Avec un premier album pareil, THE BLIND PILOTS met un joli coup de pied dans la fourmilière Blues Rock classique. Le quatuor australien fait preuve d’une énergie considérable en injectant des riffs Stoner sur des Slides entraînantes, soutenues par un harmonica débridé. L’unité et la puissance affichées font franchement plaisir à entendre.
THE BLIND PILOTS
« All Kinds Of Crazy »
(Independant)
Le Blues australien se détecte dès les premières notes et THE BLIND PILOTS ne faillit pas à la règle. Très brut, Rock et flirtant avec insistance avec le Stoner, le quatuor de Sydney propose un premier album costaud, éprouvé sur scène et qui se veut rassembleur. Avec « All Kinds Of Crazy », le combo affiche un feeling incroyable et une puissance très créative. La saveur très roots de cet opus est savoureuse.
Le premier EP sorti en 2019 avait déjà fait résonner le nom du groupe jusqu’à le faire figurer dans les charts australiens, et si tout va bien ce premier album devrait très rapidement prendre le même chemin. L’énergie déployée et l’intensité de « All Kinds Of Crazy » montrent que THE BLIND PILOTS dispose d’un style dont les variations font mouche, mais pas seulement.
A grands renforts de Slide et avec un harmonica rugueux très présent, les gros riffs d’Owen Mancell combinés à sa voix chaleureuse font du combo une vraie machine à secouer les foules (« I’d Be Lying », « Car Crash », « Probably Think Of You »). THE BLIND PILOTS se montre très accrocheur et moderne tout en montrant un grand respect pour les pères du Blues (« Take Me Home », « Mood Of The Dude »). Un modèle du genre !
En l’espace de trois ans, HIPPIE DEATH CULT est parvenu à conquérir la scène de Portland et le quatuor ne compte pas s’arrêter là. Après un premier album (« 111 »), une participation à une compilation en hommage à Black Sabbath et à la bande-son du film « All Gone Wrong », le combo de Stoner Psych Prog débarque avec un deuxième album addictif.
HIPPIE DEATH CULT
« Circle Of Days »
(Heavy Psych Sounds Records)
Sous de faux airs sabbathiens, le quatuor de Portland explore bien d’autres sphères musicales, qui vont du Heavy aux riffs bien gras à un Psych Progressif tirant sur le Doom et le Classic Rock. HIPPIE DEATH CULT propose sur « Circles Of Days » une synthèse pertinente entre Metal et Rock après seulement trois ans d’existence. Il faut dire que les Américains ne sont pas restés les bras croisés, loin de là.
Et c’est cette faculté à fusionner les genres qui rend la musique du groupe aussi efficace et rassembleuse. Le quatuor s’amuse des styles et des époques pour livrer des morceaux intemporels et pourtant bien ancrés dans leur temps. Composé de seulement cinq titres et s’étirant sur près de 40 minutes, « Circles Of Days » montrent aussi un beau panel du registre de HIPPIE DEATH CULT, à commencer par le morceau-titre de l’album.
Dès le brumeux « Red Meat Tricks », le combo nous enveloppe avec un son à la fois lointain, langoureux et massif. Le clavier vient apporter une touche apaisante à la solide rythmique des Américains (« Hornet Party », « Eye In The Sky »), qui est guidée par la touchante et captivante voix de Ben Jackson. HIPPIE DEATH CULT est aussi véloce qu’extatique et est surtout capable de belles variations (« Walk Within »).
Costaud et très incisif, le Metal Indus de FAUXX est là pour remuer autant les esprits que les corps. Brut et brutal à la fois, « StatistiC EgO » se développe sur un concept à la fois sociétal et individuel. Le duo appuie là où ça fait mal avec une constance soutenue par la froideur des machines et le côté organique et percutant de son batteur.
FAUXX
« StatistiC EgO »
(Independant/Blood Blast Distribution)
Nourri d’antagonismes, c’est bel et bien d’un seul et même élan qu’avance FAUXX dont le premier album (après un EP en 2018) est aussi puissant que rageur. Compact et massif, « StatistiC EgO » sonne comme un amer constat de notre société et notamment de ceux qui la composent et la subissent. Et malgré une noirceur persévérante, le duo manie les contrastes avec une grande clarté.
