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Nothing For Real : une réalité hybride [Interview]

En quatre ans d’existence, NOTHING BUT REAL en aura fait du chemin. A force d’envie et de détermination, les Parisiens sont parvenus sur ce deuxième album, « Lost In The Word », à trouver l’équilibre et parfaire le son et l’univers musical qu’ils n’ont jamais perdu de vue depuis leurs débuts. Entretien avec Hanta (chant) et Tom (guitare) suite à la sortie de ce très bon opus fait de Rock, de Metal… et de tant d’autres choses.

– Je vous avais découvert il y a deux ans lors de la sortie de votre premier opus éponyme. Vous revoilà avec un nouvel album, « Lost In The World ». Les deux dernières années n’ayant pas été réjouissantes, comment les avez-vous passé, car il n’y a pas eu de concerts, ou très peu ?

Hanta : Effectivement, depuis le début de la pandémie avec deux ans sans concert, mais pas mal de choses se sont passées. On n’a jamais cessé d’interagir, que ce soit en visio, en chat, par email, pour continuer à faire vivre le projet. La promotion du premier opus s’est faite bon gré mal gré. Nous avons tourné les clips de « Therapy Toy » et « We are Nothing But Real » et renforcé notre visibilité sur Internet et les réseaux sociaux. Nous avons changé de bassiste et dès lors, le processus de composition s’est remis en marche. Heureusement, les studios de répétition où nous allions n’ont été fermés que ‘quelques’ mois et nous sommes également aussi allés chez les uns et les autres pour continuer à jouer et à créer.

Tom : Tu sais comment ça se passe pour un groupe, tu composes et tu sors un album, mais il y a toujours plus de matière cachée et il faut bien avouer qu’il y avait une bonne vingtaine de riffs et d’embryons, plus ou moins aboutis, de titres qui étaient déjà dans le pipe. Personnellement j’ai passé pas mal de temps à composer et affiner des titres qui sont sur « Lost In The World » et on se harcelait de messages. Après, j’avoue que pendant l’année 2020, Eghan (batterie – NDR) et moi avons pris du temps le soir pour dégrossir le travail sur quelques titres qui nous démangeaient.

– A l’époque, vos influences étaient facilement identifiables, alors qu’aujourd’hui elles semblent bien digérées et NOTHING BUT REAL affiche un style beaucoup plus personnel. Comme il y a eu peu de scène, comment avez-vous franchi ce cap dans votre jeu ?

Tom : Comme dans toute formation, on a commencé à se connaitre avec l’expérience des premiers singles, c’était le test en 2018. Puis, le premier album a confirmé cette envie. Ensuite, il y avait du travail à faire sur notre son, car il manquait quelque chose. Comme on ne pouvait pas défendre l’album sur scène, on a donc continué à répéter sur de nouveaux titres comme « Snake Eyes » et « Strike ». Ce sont ces deux morceaux qui ont clairement défini la couleur instrumentale actuelle. L’idée était de revenir à un son plus organique et d’ajouter ce qui a toujours été la visée à l’origine : une couleur plus électro et plus poppy, tout en gardant cette cohérence avec l’univers visuel que j’imaginais à la fois dark et flashy. On cultive cette dualité, qui est l’essence même du projet, car on aime vraiment différents styles d’où le côté hybride, qui est un challenge permanent. Avec l’arrivée de Victor à la basse à l’été 2020 ça a été l’occasion d’affirmer cette vision du son. C’était naturel, ça a matché très vite.

Hanta : Quand le groupe a été formé en 2018, hormis Tom et le premier bassiste, personne ne se connaissait et nous venions tous d’horizons différents. Au fur et à mesure de nos répétitions et de nos discussions, nous avons commencé à assumer nos propres goûts musicaux (même les plus inavouables !) et à les intégrer dans nos compos. L’arrivée de Victor et ses compétences en MAO ont également renforcé notre goût pour les samples, les nappes électroniques, les ambiances et les graphismes apportés au projet. Aujourd’hui, de par nos influences très variées et la confiance mutuelle qu’on s’apporte, notre jeu laisse apparaitre nos quatre personnalités assumées, sans artifice. Juste nous et nos envies, quitte à brouiller les pistes quant à notre ‘catégorie musicale’.

