parce que BIRDSTONE a vu le jour en 2015 et qu’il compte déjà un EP (« The Cage » – 2017), un album (« Seer » – 2019) et aujourd’hui un deuxième avec le très bon « Loss ». Et ensuite, parce que le trio évolue pas à proprement parler dans un Blues Rock classique, bien au contraire, on est même très loin des rives du Mississippi.

Indéniablement baigné dans le Blues, le Rock de BIRDSTONE se démarque de l’image conventionnelle qu’on peut en avoir. Emprunt d’un psychédélisme assumé en abordant les thèmes de la mythologie, de l’ésotérisme et des passions humaines avec fougue, les Poitevins évoluent dans un registre plus identifiable à celui de la famille Stoner et Desert Rock, dont il partage la puissance.

Sur des rythmiques lourdes et sourdes, BIRDSTONE se découvre sur un univers assez sombre, percutant et d’un esthétisme musical saisissant. La formule permet au groupe de se livrer de manière brute, mêlant la rage aux mélodies avec une belle originalité (« Pyre », « Golden Veil », « The Trail », « Heaven », « Loss »). Entre Stoner et Desert Rock, le Blues Psych du combo se fait audacieux.

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Desert Rock Heavy Psych Rock Stoner Rock

Stöner : ascensionnel

Avec « Totally… », le power trio passe à la vitesse supérieure avec un deuxième album, qui reflète parfaitement les influences de ses fondateurs Brant Bjork et Nick Oliveri. Le côté épais et Punk de son bassiste entremêlé avec le jeu solaire et Desert de son guitariste font de STÖNER la quintessence-même d’un Stoner/Desert Rock incandescent, riche et ardent.

STÖNER

« Totally… »

(Heavy Psych Sounds Records)

La réunion entre Brant Bjork (Kyuss, Fu Manchu) et Nick Oliveri (Kyuss, QOTSA, Mondo Generator) bien accompagnés par Ryan Güt derrière les fûts s’était révélée plus qu’enthousiasmante sur l’excellent Volume 4 des « Live In The Mojave ». Quelques semaines plus tard, STÖNER confirmait cette belle créativité avec « Stoners Rule », un premier album en forme de gigantesque et addictive jam.

Le trio américain transpire le Rock’n’Roll et « Totally… » vient confirmer les espoirs placés dans ces monstres sacrés d’un style qu’ils ont eux-mêmes fortement contribué à créer. Se partageant le micro, le duo Bjork/Oliveri emporte STÖNER dans un tourbillon où le Hard Rock Old School, le Heavy Blues, le Desert et le Punk Rock font la fête sans relâche. Et cette solide communion emporte tout sur son passage.

Soufflant le chaud et le froid, le combo déploie un groove imparable où un chaos sourd côtoie des riffs solaires et où le jeu des Californiens se fait aussi galopant que lancinant. Très coloré, le style de STÖNER se précise et s’ouvre à d’autres dimensions dans une complicité à trois très décontractée (« A Millions Beers », « Space Dude & The Burn », « Turn It Around Now », « Great American Sage »). Brillant.

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Doom Hard 70's Stoner Rock

Alunah : hypnotique

La dynamique musicale adoptée par ALUNAH sur ce sixième album révèle une extrême maturité et surtout une grande maîtrise, qui permet au groupe de marier son Doom des débuts à des phases Hard Rock, progressives et psychédéliques. Avec « Strange Machine », le quatuor de Birmingham, la cité du Sabbath, lorgne vers l’excellence en s’ouvrant à d’autres horizons toujours très Stoner.

ALUNAH

« Strange Machine »

(Heavy Psych Sounds Records)

Chaque album d’ALUNAH est toujours une petite surprise en soi, tant ils sont différents les uns des autres. Et même s’il existe évidemment une continuité dans la discographie du groupe, à savoir une base Doom, la créativité des Anglais les pousse toujours un peu plus loin dans l’expérimentation et la quête d’une identité encore plus forte. Et « Strange Machine » se pose comme l’un des albums majeurs du combo.

Les changements de line-up déjà à l’œuvre sur le précédent album, « Violet Hour », semblent porter leurs fruits et ont ouvert bien des portes à ALUNAH. Toujours guidé par leur frontwoman Siân Greenaway et sa voix à la fois Soul, sensuelle et envoûtante, les Britanniques ont ajouté de la couleur à leur répertoire, qui portent désormais vers des ambiances Stoner et presque Desert.

Très solaire par moment (« Fade Into Fantasy », « Psychedelic Expressway »), c’est pourtant dans un Hard Rock doomesque et aérien qu’évolue dorénavant ALUNAH, tout en gardant ce côté épique (« The Earth Spins » avec Shane Wesley de Crowbar à la guitare) et un groove à toute épreuve (« Dead Woman Walking »). Avec « Strange Machine », le groupe est subjuguant de beauté et de clarté et son Stoner est éclatant.

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Stoner Rock

Steak : céleste

Sobre et presqu’épuré, et tout en jouant sur une densité particulièrement maîtrisée, STEAK affiche une ambition à la hauteur de son inspiration… très élevée. Le quatuor anglais absorbe des codes Stoner pour mieux se les approprier, variant la puissance de ses guitares, la souplesse de son duo basse/batterie et présentant un chant solaire sur lequel les voix de Chantal Brown (Vodun) et Tom Cameron (ex-Crystal Head) ajoutent une dimension quasi-mystique. Parfaitement produit, « Acute Mania » est un modèle du genre, un mètre étalon.