Armé de claviers et de machines broyant tout sur leur passage, FAUXX évolue dans une unité musicale captivante. Très actuel dans les sonorités, le duo l’est tout autant dans ses textes portés par Joachim Blanchet (claviers, samples, chant). Par ailleurs, la batterie de Jean-Baptiste Tronel (Tagada Jones) apporte un côté très organique et de belles respirations à « StatistiC EgO ».
Dès « All Light Rebirth », FAUXX en impose et ça continue sur les sept morceaux suivants, dont certains s’étendent sur une belle longueur (« Duality », « Fury & Deception », « Kill The Monster »). Le Metal Indus des Français fait mouche avec un aspect expérimental et nihiliste savoureux. Furieux et futuriste, le duo fait preuve d’une très grande maîtrise que l’on a hâte de retrouver sur scène.
Aussi brut dans l’attitude que dans sa musique, ACID’S TRIP débarque avec un premier album fortement imbibé de Rock’n’Roll aux effluves bluesy et Southern. Originaire de Göteborg en Suède, le quatuor vient de livrer un « Strings Of Soul » aussi ébouriffant qu’intemporel entre riffs Hard Rock et ambiance Psych. Anna, guitariste et chanteuse de la formation, revient sur la conception de ce premier album et aussi sur sa vision de la musique à travers le groupe.
– Avant tout, j’aimerais qu’on revienne sur la formation d’ACID’S TRIP en 2018. Tu jouais avec Honeymoon Disease jusqu’à ce moment-là. Que s’est-il passé ? Tu as senti que c’était le moment de passer à autre chose ?
ACID’S TRIP est né dans mon esprit bien avant que nous ayons jamais parlé de nous séparer avec Honeymoon Disease. Je voulais jouer un Rock plus dur et plus technique, et je n’avais pas le sentiment que le groupe était le bon pour ce genre-là. Je voulais donc créer ACID’S TRIP en tant que groupe parallèle, tout en conservant Honeymoon Disease pour continuer d’exprimer ma créativité. Mais après la dernière tournée espagnole, les autres membres ont abandonné et je n’ai eu d’autre choix que de me concentrer à 100% sur ACID’S TRIP, qui est alors devenu mon groupe principal. C’est ce qui pouvait arriver de mieux d’ailleurs. J’adore le mélange de Soul et de Hard Rock que nous produisons, et nous ne pourrions pas être plus heureux de la sortie de notre nouvel album. J’ai même l’impression que nous venons juste de commencer à jouer même si ça fait déjà trois ans. Le temps passe si vite quand on s’amuse !
– Avec ACID’S TRIP, on a l’impression d’un retour aux sources du Rock’n’Roll avec un son brut, efficace et sans concession. C’est l’objectif ? Aucun artifice ?
Oui, notre principal objectif était ce retour aux sources avec un son plus brut et technique même s’il reste facile d’accès. Nous aimons les riffs intelligents, amusants mais qui sont bien pensés et qui donnent une note personnelle à la tonalité dans laquelle nous jouons. Ce genre de riffs est original, car il n’y a pas beaucoup de groupes aujourd’hui, qui consacrent autant de temps juste pour trouver « ce riff parfait ». De nos jours, tout semble axé sur une voix entraînante et des accords Rock, ce qui n’est pas grave, mais les gens ne se souviendront plus de ces morceaux dans quelques années. Notre album fait partie de ceux qui dureront des décennies et plus, vous ne vous ennuierez jamais en l’écoutant. Laissez-vous aller !
– Et il y a cette superbe Flying V sur laquelle tu joues. On en voit beaucoup trop peu depuis un moment, et notamment dans la nouvelle génération. J’imagine qu’il y a une histoire personnelle autour de cette guitare aussi, non ?