– Parlons de « Lost In The World », mais avant de d’évoquer son contenu, j’aimerais que vous nous disiez un mort sur votre signature chez M&O Music, car vous étiez autoproduits pour votre premier album…

Tom : J’avais été contacté par Alexandre pendant la sortie du premier album en 2020. Comme ça ne le faisait pas avec notre attaché-de-presse, nous en avons changé et cela a porté ses fruits. Il était donc naturel de rediscuter avec M&O pour ce nouvel opus. Au-delà du côté communication, Alexandre a écouté l’album et nous a dit avoir apprécié. Donc, on s’est entendu pour bosser ensemble via le label.

– J’imagine que c’est un sacré coup de boost. Cela a-t-il eu un impact sur votre motivation et surtout sur la direction musicale de ce nouvel album ?

Tom : Pour être franc, la motivation est toujours à son maximum indépendamment des gens avec qui tu bosses : label, PR agent, booker, coach, manager…  A mon sens, quand on est artiste, amateur, semi-pro ou pro, ton moteur, c’est ta capacité à créer un son et un univers qui te ressemble. Il y a évidemment des hauts et des bas, nous sommes tous humains, mais il faut travailler dur pour arriver à un résultat et faire mieux encore par la suite. Ce qui était très cool, c’est de savoir que ça a plu à Alexandre, car il est exigeant et ce n’est jamais évident pour un label de défendre un groupe, qui oscille sur plusieurs influences parfois larges. Sur la direction musicale, cela n’a pas eu d’impact, car les morceaux étaient écrits et maquettés bien avant qu’on cherche à être accompagné, même si nous l’avions en tête. Il fallait faire du mieux possible avec nos moyens et c’est une chance d’avoir plu au label M&O Music.

– Composer un album en moins de deux ans durant une pandémie complique beaucoup de choses. Comment vous êtes-vous organisés et aviez-vous déjà des morceaux en chantier, voire déjà prêts, car l’ensemble est très mature ?

Hanta : Tom avait déjà quelques morceaux en chantier, qu’il nous a présentés en répétition. Nous avons donc pu en étoffer certains, qui avaient déjà de solides bases. Par la suite, il a suffi que l’un d’entre nous lance un riff, une ligne de basse, un rythme pour se chauffer, on bœuf dessus et comme ça groove pas mal, on enregistre le tout sur un téléphone. On réécoute tout ça chez soi, on l’affine de nouveau en répétition, et voilà. Maintenant qu’on se connait bien, on arrive à prendre rapidement une direction commune pour nos morceaux, et qui convienne à tous.

Tom : Si je te dis que « Here I Am » a été composée en 2008 et « Lost in the World » en 2013 tu me crois ? Il faut que ça mature ! (Rires) C’est vrai que les morceaux qui ont lancé la dynamique sont « Snake Eyes » et « Strike ». Il y avait bien « Behind the Door » et « Scars And Burdens », qui étaient abouties à 60% mais, comme dit Hanta, on a fait de la chirurgie esthétique par endroit, simplifié ou enrichi. Par exemple, sur « Lost in the World », la version originale était plutôt sur une rythmique Trip-Hop, et plusieurs fois Hanta m’a dit avoir du mal à trouver un flow accrocheur. Du coup, tu vois, c’est comme ça que ça se passe. Le côté ‘Poppy’ m’est revenu, car Hanta et moi écoutions beaucoup de Pop comme The Weekend, Billy Eilish ou Ed Sheeran à ce moment-là. Alors, j’ai reprogrammé une batterie plus groovy. Eghan se l’est approprié avec sa patte et ses enrichissements et c’est allé très vite. Pour le reste, ça s’est fait en répétition et en mode impro.

– Justement, le contenu de votre première réalisation était très identifiable comme je l’ai dit, alors que « Lost In The World » a un aspect très hybride comme vous le soulignez d’ailleurs. Vous faites la jonction entre le Rock Fusion parfois Metal et le Rock Alternatif. C’était l’objectif de départ ?