STEAK

« Acute Mania »

(Ripple Music)

Avec ce troisième album, les Londoniens de STEAK viennent définitivement assoir leur talent et leur influence devenue majeure sur la scène européenne du Stoner Rock. Depuis bientôt 15 ans, le quatuor se forge un style original, mélodique et surpuissant, s’affranchissant de belle manière des références assez naturelles et presqu’instinctives de ses débuts. Et en pionnier du registre en Angleterre, c’est aujourd’hui avec le statut de fer de lance que le groupe livre « Acute Mania ».

Après avoir fait ses armes en indépendant sur une série d’EP, puis avec « Slad City » (2014) et « No God To Save » (2017), STEAK affiche dorénavant une identité unique et singulière, loin des stéréotypes Stoner habituels. Edifié sur des riffs massifs et aériens, des rythmiques soufflant le chaud et le froid et intégrant même des percussions et surtout sur des parties vocales à couper le souffle, « Acute Mania » devient très vite addictif.  

Dès « Wolves », STEAK pose les jalons de ce nouvel album. Départ planant et en douceur sur la voix envoûtante de son chanteur Kippa avant une explosion de décibels libératoire, qui annonce déjà ce que nous réserve ce nouvel opus. Grâce à une chaleur Blues très Desert Rock, le Stoner des Britanniques offre une variété de sonorités incroyables entre puissance et délicatesse (« Ancestors », « Last Days », « System », « Mono »). Epoustouflant et monumental !   

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Psych Stoner/Desert

Earthless : dans l’immensité de Joshua Tree

EARTHLESS a toujours eu une place à part dans le monde du Stoner Rock. Et pour cause, son positionnement mariant Psych, Acid Rock et envolées instrumentales n’est pas commun. Spécialiste des prestations live trippantes, le trio renoue avec un album entièrement instrumental, une fois encore assez unique. « Night Parade Of One Hundred Demons » va mettre tout le monde d’accord.

EARTHLESS

« Night Parade Of One Hundred Demons »

(Nuclear Blast Records)

Après la sortie d’un live majestueux dans le désert de Mojave en Californie au printemps dernier paru chez Heavy Psych Sounds Records, on retrouve EARTHLESS cette fois chez Nuclear Blast pour un nouvel album studio tout aussi étonnant. Avec « Night Parade Of One Hundred Demons », le trio renoue avec ses bonnes habitudes, à savoir un Stoner Heavy Psych entièrement instrumental et saisissant.  

Le trio hors-norme formé il y a 20 ans à San Diego a la particularité de n’avoir jamais connu de changement de line-up, et c’est aussi probablement ce qui permet aux Américains d’évoluer dans un registre qui n’appartient qu’à eux. Grand spécialiste des morceaux à rallonge qui évoquent irrémédiablement de longues jams endiablées, EARTHLESS se fait encore remarquer de très belle manière.  

C’est bien sûr au Rancho De La Luna à Joshua Tree qu’Isaiah Mitchell (guitare), Mike Eginton (basse) et Mario Rubalcada (batterie) ont enregistré ce sixième album studio où le Psych côtoie l’Acid Rock dans un Stoner très progressif et Desert. Composé de trois morceaux de vingt minutes, le voyage initié par EARTHLESS sur ce nouvel opus est aussi captivant que renversant. Le summum du genre !

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post-Rock Progressif Stoner/Desert

Stranger In My Town : un Stoner expansif et volubile

Superbement bien produit, « Vol. II » des Italiens de STRANGER IN MY TOWN montre de nombreuses facettes du groupe, qui parvient sur une base Stoner Rock à nous embarquer dans des sentiers Desert Rock, Heavy, Doom et post-Rock de belle manière. Dans un registre entièrement instrumental, les Transalpins font preuve s’autant de créativité que de technicité et d’audace.

STRANGER IN MY TOWN

« Vol. II »

(Independant)

Issu de la bouillonnante scène italienne, STRANGER IN MY TOWN livre son « Vol. II », cinq ans après le premier. Toujours autoproduit et entièrement instrumental, le quatuor distille un Stoner Rock varié et créatif, qui n’hésite pas à s’évader vers des sphères plus progressives. L’absence de chanteur offre au groupe une liberté musicale dans laquelle il s’engouffre très volontiers.

Solides et aérés, les neuf morceaux qui composent « Vol. II » brillent par leurs nombreuses ambiances et STRANGER IN MY TOWN évolue au fil des titres avec une grande facilité et une belle fluidité. Armé d’une solide rythmique composée d’Enrico Sperone (batterie) et de Silvano De Franco (basse), le quatuor passe de compositions purement Stoner (« Indian », « Sun Tension ») à des styles plus aérés.

L’énorme travail effectué par les deux guitaristes, Allan Pigliacampo et Issaco Frigerio, rend ce « Vol. II » saisissant. Les riffs sont acérés et massifs et le lead porte des mélodies qui tendent vers un Desert Rock parfois aux frontières du post-Rock, où les Italiens se font plaisir (« Flying Leaf », « Moon Fog », « Shadow Trip »). STRANGER IN MY TOWN gagne franchement à être connu et surtout reconnu.