Ouais, ma Vera est ma principale et la seule guitare sur laquelle que je joue en fait. J’ai aussi une excellente guitare JPN SG, mais elle est ma guitare de secours en tournée, car j’aime un peu trop la V. J’ai vu cette édition spéciale de 1998 en 2014-2015, lorsque je passais devant un magasin de guitares ici à Göteborg. Je l’ai vu à travers la vitrine et 10 minutes plus tard, j’ai acheté la guitare de mes rêves. Elle a un son génial et surtout, le manche me parle et je joue beaucoup mieux. Les guitares sont très personnelles et j’adore la forme en V. J’élargirai ma collection V, lorsque le groupe atteindra les grands charts ! (Rires !) Et si Gibson lit ceci, passez-moi un coup de fil !!!
– Avec une inspiration très 70’s, ACID’S TRIP est résolument ancré dans son temps entre Rock lourd et Stoner Psych. L’accent est aussi porté sur un groove imparable et une folie permanente dans l’attitude, comme une sorte de défouloir très orchestré finalement. C’est votre comportement qui guide votre musique, ou l’inverse ?
Oui, c’est l’amour de vieux groupes comme Captain Beyond, The Dead Boys, MC5 et le Kiss des 70’s à leur apogée. Nous écoutons beaucoup de musique Rock et Heavy, et depuis que je collectionne les vinyles, j’ai écouté des milliers de disques qui ont perfectionné mon style d’écriture et la façon dont j’entends les mélodies. Tout ce que j’écris fait référence à quelque chose que j’ai entendu auparavant, et cela sonne comme je l’entends. J’adore l’album, car il a une âme, peu de groupes de Rock aborde le Rock de cette façon.
– J’aimerais que tu me dises un mot sur l’intro de l’album, « Prelude », elle aussi très originale. Quand on connait la suite de « Strings Of Soul », on imagine que vous avez voulu désorienter votre auditoire dès le début, non ?
Quand l’album était presque terminé, il nous restait quelques notes d’orgue à enregistrer. Mon père jouait sur tous les disques Honeymoon Disease, alors je lui ai demandé s’il voulait aussi le faire sur l’album d’ACID’S TRIP. Je connais sa façon de jouer, et lui celle dont je chante les mélodies. C’est comme ça aussi que j’entends les arrangements de chorale et ça sort naturellement pour moi. Je lui ai demandé de jouer un morceau mélancolique auquel j’ajouterai plus tard des voix. Je veux que les gens réfléchissent lorsqu’ils écoutent notre album, et « Prelude » était un moyen de mettre les gens de bonne humeur. Certaines personnes aiment ça et d’autres veulent juste des chansons Rock pour ensuite passer à l’album suivant. Je viens du milieu Psych Prog avec beaucoup de Blues, et on ne peut pas donner une âme à un album sans une bonne intro à mon avis.
– Avec ACID’S TRIP, on touche au Hard Rock un peu Old School, mais aussi à des ambiances Stoner, bluesy et même Southern. En, fait, vous êtes un groupe de cow-boys and girls scandinaves des temps modernes ! C’est ça ?
(Rires) Oui, je suppose que oui ! Quand je cherche une grande variété d’émotions, je mets du Lynyrd Skynyrd. Quand j’ai besoin de réfléchir à quelque chose, je me tourne plutôt vers des sons de Floride, et quand j’ai besoin d’inspiration pour des harmonies, je mets du Allman Brothers et du Big Mama Thorton. Et quand j’ai besoin de vitesse, les Hellacopters sont le meilleur choix. Et voilà, vous avez le mix d’ACID’S TRIP ! Le voyage que j’ai fait en 2018 à Nashville puis à Jacksonville, en Floride, m’a vraiment donné une perspective sur les choses et j’ai réalisé que le Rock peut être beaucoup plus que simplement maltraiter des guitares. Bien que ce soit amusant à faire, il faut être plus intelligent que ça.
– Vous avez entièrement enregistré « Strings Of Soul » vous-mêmes, qui a ensuite été mixé et masterisé par Ola Ersfjord. La première étape était importante pour vous, afin de délivrer ce son particulier qui forge vraiment l’identité d’ACID’S TRIP ?