Tom : Oui car, même si on respecte beaucoup Evanescence, l’idée n’a jamais été d’aller dans cette voie. Vraiment le côté hybride avec un univers à la fois dark et lumineux, c’est ce qui nous correspond. Cela nous permet de jongler avec nos humeurs, même s’il y a une tendance à ce que ce soit des morceaux assez Rock pour nos familles ! (Rires) Nous sommes les deux faces d’une même pièce, donc l’enjeu était de forger un son suffisamment identifiable pour servir les morceaux avec la voix et le storytelling, et lier l’ensemble avec l’univers graphique. Tout est calculé chez NOTHING BUT REAL ! (Rires)  

– La bonne production de l’album met aussi en évidence une complicité que l’on sent renforcée. On a l’impression que vous vous êtes beaucoup rapprochés, tant les nouvelles compos affichent une assurance et une force nouvelle. C’est le cas ?

Hanta : C’est exactement ça ! Il faut voir le fil de nos conversations, il est interminable. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on ne se parle ou ne partage des liens, des idées, des news, même en vacances. On a toujours trouvé un moyen de se voir, même quand l’un est au bout du monde sans réseau. Et comme tout groupe émergent, nous n’avons pas toute une équipe derrière, donc on se retrousse les manches et on se donne des tuyaux pour le faire. Accessoirement, passer plusieurs jours non-stop ensemble en studio d’enregistrement, ça resserre les liens. Quelques saucisses, quelques bières et les langues se délient facilement !

Tom : Oh yeaaaah !!!

– NOTHING BUT REAL présente des morceaux très accrocheurs et plutôt Rock dans l’ensemble, avec d’autres titres dotés de grosses rythmiques et de riffs appuyés. Vers où penchez-vous ? Rock ou Metal ? Ou les deux plus simplement ?

Tom : Les deux, mon capitaine. On ne te dit rien de la suite, mais il y aura encore des surprises. L’évolution n’est pas terminée, car notre niveau de créativité est au max. Si on avait voulu, eu du temps et un gros budget, nous aurions fait bien plus, car si tu voyais tout ce qu’on a sur le PC en morceaux ou en riffs pour la suite… Mais d’abord, place à ce nouvel album, car nous y avons mis beaucoup de cœur, d’énergie et c’est un vrai soulagement de voir quelque chose aboutir avec un résultat qui ressemble enfin à la vision de départ.

– Un mot aussi au sujet de la pochette de l’album qui s’inscrit un peu dans un esprit presque Stoner et Desert Rock. C’est une façon de brouiller les pistes ? L’ambiance du visuel est assez différente du contenu finalement…

Hanta : Bien que les paroles ne le laissent pas toujours transparaitre, l’album raconte une histoire : celle de Sakar, extraterrestre dont le vaisseau s’est crashé sur Terre de manière totalement inattendue, et qui se retrouve dans un monde sans repère. Le désert, c’est l’expression de la solitude et l’illustration sur la jaquette de ses déambulations solitaires à travers toutes les émotions et les rencontres hostiles qu’il va faire. Chaque chanson est en réalité une expérience qu’il vivra comme un pèlerinage, totalement seul, mais bien décidé à aller jusqu’au bout.

Tom : On ne renie pas ces influences Stoner, bien au contraire, même si elles ne se ressentent pas sur cet album. D’ailleurs, on remercie Flow du Chromatorium Music, avec qui nous travaillons quasiment depuis l’origine du projet. Maintenant qu’il a bien compris l’univers et la direction du groupe, je l’embête avec mes idées à la con. Pour la pochette et même toutes les pochettes, nous voulions amener un côté surréaliste. Pour cette cover en particulier, il fallait souligner le côté ‘perdu sur Terre’, et non « Perdu dans l’espace », qui est un bon film pourri ! Rires) autour de notre avatar Sakar, qui est le protagoniste. Brouiller les pistes, je ne sais pas. En tout cas, l’idée était de faire le lien avec le titre de l’album et tenter de surprendre un peu à l’écoute et en ouvrant la pochette…

– Enfin, on vous sent très aguerri et prêts à en découdre sur scène. Des concerts et/ou une tournée sont-ils d’ores et déjà prévus ?

Tom : Nous avons hâte d’y être, car lorsque ce sera possible : chaque titre aura droit à son ambiance visuelle en arrière-scène. Même si on adore créer et enregistrer en studio, rien ne vaut le contact avec un public qui réagit. C’est pour ça qu’on le fait avant tout. Alors, yes : WE ARE READY !