Je pense que oui, surtout quand il s’agit du chant et de toute la production de l’album. Lorsque vous entrez en studio, le résultat est souvent ce que le producteur est capable de faire. Cela peut être une expérience vraiment géniale et qui peut également améliorer la qualité de l’album, car c’est un travail de professionnel. Mais cela peut aussi compromettre le son, le rendre trop commercial et « trop » clean, car il n’y a plus de place pour les erreurs et les joyeux petits accidents. J’ai pris le rôle de producteur pour cet album, ce qui m’a pris beaucoup de temps et d’efforts. Sans mon intervention, l’album aurait probablement un son plus moderne, ce qui pourrait être une bonne chose. Mais nous voulions garder l’ambiance que nous avions sur ce projet : beaucoup de café et de longues heures passées à répéter. J’ai fait le chant dans une pièce sombre toute seule, ce qui a été une expérience formidable. J’ai fait confiance à mon instinct et ça s’est bien passé.
– Assez rapidement et notamment du à la qualité de vos concerts, vous vous êtes faits remarquer par le patron du très réputé label underground Heavy Psych Sounds Records. C’est une belle récompense, en plus d’être la maison de disques idéale pour vous aussi, non ? Elle vous ressemble beaucoup…
Elle nous ressemble beaucoup, c’est vrai. Oui, on adore Heavy Psych Sounds Records ! Le label nous a vraiment pris sous son aile et nous n’aurions pas pu avoir de meilleurs partenaires dans ce domaine. L’ambiance et le style sont parfaits pour nous. Et c’est très direct !
– Le printemps est là et la pandémie semble nous laisser un peu respirer. Avec un album encore tout chaud, vous devez bouillir d’impatience de remonter sur scène ?
Absolument, mais à l’heure où nous parlons, nous prévoyons des concerts pour 2022, car nous ne voulons pas le faire cet automne. Il y a de grandes choses à venir et nous visons les festivals pour l’année prochaine. L’album est pertinent et il le sera encore à l’avenir !
L’album « Strings of Soul » d’ACID’S TRIP est disponible chez Heavy Psych Sounds Records depuis le 7 mai !
L’heure pour WINE GUARDIAN de briller au sein de la scène Metal et Rock progressive italienne, et même au-delà, serait-elle enfin venue ? Avec « Timescape », le trio affirme son style et se montre percutant et inventif. Après un EP et un premier album autoproduits, les Transalpins paraissent plus prêts que jamais.
WINE GUARDIAN
« Timescape »
(Logic II Logic Records/Burning Mind Music)
Présent sur la scène Metal progressive depuis maintenant 13 ans, WINE GUARDIAN ne livre pourtant que son deuxième album après un premier EP en 2014. Malgré une discographie peu étoffée, les Italiens se sont fait rapidement remarquer et « Timescape » vient confirmer tous les espoirs placés en eux. Et avec ce nouvel opus, le trio devrait enfin prendre son envol.
Après avoir évolué sur ses premières réalisations dans un registre rappelant Queensrÿche, Savatage et Fates Warning, WINE GUARDIAN a considérablement modernisé son jeu, tout en gardant des sonorités Heavy Metal très marquées. Et les Transalpins ont également conservé un côté très Rock, ne se privant pourtant pas quelques expérimentations tout en restant toujours aussi pertinents.
Avec « Timescape », Lorenzo Parigi (guitare, chant), Stefano Capitani (basse) et Davide Sgarbi (batterie) se montrent particulièrement inspirés et la qualité technique affichée et très bien mise en valeur sur une production précise et soignée (« Chemical Indulgence », « Digital Drama », « The Luminous Whale » et le très bon « The Astounding Journey »). WINE GUARDIAN déploie une belle créativité et on attend la confirmation.
Insaisissable, imprévisible et cavalièrement libre, ZARBOTH n’a aucune étiquette et pour cause : le groupe se les ait toutes accaparé. Des influences en tout genre, il y en a aussi, mais on retient surtout que les Parisiens ont su créer leur propre style fait d’impertinence, d’une charmante folie et surtout d’une technicité incroyable. « Grand Barnum All Bloom » s’adresse à celles et ceux à l’esprit ouvert et qui aiment les grands écarts.
ZARBOTH
« Grand Barnum All Bloom »
(Peewee!)
Ne cherchez pas à mettre ZARBOTH dans une case, elle sera de toute façon trop petite. Le trio déconstruit avec minutie tous les styles et tous les genres (ou presque) pour créer un édifice sonore comparable à une véritable cathédrale musicale. Tout s’entremêle et s’entrechoque avec une étonnante fluidité et un groove exceptionnel. Les Parisiens ne sont atypiques, ils sont hors-normes… et ça fait du bien !
Les amateurs de Zappa, des frasques de Mike Patton, des fulgurances Funk-Rock de Fishbone et d’autres expérimentations néo-Prog ou proto-Metal vont se régaler avec ce « Grand Barnum All Bloom » aussi sauvage que mélodique. Toujours guidé par l’inclassable duo mené par Etienne Gaillochet et Phil Reptil, deux musiciens-compositeurs touche-à-tout, ZARBOTH coupe le souffle de trop d’oxygène.
Pour ce quatrième album, Macdara Smith est venu apporter encore un peu plus de folie, de couleur et d’inattendu à la formation dont l’énergie semble inépuisable. Le flow incandescent, la trompette virevoltante, les tempos déstructurés et les mélodies efficaces fusionnent en une poésie urbaine décapante et élégante. ZARBOTH se pose où on ne l’attend pas… et c’est une chance !
En même temps que son troisième album, « 5.20 », dans lequel NINE SKIES présente une version acoustique de son Rock Progressif, le groupe a décidé de proposer un témoignage live de son passage au festival ‘Prog En Beauce’. Authentique et avec un côté brut très séduisant dans le son, les Français parcourent leurs deux premiers albums sous un jour nouveau dans un set très relevé.
NINE SKIES
« Live @ Prog En Beauce »
(Anesthetize Productions)
Alors que sort dans quelques jours son nouvel album « 5.20 », NINE SKIES fait d’une pierre deux coups en offrant au même moment « Live @ Prog En Beauce », son premier opus live. Enregistré le 26 octobre 2019 lors de la septième édition du festival, on a le plaisir de retrouver le groupe sur scène pour l’une de ses rares prestations, la pandémie et l’éloignement des musiciens ayant fait le reste.
Entouré d’un public d’amateurs éclairés, NINE SKIES propose un set composé de morceaux de ses deux premiers albums, « Return Home » et « Sweetheart Grips », le tout dans une belle homogénéité. Arrivé sur le second opus, la chanteuse Aliénor Favier s’approprie avec facilité l’ensemble des titres et leur donne même une nouvelle dimension, plus féminine bien sûr, et aussi plus fluide et chargée d’émotion.
Passant d’un album à l’autre dans un bel équilibre, on retrouve certains titres dans des versions différentes, ce qui leur donnent un peu plus de volume (« Burn My Brain », Return Home », « A Way Back »). Le Rock Progressif de NINE SKIES se fait aussi plus intimistes (« Catharsis ») et très dynamique (« Soldiers Of Shame », « Fields Of Perdition »). Un bel album live en forme de moment de vérité très réussi.
Groupe féminin dorénavant établi, les Suissesses de BURNING WITCHES livre un quatrième album épique, entraînant et aussi pêchu que mélodique. « The Witch Of The North » s’inscrit dans un Heavy Metal classique, où les riffs sont percutants et la voix de sa frontwoman enfin à son top.
BURNING WITCHES
« The Witch Of The North »
(Nuclear Blast)
Direction le grand nord pour le quintet féminin avec ce quatrième album, « The Witch Of The North », aussi Heavy qu’épique. Il faut dire que les Suissesses ont de l’énergie à revendre en raison, notamment, de l’absence de concerts qui les a privé de délivrer comme il se doit leur pourtant très bon précédent opus, « Dance With The Devil ». Un coup dans l’eau qui n’a en rien diminué la fougue de BURNING WITCHES.