L’album de NOTHING BUT REAL, « Lost In The World », est disponible depuis le 25 mars chez M&O Music.

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Alternative Rock post-Rock

[Going Faster] : First Draft / The Harts Industry

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

FIRST DRAFT – « Declines Are Long Gone » – Lylo Prod

Incroyablement créatifs, les Tourangeaux refont surface avec ce deuxième EP, « Declines Are Long Gone », et cinq morceaux où se multiplient les émotions à travers des pulsions musicales étonnantes. Fondé en 2016 par Marine Arnoult (batterie, chant) et Clément Douamdonne (basse chimérique), FIRST DRAFT emprunte bien des chemins, afin d’élaborer un style bien à lui. Particulièrement pointu, on peut sentir toute l’exigence technique et mélodique du duo. Pleines de relief, les compositions traversent et s’approprient des nuances à la fois Stoner, Shoegaze et parfois aux frontières de la Pop pour obtenir un post-Rock original. Entre une puissance affichée et une délicatesse toute en harmonie, FIRST DRAFT fait le lien avec un talent qui crève les yeux.

THE HARTS INDUSTRY – « All Covered In Gold » – Independant

Il émane un parfum très 90’s de l’univers musical de THE HARTS INDUSTRY et, personnellement, je ne m’en plaindrai pas. Après « Cherokee Hell », son premier EP en 2017, le quatuor français récidive avec un autre format court où se mêlent des ambiances à la fois intimistes et fougueuses. Avec « All Covered In Gold », le groupe se rappelle au souvenir d’une époque après laquelle il semble courir. De fait, le Soft Rock teinté d’Alternative fait planer une certaine mélancolie, qui a son charme. Les cinq morceaux ne lésinent pas sur les refrains entêtants et quelques riffs bien appuyés, tout en se laissant aller à s’évader dans des passages plus planants et vaporeux. THE HARTS INDUSTRY pose de belles mélodies bien mises en valeur par une production très soignée.  

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Alternative Rock

Kris Barras Band : un Rock très affûté

Loin des octogones qui ont fait sa réputation pendant plus d’une décennie, KRIS BARRAS se fait désormais un nom dans le monde du Rock, où le Blues et la Country ne sont jamais bien loin. Avec « Death Valley Paradise », c’est dans un registre plus musclé et très alternatif que jaillissent le Britannique et son BAND.

KRIS BARRAS BAND

« Death Valley Paradise »

(Mascot Records)

Cinq ans après le très bon « The Divine And Dirty », KRIS BARRAS BAND refait surface et il a quelque peu durci le ton… ce qui n’est pas étonnant pour un ancien combattant de la MMA. Ainsi, son Blues Rock countrysant laisse ici place à un Alternative Rock, parfois Metal, qui se rapproche des répertoires de Nickelback et du Bon Jovi de la belle époque. Par conséquent, « Death Valley Paradise » est un album plutôt costaud et vigoureux.  

Et si les nouvelles compositions de KRIS BARRAS sonnent aussi bien et si elles ont pris autant de relief, c’est que le Britannique a très bien su s’entourer. La production est signée Dan Weller (Enter Shikari, Bury Tomorrow) et elle offre beaucoup de volume aux morceaux écrits en collaboration avec Jonny Andrews (Three Days Grace), Bob Marlette (Alice Cooper, Airbourne, Rob Zombie), Blair Daly (Black Stone Cherry) et Zac Maby (Tyler Bryant).

Fidèle à lui-même, KRIS BARRAS ne manque ni de punch, ni de fougue et mène « Death Valley Paradise » avec brio. Même s’il est plus sombre dans l’approche, l’Anglais distille toujours autant de titres fédérateurs et mélodiques, brillamment interprétés par son BAND (« My Parade », « Dead Horses », « These Voices », « Chaos »). Le quatuor est désormais véritablement installé et la passé sportif du chanteur-guitariste semble loin derrière lui.

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Alternative Rock

[Going Faster] : After Us / Snap Border

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

AFTER US – « Breaking The Dark » – Independant

2021 aura été une année studieuse pour AFTER US qui sort son EP, « Breaking The Dark », et montre déjà de très bonnes choses. Le quatuor francilien fait preuve de maturité pour un premier effort et livre quatre titres solides et bourrés d’énergie. Dans un style plus européen qu’américain, l’Alternative Rock du groupe se compose aussi de diverses influences notamment Pop, Metal et Electro. La très bonne prestation de sa frontwoman apporte une originalité supplémentaire sur des titres solides (« Home Again », « Get Out »). AFTER US a également mis l’accent sur le mix de son EP et sur des arrangements aussi précis que soignés (« City Lights », « Last Goodbye »). Avec un tel premier essai discographique, c’est maintenant la scène qui les attend.

SNAP BORDER – « Icons » – Independant

Sorti il y a tout juste un an, « Icons » fait suite au premier album de SNAP BORDER, « Alternative Current Box », qui avait fait décoller le groupe. En l’espace de cinq ans, le combo originaire de l’est de la France a affiné son registre et se présente avec un Alternative Rock tonique et percutant, qui fait aussi la part belle aux mélodies (« Dancing With The Sharks », « Evil-tions »). Accrocheurs et fédérateurs, les cinq titres d’« Icons » proposent un spectre assez large pour laisser au quintet la possibilité d’explorer de nombreuses facettes du Rock et parfois même du Metal, grâce à des riffs costauds et un chanteur convaincant (« Endscape », « Losing Side »). En attendant de retrouver SNAP BORDER avec de nouvelles compos, cet EP vaut le détour.

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Alternative Rock

Volbeat : en bon soldat

Ce nouvel album de VOLBEAT est, à en croire la presse spécialisée, très bon et est surtout l’événement de ce mois de décembre et même de cette fin d’année. Très consensuel, « Servant Of The Mind » manque pourtant de ce mordant et de cette énergie qui ont toujours défini et caractérisé le groupe danois. Et si le quatuor rentrait finalement lui-aussi dans le rang ?

VOLBEAT

« Servant Of The Mind »

(Republic Records)

Faute de pouvoir tourner, VOLBEAT enchaine les albums même si le dernier en date était justement un Live. Michael Poulsen, leader, guitariste et chanteur du quatuor s’est occupé de tout et a composé l’ensemble de ce huitième album en trois mois seulement. Sans surprise, les Danois restent dans leur registre en ayant même légèrement arrondi les angles. Une étape supplémentaire vers une accessibilité totale que le groupe semble assumer au fil des disques.

VOLBEAT présente donc 13 nouveaux titres et ça tombe plutôt bien, parce qu’il faut attendre le troisième, « The Sacred Stones », pour entrer franchement dans le vif du sujet, même si le morceau d’ouverture, « Temple Of Ektur », ne manque pas d’intérêt. Les Scandinaves prennent vraiment de l’ampleur sur scène et se sont assurés que « Servant Of The Mind » aurait lui-aussi l’impact habituel (« Shotgun Blues », « The Devil Rages On »).

Sans forcément tomber dans la facilité, VOLBEAT livre de bons morceaux aux riffs acérés et très Metal (« Step Into Light », « Lasse’s Brigitta »). Souvent plus sombres que par le passé, les Danois insistent moins sur l’aspect Pop-Punk et Rockabilly de leurs débuts pour gagner en maturité. La version Deluxe de « Servant Of The Mind » est, pour une fois, très intéressante avec cinq bons morceaux, malgré une version en demi-teinte de « Don’t Treat On Me » de Metallica.   

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Alternative Rock

Fear Of Falling : alternative Africa

Si l’Afrique du Sud ne sort pas régulièrement de groupes de Metal et de Rock à l’échelon mondial, il se pourrait bien que FEAR OF FALLING sorte son épingle du jeu. Grâce à un premier l’album, « Turning Point », très bien produit et regorgeant de morceaux mélodiques et très fédérateurs, le quatuor d’Alternative Rock avance de beaux arguments qui pourraient faire mouche hors de ses frontières.

FEAR OF FALLING

« Turning Point »

(Independant)

Seether aurait-il du mouron à se faire ? C’est en tout cas ce qu’on peut légitimement imaginer à l’écoute de « Turning Point », premier album de ses compatriotes de FEAR OF FALLING. Moins Metal, le quatuor s’inscrit dans un Alternative Hard Rock, sorte de Rock US légèrement plus musclé, bardé de refrains accrocheurs et de riffs appuyés. Très fédérateur, le combo semble avoir trouvé la formule idoine.