Malgré le départ de la guitariste Sonia Nusselder partie fonder Crypta, groupe de Death Metal créé par d’ex-Nevrosa, le Heavy Metal du combo a trouvé une nouvelle et très forte recrue Larissa Ernst, ex-Gonoras, qui est franchement un atout de choc. BURNING WITCHES repart donc sur une nouvelle lancée et dans un registre beaucoup plus personnel. Le changement de line-up semble avoir été salvateur.
Ayant enfin digéré leurs influences, Judas Priest et Manowar en tête, les musiciennes vont à l’essentiel, sans fioriture, et avec une Laura Guldemond impériale au chant. Agressives (« Thrall », « Flight Of The Walkyries » et le morceau-titre), plus légères (« Lady Of The Woods ») et hyper-fédératrices (« We Stand As One »), BURNING WITCHES met en avant le côté épique de ses compos avec un bel éclat.
Robuste et aérien, ce premier album de WYTCH montre déjà l’étoffe d’un groupe sûr de son jeu et inspiré. A l’instar de la pochette réalisée par sa chanteuse Johanna Lundberg, le quintet est capable d’autant de finesse que de rugosité. Le Stoner Heavy Psych des Suédois flirte même avec le Hard Rock et le Metal sans complexe.
WYTCH
« Exordium »
(Ripple Music)
Après avoir commencé en 2016 sous le nom d’Aska sur la côte nord-est suédoise, le groupe avait déjà un EP à son actif avant le changement de nom et une signature sur le label californien Ripple Music quatre ans plus tard. Et il faut aussi préciser que WYTCH compte dans ses rangs des musiciens aguerris venus étonnamment d’horizons muscinaux très différents.
Distillant un Stoner Heavy Psych aux sonorités Hard Rock et parfois même Metal, les Suédois sont pourtant la combinaison de membres issus du Folk Metal, du Rock Psych, du Black Metal et du Rock alternatif. Et le mélange est aussi explosif que créatif. La férocité des riffs des deux guitaristes et la puissance affichée de sa chanteuse offrent à WYTCH une touche particulière.
Les huit morceaux de « Exordium » montrent une homogénéité et une grande liberté d’écriture que le quintet maîtrise parfaitement. Capable de provoquer des tempêtes décibéliques, puis de se réfugier dans des breaks où la sensualité de sa frontwoman rayonne, WYTCH développe un style aussi inspiré que pointu (« Black Hole », « Savior », « Warrior », « Rebel » et « You »). Une réussite totale !
N’ayant pu jouer son dernier opus sur scène et histoire de se rappeler au bon souvenir de la chaleur des concerts, KANSAS fait son retour avec un double-album… live ! Enregistré en 2019 et 2020, « Point Of Know Return Live & Beyond » retrace brillamment un pan de l’histoire du groupe de Rock Progressif américain, ainsi que l’intégralité de l’un de ses albums phares.
KANSAS
« Point Of Know Return Live & Beyond »
(InsideOut Music)
Dans la foulée de « The Absence Of Presence » sorti l’an dernier, KANSAS revient contre toute attente avec un double-album live. Le septet américain n’est jamais à court d’idée et c’est au cours d’une douzaine de concerts entre 2019 et 2020 que le légendaire groupe de Rock Progressif a capté l’ensemble des morceaux. Il s’agissait de la tournée anniversaire de leur emblématique album « Point Of Know Return ».
Sorti en 1977 et figurant parmi les albums incontournables de la formation, il est interprété dans son intégralité avec des arrangements qui lui offrent une seconde jeunesse. Ce cinquième album vendu à quelques millions d’exemplaires a fortement contribué à l’assise mondiale de KANSAS. Et ces prestations ont été coproduites par Phil Ehart (batterie) et Richard Williams (guitare). Autant dire que ça sonne !
Les 22 morceaux sélectionnés nous baladent dans la somptueuse discographie des Américains. Le chant reste toujours aussi captivant et les incroyables parties instrumentales brillent grâce notamment au violon de David Ragsdale, qui fait toujours des merveilles. Et on retrouve les classiques de KANSAS toujours intacts et étincelants (« Carry On Wayward Son », « Dust In The Wind », « Song For America », … »). Un régal !