Dans les pas de Nickelback et de Daughtry, les Sud-Africains signent des compos très carrées, et peut-être un peu formatées, bien aidé par leur chanteur Jack Atlantic qui tient la baraque et livre une belle prestation vocale. Les autres membres du groupe ne sont pas en reste et FEAR OF FALLING peut notamment compter sur son guitariste, Lloyd Timke et ses riffs imparables.

Placé sous un signe positif et des titres entraînants, « Turning Point » ne manque pas de mélodies efficaces et de refrains entêtants (« Sunrise », « Won’t Let Go »). Le quatuor est solide et interprète des morceaux très structurés comme autant de hits en puissance. Malgré le côté très accessible de l’album, FEAR OF FALLING sait aussi montrer les crocs grâce à des riffs acérés (« Falling », « Fake It »). Une belle entrée en matière.

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Alternative Rock

Killing Volts : ensorceleur et volcanique

Engagé et révolté, le quatuor suisse KILLING VOLTS débarque avec fureur et un premier album massif, mélodique et très Rock. Dans un esprit légèrement Punk et dans une ambiance penchant vers les 70’s en tirant sur le Stoner, les Helvètes soufflent le chaud et le froid avec une belle assurance et un sacré sens du groove. Mature et solide.

KILLING VOLTS

« Symptomatic Dilemma (Of A Post-Capitalist Mind) »

(Electric Maze Records/Urgence Disk)

KILLING VOLTS n’est pas là pour conter fleurette et sonne la charge dès « Love Sailed », qui ouvre l’album. Le quatuor suisse sort son premier opus, « Symptomatic Dilemma (Of A Post-Capitalist Mind) », après un EP de quatre titres en 2016 qui lui a permis d’aller distiller son Rock très alternatif bien au-delà des frontières helvétiques et de même de créer son propre label et son studio.

Bondissant et hyper-groove, KILLING VOLTS livre huit morceaux aussi racés et percutants que l’est l’ensemble de l’album. Guidé par sa frontwoman Tania Silversen (guitare, chant) très bien accompagnée par Al Castro (guitare, basse), Antoine Superflej (basse) et Math Sink (batterie), le combo se déploie avec assurance dans un registre aux multiples saveurs, preuve d’une belle créativité.

Sur des textes frondeurs interrogeant et dénonçant à la fois les dérives et les injustices de notre société, les Suisses sont loin d’être neutres et se montrent même très virulents (« Not A Saint », « Low », « Another Man’s War »). KILLING VOLTS alterne entre morceaux aux accents Grunge, Rap façon RATM dans le chant et même Stoner sans sourciller et sort un premier album explosif.

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Alternative Rock Power Rock Progressif

[Going Faster] : Increase The Anima / Visavis

Parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de disques qui sortent et qu’il serait dommage de passer à côté de certains d’entre eux : [Going Faster] se propose d’en mettre plusieurs en lumière… d’un seul coup ! C’est bref et rapide, juste le temps qu’il faut pour se pencher sur ces albums, s’en faire une idée, tout en restant toujours curieux. C’est parti !

INCREASE THE ANIMA – «Elisabeth » – Tunecore

Disponible uniquement en digital, INCREASE THE ANIMA est le projet solo du batteur et bassiste italien Davide Porcelli du groupe Egosystema. Fort d’une trentaine d’années d’expérience, le musicien livre avec « Elisabeth » un savant mélange de Rock, de Metal et de Hard Rock. Avec une touche italienne et quelques sonorités progressives, le multi-instrumentiste offre un large tour d’horizon musical entre Alternative Rock et Metal. Frais et dynamique, « Elisabeth » sonne à la fois intemporel et très moderne. Et en guests, INCREASE THE AMINA accueille notamment Marco Pastorino (Temperance, Virtual Symmetry), Luca Birocco (Egosystema), Luca Negro (Temperance) et quelques autres. Davide Porcelli a composé un bon premier EP, qui appelle maintenant une suite.  

VISAVIS – « Great! » – M&O Music

Rompu à la scène depuis de nombreuses années maintenant, VISAVIS avait fait parler de lui en 2018 avec « War Machine », un album plutôt orienté Hard Rock. Composé en pleine pandémie et à distance, « Great! » vient conclure en beauté des mois de travail. Ce nouvel EP de six titres se tourne cette fois vers un Alternative Metal ou un Power Rock musclé et accrocheur. Mixé par Fred Duquesne (Mass Hysteria), ce nouvel effort se veut positif et massif. VISAVIS montre un visage nouveau, très racé et dynamique. Efficaces et précis, les riffs comme les rythmiques sont marqués par une puissance que l’on retrouve sur six morceaux plein d’énergie et de détermination. Le quatuor de Tulle semble repartir sur de nouvelles bases, et on sent dans ces nouvelles compositions une farouche envie de les jouer en live, tant « Great! » est réellement taillé pour la scène.

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Alternative Rock Rock US

Forth : newstalgia

Brian Forth, leader du groupe qui porte son nom, aurait pu trouver ses musiciens au Canada, son pays, mais c’est pourtant en Finlande qu’il est allé compléter son line-up. Racé et mélodique, le Rock US distillé sur ce troisième album éponyme de FORTH devrait séduire les aficionados de Rock Hard alternatif.

FORTH

« Forth »

(Secret Entertainment/Inverse Records)

Fan de Rock US, de Hard Rock et d’Alternative Rock, ce troisième album du quatuor FORTH devrait vous ravir tant il fait du bien. Certes, ce nouvel opus éponyme ne révolutionne pas le genre, et le groupe revendique même jouer un style qu’il qualifie lui-même de ‘Newstalgia’, ce qui est plutôt bien résumé. Traditionnel et moderne, « Frost » ne manque pas de piquant.

Fondé en 2010 par le chanteur et songwriter canadien Brian Forth, avec dans l’idée de mixer Hard Rock et Grunge, le Nord-Américain est allé trouver du renfort en Scandinavie et plus précisément en Finlande. Et FORTH est aujourd’hui composé de Tim Norrgrann (guitare), Kari Storckovius (batterie) et Mikael Söderbäck (basse), qui composent un quatuor de choc.

Après donc deux albums, « Road Stories » (2014) et « Captivity » (2019), qui ont reçu un bel accueil dans les charts finlandais, aux Etats-Unis, au Canada et en Espagne, FORTH a tous les atouts en main pour récidiver et assoir une stature réellement internationale, grâce aux très bons morceaux de cette nouvelle réalisation éponyme, d’ailleurs très bien produite.  

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Alternative Rock Metal Power metal

Oversense : regard sur un monde malade

Contrairement au Metal de tradition allemande, OVERSENSE prend des chemins de traverse en évoluant dans un Modern Melodic Metal qui tient autant du Rock Alternatif US que du Power Metal scandinave. Un grand écart avec ce « Egomania » très bien géré et mené de main de maître par un quatuor explosif.

OVERSENSE

« Egomania »

(Dr. Music Records)

Fondé en Allemagne en 2012, OVERSENSE présente son deuxième album, « Egomania », quatre ans après « The Storyteller » qui avait lancé le groupe. Et il semblerait que ce nouvel opus soit réellement celui de la maturité, tant la production et surtout la composition des morceaux sont d’un tout autre niveau. Le quatuor affiche une volonté et une inspiration grandissante, à l’instar d’une fan-base qui explose bien au-delà de ses frontières.

Composé depuis ses débuts de Danny Meyer (guitare, chant, claviers), Patrick Lippert (batterie), Marco Volpert (basse) et Jasmin Pabst (guitare), OVERSENSE combine des éléments Metal et Rock très actuels pour en extraire un style véloce, vivifiant et très mélodique. Ainsi, de passages de Rock Alternatif ou carrément Power Metal, le spectre toujours Heavy des Allemands est très large. Et les virevoltantes rythmiques conjuguées aux riffs racés emballent vraiment cet album.

Malgré les ambiances et les styles différents à l’œuvre sur « Egomania », OVERSENSE affiche une identité originale et cette variété sert bien les Germaniques. Puissant et très entraînant, les morceaux s’enchainent dans une belle harmonie (« Toast To The Devil », « The Longing », « Tear Me Down »). A noter les deux très bons duos avec les chanteuses Herma Sick (Sick N’Beautiful) et Ulli Perhonen (Snow White And Rose Red) qui apportent une belle fraîcheur à l’album.